Commentaires


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Commentaire ajouté le 25/08/2010 par Vincent

Contact africain:

Lors de mon passage au Salon International du Livre de Genève qui s’est déroulé du 28 avril au 2 mai 2010, j’ai eu l’occasion de rencontrer quelqu’un de charmant et surtout enrichissant en la personne de Monsieur Jules César MOUGANI, auteur et chercheur en sociologie du développement. En chaque être humain il y a des valeurs qui méritent d’être connues.
Après notre discussion, il a tenu à ce que je lui dédicace mon livre : « Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus ».
Ce que j’ai fait avec beaucoup de plaisir.

Voir la photographies N° 06 dans le lien Photos

Commentaire ajouté le 06/08/2010 par Vincent

Bonjour à tous les lecteurs, lectrices,
Ceci est une réponse écrite à un commentaire oral fait à l'auteur par un enseignant à la retraite.
Cet enseignant n'a trouvé d'intéressant que la première partie du roman. La deuxième, n'est qu'"une énumératon de conseils et ne présente aucun intérêt".
L'auteur a apprécié la franchise. Il l'aurai apprécié davantage si le commentaire avait été fait par écrit pour que tous les lecteurs en bénéficient. Il est heureux pourtant de lui exprimer ses plus vifs remerciements.

Certes, il a en partie raison quand il dit que "c'est une énumération de conseils".
Certes aussi, tous ces "conseils" mériteraient un long développement. Peut-être plusieurs livres aussi volumineux.
Car, pour l'auteur, ces "détails" sont à l'origine de la "déliquescence" de l'enseignement et donc des problèmes sociétaux dont beaucoup se plagnent: Illétrisme, mauvaise formation initiale, incivisme etc.
Or, dès les premières lignes, le lecteur était prévenu qu'il fallait réfléchir s'il continuait la lecture.
Le livre "Aux sources de la personnalité, Tempéremment et sociabilité du jeune enfant", de Madame Geneviève Balleyguier-Boulanger explique les débuts de la formation de la personnalité humaine.
Avant de lire ce livre, l'auteur avait parlé des incivismes commis, dès les premières années d'école, par des jeunes enfants devenus presque intouchables car les maîtres se trouvent souvent désarmés devant de la mauvaise volonté, voire des caprices.
Cet exemple résumé pourra-t-il faciliter la réflexion avant l'action?
L'auteur l'espère sans se faire trop d'illusions. Mais c'est dit. Et c'est un premier pas.

Commentaire ajouté le 29/07/2010 par Hélène B.

Très touchée par la dédicace de votre livre.
Vous avez très certainement, par la célèbre main de fer dans un gant de velours et les poignets fermement rivés aux hanches sur le seuil de votre bureau au Lycée, permis à de nombreux élèves d'avoir un avenir.
Me concernant, en complément de mes parents à qui je dois beaucoup, vous avez su me donner le goût de l'effort et tendu la main à un moment où les enseignants n'y croyaient pas. Vous m'avez appris le respect de la parole donnée. La vie m'a ménée sur un chemin riche de rencontres et d'expériences.
Ironie du sort, elle me conduit aujourd'hui à occuper des fonctions ô combien intéressantes et auxquelles, de par mes racines, je suis profondément attachées.

Commentaire ajouté le 19/07/2010 par Jean Marie LAURENT

Mon cher PUCHERO,

Lorsque j'ai déjeuné avec vous et Dominique, je vous ai trouvé sympathique et intéressant.
Depuis que j'ai lu votre livre, je suis honoré devous avoir rencontré.
Cet ouvrage restera pour toujors parmi les quelques volumes qui m'accompagnet chaque jour.
Il n'y a aucune flagornerie, car je suis un homme qui se plait à penser et à dire vrai.
J'espère, de plus, dans le futur avoir l'occasion d'échanger avec vous.
Merci d'avoir écrit avec autant de talent ce que j'ai touours pensé plus modestement.
Jean Marie LAURENT

Commentaire ajouté le 02/07/2010 par Filikekai

TEMOIGNAGE
« A personnages fictifs, commentaires humoristiques ! »
Quand on lit le préambule de ce livre, pour ceux qui connaissent Puchero, on se dit : C’est tout à fait lui çà ! Mais lorsqu’on arrive à la fin de notre lecture, on est tenté de recommencer à lire comme pour imprimer en soi, la force et le souffle de la parole, le sens profond des mots, qui traduisent un esprit d’analyse très aiguisé. Les vérités dans ce livre, que certains ont occultées par négligence ou par indifférence, souvent par cécité mentale désirée, apparaissent au grand jour comme dérangeantes et blessantes au point de les regarder avec une double paire de lunettes solaire pour cacher la laideur des actes et des pensées. Certains personnages fictifs du roman pensaient être déjà « l’arbre » suffisamment résistant au souffle du vent dominant, alors qu’ils ont été emportés par la pensée dominante, le « politiquement correct » pour être finalement que des suiveurs sans aucune personnalité.
Mais surtout, n’arrêtez pas de lire le livre !!! Parce que Salomon dit : « la sagesse n’entre pas dans une âme méchante et que science sans conscience n’est que ruine de l’âme, il te faut servir, aimer et craindre Dieu et en lui mettre toutes tes pensées et tout ton esprit et par une parfaite charité, t’unir à lui à n’en être jamais séparé par le péché ».
Je sais, que vous lecteurs, si vous avez lu l’histoire de Puchero, vous n’êtes pas des âmes méchantes et qu’on a tous à y gagner !
Je savais Puchero sage, juste et droit mais je ne le connaissais pas aussi fin psychologue, pédiatre, psychanalyste, historien et philosophe, d’un niveau à faire pâlir les spécialistes de ces disciplines. Ce qui est intéressant dans le livre « Deviens toi-même » pour ma part, c’est l’humilité dont fait preuve l’auteur. Hors mis l’histoire de vie de Puchero, qui fait le parallèle entre l’arbre, la nature et l’éducation, très intéressant pour les citadins, Puchero fait bien ici la distinction entre l’instruction et l’éducation. On peut voir en filigrane l’éducation et ses conséquences, lorsqu’elle est laissée aux soi-disant experts et surtout à des étrangers s’agissant d’élever nos propres enfants (crèche, garderie...). Aldo Naouri un grand pédiatre de renom, confirme les dires de Puchero « les quatre premières années de l’enfant sont primordiales, importantes car ce sont les moments où il intègre ce qu’il sera dans l’avenir ». Important, parce que si on « rate » cette étape de la vie de l’enfant, ce ne sera plus « parents absents… enfants perdus » ce sera « parents absents… descendance dégénérée » dans le sens où on va entrer dans le cercle infernal de l’échec scolaire et social…, ensuite dans la déliquescence des valeurs humaines, des liens sociaux et …. Merci aux justes pensants pour votre contribution aux anomies de notre société.
J’ai eu la chance de côtoyer Puchero. Ce fut un honneur d’évoluer sous sa gouvernance. Effectivement, à mon arrivée au lycée, (ce serait mentir de dire que j’étais heureux, parce qu’on m’avait brossé un tableau peu flatteur du personnage) je me suis aperçu tout de suite de sa droiture et de cette main de fer dans le gant de velours. J’ai détecté la sagesse du « bonhomme ». C’est sûrement cela qui a dérangé certains, car il n’est jamais aisé de soutenir le regard honnête et vrai de Puchero surtout qu’on a l’impression qu’il nous lit comme un livre ouvert (on ne la lui fait pas). Cela m’a fait grandir et avancer de travailler avec lui. Cela m’a conforté dans les valeurs de mes pères qui ont traversées le temps pour faire de moi… moi ! Ouvert aux autres. Un jour, Puchero dans son bureau m’a dit : « tu as du caractère, c’est bien ! » je n’ai pas compris sur le moment mais déjà « deviens toi-même » résonnait dans ces paroles. Comme Gargantua dans Rabelais (lettre à son fils je crois, cela m’arrive de lire) « je veux boire…. » Est une invite à se passionner de tout et surtout pour la sagesse. Cette soif de connaissance m’a obligé à mieux analyser les évènements en engloutissant tous les livres concernant l’éducation en passant par la sociologie et …La « Pédagogie ». Cela m’a permis d’être libre ! Comme Montaigne, je ne veux pas me laisser troubler par le fanatisme ni par aucune passion. Parce que la passion est lien, la liberté est dé-lien, dé-passion.
« Mais surtout, la liberté consiste à ne « s’hypothéquer » en aucun cas à la volonté d’autrui, car se serait s’aliéner. Le goût de la liberté est une forme de sagesse qui évite de tomber dans les rets de la séduction. Se laisser séduire-par l’argent, le discours etc. c’est pour Montaigne se « louer » à autrui. « Les hommes, dit-il se donnent à louage. Leurs facultés ne sont pas à eux, elles sont pour ceux à qui, ils s’asservissent ; leurs locataires sont chez eux, ce ne sont pas eux » (essais III, chap.10). Ce goût de la liberté doit également permettre au sage d’éviter de s’agiter continuellement dans les tourments de la vie sociale et de trouver le repos loin, dit l’auteur de l’agitation « tumulaire » (Questions pédagogiques : « culture, par Jean-Claude, Jean Bernard Paturet).
On voit bien dans le livre, le cheminement de Puchero, à toujours rechercher la vérité, mais détaché de toute contrainte, des courants de pensée, pour servir de la manière la plus juste possible l’intérêt de la jeunesse mais aussi rechercher le « fulfilment » de l’homme.
Puchero a toujours valorisé et défendu son personnel ; du cuisinier jusqu’au professeur. J’ai appris auprès de Puchero cette liberté de penser et surtout de ne laisser personne penser pour soi. Je me souviens qu’une fois, j’ai accordé généreusement une gifle évangélique à un élève en état d’ébriété avancé, d’une part pour le préserver de ses camarades qui voulaient en découdre avec lui, et d’autres part pour couper court au langage ordurier et obscène qu’il m’adressait à moi et mon collègue. Puchero m’avait défendu devant les parents mais j’avais aussi compris que c’était un avertissement pour moi. Quelques années passèrent, je rencontrais à nouveau cet élève. « Heureusement, que tu m’as giflé, sinon, je ne sais pas où je serais aujourd’hui » me dit-il. La gifle évangélique a été bénéfique et salvatrice. Comme dit Puchero quand il n’y a plus de solutions, cette méthode est salvatrice.
J’ai appris sous sa gouvernance, que dans l’éducation et l’instruction malgré toutes les pédagogies, depuis les débuts du christianisme jusqu’aux « faiseurs de pédagogies nouvelles » et les réformes actuelles, la coercition revient toujours comme un leitmotiv nous rappelant l’obligation d’obéissance de l’élève à l’intérieur d’un cadre donné. Certains enseignants ont du mal avec la discipline et développent des stratégies de distance et de proximité qui les enferment dans un cercle douloureux et infernal obligeant les élèves à mettre des contres stratégies sur le même schéma circulaire. L’autorité du savoir et de la preuve par soi ne fonctionne plus et la pédagogie de la défiance est plus rassurante parce que c’est plus facile de faire taire que de faire participer. Aujourd’hui, on encourage les jeunes à s’exprimer « Il faut laisser les jeunes s’exprimer ! » combien de fois ai-je entendu prononcer, par des personnes instruites et qui ne connaissent rien du métier d’éducateur cette ridiculo-ritournelle, utilisant des arguments qui relèvent plus de la pratique de l’onanisme intellectuel et de l’ignorance que du bon sens, tant et si bien qu’il n’y a plus de limites pour les jeunes. Les parents feront les frais à la maison, de cette pédagogie développée à l’école. Je constate tous les jours les dégâts en termes d’éducation, lorsqu’on ne pose pas au préalable, le cadre nécessaire pour que l’élève apprenne à dialoguer, à connaître les règles de la vie en société. Mais il ne suffit pas de mettre un cadre, encore faut-il qu’il soit viable et doté d’un suivi pédagogique en béton et à long terme. Alors sortir des âneries comme, « il faut absolument laisser les jeunes s’exprimer… » Quand on a la partie la plus charnue de son corps posée sur un fauteuil, avec la climatisation s’il vous plaît ! Il faut alors savoir profiter de ce moment bien assis à la fraîcheur, pour méditer sur ce proverbe arabe « Si ce que tu as à dire, est moins beau que le silence, alors tais-toi ». On voit encore une fois la dominance de l’instruction sur l’éducation. Il faut que chacun reste à sa place et collabore avec son équipe tout en permettant à chacun de développer ses compétences et ses capacités. Car vouloir faire à la place des professionnels, c’est prendre le risque de dévoiler ses incompétences et ses incapacités. Comme dit Puchero dans son livre, « l’autorité n’est pas vérité », j’ajouterai que le problème d’autorité est l’autorité lui-même.
Dans un des commentaires plus haut, quelqu’un dit que les parents inscrivaient leurs enfants dans ce lycée, parce que ce lycée, c’était Puchero. C’est vrai, mais avec tout ce qui faisait « Monsieur Puchero », la discipline, la rigueur mais aussi avec l’assurance du soutien, aux parents, aux élèves, aux différents personnels et avec l’obligation de résultats pour tout le monde. L’adage qui dit : « Personne n’est irremplaçable » n’est vrai que lorsqu’il s’agit d’occuper un poste, l’expérience et la réalité, nous montre que souvent, tout ne tient qu’à une personne. Effectivement, il n’est pas aisé de se mettre dans les chaussures de Puchero, j’apporterai seulement le témoignage des anciens élèves pour illustrer : « tout a changé et les élèves ne sont plus respectueux comme du temps de Puchero… » Pas d’interprétation s’il vous plaît !
Parents absents…Enfants perdus ! Oui, les enfants seront perdus et la génération suivante aussi, si nous n’osons pas à aller à contre courant. Mais qui sont les parents absents ? Et qui sont les enfants perdus ? Puchero développe bien les résultats néfastes et désastreux des « pédagogismes et autres réformes » mis en place depuis déjà pas mal de décennies dans le laboratoire vivant de l’éducation et notre île n’est pas épargnée. Alors ! Avez-vous trouvé les parents absents et les enfants perdus ? Non !! Alors reprenez le livre et relisez, méditez et vous trouverez. Peut être qu’il vous faut un deuxième livre ? Ah ! Ça y est ! Vous avez trouvé ! Et bien, vous voyez, il n’y a pas de surprise, la seule surprise c’est qu’on s’en surprenne !
Parce que Puchero a été éducateur et instituteur à ses débuts, professeur et directeur( une expérience rare chez nos directeurs aujourd’hui), que je rends hommage ici, au pédagogue attentionné aux problèmes de la jeunesse, au directeur à la main de fer ganté de velours qu’il fut dans l’éducation, à l’homme qui a valorisé le « petit personnel, les courroies de transmissions et les huiles du moteur, qui sans eux rien ne fonctionnerait comme il faut » aimait-il à le dire. Je rends hommage aussi au père de famille qui a su aimer les enfants des autres. Merci Puchero pour ta vie donnée, l’engagement dans une cause noble et ingrate. Noble dans le sens profond de l’éducation (ducere) et ingrate parce que le mot « merci » de la langue de Molière est aujourd’hui galvaudé, vide de sens, souvent oublié et c’est le lot de notre métier d’éducateur. Merci pour ta sagesse et ta liberté d’écrire avec humilité ce que tu as vécu ! Malo te fa’u mote taki ! (merci d’avoir été le modèle et l’exemple et d’avoir été le guide pour beaucoup d’entre nous).
Filikekai
Adjoint d’éducation

Commentaire ajouté le 25/06/2010 par Hyacinthe-Marie HOUARD

Retour en propédeutique



Il n’est pas utile d’insister sur les insuffisances de l’enseignement primaire. On clame de toutes parts qu’il ne sait apprendre ni à lire, ni à compter. La confusion introduite par le « collège unique » feint d’ignorer ces lacunes avec les résultats que l’on sait. Dès lors que dire des bacheliers couronnés à 90% ? Que leur manque-t-il ?

Ce n’est pas l’information. Ils sont au contraire surinformés depuis que l’enseignement du second degré a privilégié les cours au détriment des travaux personnels. Avec la croissance des effectifs, la lourdeur des corrections devenait souvent insupportable. Mais la multiplication des cours ne peut en aucun cas remplacer ces travaux, non plus que la multiplication des matières qui accentue la dispersion. « Fit fabricando faber » disaient les anciens. On n’apprend pas à écrire sans écrire, on n’apprend pas à compter sans compter, on ne cultive pas sa mémoire sans apprendre. Lors des récentes « lyriades» notre ministre de la culture avait besoin d’un papier pour dire le sonnet le plus connu du premier défenseur de la langue française ! On veut bien que « la culture soit ce qui reste quand on a tout oublié ». Oui, c’est peut-être un résultat, mais ce n’est pas une méthode.

Dans les dernières années, on s’étonnait des nombreux échecs aux premières années de l’enseignement supérieur. On s’étonnait, on se scandalisait aussi du prix à payer en voyant l’inflation du budget qu’on y consacrait. Et tous de chercher des explications et des remèdes. En vain, semble-t-il. On a accusé les facultés de ne tenir aucun compte de l’élargissement de leur clientèle. C’est sans doute vrai, mais leur vocation n’est pas de vulgariser. Car le danger, pour elles, est celui d’une secondarisation de leur enseignement. Elles n’y ont pas échappé tout à fait sans rien changer aux résultats mais non sans dommages pour elles. L’afflux des étudiants a entraîné la multiplication des enseignants au risque d’une baisse de niveau. L’université s’est meublée avec les élites du secondaire, entraînant une regrettable confusion des méthodes.

Mais laissons l’université à ses problèmes, pour revenir à tous ces bacheliers qui aspirent à la rejoindre. Comment leur tige si fragile pourrait-elle accueillir une greffe de qualité ? Impossible de faire l’impasse sur les bases qui n’ont pas été construites.
En tenant compte de l’age des intéressés, évidemment, ce sont ces bases qu’il faut leur proposer de reprendre, en y consacrant le temps nécessaire, non pas un temps perdu, mais un temps gagné.

On peut esquisser les articulations d’un tel programme : se connaître, se situer, s’exprimer, s’organiser.

SE CONNAITRE. D’abord : qu’est-ce que l’homme ? A la lumière d’une anthropologie qui ne néglige aucune de ses dimensions, y compris sa dimension religieuse. Ensuite : quel homme ou quelle femme suis-je ? A la lumière de la psychologie, de la caractérologie, ou pourquoi pas, de l’un de ces bilans de personnalité ou compétences qui font la fortune des consultants ?…

SE SITUER : c’est la condition de l’enracinement. Si l’on accepte une autre définition de la culture, celle « d’être homme en un temps et en un lieu » , on comprend l’importance de cet enracinement. Il faut se situer dans l’espace et dans le temps. Se situer dans l’espace, c’est l’affaire de la géographie, et désormais d’une géographie universelle, qui souligne les liens entre les terroirs et les civilisations. Mais l’espace, c’est encore la cosmologie que l’homme des satellites ne saurait ignorer et qui rejoint d’ailleurs le souci de se situer dans le temps, dans une « histoire » dont les origines ne cessent de reculer. Histoire universelle, elle aussi, dans ce « village global » que construisent nos techniques les plus avancées.

S’EXPRIMER. Mise à part la politesse qui est délicate expression de soi, c’est sans doute le plus long et le plus difficile. Et aux yeux de beaucoup le plus rébarbatif. Pourtant, en un temps où tous voudraient se flatter de parler plusieurs langues, comment ne pas essayer d’abord de comprendre le génie de la sienne ? Il y a une technique pour bien écrire et pour bien parler, mais il y a aussi un art d’écrire et de parler qui au-delà de l’intelligence gagne l’adhésion du cœur. Il faut démonter les structures en les analysant, il faut enrichir le vocabulaire en jouant sur toutes ses valeurs, intellectuelles, musicales ou sensibles.
Mais l’écriture n’est qu’un des moyens de l’expression. Dira-t-on qu’elle est une sorte de cadavre de la parole tant il est vrai que le style flatte plus l’oreille que les yeux ? Or aujourd’hui le langage a lui aussi son infirmité. Il perd son pouvoir persuasif du fait de la précipitation dont il souffre. Il faut apprendre à parler comme on apprend à écrire : l’euphonie a besoin de l’orthophonie, du rythme et de l’accentuation.

S’ORGANISER enfin, quand paradoxalement plus on peut faire vite, moins on a de temps. L’efficacité pâtit de la précipitation. On songe à la recommandation du Maréchal Foch : « allons doucement, nous sommes pressés ». Prendre son temps, mesurer son temps, se fixer des échéances et juger de tout en fonction de ses priorités, sont faire place à l’intelligence dans l’action. Ce qu’on nomme la méthode est la meilleure façon de gagner du temps et de la sérénité au lieu de se laisser ronger par le « stress ».

On a esquissé tout un programme et puisqu’on a parlé de temps, combien en faudrait-il pour venir à bout de ce programme, au moins partiellement ? C’est difficile à dire alors qu’il s’agit de remédier à un mal que dissimule l’euphorie du succès au baccalauréat. Mais on ne voit pas bien comment la durée du traitement pourrait être inférieure à une année. Car il ne s’agit pas de prendre de l’avance mais de combler un déficit. Sans doute une année ne serait pas de trop et l’on ferait retour à la propédeutique .

3 06 10
Abbé Hyacinthe-Marie HOUARD, fondateur de l’Ircom et de l’Institut Albert-le-Grand (Angers) – hm.houard@ircom.fr - 02 41 79 64 66

Commentaire ajouté le 25/06/2010 par Hyacinthe-Marie HOUDARD

CULTURE ET « NOUVELLES HUMANITÉS »

Qui dit culture évoque agriculture.
Et de ce fait il pense à l’effort déployé par les hommes pour faire produire au sol ce qui est nécessaire à leur alimentation, c’est-à-dire à leur vie et à leur croissance.
Le mot culture, quant à lui, évoque aussi pour eux un effort, mais un effort d’un autre ordre, celui qu’ils font pour faire croître en eux leurs potentialités.

Cette croissance concerne évidemment toutes les dimensions d’une nature complexe à la fois corporelle et spirituelle. Ainsi va-t-on parler de culture physique pour tout ce qui concerne le corps ; de culture intellectuelle pour ce qui concerne la connaissance et la mémoire. Mais il ne faut pas oublier la sensibilité qui réclame elle aussi une délicate éducation. Dans tous les cas, il y a une sorte de schéma directeur, dessiné par les capacités individuelles, ce qu’on nomme les « talents ».

Ainsi pourrait-on dire qu’il y a, pour chacun, une limite d’humanité à atteindre (à moins qu’on préfère parler - et pourquoi pas ? - d’hominisation), limite qui le caractérise ou mieux le personnalise mais qu’il ignore et doit explorer.

Dans cet effort va-t-il pouvoir trouver une aide dans ce qu’on appelle les « sciences humaines » ? Il ne semble pas et, paradoxalement, du fait même de leur prétention à être des sciences. Car il n’y a de science que de l’UNIVERSEL, les principes qu’elle avance étant réputés s’appliquer toujours et partout. Or on est ici dans un domaine étroitement personnel, et donc unique.

Mais faut-il pour autant les ignorer, ces sciences ? Non, sans doute, car si leur objet ne convient pas, leurs méthodes ne sont pas inutiles. Si pour chacun l’objectif ne consiste pas à coïncider avec un modèle d’homme statistiquement défini, il va développer un « type » original qui n’appartient qu’à lui seul. Alors s’il doit entrer dans les statistiques, cela ne peut être que comme échantillon. Les méthodes d’analyse qui l’auront distingué peuvent l’aider à savoir où il en est, mais pas du tout à découvrir où et jusqu’où il peut et doit aller.

Comment alors le découvrir ?
On songe à la vieille formule qui voulait qu’avant le baccalauréat (premier grade de l’enseignement supérieur !), on fît ses « humanités ». Mais sait-on encore de quoi il s’agit ? Avant qu’elles aient été partiellement vidées de leur contenu, c’étaient ces études qu’on appelle encore « secondaires ». Pendant sept ans, l’élève était entraîné à survoler les étapes de la construction d’une civilisation dont il était l’héritier. Il s’agissait moins d’en retenir les détails que d’en mesurer les enjeux et ces enjeux ne sont rien d’autre que la découverte de la spécificité humaine. Celle-ci agit alors comme un appel, un appel à combler le fossé qui sépare ce qui est de ce qui pourrait être. « Deviens ce que tu es » aurait conseillé le poète Pindare (518-438). Ce n’est qu’apparemment paradoxal. L’athlète qui dépasse ses propres performances n’en reste pas moins lui-même. Mais ces performances vont en appeler de nouvelles et susciter l’effort chez d’autres athlètes qui sans elles en resteraient à leur niveau.

Tel est le rôle des humanités par rapport à la culture. Elles sont la préparation du terrain dans lequel ceux qui les auront « cultivées » pourront s’enraciner et s’épanouir. Qu’on en soit privé et l’on pourra parler d’une culture « in vitro » à l’image de ce qu’on voit faire en agriculture pour nous donner les produits fades et stéréotypés que nous connaissons.

Comment s’étonner dès lors de cette « pensée unique » qui s’empare des esprits et paralyse le jugement ? Le relativisme qu’elle professe endort chacun dans un consensus mou où « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Engourdissement trompeur qui expose à des réveils brutaux.

Alors n’en restons pas là. Le remède n’est certainement pas dans l’aménagement des rythmes scolaires ni dans l’appel aux spécialistes en pédagogie qui ont suffisamment fait leurs preuves ! Avant de laisser partir les bacheliers, au risque de les voir construire sur du sable, inventons pour eux un moyen de s’ouvrir à la culture par de nouvelles humanités. Aucun retard à redouter mais au contraire du temps gagné. « Si tu ne sais pas où tu vas, disent les africains, souviens-toi d’où tu viens ».et « prends ton pied la route ! »

Abbé Hyacinthe-Marie HOUARD
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Commentaire ajouté le 07/06/2010 par Vincent

Deviens toi-même.
Parents absents…enfants perdus


Tout le monde sait que les bars, en Espagne, sont des lieux de convivialité où les personnes de tous âges et de toutes catégories sociales se rencontrent et parfois discutent ensemble.
J’ai eu l’occasion d’y rencontrer un journaliste de la Chaîne de Radio ONDA COPE.
Après un quart d’heure de discussion il m’a proposé de m’interviewer en direct et conseillé de traduire le livre en espagnol.

Voir les photographies N° 01 et 02, image N° 11 et 12

Commentaire ajouté le 07/06/2010 par Vincent

La maison d’Edition PUBLIBOOK a invité Monsieur Vincent Rodriguez au Salon International du Livre de Genève qui se déroulait du mercredi 28 avril au Dimanche 02 mai 2010.
L’auteur du livre « Deviens toi-même, Parents absents…enfants perdus » y fut présent pendant quatre journées.

Des autorités de deux pays francophones d’Afrique ont montré leur intérêt pour le livre. Elles vont en parler dès leur retour dans leur pays respectif.

La responsable de la diffusion de la maison d’Edition se chargera de le proposer à la vente dans les librairies des grandes villes universitaires françaises.

Après avoir parcouru quelques pages, elles ont exprimé à l’auteur leur agréable surprise d’y trouver des réflexions très utiles pour apporter une solution aux problèmes sociétaux créés par la déliquescence du système éducatif.

L’auteur n’en demande pas moins que de provoquer une réflexion objective, instigatrice d’un bon devenir et d’un plus grand bien-être de la jeunesse.


Voir les photographies 01 à 05 dans le lien Photos

Commentaire ajouté le 28/05/2010 par Rodriguez

Traduction du commentaire de José Diego Rodriguez Cubero

Dès que j’ai eu entre les mains le livre »Deviens toi-même. Parents absents….enfants perdus » j’ai commencé la lecture avec beaucoup d’intérêt et de curiosité….
Dès les premiers chapitres je partageais avec « Puchero » beaucoup d’expériences et anecdotes de mon enfance parce que je suis originaire du même « petit village » que Vincent et aussi parce que j’ai appris à lire dans la même « grande maison » et avec le même « grand monsieur qui le premier jour de classe referma la porte de l’école derrière lui ».
Mais la lecture des derniers chapitres du « Roman » fut un plaisir authentique parce que je partage avec « Puchero » ses affirmations exactes et courageuses sur la pédagogie actuelle.
« Puchero » a osé affronter positivement les problèmes actuels de l’enseignement qui semble plutôt aller à la dérive conséquemment à la mise en pratique de quelques normes pédagogiques proposées par certains pseudo pédagogues. Le seul résultat qu’ils ont obtenu, et avec un succès certain malheureusement, c’est de niveler par le plus bas les connaissances des élèves et semer la crise d’identité aussi bien des professeurs que des élèves.
Le désespoir des professeurs et des élèves, un fait réel que l’on constate de nos jours, Vincent a su l’analyser avec une infinité d’anecdotes, en ajoutant chaque fois, la solution la plus raisonnable et la plus positive.
« Puchero » a osé ramer à contre courant face à une société qui préfère chercher des coupables plutôt que d’affronter les problèmes. Malheureusement, ce constat peut aussi être fait dans le domaine de l’enseignement et ceux qui en pâtissent sont les élèves et leurs professeurs.
Je félicite l’auteur de « Deviens toi-même » pour avoir osé publier un livre si courageux, pédagogiquement parlant, dont je recommande fortement la lecture aux parents, aux éducateurs et aux enseignants.
Félicitations et merci pour nous avoir offert un livre plein de bon sens.
José Diego Rodriguez Cubero

Commentaire ajouté le 17/05/2010 par Jose Diego Rodriguez Cubero

M. Vincent Rodríguez:
Apenas tuve entre mis manos el libro “Deviens toi-même. Parents absents... enfants perdus”, comencé su lectura con sumo interés y con mucha curiosidad... Y ya desde los primeros capítulos fui compartiendo con “Puchero” muchas experiencias y anécdotas de mi infancia por ser del mismo “petit village” que Vincent y haber aprendido a leer en la misma “grande maison” y con el mismo ”grand monsieur qui le premier jour de classe renferma la porte de l’école derrière lui”.
Pero la lectura de los últimos capítulos del “Roman”, fue una auténtica delicia por coincidir con “Puchero” en sus acertadas y valientes afirmaciones sobre la pedagogía actual.
“Puchero” se ha atrevido a encarar positivamente los problemas actuales de la enseñanza que más bien parece ir a la deriva como consecuencia de la puesta en práctica algunas normas pedagógicas propuestas por ciertos seudopedagogos que lo único que han conseguido, y con bastante éxito desgraciadamente, es igualar a los alumnos en los niveles más bajos del conocimiento y sembrar crisis de identidad tanto en profesores como en alumnos.
La desesperación de profesores y alumnos, hecho real que se da en nuestros días, Vincent la ha sabido analizar con infinidad de anécdotas, añadiendo en cada caso, la solución más razonable y positiva. Puchero se ha atrevido a remar contra corriente ante una sociedad que prefiere buscar culpables antes que encarar sus problemas. Desgraciadamente, eso también se da en el campo de la educación y los sufridores son los alumnos y sus profesores.
Felicito al autor de “Deviens toi-même” por haber tenido el valor de publicar un libro tan valiente, pedagógicamente hablando, y que considero de obligada lectura para padres y educadores.
Felicitaciones y gracias por ofrecernos un libro tan sensato.
José Diego Rodríguez Cubero

Commentaire ajouté le 03/04/2010 par Véronique

Cher Puchero ! D'ailleurs que veut dire Puchero ?(si je peux me permettre)


J'ai adoré votre livre.

Notre métier est passionnant et n'admet normalement ,que des gens passionnés afin de l'exercer correctement !!!
Mais , je commence à partager quelques désillusions ,moi aussi et cela me rend nostalgique du temps où les maîtres enseignaient uniquement avec leur coeur et leur conscience.

J'avais noté avec plaisir votre invitation et avait réservé ma soirée du mercredi .Cependant , aujourd'hui même l'Association des Parents d'Elèves de Saint-Joseph de Cluny Conception , nouvellement élue , a demandé de rencontrer l'équipe pédagogique au complet ,évidemment mercredi 18h00.
Vous comprendrez aisément mes obligations professionnelles pour en avoir eues tellement pendant des années !!!!!! d'ailleurs on aurait tendance à s'oublier et à oublier de se faire des petits plaisirs tels que cette rencontre.

Excusez-moi donc , je ne serai pas présente mais serai de tout coeur avec vous !

Si j'avais la chance que plusieurs s'excusent pour mercredi soir alors votre discussion chez Calédolivre serait reportée et je pourrai y assister !!!

tenez-moi au courant si par hasard cela se produisait!

Je penserai à vous .

Ce livre met en mots ce que nous pensons malheureusement déjà fortement même après une vingtaine d'années d'enseignement !! Cependant ,pour les maîtres qui y croient , dont je fais partie , vous mettez à l'honneur aussi notre envie de réussir chaque jour de classe , de partager la volonté d'apprendre qui naît au fil des jours dans les yeux d'un enfant , d'assister à la joie de celui qui a enfin compris ,de voir la fierté de ses parents venant nous remercier !!!
et tout cela n'a pas de prix !même si cela concerne qu'une minorité dans la classe !!!

eh oui j'y crois ENCORE !!!! Voilà notre métier est un sacerdoce mais pour reprendre une publicité ," il le vaut bien" , MERCI de l'avoir écrit et décrit de façon si passionnante!!!

Bon courage et à très bientôt , j'espère

Véronique OFFLAVILLE

Commentaire ajouté le 01/04/2010 par Vincent Rodriguez

Présentation du livre :
« Deviens toi-même,
Parents absents…enfants perdus »



Date : 31/03/2010 à 18h
Lieu : Librairie Calédo livres,
21 ter, rue Jean Jaurès, centre ville, Nouméa
Libraire organisateur : Dominique BUZANCE
Auteur de la causerie : Vincent Rodriguez, auteur.


Pourquoi le livre « Deviens toi-même, Parents absents…enfants perdus »?
- La vocation, le but, le rôle du système éducatif sont de:
- Permettre aux jeunes de développer toutes leurs capacités, leurs dons, leur spécificité, avec la collaboration des parents.
- Aider les jeunes à « DEVENIR EUX- MËMES », pleinement intégrés dans la société

Constats :

L’auteur a été :
- Enseignant en primaire (classes de un et trois niveaux) et en collège.
- Directeur d’un lycée: responsable administratif, financier, pédagogique et de la vie scolaire, d’une cantine et de deux internats.
- Lecteur assidu de B.O.E.N. (Bulletin officiel de l’éducation Nationale) et des circulaires ministérielles.
- Observateur ou « applicateur » (parfois à contre cœur) des multiples réformes et de la mise en application du « Collège unique », appelée réforme Le Grand, du nom de l’inspecteur général qui l’a mise en forme.
- Observateur de la chute du niveau des élèves, de leur manque de motivation, de leur utilisation pour faire aboutir des revendications d’adultes et de leur indiscipline grandissante.
- Observateur de la dégradation du moral des enseignants
Etc etc

- Il a observé, il a résisté, et parfois souffert en silence, pour la jeunesse à laquelle on apprenait plus à « zapper » sur la connaissance des programmes, sur le travail bien fait, et souvent pas fait ou bâclé
- Il a observé les méfaits et résisté à la mouvance à la mode dont le « leitmotiv » soixante-huitard libertaire et liberticide proclamait: « Il est interdit d’interdire »
- Par contre, il s’est toujours efforcé d’aider chacun (c’était de notoriété publique), et parfois de le forcer, à développer au maximum ses propres capacités dans le respect de l’autre : camarade, enseignant, personnel administratif ou de service. Chacun dans son rôle spécifique et mutuellement nécessaire.


Et enfin, après 42 ans de travail, il a pris ma retraite
Non sans avoir préparé ouvertement et correctement son remplacement.


Et après ?
- Pendant les longues années de vie professionnelle il a pris quelques notes et conservé certains documents.
- Par l’inaction de certains administratifs, il s’est trouvé dans l’obligation morale de prendre la responsabilité du Foyer Massabielle, foyer d’hébergement pour des jeunes travailleuses et des étudiantes majeures.
- Il a été sollicité pour s’occuper d’autres associations de réinsertion sociale. Après un an, il a abandonné ses fonctions pour ne pas mourir intellectuellement de « réunionite » stérile, réunions imposées par le système administratif.

La jouissance :
- IL AVAI DONC DU TEMPS LIBRE. QUE FAIRE ?
- Il aime trop son pays d’adoption pour l’abandonner dans un
moment difficile pour lui.
- Il aime trop la jeunesse pour ne pas participer, à son niveau, à empêcher son abandon intellectuel, éducationnel et professionnel. Abandon déjà très avancé.

Alors :
-Il s’est mis à REVISITER son passé à la lumière des expériences estudiantines et professionnelles vécues.
-A cette lumière, ou avec cet éclairage, Il a essayé :
-d’attirer l’attention sur les « déformes » qui ont provoqué tant d’échecs scolaires, personnels et sociétaux :
1°) 10% du temps scolaire pour occupation multidisciplinaire et découverte. Vite abandonnée.
2°) L’éveil en primaire….détourné de son rôle.
3°) La lecture globale.
4°) Les mathématiques modernes
5°) La réforme Le GRAND : collège unique
6°) Réforme de l’apprentissage des langues, des programmes de presque toutes les matières
7°) La protection presque exclusive de l’élève perturbateur
Etc etc….

Le livre sort, sans le vouloir, au moment où l’enseignement est transféré, où l’on parle de projet d’enseignement et où l’on parle, enfin, de la violence dans les établissements scolaires … Fera-t-il réfléchir les adultes responsables ?
- D’attirer l’attention sur certains comportements des adultes responsables : Elus, Syndicats, Parents et certains enseignants
- Fera-t-il réfléchir les adultes responsables ?

Et cette REVISITE a fait un livre qu’il ne croyait pas aussi volumineux. Certes, dans le livre il y a des « redites ». C’est son défaut d’enseignant qu’il n’a pas laissé sur place en partant à la retraite.
Par contre, il n’a pas développé les causes énumérées du malaise dans l’enseignement et de sa dégradation. Plusieurs livres auraient été nécessaires : CE TRAVAIL RESTE A FAIRE.
Pour finir :
Dans chaque ligne du livre, il a voulu parler des faits. Jamais il n’a voulu juger qui que ce soit. Ceux qui sont à l’origine de certaines « réformes », de leur mise en application ou de certains disfonctionnements, sont assez grands et certainement assez instruits et intelligents, peut-être pas assez courageux, pour le faire eux-mêmes.
Il a voulu apporter sa pierre pour construire ou reconstruire l’édifice…et il faut beaucoup de pierres pour que l’édifice soit solide, grand et beau.


L’auteur garde espoir en la réactivité des humains malgré la chanson vécue au quotidien : « Le travail c’est la santé….personnelle (statutaire, professionnelle, financière), ne rien faire la conserver »

Vincent Rodriguez

Commentaire ajouté le 03/03/2010 par Rodriguez

Emissions de présentation du livre "DEVIENS TOI -MEME" sur Radio Rythme Bleu (RRB) et Radio France Outremer (RFO):

RRB : http://www.youtube.com/watch?v=sVLtIokZoOg

RFO : http://www.youtube.com/watch?v=T2SZjpVNK3A

Commentaire ajouté le 24/02/2010 par Nicole Calandra

Je viens de finir le « roman » de Vincent Rodriguez « Deviens toi-même – Parents absents… enfants perdus ». Sa première vérité est dans le titre mais pas seulement.
Pour qui ne connaît pas Vincent Rodriguez, la lecture de ce « roman » permet de le découvrir enfin et cela vaut son pesant d’or : il s’y dévoile comme jamais.
Et quand on ne fait pas partie du monde de l’Education Nationale, les réponses à nos questionnements en tant que « parents d’élèves », sautent aux yeux au fur et à mesure de notre lecture. Pourquoi certains enseignants agissent de telle façon alors qu’ils pourraient faire plus facilement autrement ? Pourquoi vaut-il mieux prendre sa destinée en main ? Pourquoi, ne faut-il pas avoir une confiance aveugle dans les Institutions en général ?
Le pense par toi-même est le premier conseil de « Puchero ».
« Devenir voyageur volontaire » pour avancer librement sur son propre chemin, même si celui-ci est plus ardu, nous assure-t-il.
L’écriture de Vincent Rodriguez pleine de sagesse, distille quelques vérités pas très bonnes à dire et mêlée d’humour qui va droit au cœur.
Son « je m’arrête et me mets à penser… », nous permets de cheminer entre l’information et le bon sens.
Mon constat en considérant le pavé et le sujet du livre a été en premier lieu que cela allait être « indigeste » et difficile à lire, puis je m’y suis plongée et je n’ai pas relevé la tête avant de l’avoir terminé et pour moi, c’est le signe d’un véritable bon livre à mettre entre toutes les mains. A lire donc, sans aucune hésitation si vous êtes un peu curieux de nature mais pas seulement.
Félicitation, monsieur Rodriguez !
Je mets ce billet sur mon blog : http://atelierdecriture.wordpress.com

Commentaire ajouté le 17/02/2010 par Victor

Je viens de terminer la lecture de votre livre: "Deviens toi-même, Parents absents...enfants perdus". Je l'ai acheté parce que je vous connais un peu.
Je me laissais emporté par la facilité de la lecture et par le plaisir de prendre connaissance de certaines anecdotes. Ces anecdotes chatouillaient ma curisité et parfois me faisaient sourire.
En reprenant le livre, un soir, pour continuer la lecture, je relis les premières lignes du préambule: "Toi qui commence à lire ces lignes, prends ton temps pour réfléchir." Je ne souriais plus. Je constatais que, avec simplicité et parfois un sourire dissimulé et amical, le roman raccontait une réalité sociale triste et grave. Mais, en même temps, il suggérait des pistes pour une remédiation.
Le parent que je suis aurait aimé trouver, dans le roman, un développement de ces pistes. Je suis resté avec ma soif, comme, je pense, d'autres parents. J'aimerai bien, pourtant, que quelqu'un m'aide à l'étancher....
Quand j'ai terminé la lecture, je me suis dit que le terme "Roman" ne correspondait pas vraiment à l'idée que je me fais d'un roman.
Merci Monsieur, pour avoir eu le courage de le publier.

Commentaire ajouté le 24/01/2010 par Francisca Garcia

Cher Vincent,

Merci mille fois pour le plaisir que j’ai ressenti à la lecture de ton livre : un véritable festin de roi. Je l’ai dévoré, goulûment d’abord, comme un être sevré depuis des lustres, puis j’en ai repris une louche, et là, j’ai pris le temps, pour en apprécier toutes les saveurs. Gourmet...gourmande...un peu des deux, j’ai saucé le chaudron jusqu’à la dernière goutte.

Il faut avouer qu’il devient rarissime d’avoir la possibilité de lire une critique constructive de notre société. Le tout écrit dans un langage clair, sans utilisation de termes « nouvelle vague » qui ne veulent plus rien dire tant ils sont galvaudés pour exprimer tout et son contraire, jusqu’à perdre leur sens et leur raison d’exister : Qu’il fait bon de retrouver la langue de Molière, sans artifice ni faux semblant.

Bien sûr, je ne te cacherai pas que j’ai eu un plaisir immense à lire la première partie du livre. Je m’y suis même retrouvée dans l’espace et le temps. Mon esprit s’est mis à vagabonder un moment, à la recherche d’images estompées depuis bien longtemps, et j’ai revu, ce beau jeune homme aux yeux bleus et à l’accent prononcé, pénétrer pour la première fois dans notre salle de classe : c’était notre nouveau prof d’espagnol !

Moi, qui suis, si loin des problèmes de l’éducation nationale et de la fonction publique en général, mais qui subis depuis tant d’années les effets de l’échec scolaire à travers le monde de l’entreprise... Moi qui tempête contre ces parents dénaturés qui ont baissé les bras, contre ces bacs cuisine et ces soi-disant études qui ne sont que des stages d’apprentissages à devenir maître dans l’art du « ne rien faire » ; des leurres à cancres... Moi qui suis scandalisée devant ces bacs pro qui ne savent pas écrire une ligne sans faute inadmissible, ton livre m’a fait découvrir un aspect du problème dont je n’avais pas connaissance ou même si j’en avais entendu parler je me trompais sur son ampleur et sur son impact : la détresse des enseignants et des élèves.

Je te félicite pour avoir eu le courage de dénoncer les dysfonctionnements de notre société, car nous le savons bien tous les deux : la liberté d’expression reste chez nous une utopie, et les derniers évènements prouvent bien, qu’aujourd’hui plus qu’hier, il est dangereux d’étaler au grand jour certaines vérités qui bousculent la tranquillité de ceux qui s’adonnent à cette politique des « gros bras » en toute impunité.

Ton analyse est d’une justesse à pleurer. Oui ! A pleurer, car malheureusement, ces pratiques de menaces existent dans tous les secteurs. Et les Vincent Rodriguez sont rares. Au pays des parvenus, la politique du « j’ai le bras long…je vais vous casser » ou du « cassez-vous, vous me faites de l’ombre…J’ai la puissance financière, je vais vous broyer », a encore de beaux jours devant elle.

« Deviens toi-même », interpellera-t-il les intéressés ? … rosiront-ils de honte ? … J’en doute. Leur appât du gain et du pouvoir les a gangrené jusqu’à la moelle des os. Et ils ont pris bien soin de choisir leur entourage en fonction.
La délinquance et le mal-être, c’est toujours de la faute de l’autre, et la morale est devenue un bagage pesant inutile. Quant au respect, ils en ont une idée tout à fait particulière : c’est un « must » auquel ils prétendent en fonction de la hauteur de leur portefeuille toujours mal acquis ou de leur pouvoir… Alors le sentiment d’honneur… Je ne sais pas s’ils en connaissent l’existence.

Mais il reste le peuple ! Le peuple crédule, certes… le peuple malléable, sans aucun doute… le peuple qui, chez nous, a fini par porter son admiration sur les poches pleines, plutôt que sur les têtes pleines…j’en conviens… Mais un jour, le peuple se réveille et revendique le changement parce que les casseroles sont vides.

Alors, je caresse l’espoir… que « deviens toi-même » soit lu et entendu et que ce livre porte ses fruits.

Merci Vincent. Nous te devons tous beaucoup.
Francisca

Commentaire ajouté le 07/01/2010 par Michel Reuillard

Vincent,

J’ai eu un réel plaisir à lire « Deviens toi-même ».

- Parce qu’à la lecture, ce qui est écrit devient rapidement un son, et la mémoire des phrases et des idées prononcées en cours il y a 30 ou 40 ans se réactive. Dans cet « écrit », l’oralité est en fait omniprésente.

- Parce que j’y retrouve clairement exprimés les points qui me faisait sortir de mes gonds il y a 25 ans lorsque, jeune enseignant, je constatais impuissant la montée des ravages causés par le « pédagogisme » des cerveaux marxistes qui peuplaient les couloirs de Grenelle et façonnaient les comportement de potentats locaux, politiques, syndicalistes ou simplement enseignants.

- Parce que ce que tu écris est foncièrement juste.

Voici ce que j’en pense .

En toute amitié.

En toute sincérité.


« Deviens-toi-même ! ». Tout « Monsieur Rodriguez » est résumé dans la formule qui interroge autant qu’elle bouscule et qui constitue, au choix du lecteur, une injonction disciplinaire, une recommandation, un fil de vie, un principe philosophique, une sagesse populaire ou un cri d’alarme. Probablement tout à la fois.

Hommage à l’enfant qui grandit et à l’adolescent qui se cherche, « Deviens toi-même » s’adresse à tout l’Etre en devenir. En nos temps où le matérialisme – naguère idéologique et marxiste, aujourd’hui marchand et financier ! - l’emporte sur toute autre considération et malmène la destinée humaine, les mots sonnent comme un rappel à l’essentiel. Ils ne se lisent pas comme le titre d’un livre mais s’entendent et sonnent comme le « connais-toi toi-même » des anciens grecs. Loin du consumérisme, des luttes stériles pour le pouvoir, des fausses promesses et des plagias, ils rappellent chacun d’entre nous à son caractère unique, à sa différence et à sa force vitale, tout autant qu’à son devoir d’humilité et à sa responsabilité ultime : échapper aux modes, aux idéologies, aux dogmes aux pressions ; savoir agir pleinement dans sa catégorie. Rester libre !

Le parallèle entre l’arbre et l’Etre qui revient fréquemment au fil des pages, constitue l’axe « moral » de l’ouvrage. La force de l’arbre, sa beauté, sa grandeur, sa solidité sont autant de repères de valeurs. Arbre de vie, taillé mais respecté, voire vénéré par tant de civilisations qui en vivaient. Arbre aujourd’hui abattu et « utilisé » par l’Homme moderne qui le transforme en papier quand il ne le réduit pas en cendres à forces d’incendies destructeurs. Si ce parallèle entre l’Homme et l’arbre a peu de chances de trouver un écho durable chez des adultes trop occupés à « faire » leur vie matérielle, il ne peut que toucher en profondeur l’âme de l’enfant, pour qui ces valeurs ont un sens inné. L’amour des parents, le lien avec son humanité proche (la famille élargie, les copains), la proximité d’une rivière ou d’une forêt, la vision d’une montagne, sont antérieurs à l’éducation sociale et tout aussi déterminants qu’elle. En face de ces valeurs qui ne demandent qu’à être « élevées », les constructions politiques, les bricolages de l’Histoire et les paillettes des ghettos urbains ne sont qu’artifices et faux semblants.

L’Ecole a pour mission de favoriser cette « élévation », de faire de l’enfant un Etre complet, dans ses dimensions naturelles, sociales et spirituelles. Cette mission est difficile et souvent ingrate car l’enfant et l’adolescent reculent en permanence leurs frontières : celles de leurs origines, celles de leurs relations, celles de leurs connaissances, celles de leurs convictions. Leur envie de comprendre dépasse souvent le cadre étroit du programme, le discours du maître, les contraintes de la réussite purement scolaire. Ils ont encore en eux ce précieux privilège de pouvoir s’évader au plus profond d’eux-mêmes, de partir à la recherche d’eux-mêmes. Et cet horizon intérieur est aussi illimité que l’horizon extérieur et social auquel l’invite en permanence le discours des « adultes ».

Très tôt acquis à la certitude que l’adolescent vivait intrinsèquement cette dualité, Vincent Rodriguez a consacré sa vie d’enseignant à faciliter ce double accouchement : acquérir la maîtrise simultanée des deux horizons, en refusant farouchement de sacrifier l’un à l’autre. Pour y parvenir, il fallait beaucoup de volonté et beaucoup de caractère. De la lucidité aussi pour accepter l’ingratitude, et de l’humilité pour accepter l’échec. Il fallait aussi rester libre de ses orientations et de ses choix à chaque pas, loin de toutes les normes et de tous les dogmes car, dans ce périple de vie, seule comptait la condition humaine, dans toute sa diversité, réductible à aucun dogme et à aucune norme. Combattant de la dignité humaine, il a maintenu intacte sa capacité de découvrir, de s’émerveiller, d’apprendre et de rester jeune.

Dans le récit on retrouve autant l’homme de cœur, le croyant que l’érudit accompli.

C’est sans doute ce qui le distingua très tôt des autres « profs ». Son exigence était grande, mais ressentie comme légitime parce qu’il avait l’allant nécessaire là où tant d’autres se contentaient du conformisme officiel, quand ils ne succombaient pas à la torpeur tropicale et administrative du Nouméa des années 1960. Avec lui, l’enseignement se faisait en direct, sans condescendance ni mascarade. Sa pédagogie était dégagée de la routine. Il se posait en maître non pas parce qu’il avait un « pouvoir » sur ses élèves, mais parce qu’il était attentif au sens des connaissances transmises autant qu’à leur assimilation. Sans blesser, ni humilier, avec l’humour rocailleux qui le caractérise, il savait observer les plis sur le front de l’élève qui décrochait, et parvenait sans difficulté à recentrer le regard de celui qui s’aventurait d’un peu trop près sur le cahier du voisin.

Cette attention aux élèves, comme plus tard à ceux dont il avait la responsabilité du fait de sa charge de Directeur, avait en corollaire une distanciation large avec tous les pouvoirs, ceux des hommes, des administrations ou des idées. Homme libre, il préférait la Liberté de décider et de choisir seul – et assumer les risques qui vont avec !- au fonctionnarisme paperassier qui alourdit les administrations et paralyse les intelligences. Diriger, gérer, ne signifiait pas chez lui tout contrôler ni tout surveiller. La confiance dans l’action de ses collaborateurs et de ses subordonnés allait de pair avec l’idée qu’il se fait de la Liberté : déléguer l’initiative, laisser faire, recadrer quand il le faut, sans excès ni précipitation.

Ainsi, l’autorité était bien réelle sans que le « pouvoir » ne fût lourdement ressenti. Seuls s’en plaignaient les inévitables mécontents présents partout où il y a un corps de métier, et d’autant plus habiles à la critique qu’ils s’engagent peu et ne prennent pas de responsabilités.

L’éducation familiale autant que son humilité chrétienne lui ont tôt fait comprendre que l’autorité ne vient ni du diplôme acquis, ni du statut, ni de l’ancienneté dans la fonction ; encore moins du « bagout ». Elle vient de l’homme, de ses capacités à écouter, à faire confiance, à analyser, à décider, et à engager. Elle s’acquiert avec l’expérience des réussites et du constat des choses à ne pas faire. Elle a l’humilité d’accepter les « échecs ».

La simplicité des adolescents calédoniens a permis que cette autorité soit reconnue et s’exerce sans chausse trappe. Son origine espagnole lui conférait l’aura nécessaire pour lever tous les doutes sur sa compétence à enseigner la langue de Cervantès. Mais il avait le don, encore trop rare aujourd’hui, de relier le sens d’un texte à son temps et à sa réalité humaine. De telle sorte que lorsque venait l’instant de « l’habillage » - toujours intransigeant celui-ci !- par la grammaire, l’apprentissage du vocabulaire, des verbes irréguliers et « des faux amis », tout semblait couler de source. Et là où tant d’autres « professeurs » trébuchaient en voulant édicter « leur » enseignement, il savait imprégner l’auditoire par des connaissances maîtrisées.

Si bien que lorsque la canicule de Mars et de Novembre écrasait les corps et les esprits, et que les cours d’autres professeurs nous ennuyaient mortellement, ceux de « Monsieur Rodriguez » nous captivaient par leur authenticité et leur liberté de ton. Ils résonnaient dans nos cœurs de potaches (jamais fermés !) bien avant de faire raisonner nos cerveaux (pas toujours dociles !). Il le savait et ne nous en tenait pas rigueur.

Trente ou quarante ans avant que le discours pédagogique moderne ne décrète que « l’élève se trouve au centre du dispositif éducatif », il l’avait compris et le mettait en pratique sans le dire, favorisant l’échange et la collaboration entre l’enseignant et l’enseigné, en lieu et place du face à face stérile entre celui qui sait (ou qui croit savoir !) et celui qui « doit » apprendre. Pragmatisme, rigueur et action furent les constantes de sa pédagogie. Non pas qu’il dédaignât les idées ; il en était au contraire pétri. Mais il croyait à juste titre que les idées ne valent que par leur capacité à se réaliser et à améliorer la condition humaine. Tout comme les principes qui ont leur raison d’être mais qui ne valent qu’autant qu’ils se confrontent à la réalité et lui donnent du sens, sans humiliation pour l’Homme.


Devenu Directeur de Lycée, il conserva sa manière d’être et de faire. N’engageant pas facilement sa parole mais la respectant quand elle l’était, il fit du simple « collège » qu’était alors son établissement le fleuron de l’Enseignement Catholique de Nouvelle-Calédonie. Il sut diriger, choisir, décider organiser. Il sut faire en temps nécessaire les choix stratégiques de son temps, et ce malgré les contradicteurs (syndicaux, corporatistes, hiérarchiques) et détracteurs (souvent mus par la jalousie).

Les parents calédoniens, peu loquaces mais lucides, ne s’y trompaient : l’Enseignement Catholique c’était le Lycée Blaise Pascal, et le Lycée Blaise Pascal c’était « Rodriguez ». Et il le savait. Comme il savait aussi que les critiques bruyantes ou sournoises dont il était l’objet de la part de quelques uns, étaient amplement compensées par le labeur silencieux et efficace de l’écrasante partie du corps enseignant.

Pour bien des générations de Calédoniens de toutes classes sociales et de toutes ethnies, il est tenu comme la conscience d’une époque, qui fut la « nôtre ». Pédagogue chrétien et humaniste, il a toujours cru qu’il lui revenait de mettre en garde les collégiens et les lycéens contre les dangers qui les menaçaient. Non pas à coups d’obligations ou d’interdits (ce qui n’était cependant pas absent de sa panoplie !) mais par l’éducation, la remise en cause et le questionnement. Pendant un demi siècle il s’est efforcé de remonter à la source de notre humanité, qu’il a fait sienne dès son arrivée sur le Caillou. Chrétien convaincu, mais pragmatique et réaliste, il diffusait ses conseils - comme ses coups de gueule ! - en construisant le lien indispensable entre le présent et l’avenir, entre matérialité et spiritualité. Exigeant dans le travail à accomplir pour réussir une interrogation, un contrôle ou un examen, il refusait la boulimie et l’accumulation des connaissances pour elles-mêmes.

Tout comme il abhorrait les « faux semblants », ces désirs artificiels qui, en périodes fastes sont trop vite satisfaits – et donc créateurs de vide !- et qui, en périodes de crise ne peuvent pas être satisfaits et sont sources de frustrations. A la course aveugle à la compétition, à la productivité, à la réussite à tout prix, il préférait l’utopie qui propose au départ un but éloigné et en apparence inaccessible, mais qui, à force de motivation et de sacrifice, se meut petit à petit en réalité. En ce siècle et en cette terre de Nouvelle-Calédonie où les valeurs semblent disparaître et les repères s’estomper, il nous propose encore, ici et maintenant, de nous retourner vers quelque chose de plus essentiel.

Observateur lucide de son temps il l’était aussi sûrement de son métier. Bien avant que des critiques ne soient formulées par des hommes aussi prestigieux que Jean-François Revel ou Thierry Desjardins, il mettait les parents, les élèves et aussi souvent que possible, les institutions en garde contre les dérives de l’Education Nationale des années 1970 / 2000

Pour lui comme pour eux, l’école est faite avant tout pour permettre à l’enfant de devenir adulte, c’est-à-dire à trouver sa place dans la société, un métier, une fonction sociale ; devenir libre c’était cela, et c’était aussi parvenir à équilibrer sa vie personnelle grâce à une culture que l’enseignement lui aurait inculquée.

Le rôle de l’école est donc de préparer l’avenir de la société et des individus qui la composent. Or, préparer l’avenir c’est assumer le passé, donc le connaître. Et pour le connaître, l’école doit donner à ceux qui construiront l’avenir toutes les richesses accumulées par l’Histoire.

- Enseigner c’est donc « transmettre » le patrimoine culturel et conserver ainsi un héritage de connaissances et d’expériences acquises.

- Enseigner, c’est transformer les élèves en demandeurs actifs de connaissances.

- Enseigner c’est préparer et adapter le jeune instruit à ce que la société du moment comporte de spécifique et de nouveau ; c’est lui donner les moyens de comprendre son époque et d’y devenir un acteur ;

- Enseigner c’est donner aux jeunes les moyens de rester critiques face aux modes (trop dépendantes de la versatilité de l’actualité), aux idéologies « réactionnaires » comme « révolutionnaires » (mais toujours réductrices de la diversité humaine) -

Une des âneries dans lesquelles était tombé l’enseignement des années post 68 était que l’effort intellectuel n’était plus considéré comme indispensable pour devenir un bon élève ; que la finalité première de l’enseignement était remise en cause au profit d’un pédagogisme confus et aux résultats souvent catastrophiques. Et beaucoup d’enseignants qui ne comprenaient pas ou, pour les plus éclairés, qui ne les acceptaient pas, se sont vus contraints d’appliquer des réformes dont l’objectif ultime n’était pas l’épanouissement de l’élève dans la société mais la transformation pure et simple de cette société.

En effet, sortant des sentiers bien tracés de l’école de Jules Ferry, l’Institut National de la Recherche Pédagogique imaginait l’école de demain moins comme un transmetteur de connaissances que comme le moyen de façonner l’homme nouveau capable à son tour de changer la société. Dans « l’école ou la guerre civile », un certain Philippe Meirieu prenait le contre-pied de Ferry et faisait l’apologie de la « prééminence absolue du politique » sur tout, et donc sur l’Education. Selon lui, « …l’école implique des choix de société, des choix philosophiques, des options prises sur l’avenir de notre pays, sur le type d’homme et d’organisation sociale que nous voulons… ». Cette phraséologie révèle clairement les intentions du pédagogisme en vogue pendant les 3 ou 4 dernières décennies : façonner l’enfant, le programmer pour en faire un homme nouveau et avec lui révolutionner la société. Leurs auteurs n’étaient plus des pédagogues au service de l’enfant et de l’Instruction, mais des « pédagogistes » au service de la transformation de l’Homme et de la révolution sociale. Ils se comportaient en parfaits intellectuels de pensée marxiste et, efficacement relayés par de puissants syndicats d’enseignants récusaient la mission essentielle de l’Education Nationale. Considérant que former des jeunes c’était d’abord « mettre l’école à la solde du patronat et du grand capital », ils introduisaient le principe de la lutte des classes là où il n’avait surtout pas à être : dans la formation des maîtres et dans la tête des élèves.

Il est regrettable que de tels gourous aient pu maintenir aussi longtemps leur influence sur l’Education et entraîner dans leur sillage un nombre important de formateurs et d’enseignants. Il est regrettable que sous leur influence, l’Enseignement se soit considérablement éloigné de son but premier - la transmission des connaissances – pour privilégier un objectif aussi fumeux qu’absurde, tout droit tiré de la dialectique de Mai 68 : préparer l’enfant à « s’inventer un avenir ! ».

L’école a ainsi succombé longtemps au pédagogisme d’influence marxiste. Ses dégâts sur le « système » éducatif sont considérables. La méthode globale, le collège unique, les classes d’éveil, la quasi impossibilité de redoubler une classe, combinées au corporatisme et à la remise en cause systématique de l’autorité de l’enseignant ou du Directeur – par les parents voire par la hiérarchie elle-même !- ont eu raison de la qualité de l’Enseignement français, jadis envié à travers le monde entier.

Le sommet fut atteint avec l’obligation de réussite au Baccalauréat de 80% des candidats. Comme si la réussite s’obtenait pas Décret. Dans la pratique, cet objectif ne pouvant pas être atteint naturellement, on forçait la réalité en abaissant le niveau des épreuves.

Le chapitre 8 du livre de Puchero aborde avec force et lucidité cette question du recul de la pédagogie vraie et adaptée à l’enfant au profit du « pédagogisme » dont les préceptes relevaient d’abord de l’idéologie et qui était imposé moins pour le profit de l’élève que pour « …satisfaire telle ou telle expérience d’un groupuscule d’expérimentation, bien placé au niveau ministériel ou syndical… ».


La réforme actuellement en cours depuis le milieu des années 2000 semble annoncer une réorientation positive de l’Education qui tournerait ainsi le dos au « pédagogisme ». Le « Socle des Connaissances et des Compétences » réhabilite la part qui revient aux connaissances et aux méthodes. Mais l’expérience engagée étant aussi vaste que récente et la méfiance des enseignants – rendus soupçonneux par des décennies de réformes comètes !- étant encore forte, il ne sera possible d’en vérifier les effets que dans les prochaine années. En attendant !!! les professeurs voient toujours arriver dans leurs classes des élèves hautement incapables de suivre l’enseignement qu’ils sont censés y donner.

En raison aussi de la multiplication des discipline dites « d’éveil » qui, pour n’évoquer que le Collège, infantilisent l’adolescent et, loin de l’ « éveiller » endorment son intellect. Non pas que l’éveil ne soit pas au cœur du rôle de l’enseignement ; mais l’enseignement doit favoriser l’éveil à la connaissance, ce qui ramène à la manière dont se fait – ou ne se fait pas – la pédagogie.

Un second travers a fait tout autant de dégâts. Non pas cette fois sur le « système » mais plus directement sur les individus : c’est le « psychanalysme ». Celui-ci est essentiellement d’origine freudienne et, contrairement au précédent, il continue son œuvre. Comme l’écrit Thierry Desjardins, « …les psycho tout ce qu’on veut (-logues, -analystes, - thérapeutes, etc..)… » récusent eux aussi les méthodes jusqu’alors employées jadis par les maîtres et qui ont permis de bâtir ce qu’on peut appeler la civilisation française. Dans ces méthodes, les parents étaient les premiers – chronologiquement et par leur importance !- éducateurs. La famille, les proches, le curé du village, … complétaient cet enseignement –qui était aussi de l’Education !- par la parole autant que par l’exemple. Les « valeurs » individuelles, familiales et sociétales étaient ainsi également transmises par un faisceau convergeant d’ « autorités », au premier rang desquelles se trouvaient les parents. En cas de défaillance d’un rouage, l’école pouvait prendre aisément le relais éducatif, car elle se plaçait dans la même sphère d’influence.

Mais les curés ont perdu toute influence sur la société ; les parents ont largement démissionné (pas tous ; pas partout !) ; la famille a explosé ; le principe même de l’autorité est battu en brèche. Comment s’étonner alors que la « transmission » des connaissances ait reculé.

Corrélativement, le « psychanalisme » ayant considéré que « …transmettre c’était imposer, obliger, brimer contraindre et dominer.. », bref ! exercer une tyrannie inacceptable sur l’enfant, il fallait en toute priorité le « libérer » de toutes les chaînes. Pas question que le maître qui a été lui-même victime de cette barbarie lorsqu’il était enfant la « transmette » à son tour. Il fallait briser la chaîne multiséculaire de l’asservissement psychologique de l’enfant, tout comme les marxistes voulaient briser la chaîne séculaire de l’exploitation capitaliste de l’homme par l’homme. De telle sorte que non seulement la pratique de la transmission des connaissances a été remise en cause, mais également la notion même de transmission, et ce parfois jusque parmi les maîtres eux-mêmes.

Individualisme lié à la société de consommation, idéologie libertaire issue de 1968, « pédagogisme » marxisant et « psychanalisme » se donnaient bien la main pour assurer les « Droits » de l’enfant à ne pas être réprimandé, à être mis au centre du dispositif éducatif, mais en se gardant bien de rappeler l’autre versant de tout droit : le devoir. Les Droits des uns et des autres (maîtres, parents, élèves, citoyens..) valent d’être entendus et défendus. Mais là où il y a des droits, il y a aussi les devoirs qui leur font échos. Notre société du tout consommable-jetable, de l’enfant « idéologisé » a aussi oublié la notion du devoir. L’élève fainéant n’était plus considéré comme tel, mais comme un « jeune en échec » qui a des droits. La pédagogie était érigée en sciences abstraite et complexe – absolue !- loin des procédés humbles et simples que l’on met au point avec la pratique et qui ont le mérite irremplaçable de devoir se renouveler sans cesse pour répondre à la diversité des classes et des élèves…./…

Comment dès lors ne pas s’interroger avec J.F Revel sur les conséquences néfastes de cette politique. Malgré la diffusion de l’instruction, qu’on appelle avec vanité la « démocratisation » de l’enseignement, malgré l’irruption de la culture de masse, la prolifération des livres, on constate que l’on rencontre de moins en moins de gens cultivés.

Par « cultivés », il faut entendre ici tous ceux qui à leur manière propre et originale, sont des amateurs possédant du goût, leur goût, ; un goût qui plaît ou qui ne plaît pas ; mais un goût sincère et bien à eux parce qu’il est fondé sur des connaissances solides autant que sur des expériences vécues et assimilées et non pas sur des on-dit, ou sur la dernière mode de l’édition, du cinéma ou de la publicité.

A n’en pas douter, Puchero fait partie des « cultivés ». Avec d’autant plus de certitude et de mérite que sa culture est celle d’un autodidacte libre plus que celle d’un disciple.

Cette culture personnelle lui permet de mieux saisir les contours et les limites de sa carrière d’enseignant et de Directeur. Il a vécu en toute lucidité la mutation profonde de l’enseignement, ce passage du temps où les professeurs avaient confiance dans ce qu’ils enseignaient, les élèves dans ce qu’ils apprenaient et les parents dans le système éducatif tout entier à l’autre temps où cet équilibre salutaire a été rompu, où la mission de l’enseignant devenait imprécise et critiquée, où certains enseignants ont voulu pérenniser l’ombre de l’ancien système.

Or, notre société moderne, très largement démocratisée et très largement conditionnée par la technologie ne peut plus se satisfaire d’un corpus d’enseignement classique, où le maître dispensait « ses » connaissances à « ses » élèves. Aujourd’hui plus que jamais, « la mission de l’enseignement est de développer la capacité d’expression et de raisonnement, l’esprit critique et l’art de rassembler, de trier et d’utiliser l’information » (J.F. REVEL). Ceci, Puchero le mettait déjà en pratique, avec les moyens de son temps, dès les années 1960.

« Deviens toi-même ! » est enfin, à sa manière, un guide de sagesse.

Bien avant Puchero, sept à huit siècles avant Jésus Christ, à Delphes, au fronton d’un des plus fameux monuments élevés à la gloire d’Apollon, des messages fondamentaux de la sagesse grecque étaient gravés dans la pierre. L’un d’entre eux est resté célèbre jusqu’à nos jours : « Connais-toi toi-même ! ». A côté de lui, un autre, « rien de trop ! » qui veut dire la même chose. Mais quoi ?

Le sens que nous donnons aujourd’hui à ces messages est faussé par notre environnement dominé par la psychologie et la psychanalyse. Nous en déduisons que nous avons tout intérêt à savoir qui nous sommes, à tirer au clair notre inconscient si l’on veut avancer dans la vie. Or, ce sens est erroné.

Pour Socrate qui adopta plus tard la formule « Connais-toi toi-même », (et pour Platon plus tard encore), elle avait une signification toute liée à la théorie philosophique de la vérité. Selon cette théorie, nous aurions autrefois connu le vrai. Puis, nous l’aurions oublié de sorte que « …la connaissance viendrait dans un troisième temps, comme une anamnèse, une remémoration de quelque chose qui est déjà en nous sans que nous le sachions... » (Luc Ferry).

Ainsi, la quête philosophique de la Vérité est avant tout une démarche de « re-connaissance » ou de « re-mémoration ».

Cette vision de la vérité imprégnera longtemps toute l’histoire de la philosophie, tout comme elle imprègne la pensée de Puchero.

Cette formule philosophique des Grecs avait une portée de sagesse évidente pour les simples citoyens d’alors qui apprenaient ainsi à rester à leur place, à ne pas se prendre pour autre chose que l’on est. La sagesse populaire actuelle ne dit pas autre choses lorsque, parlant de quelqu’un d’orgueilleux, d’arrogant, elle l’invite à cesser de « se croire ».

Chez les Latins, Sénèque conseillait à son ami Lucilius : « Voici ce qu’il vous faut faire mon ami : désengagez-vous, rendez-vous à vous-même ! ».

Cette sagesse qui consiste à prendre de la distance par rapport à soi-même peut paraître paradoxale chez un homme qui n’est ni un solitaire, ni un mystique, ni un philosophe, mais qui agit, décide, lutte et sait assumer ses responsabilités, qui sait bien qu’on ne dirige pas une institution à l’affectif et au « ressenti », qui a très tôt compris que toute décision implique des critiques auxquelles on ne peut pas toujours répondre, pas plus qu’on ne peut dissiper toutes les incompréhensions.



A la fois engagé et détaché, Puchero est bien dans le monde mais il sait que le monde ne lui appartient pas, tout comme il sait qu’il n’appartient pas au monde. Il y a chez lui quelque chose d’essentiel qui se trouve au-delà du monde, un axe, un centre, quelque chose de permanent et d’inamovible. Les combats, les chagrins, les épreuves, les contradictions construisent, forgent, renforcent, le blessent dans ce qu’il a d’existentiel ; mais ils ne l’affectent pas et le libèrent même dans ce qu’il a d’essentiel : sa condition humaine.



A 72 ans, l’homme n’a plus rien à prouver. Il s’est affranchi depuis longtemps des opinions, des attentes, des désirs. Depuis moins longtemps sans doute, il s’est affranchi des choix. Sa conscience reste libre et ouverte, loin des écoles, des chapelles, des maîtres et de toutes les opinions. Sa compréhension de la vie et des autres l’autorise désormais à dépasser tout jugement pour vivre en paix avec lui-même, dans l’empathie du monde qui l’entoure. Et ce monde le lui rend bien.


Michel Reuillard
Docteur en Histoire
Directeur de collège

Commentaire ajouté le 05/01/2010 par Cécile D'Almeida

J'ai aimé suivre Puchero dans les méandres de sa vie ! Or , d'après le dictionnaire , "Puchero" est , en langage familier , le geste que font ceux qui commencent à pleurer ...Bien sûr, ce n'est pas la seule définition proposée , mais à propos du livre de Vincent Rodriguez, c'est celle que je retiens en priorité...

Car, comment rester indifférent face à la déliquescence de notre société ? Comment, par démagogie, peut-on cautionner la perte des valeurs morales et le laxisme ambiant? Comment ne pas s'émouvoir de l'effarante désespérance de ces "enfants perdus" dont les "parents absents" ne sont préoccupés que d'eux-mêmes ? Pauvres "Orphelins" qui ne parviendront que pour de trop rares exceptions à devenir ce qu'ils doivent être : des Hommes et des Femmes à part entière !

Fort de sa longue expérience des enseignants et des enseignés, Vincent Rodriguez dresse ici, un constat amer mais extrêmement réaliste de la lente désagrégation du système éducatif ainsi que du microcosme néo-calédonien - auquel j'appartiens depuis de nombreuses générations - et dans lequel il s'est totalement immergé depuis de si longues années.

Avec le profond espoir qu'une telle réflexion sera source féconde de réactions positives et enrichissantes pour un meilleur avenir de notre jeunesse.