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Commentaire ajouté le 26/01/2012 par Vincent

Les médias parlent à longueur des journaux écrits, parlés ou télévisés de la délinquance.


La délinquance, y a-t-il une solution ? Peut-elle diminuer?

Tout un chacun s’est senti interpellé par tel ou tel acte de violence dont il a entendu parlé ou dont il en a été la victime : agressions physiques, verbales, vols, viols, incendies, nuisances sonores ou graphiques, etc.
Vous n’avez pas besoin d’être membre du « Contrat Local de Sécurité » (CLS), un organisme de plus créé récemment, pour savoir que ces actes, pas « citoyens » du tout, se multiplient de jour en jour. Au rythme où ça va, on peut s’attendre au pire !
La peur gagne du terrain, le mal de vivre aussi, ainsi que le malaise social.
Pourquoi est-on arrivé à cet état de fait ?
- Parce que depuis au moins quatre décennies la société vit avec l’idée qu’ « il
est interdit d’interdire », slogan des années 1968. La traduction normale faite par la masse populaire est : « on a le droit de tout faire ». Les conséquences sont : les « fils à papa » meneurs de « 68 » ont tous de bonnes places. Les enfants de la masse populaire, qui les ont suivi, ont subi les conséquences des « restructurations » ou des « délocalisations » des entreprises. Bref, ils ont des difficultés au quotidien pour vivre ou plutôt pour survivre.
- Parce que tous ces jeunes « formatés » à cette idée sont maintenant des parents. Leurs conditions de vie ne sont pas toujours excellentes et ils continuent à suivre d’autres meneurs pour manifester, faire grève, empêcher de se rendre sur le lieu de travail, soit en « cadenassant » le portail d’entré, soit en brûlant des pneus sur les routes, soit en n’obéissant pas à l’autorité civile ou militaire. Or le modèle premier pour l’enfant sont ses propres parents !
- Parce que les parents, premiers responsables de l’éducation de leurs enfants, préfèrent aller : jouer aux jeux d’argent clandestins ou non, aux dîner d’affaires ou entre amis, faire une sortie en mer ou la chasse. Pendant ce temps leurs enfants sont laissés seuls, et souvent sans aucun contrôle. Ainsi se créent les problèmes de compréhension, les tensions, souvent les violences familiales. Il y a carence d’éducation. Les parents, et souvent les pouvoirs publics, oublient que les parents sont responsables des actes de leur enfant mineur.
- Parce que les parents, les petits chefs ou les chefs, ne réagissent pas contre les abus d’alcool et de cannabis, entre autres abus.
- Parce que depuis quarante ans, au moins, et de plus en plus, les enseignants ne peuvent pas exiger que les bambins, les élèves, les étudiants aient un comportement respectueux des camarades, des enseignants, du matériel scolaire d’abord, de leur propre travail ensuite.
Tout un chacun peut ajouter encore des….parce que !
Y a-t-il une solution autre que les remèdes palliatifs distribués actuellement?
Certainement si on veut bien appliquer les remèdes adéquats aux maladies ci-
dessus énumérées.
Encore faut-il que les hommes politiques, les institutions et les syndicats aient le courage nécessaire.
Et ça…c’est un autre dilemme ! Soit ils prennent les mesures légales et administratives pour initier au respect et au travail dès le plus jeune âge et alors tout changera petit à petit, soit ils continuent à comprendre (du latin « cum prendere » c-à-d prendre avec soi) et à laisser faire pour ne pas contrarier « les chers électeurs ». Dans ce dernier cas, ce seront « les chers électeurs » qui payerons finalement, les salaires et avantages des uns et des autres et qui souffriront, impuissants, de toutes les « incivilités » énumérées plus haut.

Commentaire ajouté le 31/12/2011 par Vincent Rodriguez

A tous ceux et celles qui liront ce message, je souhaite une année 2012 remplie de joie personnelle et de bonheur profond.
Je ne mentirai pas en vous affirmant que l'année 2012 sera sans difficultés matérielles et ou professionnelles. Les discours des responsables et les décisions prises dans le plus grand secret par les vrais décideurs ne laissent augurer rien de bon pour le plus grand nombre en ce qui concerne les aspects matériels de notre vie: ils ont vidé les caisses des États et ils exigent toujours plus pour les remplir. ils savent parfaitement s'exempter des efforts demandés au plus grand nombre. Devant ce constat, je vous souhaite beaucoup de courage pour que la joie et le bonheur personnel et familial ne soient pas touchés.
Notre monde a oublié que l'homme ne vit pas seulement pour avoir toujours plus de richesses, de pouvoir ou de plaisirs. Il a oublié, et certains ne l'ont jamais appréhendé, que les avoirs sont passagers tandis que l'être spirituel est éternel.
Je vous souhaite, pour l'année 2012, que vous vous rapprochiez, et ce n'est pas facile, du vrai bonheur personnel et rayonnant autour de vous. Je vous souhaite enfin que vous trouviez votre vérité vraie ou mieux que vous vous y approchiez constamment parce que, en réalité, elle semble toujours fuyante devant soi.

Tous mes meilleurs vœux pour l'année 2012

Commentaire ajouté le 05/12/2011 par Vincent

Nouméa, le 04/12/2011
Monsieur le Directeur
Les Nouvelles Calédoniennes
Nouméa

Monsieur le Directeur,


Vous publiez le jeudi 1er décembre dans votre journal un article intitulé : « Des solutions pour les jeunes délinquants ».
Vous avez bien raison d’attirer l’attention des calédoniens sur les solutions proposées par les pouvoirs publics pour tenter de résoudre le grave problème de la jeunesse en perdition.
On ne peut mettre en cause la bonne volonté de tous ceux et celles qui s’occupent de la réinsertion de cette jeunesse. Que ce personnel travaille dans le PJEJ, les Ecoles de la Nouvelle Chance, dans les Foyers d’Accueil d’Urgence et d’Orientation ou tout autre centre à même vocation, partout il accomplit un travail utile, nécessaire voire indispensable.
Pourtant, la réalité de la situation m’oblige à redire que tous ces efforts humains et financiers ne sont qu’un cautère sur une jambe de bois. Si les décideurs, politiques, syndicaux et administratifs ne sont pas décidés à traiter de problème à la base, celui-ci existera toujours. Et ce ne sont pas les mesurettes qui permettront de le résoudre. C’est comme si on voulait dévier un ruisseau avec un seau.
Comme je l’ai écrit dans le livre « Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus » (cf. www.vrodriguez.com) et redit dans plusieurs articles, le problème de la délinquance de la jeunesse doit être traité dès l’école primaire et dans les familles dès la plus tendre enfance.
Des textes devraient être publiés pour redonner l’autorité aux enseignants et aux parents. Ceux-ci devraient pouvoir sanctionner justement quand l’élève ou l’enfant ne se comporte pas bien, perturbe ou ne travaille pas, sans craindre d’être, eux, sanctionnés quand ils s’efforcent de faire travailler leur classe et de corriger les conduites peu citoyennes. Les parents dont les enfants sont absents de l’école, sans raison valable, devraient être sanctionnés financièrement en diminuant proportionnellement les allocations familiales. Le Comité d’Urgence Humanitaire, bien au courant de tous les problèmes de détresse des familles et de délinquance des jeunes l’avait demandé, avant la généralisation de cette aide destinée à aider les parents à éduquer leurs enfants. Cette mesure n’a pas été jugée porteuse…électoralement. Certains décideurs allègueront la difficulté de mettre en place ce moyen…. Excuse futile ! Bien au contraire, cette mesure faciliterait la bonne éducation et instruction et ferait faire des économies substantielles au budget de la Nouvelle-Calédonie.
Pour finir, car le thème est vaste et peut-être volontairement compliqué, je me permets de compléter la citation de votre journal, tout en exprimant mon profond respect pour la personne à qui vous l’attribuez et que je connais de par ailleurs : « Nous avons les moyens de travailler », certes oui pour prendre en charge quelques jeunes délinquants, mais pas tous les délinquants, et encore moins pour résoudre globalement le problème de la délinquance.

Vincent Rodriguez
Professeur agrégé et directeur à la retraite
Palmes académiques

Commentaire ajouté le 24/09/2011 par Georges NURDIN

Témoignage de Georges Nurdin , Blaise Pascal ( BP69 -71 )

Curieuses boucles du Destin : Aujourd’ hui , après une carrière de 30 ans de dirigeant et consultant international déroulée sur les 5 continents , je me retrouve Directeur d’ une Grande Ecole de Gestion Internationale , qui accueille des étudiants de tous les régions du Monde de la Licence jusqu’ au Doctorat en passant par les Master of Science et autres MBA et Executive Programs.

Et le modèle qui m’ inspire tous les jours dans mon travail c’est ..Blaise Pascal !

Blaise Pascal ! un vrai modèle dont je peux dire qu’il m’ a formé au sens socratique du terme ( imprimer une forme, un sens ) par le sens du projet, de l’ aventure, de la tolérance, du respect , de la rigueur , de la qualité , du partage , de l’ ouverture ,et surtout des valeurs .

Plus qu’un modèle, une Ecole de Vie ! Un grand merci à ses enseignants et en particulier à Monsieur Rodriguez .

Dans le contexte de l’ époque l’ initiative commune qu’ avait prise les Frères maristes et les Sœurs de Saint Joseph de Cluny , surtout l’ avènement de la mixité des genres dans les classes était véritablement révolutionnaire. Nous , les garçons , étions soudainement entourés par un tourbillon d’uniformes en jupes grise ou bleues , blouses blanches, sous la garde vigilantes des Sœurs voilées de blanc ..dont certains d’ entre nous avaient déjà pu apprécier un avant gout de leur légendaire rigueur soit dès la maternelle ( à mon époque mixte, à Saint Joseph ), soit lors des « compétitions » de latin en 3 ème. Cette année là, en 3 ème, j’ avais été battu par une fille en 3 ème en finale sur un point ultra technique de forme pronominale passive réflexive…

1969 , année de création Blaise Pascal, mais aussi année où nous tous ensemble nous avions l’ oreille colée au transistor pour écouter en direct l’ autre événement clef de cette année là : le premier homme sur la lune .

Je suis extrement fier de faire partie des pionniers de Blaise Pascal , non pas par nostalgie mais par conviction… Et j’ ai toujours dans mon armoire mon T shirt Vert et Rouge aux armes de Blaise Pascal..

Et pax hominibus bonae voluntatis

Georges Nurdin

Ancien Elève du Sacré Coeur , de Champagnat, et de Blaise Pascal 69-71

ESCP Europe, GE-MIT , Ph.D Economics

Commentaire ajouté le 23/09/2011 par Vincent

Pitonnage
Zapping
( pour ceux et celles qui n’emploient que ce gallicisme)


Au début de l’été de l’année 1958 je voyageais en train d’Italie vers l’Espagne. A cette époque les trains ne roulaient pas vite. Pour mieux admirer le paysage je me tenais debout, à une fenêtre du couloir. Les passagers n’étaient pas bien nombreux. A mes côtés se tenait un touriste des Etats-Unis d’Amérique. Quand on annonça l’arrivée du train en gare de Monaco, ce monsieur se dirigea rapidement vers la porte de sortie. Dès que le train s’arrêta il mit un pied sur le quai de la gare et revint reprendre sa place.
« I kow Monaco » me dit-il. (« Je connais Monaco »)
Je suis resté tout surpris par sa rapidité d’apprentissage, à moins que cela ne fût par sa vantardise éhontée ou un humour bien américain.

Pendant ma scolarité j’ai connu un élève capable de réciter par cœur le chapitre d’histoire, de géographie ou la poésie d’une page qu’il venait de lire. J’ai beaucoup réfléchi pour essayer de comprendre comment il faisait mais je n’ai jamais réussi à l’imiter.
Pendant ma carrière d’enseignant ou de directeur de lycée j’ai connu plusieurs élèves qui savaient parfaitement la leçon qu’ils venaient d’écouter en classe. Ils n’avaient plus besoin de l’étudier après le cours.
J’ai aussi connu beaucoup d’élèves qui étaient obligés, après avoir assez bien écouté en classe, d’étudier les cours pour bien les savoir. Et d’autres élèves, très nombreux aussi, qui ne pouvaient pas les apprendre parce qu’ils n’avaient pas ou presque pas écouté. Il est souvent difficile de comprendre quand on écoute bien. Mais quand on est en classe présent de corps et l’esprit ailleurs, la compréhension est impossible.

De toutes ces observations et réflexions, des conclusions s’imposaient.
La première était que les élèves écoutaient plus ou moins bien en fonction de l’intérêt personnel qu’ils trouvaient dans le thème de la leçon ou dans la matière au programme. Partant du principe bien réel que chaque élève est unique et différent, il fallait montrer à chacun l’intérêt personnel qu’il pouvait trouver dans chaque matière.
Le deuxième constat découlait de la difficulté à rester attentif pendant longtemps. Un bon entraînement est nécessaire pour prolonger ce temps de concentration. Quelques petites satisfactions arrivent alors rapidement.
Un autre aspect important mais moins visible se situe au niveau des affects. L’élève travaille en fonction des sentiments qu’il éprouve pour le professeur.

L’enseignant doit jouer sur tous ces tableaux pour que son cours porte des fruits. Un bon pédagogue a plus de chances de réussir. Mais ce n’est ni facile ni évident.
Un bon grimpeur se concentre en permanence pour planter les pitons qui vont l’aider à parvenir au sommet de la montagne. S’il les fixe mal ou les plante n’importe où, il tombera ou ne parviendra pas à réaliser son rêve de parvenir jusqu’au sommet. Il en est de même pour l’élève. S’il n’écoute pas bien ou seulement de temps en temps, il ne pourra pas assimiler la leçon et bientôt il perdra pied, se découragera et se mettra rapidement en situation d’échec.
L’alpiniste accusera la montagne, les pitons et tous les accessoires. Rarement il mettra en cause son manque d’expérience, d’entraînement ou de courage.
L’élève mettra en cause le professeur qui ne sait pas enseigner, la leçon trop difficile ou l’utilité de la matière. Il n’accusera jamais son manque d’attention et de travail. Il fera comme le touriste américain : il a vu où était la leçon mais il ne la visitera pas en profondeur. Mais il affirmera qu’il la connaît.

Combien de fois, me promenant dans le lycée, ne me suis-je pas arrêté devant un groupe d’élèves qui discutaient tranquillement assis sur un banc ou par terre ?
- Vous n’avez rien à faire ? leur demandais-je.
- Nous avons fini notre travail, Monsieur.
- Et vous savez bien votre cours ?
- Oui, Monsieur.
- Montrez-moi le chapitre que vous avez étudié en cours, s’il vous plait.
Un ou deux sortaient le livre du cartable et l’ouvraient à la première page du chapitre en question.
- Récitez-le moi ou expliquez-le moi.
Presque à chaque fois ils se levaient en silence et retournaient en salle d’étude.

Il existe certainement des élèves ayant naturellement le goût de l’effort, des leçons bien apprises et des devoirs bien faits. Proportionnellement ils sont rares. Le plus souvent ce goût de l’effort n’est pas naturel. Il est beaucoup plus aisé de se laisser vivre en fonction de l’instinct ou du caprice du moment.
Par ailleurs tout le monde sait que l’esprit est fugitif et silencieux. Teresa Sánchez de Cepeda Dávila y Ahumada (1515-1582), autrement dit Thérèse d’Avila, appelait l’imagination « La folle du logis ». Et comme la folie, l’imagination est difficilement contrôlable car elle peut s’échapper à tous moments sans prévenir.
Pourtant, si on veut progresser, il faut apprendre à la contrôler pour faciliter la concentration. Personne n’est capable de suivre attentivement une conférence ou un cours en même temps que le vol de la mouche qui a osé pénétrer dans la salle ou l’oiseau qui voltige dans l’arbre que l’on regarde par la fenêtre.
D’autre part, les jeunes ont une capacité d’observation extraordinaire. Ils constatent que beaucoup d’adultes gagnent facilement de l’argent, d’autres obtiennent d’avantage en réclamant énergiquement et en fonction de leurs capacités de nuisance ou de leur poids électoral tandis que les plus malheureux, de plus en plus nombreux, vivent de l’assistanat public ou associatif.
Les jeunes n’ont pas beaucoup d’exemples de l’effort justement récompensé. Ou du moins ces exemples ne sont pas bien connus parce qu’ils sont très peu médiatisés. Par contre, presque tout ce que la société leur montre les pousse à voleter d’un sujet à un autre, d’une occupation à une autre, d’un plaisir à un autre et si possible avec le dernier ipod, ipad ou autre ordinateur lancé sur le marché. De nos jours, le travail a une connotation généralement négative. Les loisirs, les vacances et la mode, par contre, ont le vent en poupe.
La société de consommation, par la publicité dans les média, valorise leurs jeux, leurs amusements et la possession des outils modernes électroniques. Le pouvoir d’achat de la jeunesse est considérable….grâce au travail ou aux sacrifices de leurs parents quand ce n’est pas par des moyens peu honorables, pour ne pas dire condamnables.
Bien sûr que la jeunesse a besoin de jouer, de s’amuser et doit se servir des outils de communication modernes. Elle ne doit pas oublier l’essentiel, sa préparation pour intégrer la vie des adultes et surtout une vie personnelle orientée vers la réussite humaine et professionnelle.
Le rôle primordial des parents et du système éducatif est bien celui-là, préparer les jeunes, en fonction de leurs capacités spécifiques, à bien intégrer leur vie d’adulte dans la société.
« Du pain et des jeux », proverbe qui résume la méthode utilisée par les romains pour que le peuple soit occupé à autre chose et laisse le gouvernement agir à sa guise. Ce proverbe est toujours d’actualité. Et ce n’est pas la fable de La Fontaine « la cigale et la fourmi » qui va servir de leçon. D’ailleurs combien de jeunes connaissent cette fable. Est-elle encore étudiée dans les écoles ? Peut-être, mais c’est pour mettre en valeur la célèbre chanteuse, la cigale.
Vivre de ses chansons, de sa musique, de son art ou de son sport, tel est le rêve de millions d’habitants. Chacun veut le réaliser s’il s’octroie quelques capacités et compétences. Rêve passionnant, certes, mais parmi tous les candidats, combien sont-ils à pouvoir le réaliser? Combien d’efforts et de sacrifices ont-ils dû faire, les heureux candidats, pour y parvenir, même s’ils ont des dons spécifiques? Combien d’heures de répétitions pour que la note et le rythme des chansons soient parfaits ? Combien d’heures d’exercices physiques contraignants pour que le sportif soit en forme ? Il n’est pas courant d’en entendre parler. Mais il n’y a pas de réussite artistique ou sportive sans beaucoup d’efforts, loin du public. Malgré tous ces efforts, la réussite n’est pas assurée si le public n’est pas au rendez-vous. En effet, beaucoup de grands artistes n’ont été connus et reconnus que très tard dans leur vie ou après leur mort. De nos jours, la chute est sévère, rapide et sans complaisance pour tous ceux qui ne se plient pas à cet entraînement sévère et caché. Leurs sélectionneurs artistiques ou sportifs n’admettent ni erreurs ni défaillances et bien souvent la sanction arrive rapidement et sans appel. Même si les sélectionneurs laissent passer l’absence d’efforts, les résultats ne laissent rien passer. Ils sanctionnent le travail préalable et caché par la défaite ou par la victoire.

Les foules s’imposent des efforts et des sacrifices pour devenir les hérauts de leurs idoles. Ont-elles raison ? Certainement.
Mais alors pourquoi ne s’imposent-t-elles pas des efforts et des sacrifices pour leur perfectionnement humain et professionnel ?
Il est vrai que l’individu dans une foule se sent investi de la force du
groupe, grand ou petit . Il peut crier, applaudir ou insulter sans risques personnels et en s’octroyant la force du groupe. Dans cet environnement, l’être humain ne se sent pas jugé individuellement. Il est persuadé que sa responsabilité personnelle n’est pas engagée. Il sent ou croit sentir la force de nombre et la liberté de l’incognito. En fait, il ne fait qu’obéir aux caprices des autres ou aux ordres des meneurs connus ou inconnus par lui.
Par contre, pour la réalisation de soi, pour poser des actes ou de réflexions personnelles la responsabilité individuelle est engagée. Pour devenir soi-même, l’engagement personnel est indispensable. Cet effort ne peut qu’être personnel. Il est la condition sine qua non pour se diriger vers le développement de ses capacités et vers la liberté personnelle.
Certes, les êtres humains ne sont pas tous dotés des mêmes grandes capacités et compétences. Mais chacun en a assez pour réussir sa vie humaine et professionnelle. Pour les développer pleinement, chacun doit réaliser les efforts proportionnels pour y parvenir.
Certes encore, tout un chacun ne peut pas s’offrir des professeurs ou des entraîneurs particuliers mais tout le monde peut tirer profit des professeurs et des entraîneurs collectifs. La condition nécessaire et suffisante est que chacun s’efforce personnellement pour en tirer profit et pour développer au mieux ses propres capacités et compétences.
C’est à ce niveau que la problématique de l’échec scolaire et sociétal se pose. En effet, contrairement à ce qui est pensé et écrit par beaucoup de théoriciens, l’effort naturel ne fait pas nécessairement partie des gênes de l’être humain. Pour cette raison les nations développées ont créé le système éducatif. Le ROBERT, dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française, définit le mot « éduquer » : « Diriger le développement, la formation d’un être humain par l’éducation ». Or, pour diriger il convient d’abord d’expliquer, de donner des directives et ensuite de faire en sorte que les explications et les directives soient comprises et suivies. Comme pour savoir conduire la voiture il faut apprendre à agir en permanence sur les pédales et sur le volant, avec une douce fermeté et parfois plus énergiquement. Si on veut arriver à destination on ne peut pas faire autrement.
Analogiquement, pour beaucoup d’élèves la méthode est la même. Tous les enseignants expliquent normalement bien les leçons et donnent les bonnes directives pour les apprendre d’abord et faire les exercices ensuite. Mais, si les élèves n’écoutent pas, n’apprennent pas les leçons et font mal ou pas du tout les exercices les enseignants ne pourront rien faire pour leurs éviter l’échec scolaire et sociétal. On sait que les jeunes ont tendance à profiter de toutes les occasions pour se déconcentrer: Le camarade bavard, la mouche qui vole ou l’oiseau qui passe. Sans compter sur la difficulté d’empêcher l’imagination de voyager. Dans ces conditions les leçons les mieux expliquées ne peuvent pas être comprises ni bien apprises et les exercices ne peuvent pas être faits correctement. Les notes ne pourront pas être valorisantes et le jeune, pour se faire valoir, essayera de se mettre en valeur en jouant au caïd et en perturbant ceux qui veulent travailler. Ce faisant, ces jeunes rentrent bien dans le moule médiatique. Les guerres, les attentats, les vols, les violences, les bagarres entre bandes, les anormalités passent en boucle sur les radios, à la télévision et font l’objet d’articles dans les journaux écrits. Même ceux qui se défendent chez eux contre des intrus se voient souvent déconsidérés par le rouleau compresseur mental médiatique. Or les jeunes sont très observateurs et des grands imitateurs. Les jeunes constatent la médiatisation, à la limite de la valorisation, des non valeurs humaines et sociétales.

L’inattention en classe, provoquée par l’élève lui même ou par les quelques élèves perturbateurs et l’absence d’efforts personnels sont la véritable raison de l’échec scolaire.
Pour résoudre ce problème, cause aussi de l’échec professionnel et ensuite sociétal, les syndicats et associations des parents d’élèves demandent chaque fois plus de moyens humains et matériels. Certes ces moyens humains et matériels sont nécessaires.
Mais si dans une classe de dix élèves, quelque soit le niveau, primaire, secondaire ou universitaire, et quelques soient les moyens matériels, s’ils n’écoutent pas, s’ils ne travaillent pas personnellement, ou s’il y a un ou deux perturbateurs, les résultats scolaires de ces élèves ne seront pas meilleurs que ceux d’une classe de trente élèves attentifs et travailleurs.
Le problème se situe donc au niveau de l’attention et de la discipline en classe et du travail personnel après les cours.


Quand il y a inattention, paresse ou perturbation, les enseignants ne peuvent pas EDUQUER, c’est-à-dire « Diriger le développement, la formation d’un être humain » (Le Robert).
Ils devraient alors pouvoir employer une coercition amicale mais ferme. Ils devraient être soutenus par leur hiérarchie et par les parents. Ensemble ils devraient pouvoir indiquer la route à suivre pour que le jeune reçoive une bonne éducation et réussisse. Ensemble ils devraient pouvoir forcer le jeune à s’activer pour son épanouissement scolaire, personnel et sociétal.
Hélas ! Au nom de la mentalité traduite par le « il est interdit d’interdire » acclamée en mai 1968, ni les enseignants ni les parents ne peuvent le faire. Le néo pédagogisme diffusé depuis cette période a autorisé les décideurs nationaux, législateurs, syndicats et autres grands chefs de l’Education Nationale, a publié des lois, des décrets d’application et autres circulaires ministérielles ou administratives pour l’interdire. Ce qui semble contradictoire avec leur maxime de base : « Il est interdit d’interdire ».
Ainsi donc, les syndicats et autres grands chefs de l’Education Nationale et surtout « les politiques, aujourd’hui, suivent l’opinion plus qu’ils ne la guident, tandis que les opinions, soumises aux émotions plus qu’aux convictions, sont volatiles.»(Jean-Paul Delevoye, rapport sur l’état de la France en 2010)
Le résultat de toutes ces réformes soit disant modernes, le Médiateur de la République le constate dans son rapport sur l’état de la France en 2010 : « L’Education, en échec aujourd’hui sur l’acquisition des savoirs, l’aptitude au travail et l’éveil de la citoyenneté, interroge notre système administratif global qui échoue sur sa capacité d’inclusion et devient une machine à exclure. » Ce système administratif global, s’efforçant toujours de suivre les opinions « volatiles » s’est appliqué consciencieusement à faire ce que les canadiens de langue française appellent du pitonnage c’est-à-dire à faire des reformes pour des réformes, des innovations pour des innovations, en voulant, disent-ils, être modernes. Les responsables de ce système cogitent seuls dans leurs bureaux ou en réunion avec des représentants élus ou désignés. Très souvent ils n’exercent plus ou n’ont jamais exercé devant les élèves. Ce faisant, l’objectif premier du système éducatif, EDUQUER, est devenu moribond. En réalité ils ont détruit le système éducatif qui était, voilà quelques décennies, un des meilleurs du monde.
L’urgence d’un retour pour retrouver « le chemin des valeurs » est connue et reconnue par la très grande majorité de la population. Cette majorité, très souffrante et silencieuse, aspire à reprendre ce chemin. Mais elle en est empêchée par des lois, des règlements et autres normes administratives édictés au nom des droits de l’homme ou de l’enfant mais qui, appliqués sans discernement, se retournent contre l’enfant et finalement contre la société.
L’urgence d’un retour pour retrouver « le chemin des valeurs » devient nécessaire pour éviter que « les tensions internes (ne soient) suicidaires » (J.P. Delevoye).
Devant ce constat qui n’est pas évident pour certains parce que leur intérêt immédiat, financier et ou professionnel, les aveugle,
Devant l’échec scolaire de beaucoup de jeunes, qu’on essaye de récupérer, mais en nombre très limité, par l’école de la deuxième chance, par les stages de mise à niveau et autres inventions pour rattraper l’échec,
Devant les coûts de plus en plus élevés de tous ces rattrapages, sans compter les coûts des maisons de redressement destinées aux jeunes qui n’ont jamais été dressés,
Devant la paresse, l’indiscipline, les violences à l’école et hors de l’école, devenues tellement courantes que beaucoup de personnes finissent par les trouver normales et dont d’autres rigolent parce que cela leur donne du travail, etc.
Qui, parmi tous les responsables nationaux ou régionaux et chacun à son niveau, va tenter de parler vrai et agir en conséquence pour défendre les vraies valeurs humaines pour soi d’abord et pour les autres ensuite? Hélas ! Pour cela notre société aurait besoin de personnes responsables clairvoyantes et courageuses. Momentanément, nous sommes condamnés à faire comme Diogène : Les chercher en plein jour, une lanterne allumée à la main. Naturellement, comme Diogène, nous ne pouvons pas en trouver car le monde est obnubilé par la réélection, l’argent facile et les plaisirs.
J’ai quand même espoir parce que tous ceux qui courent vite sans regarder où ils vont finissent contre le mur. Alors ils voient briller beaucoup d’étoiles qui leur éclairent le chemin des valeurs humaines. Souvent ils font marche arrière pour le reprendre et pouvoir ainsi progresser vers une société, évolutive par nature, mais plus épanouie et plus heureuse.
Pour toutes ces personnes de bonne volonté je crie : « A vos marques, prêts…partons »

Nouméa, le 16/09/2011

Vincent Rodriguez

Commentaire ajouté le 15/09/2011 par Marie ROBERT

Une première lecture par curiosité, car connaissant personnellement l’auteur je trouvais intéressant de lire ses mémoires.
Une grande surprise et un profond respect s’ensuit, en effet j’ai pu constater son travail de l’extérieur puisque j’étais élève de l’établissement qu’il dirigeait. Soudain je redécouvre un personnage et comprend aujourd’hui l’aboutissement de ses réflexion et actions.

Une deuxième lecture en tant qu’enseignante, ce récit se transforme comme un support pédagogique afin d’évoluer dans ma carrière de la manière la plus ludique possible.
Une approche humaine de l’élève, l’enfant que l’on a entre les mains, et qu’en tant que professeur nous nous devons de le conduire vers un avenir remplit de connaissances. Nous lui offrons une boîte à outil avec un manuel très élaboré, à l’élève de s’en servir à bon escient, mais à nous de lui donner envie de l’utiliser.

Une troisième lecture en tant que parents, où nous devons prendre conscience que l’école n’est pas là pour élever nos enfants, nous avons pour mission en les mettant au monde de leur offrir une vie et surtout une éducation.

Finalement ce livre reste sur ma table de chevet et me guide dans la voie que j’ai choisie, celle d’enseignante et celle de parents. Au fil de mes lectures je découvre ou comprend selon mon états d’esprit, toutes ces petites phrase que mon cher directeur me répétait chaque matin lorsque qu’il nous accueillait devant le lycée.

Merci car même en étant hors du système scolaire vous continuez pour nous, anciens élèves, parents et enseignant à nous guider par vos réflexion et votre savoir.

A très bientôt.
Marie Robert

Commentaire ajouté le 03/09/2011 par Vincent

Le boomerang sociétal
Apprends à t’assumer.
Les autres ne peuvent pas le faire pour toi


J’ai rêvé que l’humanité entière s’était donnée rendez-vous devant la montagne emblématique australienne Ayers Rock dans la région de Alice Springs.
La foule était compacte. Il n’y avait plus ni pays ni race ni classe sociale. La foule admirative regardait les aborigènes australiens s’amuser à lancer
leur arme ancestrale, le boomerang. Quand un animal passait à portée, un guerrier le lançait calmement mais avec énergie. L’animal tombait sur place presque à coup sûr. Si l’animal n’était pas touché, le boomerang venait se poser en douceur dans la main du lanceur.
De l’animal abattu, les aborigènes en mangeaient ensemble et enfouissaient les restes pour le prochain repas. Ils partageaient le nécessaire et mettaient en réserve les restes pour ceux qui passeraient par là et en auraient besoin.
Après ils se livraient à leurs divers et paisibles occupations ou poursuivaient leur voyage calme et tranquille dans l’immensité désertique.
Dans mon rêve, j’ai fait un voyage dans leur lointain passé. Depuis l’éternité leur comportement était presque immuable : avoir à manger en suffisance pour chacun et vivre en paix! De génération en génération, de père en fils, de mère en filles l’apprentissage des règles de vie était opéré à chaque instant et tous les jours.

La foule rassemblée, peu à peu, voulut apprendre à lancer cette arme gentille, redoutable et utile. Gentille parce qu’elle revenait au point de départ pour se laisser relancer à volonté. Redoutable et utile parce qu’elle pouvait mettre des provisions alimentaires à portée de la main.

Mais la foule, réunie pour l’occasion, n’avait pas reçu la formation initiale. Elle était venue pour découvrir des nouveaux mondes, des nouvelles cultures, des nouveaux savoirs faire. Cette foule de touristes intéressés pensait bien tout connaître après quelques heures ou quelques jours.
De retour à la maison elle en parlait comme un connaisseur averti. Et elle n’acceptait aucune critique de ses récentes connaissances. Elle affirmait détenir la vérité puisque elle avait vu et essayé. De la même manière qu’elle croyait connaître tel ou tel sujet, scientifique, musical, d’actualité ou autre, après avoir regardé quelques images ou une émission radiophonique ou télévisuelle.
Les boomerangs lancés par la foule revenaient parfois, certes, mais rarement dans la main du lanceur. Souvent ils se perdaient dans la nature sauvage et les lanceurs se trouvaient sans armes et sans nourriture. D’autres fois ils revenaient mais sur la tête ou le corps d’un voisin plus ou moins éloigné du lanceur. Rarement ils atteignaient la cible.
Les blessures des autres étaient nombreuses et la nourriture rare. Les querelles se multipliaient. Elles étaient occasionnées par les blessures certes involontaires mais bien réelles et par la famine conséquente de l’ignorance pour utiliser le boomerang. La foule finit par se disperser, le cœur empli de haine et de rancoeur, le corps de plus en plus affaibli par le manque de nourriture. La misère et le mécontentement se généralisaient.
La foule n’avait pas appris, depuis sa tendre enfance à utiliser cet outil, merveilleux entre les mains des aborigènes. Elle n’avait pas appris les rudiments indispensables pour une vie matérielle et humaine autonome. Elle ne savait pas ou plus. Elle ne pouvait pas, par conséquent, apprendre à leurs enfants les rudiments basiques pour une vie agréable en société. Cercle vicieux favorable à la dégringolade générale !
Naturellement, la foule en colère incriminait l’archaïsme des aborigènes. Elle n’incriminait pas son ignorance mais le boomerang qui n’obéissait pas à son désir ni à sa volonté. Raisonnement habituel et considéré comme « moderne » actuellement : ce n’est pas ma faute mais celle de l’autre !

Le rêve s’évanouit au réveil.
L’esprit voyageant plus vite que la lumière, l’idée m’est venu que ce rêve correspondait à la réalité vécue au quotidien dans notre monde actuel.

On ne peut pas comparer le niveau d’instruction des aborigènes australiens avec celui de la société occidentale actuelle. Comme on ne peut comparer les deux modes de vie, séparés par des siècles de progrès et d’amélioration des conditions d’existence de la société moderne.
Mais après avoir constaté ces différences extrêmes sous beaucoup d’aspects, on peut s’interroger, mutatis mutandi (toutes proportions gardées), sur la manière dont les uns et les autres se préoccupent et s’occupent de la transmission des savoirs, de l’éducation de leurs enfants, avec leurs niveaux de civilisation et en fonction de la nature humaine. On peut s’interroger sur la manière dont chacun, à son niveau, s’occupe de la meilleure intégration de ses enfants dans sa société respective.

Le mode de perpétuation de l’espèce humaine n’a pas changé depuis les débuts de l’histoire de l’humanité. Pas plus pour les aborigènes d’Australie que pour Aristote ou Platon, les Présidents des états contemporains ou le dernier des éboueurs ou des scientifiques embauché dans la ville de Los Angeles, de Londres, de Paris, de Naples ou d’ailleurs. Il a toujours fallut, pour avoir des enfants et perpétuer l’espèce, qu’un homme et une femme s’accouplent. Malgré les progrès de la science, encore aujourd’hui, il faut qu’un ovule et un spermatozoïde s’accouplent pour donner naissance à un œuf, le fœtus. Ce fœtus deviendra un être humain si on le laisse se développer normalement et si sa santé et celle de sa mère le lui permettent. Comme la pousse d’un arbre deviendra grand si on ne l’arrache pas dès le début de sa croissance et si les conditions climatiques lui sont favorables.
Les aborigènes laissaient, normalement, la nature faire son œuvre. Les sociétés primitives avaient pourtant connaissance des plantes abortives. Dans la société actuelle, la science peut modifier le cours des lois naturelles
Certes, la science pense avoir trouvé le moyen d’éviter les conséquences naturelles de l’acte d’accouplement. L’avortement, ou l’arrêt brutal et artificiel de la vie d’un être humain en devenir, est prôné comme un acte de liberté : liberté et dépénalisation de la femme et du médecin. Les directives onusiennes ou des groupes de pression forcent les Etats à légaliser ce genre de « liberté » au nom des « droits de l’homme ». Et oui ! Au nom des « droits de l’homme » on préconise l’arrêt de la vie d’un être humain en devenir jugé indésirable. Poussée dans ses retranchements extrêmes, cette logique peut justifier l’élimination de quiconque s’oppose à mes désirs ou à ceux des autres humains. Le refus définitif de celui qui n’est pas désiré ni accepté devient un « droit ». La justification de l’assassinat de quiconque contrarie nos «désirs ou nos droits » n’est pas loin ! Mais alors, que fait-on des «désirs et des droits » des autres ?
On peut comprendre que des femmes, dans certains cas, se fassent avorter. On n’a pas à les juger elles qui ont plutôt besoin d’être comprises et aidées dans leurs souffrances. Mais promouvoir l’accouplement et inciter ensuite à l’avortement en le légalisant devient à justifier la suppression de tout être humain considéré par quelques uns comme indésirable : aujourd’hui se sont les fœtus, demain les handicapés et après demain les retraités, les malades, les improductifs etc.
D’aucuns hommes d’influence, quand ils étaient jeunes et bien portants, ont prôné l’euthanasie de certains malades, trop chers à maintenir en vie, et des retraités au motif qu’ils n’étaient pas économiquement rentables. Mais ces hommes d’influence ont changé d’avis dès qu’ils ont atteint l’âge de la retraite en justifiant ce changement par les emplois que ces malades et retraités créaient. Dans les deux cas, on fait dépendre la vie humaine de sa valeur économique. D’abord il ne rapporte rien et ensuite il crée des emplois. Est-ce une logique capricieuse ou aléatoire ? L’être humain n’est-il pas autre chose qu’un outil ou qu’un billet de banque à la disposition exclusive de nos désirs? Question fondamentale : sur quels critères désigne-t-on un malade coûteux ou un être humain non rentable ? A partir de quelle somme ?
D’autres états ont légalisé l’euthanasie pour d’autres vies humaines estimées par eux indésirables: il n’y a que soixante dix ans à peine. Ce modus operandi (façon de procéder) a existé depuis que les barbares envahirent l’Europe en massacrant hommes femmes et enfants pour s’emparer des biens, comestibles ou non, jusqu’aux états qui au XX siècle ont prôné, officieusement bien sûr, le massacre de certaines populations pour s’emparer de leurs biens. Certaines guerres meurtrières n’ont pas eu d’autres causes ni d’autres objectifs.
Au XXI siècle ce comportement se perpétue : des millions de personnes meurent de faim et sont vite enterrés dans un sol riche en matières premières pendant que d’autres jouent à la bourse avec l’augmentation du prix des matières alimentaires ou autres. Cet enrichissement prime-t-il sur la vie humaine ? Vaste question. Les réponses des humains sont souvent contradictoires.
L’être humain oublie souvent que pour savoir si un principe est acceptable il faut en imaginer toutes les conséquences et y compris les plus inimaginables. Dans le cas contraire les résultats du principe peuvent être inattendus, voire indésirables sur le court terme déjà et à plus forte raison à long terme. Les grands décideurs veulent bien publier des lois applicables aux autres. Ils crient à l’injustice quand ces lois justifient l’effet boomerang

Certes encore, la science peut, de nos jours, remplacer l’accouplement homme -femme pour donner la vie…..Elle n’a pas encore créé des ovules ou des spermatozoïdes. L’homme ne peut pas créer la matière première donnant la vie. La science a toujours besoin du tandem femme/homme. Les banques d’affaires disent pourvoir au devenir matériel de l’humanité. Les banques des spermes aspirent à fournir le produit pour la fécondation nécessaire à la perpétuation de l’espèce humaine. Dans les deux cas, est-ce dans l’intérêt collectif ou particulier ? Est-ce pour d’autres raisons ? Sont-elles avouables clairement? L’homme est ainsi transformé en machine à fabriquer du sperme mondialement commercialisable. Est-ce une illusion ou une réalité bien coûteuse encore mais en marche ?

Par ailleurs, la science n’a pas trouvé le remède pour soigner les conséquences psychiques et psychologiques de ses manipulations « savantes ». Pourtant elles sont bien réelles. Mais il ne faut pas en parler pour ne pas contrarier certains courants de penser fortement défendus par des lobbys bien structurés et aidés par de grandes institutions internationales, des Etats et les média. Ou tout simplement pour ne pas avouer sa propre responsabilité dans l’existence de ce mal qui fait souffrir intérieurement une multitude de personnes de notre monde dit civilisé. L’être humain n’aime pas exposer sa propre culpabilité, ni sa responsabilité dans ses propres souffrances intérieures.

Dès sa naissance, le fœtus s’active de façon extraordinaire. Il commence par dérégler la personne où il est né. N’est-ce pas ainsi que la femme apprend qu’elle est enceinte ? L’activité du fœtus pour se développer est si grande pendant le premiers mois de son existence que si elle continuait au même rythme pendant dix ans le foetus deviendrait un géant de plusieurs mètres de hauteur.
Dès que la femme prend connaissance de l’existence du fœtus une relation s’établit entre elle et lui. Le fœtus s’active pour devenir ce pourquoi il est créé, et il ne fait que ça : devenir un être humain. La femme, future mère, de par sa nature d’être humain devenu tel par l’acte de ses parents et la volonté persistante de sa mère, a la possibilité de se comporter de façons diverses. Mais elle ne sera plus libre de subir ou non les conséquences de son choix quel qu’il soit. L’homme, quoiqu’il fasse ou dise, portera en lui la marque indélébile de son acte créateur du foetus. La femme, quoiqu’elle dise ou fasse, portera en elle les conséquences de ses actes. Ce n’est pas parce qu’on n’en parle pas que cela n’existe pas.

Elle peut décider d’interrompre brutalement l’activité innocente du fœtus comme toutes les mères auraient pu le faire.
Les hommes et les femmes qui ont mis au point la méthode médicale et ceux et celles qui ont élaboré et voté les textes légalisant l’arrêt brutal de la vie en devenir auraient-ils pu le faire si leur mère avait décidé d’avorter avant leur naissance ? Pourrais-je écrire ces lignes si ma mère avait décidé d’avorter quand elle a appris qu’elle me portait en son sein? D’aucuns répondront : c’est dommage qu’elle ne l’ai pas fait. C’est, peut-être, une bonne plaisanterie mais ce n’est pas une réponse sur le fond.
L’avortement ou la conservation de l’enfant est le choix de la femme enceinte. Elle ne pourra pas se soustraire aux conséquences psychiques qui en découleront, quels que soient ses efforts pour les ignorés et ne pas les accepter. Le « jardin secret » créé par l’avortement ou par la naissance d’un enfant fera toujours partie intégrante de sa vie. Elle aura toujours de très grandes difficultés pour exprimer ce ressenti. D’abord à elle-même et à plus forte raison aux ami(e)s si intimes soient-ils(elles).
La loi, même votée à l’unanimité, déculpabilise socialement l’acte d’avorter voulu par la femme et pratiqué par le médecin. Elle ne pourra jamais influencer ou agir sur les effets psychiques conséquents chez les participants à l’acte. On sait bien que la loi ne peut s’appliquer qu’à ce qui est physique ou matériel. Elle n’a aucun pouvoir sur le psychique, même si parfois le législateur le voudrait bien.
Est-ce pour cette raison que certains s’efforcent de formater les jeunes enfants dans les écoles ? Les promoteurs de ces théories « formatrices » ont-ils imaginé seulement les graves conséquences pour l’humanité ? Ces théories aboutiront, si on ne les contrarie pas, à l’individualisme généralisé et finalement à l’esclavage global. « Diviser pour régner », vieux proverbe dont on s’efforce d’oublier la signification appliquée au genre humain. On oublie que l’humanité est la résultante de la collaboration des êtres humains.

Le plus souvent, et heureusement pour la perpétuation de l’espèce humaine, la femme, avec ou sans le consentement de l’homme, accepte et assume le développement normal du fœtus.
Des liens physiques existent entre la femme et l’enfant dès la fertilisation de l’ovocyte par le spermatozoïde. Elle lui fournit avec son corps la nourriture nécessaire à son développement.
Dès liens psychiques s’établissent dès la prise de conscience par la femme qu’elle est enceinte. Dès cet instant ils partagent, dans la plus grande intériorité et avec une totale communion, des sentiments de joie ou de tristesse, de crainte ou de toute autre émotion que la femme peut ressentir à chaque moment de sa vie.
Les psychologues ont souvent parlé et expliqué les réactions aux émotions de la future maman ressenties par le bébé dès le troisième ou quatrième mois de la grossesse. Ces mêmes psychologues en déduisent, sans l’affirmer, que des réactions doivent exister bien avant le troisième ou quatrième mois. Mais ils n’ont pas encore les moyens scientifiques pour le vérifier.
Dès la conception une connivence vitale et totale s’établit entre la future maman et le futur être humain qu’elle porte. Connivence nourricière physique et émotionnelle dans la plus grande intimité. De même que l’être porté par la future mère se nourrit auprès de sa mère pour un développement physique normal, de même cet être humain en devenir est sensible et réceptif aux émotions qu’elle ressent. Il existe une connivence entre ces deux personnes qui se comprennent sans se parler. Cette connivence se vit tout au long de l’existence humaine et parfois à distance l’une de l’autre. La communication et la compréhension entre deux êtres n’ont pas toujours besoin de paroles. Parfois cette communication silencieuse et cette compréhension mutuelle sont plus explicites que de longs discours. Les mots pour exprimer ce discours manquent trop souvent.
Le devenir de l’enfant à naître dépendra de ce que la mère donne et transmet et des liens plus au moins forts qu’elle crée et aide à faire sentir, à recevoir et à assumer. La naissance n’est qu’une étape, certes primordiale, dans ce devenir de l’enfant. L’équilibre de l’enfant à naître ou né et plus tard pendant les différentes étapes de sa vie d’homme ou de femme dépendra de cette relation.
L’importance du rôle de la femme est primordiale parce que c’est elle qui le porte et qui lui donne vie. Donner la vie ! Donner la mort ! Des expressions fortes que l’on prononce souvent sans s’y attarder sur le sens réel et profond. La mère donne la vie en nourrissant le fœtus physiquement et émotionnellement. Elle le fait sans comprendre le comment, tout naturellement. La mort du fœtus peut survenir, bien malgré elle, pour des raisons sanitaires qu’elle ne comprend pas non plus et qu’elle subit. Elle peut la provoquer volontairement avec l’aide d’un praticien bien outillé comme on peut provoquer la mort de n’importe qui avec les outils adéquats. Elle ne comprendra pas non plus ce qu’est la mort.
Il faut reconnaître que ce langage est « très incorrect politiquement » et déplaira certainement à beaucoup de personnes, mais la réalité est bien celle-là. L’objectif de l’auteur de ces lignes n’est certainement pas de déplaire, ni de plaire non plus, aux divers courants de pensée.
Il ne faut pas pourtant sous estimer le rôle du père. Le comportement de celui-ci envers la mère créera des sentiments et des émotions qui influenceront le ressenti de la mère et par conséquent celui de l’enfant à naître. De même que, après la naissance, le comportement mutuel des parents influencera grandement le devenir personnel et sociétal de l’enfant né.
La société vient en aide matérielle aux femmes seules avec enfants et aux mères célibataires. Cette aide, pour nécessaire qu’elle soit, ne peut pas éviter les conséquences psychologiques et sociétales pour la mère, mais surtout pour l’enfant, qui découlent de l’absence du père ou parfois de la mère. La séparation des parents provoquera un choc psychologique chez l’enfant. On n’en mesure pas assez les conséquences scolaires et sociétales, même s’il s’en accommode et n‘en parle pas ou très peu. Des statistiques montrant le mal être et le mal vivre de la majorité des enfants des parents séparés ont été publiées. Vites oubliées !
Après la naissance de l’enfant, l’importance du rôle paternel prendra une dimension plus grande et aussi essentielle que celle de la mère pour l’accompagnement de l’enfant dans le développement de sa vie. L’absence de l’un ou de l’autre parent influencera grandement sur l’avenir de l’enfant. Celui-ci n’exprimera peut-être pas ou pas tout de suite cette carence mais il la ressentira et fera partie de lui pendant toute son existence.
Comme pour beaucoup d’espèces animales, la présence des deux parents est essentielle pour un développement harmonieux de l’enfant. Encore faut-il que cette présence soit elle-même chargée d’amour et de respect vrais et mutuels pour que l’enfant y trouve un modèle épanouissant et non réducteur.
Ce qui n’est ni facile ni évident parce que chaque être humain est unique et différent. Et pour que chacun y trouve son bonheur, il a le droit et le devoir de réaliser totalement son unicité. Le bonheur de l’un ne dépend-il pas du bonheur de l’autre ? Cela semble évident mais cela implique aussi et surtout d’accepter la différence de l’autre comme un atout pour la réalisation de soi. « L’enfer c’est les autres » écrivait Jean Paul SARTRE pour justifier la contestation permanente. Mais sans les autres lui-même aurait-il existé ? Alors pourquoi ne pas concevoir « les autres » comme des marches pour atteindre mutuellement le « Paradis » ? La montée de chaque marche nécessite un petit effort de chacun.

Après sa naissance, l’enfant en développement aura besoin de paroles, de consignes, d’approbation ou de désapprobation. Quelque soit le moyen de communication utilisée et quelques soient les circonstances, si l’amour vrai est à la base, le message agréable ou pénible sera perçu de façon positive par l’enfant.
Dans le livre « Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus » (cf. :www.vrodriguez.com) je faisais allusion au traumatisme créé, souvent, chez le jeune enfant mis trop tôt dans une chèche pour enfants. Je disais que des années plus tard cet enfant mettra ses parents dans une autre crèche….pour personnes âgées, les maisons de retraite. A ne pas comparer avec les maisons de retraite médicalisées nécessaires pour certaines catégories de malades. Elles deviennent alors de « hôpitaux de gériatrie ». Je disais aussi que cela reviendrait plus économique pour la société de payer la maman, ou le papa, en difficulté matérielle, pour s’occuper vraiment de l’enfant pendant les premières années de son existence : cela éviterait beaucoup d’échecs scolaires, beaucoup de formations pour donner une deuxième chance, la création de maisons de redressement, la délinquance fort coûteuse pour la société etc. Une bonne formation professionnelle et humaine n’est-elle pas le garant d’une société développée et heureuse ?
S’occuper de son enfant en permanence pendant les premières années créerait aussi un plus grand équilibre affectif chez lui et supprimerait bien souvent beaucoup de soucis pour les parents, pour la société et pour l’enfant.
Mais les impératifs créés par la société de consommation et les lois sociales subséquentes, auxquels on se soumet et que l’on trouve normaux, rendent cela presque impossible. Les parents n’ont plus assez de temps à consacrer à l’éducation de leur enfant.
Les contingences matérielles rendent difficiles les obligations ou les nécessités dont a besoin l’enfant et la famille. Or si le plus petit socle de notre société qu’est la famille se trouve en difficulté comment veut-on que le plus grand socle, c’est-à-dire la société, ne le soit pas? L’individualisme effréné est l’ennemi d’une société équilibrée. Les aborigènes d’Australie n’avaient pas ce problème…même s’ils avaient d’autres, d’après les concepts des premiers découvreurs, parmi lesquels trouver la nourriture au quotidien.

Dans le livre, ci-dessus cité, je fais allusion aussi à un autre impératif que le législateur a établi pour des raisons très compréhensibles mais dont la généralisation sans distinguo est nocive pour beaucoup d’enfants. Le petit enfant, comme chaque adulte, est un être unique et différent de tout autre être humain. Mais, contrairement à ce que certains écrivains ou intellectuels pensent, l’enfant a besoin d’être éduqué pour qu’il intègre correctement la société, pour son bien et celui de la société. Ce qui implique que, parfois, l’enfant, et bien souvent les adultes d’ailleurs, a besoin d’être corrigé, je ne dis pas brutalisé. Or entre une appréciation scolaire sévère, juste et méritée, une réprimande ou une fessée justifiée et des coups, des blessures ou l’abandon, la loi ne fait pas de différence : c’est interdit et condamnable.
Les enseignants n’osent plus réprimander, ni à plus forte raison sanctionner, les élèves perturbateurs ou fainéants et souvent les deux. Ils risquent d’être rappelés à l’ordre par leur hiérarchie, voire menacés ou insultés par les élèves ou leurs parents. S’ils osent donner une petite fessée bien méritée, ils se trouvent directement chez le juge et probablement condamnés par la justice et par leur hiérarchie.
Les enseignants insultés voire menacés et non soutenus doivent-ils lancer une longue procédure policière et judiciaire ? Ils savent qu’elle sera inefficace pour l’éducation de l’élève, coûteuse et dégradante pour eux. Alors, très souvent, ils préfèrent laisser faire ou se porter malades. La hiérarchie se contentera de chercher des remplaçants avec tous les problèmes inhérents. Elle se donne bonne conscience et augmente le budget de l’Education sans résoudre le problème.
Par ailleurs, si on suit cette logique légaliste, pourquoi arrête-t-on et met-on en prison des jeunes qui ont fait des « bêtises » ? Ces derniers n’ont fait que ce qui leur passait par la tête ou ils ont satisfait un caprice momentané, comme font parfois les jeunes enfants à la maison ou à l’école ou les élèves moins jeunes au lycée… Dans les sociétés primitives, comme chez les aborigènes d’Australie, et dans beaucoup de sociétés actuelles, les enfants apprenaient très vite à faire la différence, souvent à leurs dépens, entre ce qui est permis et ce qui est défendu. On peut rétorquer que ce n’est pas moderne. Certes, mais pour les enfants de ces sociétés, c’est vital.

Certes, et on ne le dira jamais assez, la violence est à proscrire toujours et partout.
Mais l’être unique qu’est l’enfant doit être aidé pour développer toutes ses capacités et compétences. On doit l’aider à intégrer le plus harmonieusement possible, pour lui et pour les autres, la société dans laquelle il vivra. Pour que l’enfant puisse y parvenir, l’adulte parent ou enseignant, doit lui montrer le chemin à suivre, c’est-à-dire l’éduquer. Cela implique qu’il faut, parfois, lui montrer que le chemin pris n’est pas le bon. Cela implique aussi que parfois il faut le forcer à le prendre ou le reprendre.
Si cette démarche faite par les adultes, parents ou enseignants, est emplie d’un grand amour vrai et d’un profond respect, l’enfant le sentira parfaitement et en sera reconnaissant. Il le dira peut-être plus tard car sur le moment il n’aura pas assez de recul pour le concevoir. Même s’il n’ose pas l’exprimer ouvertement, il le ressent profondément. Les exemples sont multiples.
Le législateur agit souvent en fonction des situations particulières vécues, des émotions ressenties. Celles-ci sont, souvent, surdimensionnées par les médias ou par des groupes de pression ayant des intérêts individuels ou de groupe. Il légifère rarement en faisant référence à l’histoire et avec une vision du futur humain la plus réaliste possible. Sa réélection l’intéresse beaucoup plus que le devenir des enfants du pays qu’il doit diriger.

La nature a ses lois pour l’évolution du monde visible et invisible, sur terre et ailleurs. Le bouleversement humain et sociétal auquel on assiste ne devrait pas les faire oublier. S’il les oubli le réveil, si réveil il y a, sera difficile. L’empire romain ne l’a pas vu venir et il en est mort. Il en fut de même pour l’empire espagnol au temps de Charles V et de Philippe II. Plus récemment pour l’empire anglais et de nos jours pour la domination américaine et tous ses acolytes. Les lois de la nature ne suivent pas le calendrier qui fractionne la vie humaine. Malheureusement, les décideurs sont trop souvent aveuglés par l’immédiateté ou par le court terme.
L’être humain a le droit et même le devoir de bien connaître les lois de la nature pour mieux s’adapter et mieux vivre. Il est composé d’un corps et d’un esprit et est destiné à vivre en société. Son libre arbitre lui permet parfois d’enfreindre les lois de la nature. Mais elles finissent toujours par reprendre leurs droits. Elles prennent leur temps. L’être humain habitué à vivre l’instant présent ou à agir en fonction d’un futur immédiat l’oublie bien souvent.
Si l’homme les avait respectés il n’aurait pas à s’en plaindre ni à en gémir.
Ne vaut-il pas mieux prévenir que guérir ?

Eh ! Oui. Si on ne sait pas se servir du boomerang, il revient en provoquant de la douleur et créant de la misère. Il vaut donc mieux bien apprendre à s’en servir, n’est-ce pas ?

« L’éducation en échec aujourd’hui sur l’acquisition des savoirs, l’aptitude au travail et l’éveil à la citoyenneté, interroge notre système administratif global qui échoue sur sa capacité d’inclusion et deviens une machine à exclure.
Nous devons retrouver le sens de l’engagement, de la solidarité de proximité, du partage mais aussi du respect de l’homme ». ( Rapport sur l’état de la France en 2010 de Jean-Paul DELEVOYE, médiateur de la République).
Ce triste constat satisfait-il les décideurs, législateurs, Ministres, administrateurs et syndicalistes? Dans le cas contraire, que font-ils ?
On est en droit d’affirmer, au vu de leur comportement, qu’ils sont d’accord avec la première question. Ce qui explique leur inaction, sinon leur satisfaction et leur connivence.
Pendant ce temps la jeunesse passe. La préparation de cette jeunesse à une vie personnelle et professionnelle intégrée dans une société où chacun y trouve sa place gratifiante est loin d’être une réussite.

J’ai beaucoup de pitié pour les victimes du système mis en place au cours des dernières décennies.
Mon optimisme naturel m’oblige à espérer qu’un jour les grands responsables ouvriront les yeux et agiront. Ou, si mon optimisme n’obtient pas satisfaction, des mouvements « instantanés » des foules mécontentes les remplaceront.

Dans l’attente de ce changement réalisé par les responsables ou imposé par les foules, qui apportera une réponse adéquate à la « déliquescence » de l’enseignement et à « l’exclusion » grandissante de la jeunesse ? Que doivent faire les parents et leurs enfants pour changer de cap et apprendre à mieux vivre individuellement, collectivement et professionnellement?
Telles sont les questions posées au Secours Catholique, une ONG (Organisation Non Gouvernementale) mondialement connue et reconnue.
Les mamans, désespérées, lui demandent comment aider leurs enfants aux devoirs scolaires. Ils ont quitté l’école sans instruction ni éducation. Ils n’ont pas appris à travailler ni à l’école ni à fortiori aux champs puisqu’ils étaient à l’école. Elles voient leurs enfants en échec scolaire, désoeuvrés, faisant de « bêtises » et dans de grandes difficultés pour trouver un emploi.
Ces jeunes désoeuvrés, qu’aucun métier n’intéresse apparemment, se réunissent par bandes. Ensemble ils osent faire des « bêtises » que la société reprouve. Non sans raison d’ailleurs mais…à qui la faute ?

Le Secours Catholique me demanda, devant ces constats, des conseils pour aider ces mamans simplement mais efficacement.
La première réponse a été d’affirmer que mes conseils n’étaient pas une vérité absolue applicable à toutes et à tous, sans discernement. Les conseils, même les plus avisés, doivent être adaptés aux réalités locales.
La vérité humaine, même scientifique, est quelque chose qu’il faut rechercher en permanence avec la seule certitude : on peut s’y approcher chaque jour, mais on ne l’atteindra jamais. Cependant, plus on s’y approche, plus on est heureux.
J’affirmais au représentant du Secours Catholique, et pas par empathie, que seule la Parole de l’Evangile était vrai toujours, en tout temps et en tout lieu, quoiqu’en disent beaucoup de media et encore plus de personnes, très respectables par ailleurs. Encore faut-il avoir de la bonne volonté, une bonne dose d’humilité et beaucoup de sincérité avec soi-même pour essayer de comprendre cette Parole Sacrée.
Mes conseils ne pouvaient être que le résultat d’une vie d’étudiant, difficile mais, tous comptes faits, heureuse, et de quarante deux ans (42) d’expérience d’enseignement dans le primaire, en collège et surtout en lycée avec des élèves de toutes origines ethniques et sociales.

Alors, comment acquérir ou donner le goût d’apprendre?

La première conviction, nécessaire mais pas suffisante, est que tous les
jeunes peuvent réussir leurs études et acquérir les connaissances basiques nécessaires pour avoir un métier. Même les plus démunis et ceux qui vivent dans les coins les plus reculés car l’intelligence n’a ni couleur ni classe sociale. Tout dépend du travail scolaire personnel et de la volonté pour y arriver de chacun. En sachant que les jeunes sont tous différents et que les métiers sont multiples.

Cela dit, il faut admettre que les instituteurs expliquent normalement les
leçons avec clarté.
L’élève attentif qui écoute bien l’instituteur, et non pas le voisin ou les oiseaux, la comprend normalement. S’il ne comprend pas, ce qui peut arriver, il faut qu’il ose poser des questions en classe à l’instituteur en levant la main. Celui qui ose dire qu’il n’a pas compris n’est pas moins intelligent que les autres. Très souvent, les autres élèves n’ont pas osé dire qu’eux non plus n’avaient pas compris. Le jeune doit avoir du courage pour affronter les rires moqueurs des camarades. Très souvent ils n’ont pas compris non plus mais veulent paraître intelligents ou se désintéressent de ce que le maître enseigne. C’est pourtant faire preuve d’intelligence que d’oser dire : Maître ou Maîtresse je n’ai pas compris. Celui qui sait qu’il ne sait pas est plus intelligent que celui qui affirme savoir ce qu’il ignore.
Si l’élève est distrait ou bavard, il ne peut pas comprendre parce que pour comprendre il faut écouter attentivement. Si on écoute à demi, on comprend à demi ou pas du tout. Le risque est très grand, dans ces conditions, d’avoir l’illusion d’avoir compris alors que la réalité est loin de la vérité. Les notes obtenues seront médiocres et le découragement ne sera pas loin.
L’élève ainsi sanctionné ne sera pas content. Il accusera facilement la sévérité de l’enseignant ou la difficulté de la leçon. Ce n’est pas évident de reconnaître sa culpabilité.
L’écoute attentive pendant les cours est la première condition de la réussite scolaire. Pour l’élève inattentif régulièrement il n’y a pas de solution : l’échec scolaire sera la sanction qu’il se sera donnée.
Pour les élèves attentifs en classe, comprendre une leçon ne signifie pas encore la savoir. L’élève doit ensuite l’apprendre. Car savoir une leçon implique d’être capable de l’expliquer aux autres, sans le livre et sans la déformer.

Le rôle des parents intervient après ces préalables.

Tous les jours après l’école, ou le matin avant l’école (s’il existe des problèmes de transports ou autres), l’élève doit apprendre la leçon expliquée en classe. Il doit l’apprendre avant de faire les exercices, contrairement à l’habitude de beaucoup d’élèves qui se débarrassent en premier des devoirs à rendre. Ceux-ci ne sont que des exercices pour montrer que la leçon est bien assimilée. Ce qui implique que pour savoir les faire il est nécessaire de savoir la leçon. Dans le cas contraire la mauvaise note est assurée et il serait une erreur que d’incriminer le correcteur. L’expérience nous enseigne que pour conduire une voiture il faut d’abord apprendre. Dans le cas contraire on ira très vite contre le premier arbre, le premier poteau, contre le mur ou dans le fossé ou pire encore dans le ravin. Et tant mieux, si on peut dire, si ce n’est pas contre le premier piéton ou le premier cycliste. La problématique est la même à l’école : il faut bien apprendre les leçons avant de faire les exercices.

Pour bien apprendre les leçons, il est nécessaire de passer un certain temps à étudier en silence et concentré (pas de musique, pas de télévision, pas en regardant par la fenêtre ni en regardant les mouches voler ou en pensant au copain ou à la copine). Combien d’élèves passent des heures à rêver devant un livre ou devant une feuille blanche de papier. Ce n’est pas la bonne méthode pour apprendre.
Le temps consacré à l’étude peut varier en fonction de la concentration de l’écoute en classe. Normalement il varie selon le niveau scolaire et selon les enfants. En primaire trente minutes peuvent suffire. En collège et en lycée un minimum de deux à trois heures est demandé.
Il est presque absolument certain qu’au début les enfants ne vont pas se mettre à l’étude après une journée d’école si on ne les incite pas. Ils préfèrent jouer, parler avec les copains, écouter leur musique préférée ou regarder la télévision.
C’est alors que doivent intervenir les parents, ceux qui ont fait des études, comme tous les autres. Les mamans qui ont exprimé leurs difficultés pour s’occuper de leurs enfants au Secours Catholique habitent très souvent dans des conditions difficiles. Très souvent aussi elles n’ont pas fait beaucoup d’études. Mais elles sont aussi compétentes et aussi capables que n’importe qui pour bien s’occuper des études de leurs enfants. Ce n’est pas elles qui vont à l’école mais leurs enfants. Elles doivent se convaincre qu’elles peuvent beaucoup aider à la réussite de leur scolarité. Elles ont un rôle capital.

Comment faire demandent-elles?

La réponse à cette question semble évidente : L’enfant a besoin de disposer d’un endroit calme et silencieux pendant environ trente minutes dans classes du primaire et de deux à trois heures dans le collège ou lycée pour apprendre ses leçons et faire ses devoirs. Naturellement ce temps doit se passer dans le silence car quoique les uns et les autres disent il n’est pas vrai que l’on puisse se concentrer sur une leçon ou un devoir en écoutant la radio ou en regardant la télévision. Pas plus d’ailleurs qu’en étant assis devant sa leçon en pensant aux copains ou copines.
Toutes les précautions doivent être prises auparavant, l’enfant doit s’habituer à rester tout ce temps assis pour travailler sans se lever sous aucun prétexte.
Les parents doivent l’exiger. Certes au début cela ne sera pas évident mais le neune prendra vite l’habitude et rapidement la pénibilité disparaîtra.
On doit veiller à ce qu’il ne rêve pas, et cela se voit, et le laisser prendre l’habitude de travailler tout seul sans intervention extérieure. L’autre ne peut pas apprendre pour moi. Naturellement il faut veiller aussi à ce qu’il commence par apprendre la leçon avant de faire les exercices.
Bien souvent, au début, il se plaindra de ne pas comprendre la leçon ou de ne pas savoir faire l’exercice. Alors il faut lui demander de réfléchir pour mieux comprendre ou de revoir la leçon pour savoir faire l’exercice.
S’il a bien écouté en cours, et s’il a osé poser des questions quand il ne comprenait pas, normalement, en se concentrant, il réussira. Dans le cas contraire, ce qui peut arriver parfois, il pourra demander, après le temps imparti, soit aux parents, s’ils peuvent l’aider, soit à un camarade ou à l’enseignant à la première occasion.
Les contraintes sont fortes pour les parents, surtout au début. Jusqu’à ce que l’enfant prenne l’habitude de travailler régulièrement :

- Surveillance étroite, surtout au début.
- Régularité de l’action (tous les jours).
- Sévérité afin que l’enfant ne se laisse pas distraire.
- Faire les exercices proprement et bien écrits.
- Persévérance de la mère car l’enfant trouvera toujours un nouveau prétexte pour s’échapper physiquement ou mentalement.

Il faut persévérer pourtant. D’autant que les efforts à fournir diminuent au fil du temps. L’enfant prend l’habitude de travailler. Cela devient même un plaisir pour les parents et l’enfant lorsque les résultats scolaires s’améliorent. Il faut garder en tête que toutes ces difficultés et tous ces efforts seront récompensés par la satisfaction de la réussite scolaire de l’enfant.
J’ajouterai que cette rigueur est la meilleure preuve d’amour familial. Elle évitera beaucoup les souffrances dues aux mauvaises notes ou à l’échec scolaire et par conséquent sociétal.

Au niveau de l’organisation, et dans certaines circonstances difficiles, les parents peuvent regrouper plusieurs enfants afin de se relayer. Mais il faut être sûr que toutes les personnes en charge aient la même autorité afin que les enfants soient toujours surveillés de la même manière.


Conclusion

Tous les parents sont aptes à donner à leurs enfants des conditions
nécessaires pour bien étudier et réussir leur scolarité. Il faut une bonne dose d’autorité, surtout au début, pour isoler l’enfant et l’obliger à travailler après l’école. Chacun à sa part, l’enfant doit travailler, le parent doit veiller sur lui.
La tâche est difficile, la responsabilité est grande pour chacun mais plus
grandes encore sont la satisfaction et la fierté des parents et de l’enfant lorsque celui-ci réussit.
La joie de réussir viendra après et l’échec scolaire disparaîtra. Quand on a fait tout ce qu’on pouvait vraiment faire, ce n’est jamais un échec. Même les plus grands savants se trouvent tous les jours devant des difficultés difficilement surmontables : ils n’ont pas échoué. Seulement, ils n’ont pas encore trouvé

Vincent Rodriguez
Nouméa, le 03/09/2011

Commentaire ajouté le 30/08/2011 par Marie-Paul

Voici un commentaire envoyé sur Facebook au sujet d'un article expliquant une partie de mon livre:

"« Il n'y a pas plus aveugles que ceux qui ne veulent pas voir. Vous mettez toujours les gens face à la vérité. J'aime les gens lucides »

Commentaire ajouté le 30/08/2011 par Vincent

"Marie-Pauole, merci. Peut-être qu'à force d'allumer de petites bougies l'obscurité diminuera. Je dis diminuera parce que beaucoup, et souvent ceux qui se disent responsables, ne font que butiner pour fabriquer de la cire. Ils ont caché la mèche et ne font plus d'efforts pour la chercher et pouvoir l'allumer et éclairer ceux qu'ils sont chargés de diriger...une bougie sans mèche peut-elle éclairer?

Commentaire ajouté le 07/08/2011 par une lectrice

Maman de deux adolescents, il m’a été donné l’occasion de lire le livre de Monsieur Rodriguez : « Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus ».

Je ne pourrai que trop conseiller à certains de s’en inspirer, d’y réfléchir. De se poser, enfin, les bonnes questions sur l’enseignement en général. Mais peut être, est ce trop leur demander car les vérités, pour les humains que nous sommes, ne sont pas toujours agréables à entendre….dommage.
Laxisme quant tu nous tiens !

Puisse ce coup de gueule servir à quelque chose, qu’il plaise ou déplaise.

Mon seul regret de parent (et je ne suis pas la seule à le regretter) c’est que Monsieur Rodriguez soit parti à la retraite.

Monsieur Rodriguez, une dernière chose. Je ne vous connais pas personnellement et je le regrette profondément. Mais j’ai beaucoup entendu parlé de vous, toutes ethnies confondues, et toujours avec RESPECT.

Une lectrice

Commentaire ajouté le 23/07/2011 par Vincent

Dans le livre : « Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus » (Edition Publibook, cf : www.vrodriguez.com), l’auteur expliquait, trop rapidement peut-être, comment les décideurs politiques, administratifs et syndicaux préparaient la « déliquescence » de l’enseignement et conséquemment de la société. Le texte suivant donne quelques développements complémentaires mais pas exhaustifs
.
Los Indignados
Les « Indignés »
« Indignez-vous ! »
Cet appel lancé récemment par internet à la jeunesse européenne, est à l’origine du qualificatif « les indignés » dont se parent les mouvements de protestations qui marquent des pays tels que l’Espagne, la Grèce ou l’Italie. Aussitôt comparés par la presse aux révolutions arabes déclenchées depuis février 2011 en Egypte, Tunisie, Libye, Syrie et ailleurs, ces mouvements ont été qualifiés de « spontanés ».

Depuis plusieurs mois les media occidentaux ressassent quotidiennement les soulèvements « spontanés » des peuples arabes bordant la Mer Méditerranée.
A en croire les explications des locuteurs des radios et des télévisions, qu’ils soient politiques ou journalistes, les foules « spontanées » des manifestants aspireraient à un genre de démocratie à l’occidentale
Cette vision à l’emporte pièces de l’actualité révèle deux travers habituels des médias occidentaux, notamment français, lorsqu’ils s’attribuent le privilège de commenter les évènements mondiaux :
1°) Ils amalgament les mouvements arabes, nés dans des pays où sévit la dictature politique et de scandaleuses inégalités sociales et économiques – quand ce n’est pas tout simplement la misère généralisée – aux mouvements européens qui sont prioritairement des protestations contre les effets de la crise financière survenue il y a deux ans dans des pays qui restent malgré tout riches et démocratiques. Cet amalgame est porteur de déconvenues graves, s’il n’est pas rapidement corrigé.
2°) En deuxième lieu, les commentateurs, médiatiques ou politiques, partent du principe que les modèles occidentaux de la démocratie sont exportables tels quels sur tous les continents.
Ainsi, les journalistes soutiennent ces mouvements « spontanés » qu’ils considèrent ipso facto comme « progressistes », tandis que les politiques plaident les sanctions économiques – quand ce ne sont pas les interventions militaires !- quitte à interférer dans la politique intérieure de ces pays.
Il est vrai que le « printemps arabe » de 2011 peut, à certains égards, être comparé au « printemps » des peuples de l’Europe occidentale en 1848, ou de l’Europe de l’Est en 1989.
Mais la comparaison ne doit pas conduire à l’amalgame ou à l’assimilation des situations :
- l’Europe était chrétienne (et l’est encore dans ses réflexes fondamentaux,
même si elle s’est officiellement déchristianisée) et le printemps des peuples marquait la fin des conservatismes politiques autant que le début d’une révolution économique et sociale.
Les pays arabo-musulmans traversent des convulsions dont rien ne dit encore qu’elles produiront l’ouverture politique, le développement économique et le progrès social.

Par ailleurs, les démocraties occidentales qui manifestent aujourd’hui leur « indignation » contre Ali (Tunisie), Moubarak (Egypte), ou Kadhafi (Libye), ne les ont-elles pas soutenus, voire financés pendant des décennies, avant de les condamner quant leur gouvernance a été mise à mal par la pression de la rue ? Elles en connaissaient pourtant, et depuis des décennies aussi, le comportement peu démocratique.
Cet opportunisme confine à l’hypocrisie si on y ajoute trois observations :
- l’une étant que le ralliement aux mouvements populaires arabes s’est fait
bien tardivement, et chacun, notamment en France gardera en mémoire le fiasco de la politique de la Ministre des Affaires Etrangères Michèle Alliot Marie en Tunisie ;
- une autre étant que, les affaires tunisiennes et égyptiennes étant passées
sans qu’il ait été question d’intervention, l’attention occidentale se fixe sur la Libye, mais reste bien silencieuse sur le cas syrien, de loin plus complexe et, partant, plus inquiétant que l’insurrection des tribus libyennes contre Kadhafi.
- La dernière enfin, étant que ces mêmes démocraties interventionnistes à l’extérieur, n’interviennent pas à l’intérieur même de leurs frontières pour mettre un terme aux poussées d’intégrisme coranique, porteur de violence antioccidentale, antichrétienne et tout simplement antidémocratique.

Journalistes et politiques se transforment ainsi en promoteurs d’une bévue généralisée qui coûtera cher à tous, et à court terme.
Et dans ce magistère, ils s’imaginent naturellement incontestables.
Ils sont pourtant contestés par une part croissante de leurs opinions, dont ils se coupent chaque jour un peu plus.
Il est vrai que la contestation de cette cécité organisée reste encore trop ténue et trop fragmentaire.
Chaque jour pourtant, à travers chaque reportage télévisuel, à l’issue de chaque commentaire politique, ces serviteurs des démocraties technocratiques s’éloignent du service de la démocratie.
S’ils ne l’ont pas déjà tuée, ils n’en sont pas loin. Les fondateurs de la démocratie, grecs et romains, n’ont pas agi autrement : devenus esclaves de leurs privilèges matériels, de leurs plaisirs de caste ou de classe, ils ont tué la démocratie qu’ils devaient servir, et dont ils se sont d’abord servis.

Foin, désormais, des discours des politiques d’où qu’ils viennent ! La démocratie finit rapidement quand s’est installée dans le subconscient du peuple que les politiques lui mentent et le flouent.
Assez de l’acculturation généralisée où la presse n’analyse plus mais répète un jargon dénué de tout sens ! La démocratie finit quand la presse se confond avec un seul parti (longtemps celui de l’idéologie marxiste !) ou, comme aujourd’hui, avec l’effet d’annonce, ou, toujours comme aujourd’hui, avec la narcissisme d’une caste qui ne commente plus l’actualité qu’à travers le prisme réducteur de ses propres fantasmes ou intérêts.

Ce constat peut demeurer en l’état.
On peut, au choix, l’accepter, le subir ou le refuser.
- On l’accepte si on en bénéficie (comme les politiques et les
Journalistes!), ou si on reste indifférent à tout ce qui peut et doit permettre à chacun de transcender sa propre condition : c’est-à-dire à l’autre.
- On le subit lorsqu’on affirme son impuissance individuelle à
apporter le moindre changement au cours de l’histoire qui se précipite dans une impasse, déjà désapprouvée ici ou là par quelques voix.
- On le refuse si l’on prend conscience de l’absurde destin que nous
offrent les politiques et les responsables médiatiques et si, faute de pouvoir encore rallier un courant qui se fait désespérément attendre, on mobilise sa pensée pour éviter le piège mortel et ses actes quotidiens pour indiquer à d’autres, et notamment aux plus jeunes que d’autres voies sont possibles : par le respect de l’autre, par l’écoute, par l’humilité.

Prendre position en refusant l’état de fait dans lequel se trouve aujourd’hui plongée la société occidentale, conduit à se poser bien des questions pour essayer de comprendre.

Tout d’abord, peut-on accepter le principe selon lequel, dans notre monde terrestre, du chaos rien ne peut sortir ? Rien ne peut sortit du néant, précisément parce que c’est le néant. Avec rien on ne peut rien faire. Mais du chaos, tout peut surgir, tout peut s’organiser.

La seconde question est donc de savoir si on peut raisonnablement penser que la création d’un nouvel humain se fera de façon magique, d’un simple claquement de doigt. Ce serait donner une importance injustifiée à l’habileté ou à l’agilité du magicien. Celui-ci nous fait agréablement rêver mais il ne fait que ça, même si nous n’avons pas d’explication immédiate.
La troisième question consiste à de demander si ce nouvel ordre, dont les manifestations apparaissent simultanément en divers lieux, serait le fruit du hasard, une sorte de génération spontanée de l’indignation !!!! Pourquoi ne pas appeler Charles Robert DARWIN à la rescousse et réactiver ses théories sur l’évolution (des espèces, et par extrapolation, des sociétés).
La vie n’est-elle pas la résultante des interactions entre ses multiples composants ?
Il est évidemment impossible de croire au hasard dans les phénomènes humains, sociaux et politiques. D’où, donc une quatrième question.
Qu’en est-il vraiment de la spontanéité des mouvements apparus au Maghreb ces dernières semaines ? Quelle en est l’origine ?

La ritournelle, encore propagée par certains médias et par les répétiteurs bêtifiés par les conclusions du marxisme, veut que les populations arabes soient en ce moment en train de se défaire des derniers oripeaux de l’esclavage imposé par la colonisation occidentale.
C’est un fait que, depuis des siècles, dans ces pays comme dans beaucoup de pays d’Afrique, l’esclavage existait à grande échelle pour le service des Cheikh et autres personnalités d’influence. Des caravanes d’esclaves traversaient les grands déserts pour arriver et être vendus sur les marchés des pays du Maghreb et du Proche Orient. Les Cheikh se réservaient le droit de choisir gratuitement leur lot d’esclaves (cf: livres sur l’esclavage dans les pays musulmans).
Parallèlement à cette traite des nègres par les arabes, les armateurs maghrébins se livraient à des attaques des bateaux de commerce européens ou à des razzias d’être humains sur les côtes européennes de la Mer Méditerranée.
Jusqu’à ce que les flottes royales, espagnoles d’abord, françaises ensuite, devinssent assez fortes pour oser leur livrer bataille. La bataille de Lépante en est un exemple. L’attaque de certains ports nord-africains par la flotte française en est un autre. (cf: livres sur l’esclavage en Mer Méditerranée)

Ainsi donc, si la traite des nègres et l’esclavage ont été abondamment mis en évidence par les historiens occidentaux, on assimile trop souvent encore ces faits de l’Histoire Universelle à l’esclavage en Amérique et à la colonisation de l’Afrique noire par l’Europe, alors qu’ils existaient avant même qu’aucun européen ne s’était aventuré à l’intérieur des terres africaines.
Qui emmenait sur les ports de chargement les milliers d’esclaves transportés aux Amérique comme du bétail ? La réponse est évidente mais souvent volontairement oubliée.
Qui a appris ou se souvient que les derniers lieux d’esclavages officiels en Afrique du Nord ont été supprimés par les gouverneurs français du Protectorat du Maroc vers les années 1930 ?
Qui a appris ou se souvient que les derniers lieux d’esclavages officiels en Afrique du Nord ont été supprimés par les gouverneurs français du Protectorat du Maroc vers les années 1930 ?
C’est la colonisation qui a mis fin à ces faits et non pas la « spontanéité » des potentats indigènes locaux.
Où pratique-t-on, à nouveau, la prise d’otages, libérés souvent moyennant une bonne rançon, comme au moyen âge ? En Europe ? Certes non mais bien dans les pays arabes.
La colonisation des territoires africains par les pays européens a certes commis des erreurs et des excès inhumains. C’est sur ces raisons que se fonde aujourd’hui une morale anticolonialiste qui, plutôt que de conduire une démarche scientifique de dénonciation des abus coloniaux, se satisfait, en France, d’une Loi qui « interdit » d’évoquer un quelconque bien fait de la période coloniale.
La colonisation a pourtant connu des réussites, même si ces réussites se sont faites au premier profit du colonisateur.
On ne peut nier les améliorations des conditions de vie apportées par les « colonisateurs », à moins d’occulter la création des moyens de communications, le développement de l’agriculture, la création des écoles et des hôpitaux, la création d’une industrie locale.
Au-delà de la décolonisation, ces infrastructures améliorent la vie au quotidien des indigènes, sauf dans les régions où l’anticolonialisme a été poussé au point de détruire ce qui avait été créé.

En effet, on constate, au fil des ans, que l’ébauche d’amélioration des conditions de vie du temps de la colonisation ne progresse pas comme aurait pu le laisser espérer l’immensité des richesses des matières premières dont disposent ces contrées.
Elles existent et sont presque toujours exploitées par des compagnies étrangères qui s’associent localement aux Cheik ou aux nouveaux dirigeants soutenus par leur entourage immédiat.
Il en résulte un exode désespéré des forces vives des pays devenus indépendants d’Afrique, du Maghreb et du proche Orient vers des pays où les conditions de vie, même dans la pauvreté, sont meilleures que dans leurs pays d’origine.
Dès les années 1960, Ouari Boumédienne, président dictateur
algérien annonçait que « viendrait bientôt le temps où les masses affamées du Sud déferleraient sur les pays riches du Nord de la Méditerranée ». Nous y sommes.
Tout comme il y a deux millénaires, les barbares envahissaient l’Empire romain, non pour le détruire, mais pour y trouver refuge et subsistance.
Au-delà de cette prévision, le XXIè siècle voit émerger un phénomène nouveau, plus politique : certains meneurs du Maghreb ou du Moyen Orient, la plupart diplômés des universités européennes ou américaines, aspirent à prendre possession de l’Europe d’abord, du monde ensuite pour y appliquer leur mode de gouvernement islamique.
Bien entendu, ces constats ne sont pas acceptés par ceux qui se sont enfermés dans un intellectualisme de salon. Ils savent bien discourir sur des faits, des situations ou des théories qu’ils n’ont jamais vécus ni pratiqués et que souvent ils déforment
Ces constats sont récusés par tous ceux qui bénéficient des avantages que donne le pouvoir médiatique, politique et financier.
Le pouvoir médiatique rythme aujourd’hui le quotidien de nos sociétés comme jadis les jeux du cirque rythmaient celui de l’Empire romain décadent.
Le pouvoir politique, naturellement fait pour éclairer la cité et son peuple, rend désormais aveugle et intolérant celui qui l’exerce. Il a ainsi évolué parce que le but de ce pouvoir n’est plus de construire et d’éclairer, mais de s’y faire reconduire à chaque élection : le mensonge démagogique est donc devenu la nouvelle nature du pouvoir.
Le pouvoir médiatique et le pouvoir politique prennent appui sur le pouvoir financier qui se sert d’eux en retour.
Tous trois se cooptent, s’acceptent mutuellement, tandis que la démocratie qu’ils ont pour rôle de protéger et de faire progresser s’étiole à chaque accord qu’ils signent entre eux. .

Le résultat est l’appauvrissement des peuples qu’ils disent vouloir défendre, qu’ils disent aimer.
Pour les financiers, amoureux du seul portefeuille, l’être humain n’est qu’un outil utile et jetable quand il n’est plus rentable.
Pour les journalistes, seuls amoureux d’eux-mêmes, le spectateur-
lecteur-auditeur n’est qu’un homme de cirque à qui il suffit dispenser des bouffonneries pour capter l’attention et assurer sa fidélité au jeu. « Du pain et des jeux » (proverbe latin)
Pour le politique, amoureux de sa seule réélection, le journaliste doit être courtisé, le financier doit être choyé, tandis que l’électeur, fourmi besogneuse attentive à ses besoins matériels immédiats, il peut être effrontément trompé.

Et l’intellectuel là-dedans ?
Le grand historien et économiste américain Thomas SOWELL disait : « C'est trop demander aux intellectuels que d'avoir du bon sens. Des gens dont la vie entière se fonde sur le fait d'être exceptionnels voudront toujours prendre des positions différentes de celles du commun".

Cet historien et économiste a passé sa vie à compiler des faits historiques indéniables pour justifier le bien fondé de ses multiples publications. Il rendait compte de l’histoire en fonction des faits et non pas de théories idéologiquement conçues.
Mais ce qui change aujourd’hui, c’est que les moyens d’informations sont devenus ultrarapides tout en échappant en grande partie aux journalistes, aux financiers et aux politiques.
Ainsi, les peuples sont informés.
Mieux ou moins bien ?
Plus ou moins objectivement ?
Qui sait ?
Mais ils puisent dans ce chaos de l’information de quoi se re-créer un monde autre. Cette information multi faces fait prendre conscience aux peuples dans la misère que les richesses de leur pays pourraient leur permettre d’en sortir si leur pays était gouverné différemment.
La nouveauté c’est qu’ils n’attendent plus d’être gouvernés par « quelqu’un » d’autre. Ils se mettent en mouvement pour être simplement gouvernés d’une autre façon.

Cette information et cette misère, rapidement diffusées, mêlées à la connaissance des richesses en matières premières de leur pays ou aides internationales qui ne parviennent pas nécessairement à destination, et mêlée aussi à l’enrichissement éhonté de leurs dirigeants permanents ou à tour de rôle, depuis des décennies, se transforme en levier puissant.
Ce levier de l’information incontrôlée a brusquement fait fermenté la colère, dits « mouvements spontanés », des peuples du Maghreb et du Moyen Orient.
Il est certain que ces mouvements populaires sont encouragés sous cape par des groupes extrémistes pas du tout démocratiques, qui tentent de les récupérer pour maintenir le pouvoir dictatorial.
Mais les journalistes et les dirigeants politiques ou financiers ne veulent pas ou ne peuvent pas en prendre conscience pour agir en conséquence. Tout simplement parce qu’ils sont esclaves de leur théories purement intellectuelles ou esclaves de leurs avantages purement matériels.
Et aussi parce qu’ils ont perdu depuis longtemps le sens de leur pouvoir, ce qui leur conférait la légitimité du pouvoir et de l’autorité


Einstein disait : « N’attendez pas de ceux qui ont créé les problèmes qu’ils soient capables de les résoudre ».
Cette idée, attribuée à un savant qui n’avait rien perdu du bon sens commun, motive désormais les mouvements « spontanés » nord-africains et explique les mouvements de mécontentements grecs, espagnols ou italiens.
Les habitants pauvres des pays africains ont compris, et n’acceptent plus, que les richesses de leurs pays servent exclusivement à enrichir leurs dirigeants et certaines multinationales.
Peut-être ne savent-ils pas encore, ou ne veulent pas savoir, que, en catimini, des groupes bien organisés et décidés veulent leur imposer les lois coraniques. Ces meneurs, bien instruits dans les universités orientales ou occidentales, subodorent le pouvoir et les richesses qui sont à leur portée en imposant le retour à l’islam pur et dur. Le peuple, sans instruction, pense sortir de sa misère en participant massivement. D’autres, apatrides de cœur, attendent que le mouvement s’épuise pour le récupérer à leur propre fin, en laissant au peuple le soin de débarrasser le pouvoir des potentats à bout de souffle.
Pour eux comme pour les précédents, le peuple n’est qu’un outil corvéable et jetable.
Cette idée attribuée à Einstein résume assez bien les raisons qui ont poussé les milliers « d’indignés » sur les places publiques des villes espagnoles.
Ces jeunes « indignés », souvent bien diplômés, protestent, avec des arguments parfois ubuesques si leur situation n’était pas dramatique, contre tout le système établi politique et financier.

Il y a soixante dix ans, l’Espagne était sortie de la guerre civile exsangue et les caisses de la nation vides.
Plus d’un million de morts.
Le général kagébégiste Orlov avait organisé le transfert en Russie, exactement à Odessa, la modique somme d’environ six cents millions de dollars américains ( 600 millions US$ de l’époque) trouvés dans les coffres-forts de la Banque d’Espagne. Transfert opéré naturellement « pour des raisons de sécurité ». Et la sécurité a été si bien assurée que les dollars n’ont jamais été restitués (cf : « Comment Staline a volé la bombe atomique aux Américains » de Vladimir Tchekov et Gary Kern, p.114, Robert Laffont). Pas plus d’ailleurs qu’ils n’ont restitué les marins qui finirent dans les paradis staliniens : les goulags, ni le bateau de guerre repeint aux couleurs de l’URSS.
La période qui suivit fut rude. L’émigration, vers l’Europe surtout, importante. Les conditions de vie s’améliorèrent avec la location de certaines bases militaires à l’Armée Américaine pour des raisons stratégiques, en pleine guerre froide.
Après l’installation de la royauté parlementaire, ou démocratie, les partis de droite et de gauche ont gouverné à tour de rôle. Les investissements nationaux et étrangers affluèrent. Le peuple a beaucoup travaillé. Une nouvelle classe de parvenus croissait en nombre et en quantité de millions accumulés. La corruption s’installait à droite et à gauche. Quelques corrompus ont été jugés et condamnés. Mais ils n’ont rien remboursé. Le « miracle » (ou mirage) économique a aveuglé les gouvernants. L’endettement général s’est emballé, encouragé par l’appât du gain des banquiers et le gaspillage consenti par et pour des politiciens. La crise inévitable est arrivée. Les gouvernants ont aidé les banques prêteuses au lieu d’aider les débiteurs à leur rembourser les dettes restantes. Ensuite ces mêmes gouvernants, totalement inconséquents, ont opprimé les endettés par des impôts et des diminutions des moyens vitaux pour rembourser l’argent donnés aux banques en difficulté. Celles-ci s’en sortent très bien. Le petit contribuable est privé de tout ce qu’il a investi et condamné légalement à participer aux remboursement des emprunts étatiques pour aider les banques. C’est la fuite en avant vers la misère généralisée provoquée par le manque total de bon sens des gouvernants. Ceux-ci appliquent à la lettre la théorie économique enseignée depuis des décennies à l’Université de Chicago.

Faut-il s’étonner, dans ces conditions, des manifestations des « indignés » espagnols ?
Faut-il s’étonner, pour des conditions similaires, des grèves grecques ?


Certes, les raisons des mouvements « spontanés » des pays de l’Afrique du Nord ne sont pas les mêmes que celles motivant les manifestations des « indignés » espagnols ou des grèves grecques mais le but à atteindre par les créateurs de ces motifs est peut-être le même : la domination tranquille et si possible exclusive et totale par la possession de l’argent.
Les meneurs souterrains dans les pays aux manifestations « spontanées » pensent y parvenir en facilitant la chute des gouvernants qui ont suffisamment servi et se sont servis. Le risque est grand que les gouvernants renversés ou en train de l’être soient remplacés par de vrais dictateurs obéissant aux lois coraniques pour lesquelles le mot liberté individuelle est une hérésie. Mais au moins ces nouveaux maîtres feront un mur de protection contre le danger économique extrême oriental et laisseront continuer à exploiter leurs matières premières pour en profiter au passage.
Les meneurs, de moins en moins souterrains, provocateurs de la presque faillite des pays latins, à l’origine des manifestations des « indignés », pensent supprimer toute l’influence exercée dans le monde par la civilisation européenne d’origine gréco-latino-israélo-chrétienne fondamentalement basée sur le respect de l’homme total et quel qu’il soit.
Et la grande question s’impose : Combien de dégâts, combien de morts pour vouloir aboutir à un résultat utopique ? Si on oublie que l’homme ne vit pas seulement de pain (argent) on court à la catastrophe humanitaire.
Mais peut-être aussi que c’est la volonté de certains décideurs à très haut niveau ! Ils ne se rendent pas compte, et ne le peuvent pas tellement ils sont aveuglés par l’appât du gain, qu’ils sont en train d’empoisonner la source qui leur donne à boire.
Les soubresauts actuels de l’humanité ressemblent de plus en plus aux borborygmes d’une bête apeurée et désespérée.
Il peut en résulter le pire (une guerre générale avec destruction d’une grande partie de l’Humanité) ou le meilleur (l’instinct de survie de la bête la fait se soustraire au piège, libérant aussi son bourreau de l’envie de la rattraper).

Malgré tout, je crois que le bon sens humain vaincra

Commentaire ajouté le 11/06/2011 par Vincent

Monsieur le Directeur
Les Nouvelles Calédoniennes
Nouméa

Monsieur le Directeur,

Encore une fois, et c’est heureux pour l’information, votre journal fait la une sur « Un problème de classes » dans l’édition du 06 juin 2011, avec le sous titre : « Le poids des inégalités sociales sur la réussite scolaire est criant. L’école a du mal à trouver des solutions ».
Malheureusement, vous avez raison et les statistiques ne font que corroborer vos affirmations. On retrouve la même situation en France et dans les banlieues des grandes villes.
Elles m’inspirent les constats suivants, en guise d’explication, et avec le souci d’apporter des éléments de solution:
- Dans un pays riche comme la Nouvelle-Calédonie, les inégalités sociales augmentent de façon exponentielle. Les uns s’enrichissent toujours plus et le plus grand nombre s’appauvrit chaque jour davantage. La devise non dite mais « bien perçue » est : l’enrichissement matériel de soi d’abord, la suffisance matérielle de l’autre ou l’enrichissement humain….s’il reste du temps. L’autre n’est devenu qu’un outil à plusieurs facettes utilisable tant qu’il est rentable économiquement. Et ce ne sont pas les agitations oratoires et surtout les actions dissimulées des décideurs qui laissent présager un changement de direction.
- Comme je l’affirmais dans mon livre « Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus » (Editions Publibok), « l’intelligence n’a pas de couleur » et j’ajouterai qu’elle n’a pas non plus de classe sociale. Il y a et il y a toujours eu des riches qui étaient et sont restés idiots et des pauvres, intelligents, qui sont devenus célèbres. La réussite peut donc exister dans tous les milieux ethniques et sociétaux. Mais certains doivent faire plus d’efforts que d’autres. Cela existera toujours et partout, que ce soit pour des raisons économiques, physiques ou intellectuelles.
- La Nouvelle-Calédonie est une île bien éloignée du reste du monde mais, pour vivre, elle a besoin de s’arrimer aux continents lointains. Quand j’ai voulu installer Internet au Lycée Blaise Pascal, on m’a traité d’illuminé, de doux dingue (gentiment je dois le dire). Ce fut le premier site Internet installé dans un lycée sur le Territoire. J’ouvrais les bibliothèques du monde aux élèves.
- En Nouvelle-Calédonie existent et existeront toujours des villages et des tribus éloignés de ce qu’on peut appeler, avec quelque exagération, les grands centres. Cet éloignement est, malgré tout, une richesse humaine et culturelle pour ce que les habitants sont lorsque, loin des villes, ils vivent selon leurs traditions. Pour beaucoup de ces habitants, comme pour ceux qui ont des fins de mois très difficiles, la réussite scolaire est très problématique et le restera s’ils ne se prennent pas en main pour inverser la situation. Il est illusoire de vouloir supprimer les distances géographiques mais réaliste et bienfaisant d’atténuer ou de supprimer les conséquences scolaires puis, par la suite, professionnelles. Il est moins coûteux de rémunérer de vrais surveillants d’études que de verser des aides pour insuffisance de revenus sociaux. Les transports scolaires sont au service rémunéré des élèves, mais pas le contraire. Le service doit s’adapter aux besoins des élèves.
- Pour tous ces jeunes, la réussite scolaire ne se fera jamais si, dès l’école primaire, les élèves n’apprennent pas avec rigueur leurs leçons et s’ils ne font pas avec la même rigueur leurs devoirs. Ce travail peut être fait à la maison ou à l’école, lors d’études bien surveillées et organisées par l’école ou par les parents, soit le matin soit le soir. Si cela n’est pas fait, la réussite scolaire est impossible. Les difficultés d’organisation sont grandes, certes, mais avec de la bonne volonté tout est possible : les élèves et les parents y trouveront rapidement beaucoup de motifs de satisfaction. Les édiles qui participeront activement y gagneront des électeurs fidèles et reconnaissants.
- Cela ne se fera pas non plus si les enseignants, rigoureux dans la qualité de leur enseignement, ne peuvent pas l’être dans leur exigence d’attention en classe et dans leur volonté que les leçons soient bien apprises et les devoirs bien faits et rendus en temps et en heure. Apprendre à bien travailler à l’école et à être régulier prépare à travailler bien et avec régularité dans le métier de l’âge adulte.
- Cela ne se fera toujours pas si dans une classe, quel que soit le nombre d’élèves, vingt, vingt-cinq ou trente, il se trouve un ou deux élèves perturbateurs. Le vrai problème dans les classes n’est pas le nombre d’élèves mais le petit nombre de perturbateurs.
- La réussite scolaire et, plus tard, professionnelle ne se fera pas sans des bases très solides, surtout dans les matières principales, le français et l’arithmétique. Chaque élève doit savoir lire et comprendre ce qu’il lit lorsqu’il entre en sixième. Le vocabulaire acquit doit être conséquent et le goût de l’enrichir permanent. Le calcul, écrit et mental, doit être parfaitement acquis ainsi que les notions de grandeur. Il faudrait arrêter de faire de l’accessoire, certes intéressant, mais qui ôte du temps pour l’essentiel. Encore faut-il vouloir et savoir discerner, dans une perspective d’avenir pour les personnes et pour le pays, l’essentiel de l’accessoire.

En vous communiquant ces quelques réflexions, qui mériteraient un plus long développement, j’essaie simplement, Monsieur le Directeur, d’apporter ma modeste contribution à l’amélioration des résultats scolaires d’abord, à la réussite professionnelle ensuite, et enfin à un plus grand bien-être sociétal des habitants de ce magnifique pays.

Je vous prie accepter, Monsieur le Directeur, mes sincères salutations

Vincent Rodriguez






www.vrodriguez.com

Commentaire ajouté le 04/06/2011 par Vincent

Pourquoi le livre :
"Deviens Toi-même"
"Parents absents... Enfants perdus"

L’auteur a enseigné dans des classes à un et à trois niveaux dans l'enseignement primaire, en collège d'enseignement général et de production technique et agricole, en lycée général et technologique, avant d'accepter la direction d'un lycée.

Ses premières années professionnelles se sont déroulées dans l'enseignement public et privé, primaire et secondaire.

Il a été créateur d'un syndicat et secrétaire général pendant plusieurs années.

Il fut le pionnier de l'informatique dans l'enseignement en Nouvelle Calédonie.

Les écrits, les images et le son, fabriqués n'importe où dans le monde, sont mis à la
disposition des populations avec une rapidité presque instantanée à la faveur des nouvelles technologies. Tout un chacun, du moins ceux qui ont accès à ces nouvelles technologies, peut les recevoir. Un long discours est résumé en quelques mots, une catastrophe en quelques images, … et la vérité médiatique est admise. Cette vérité formate les esprits, souvent sans que le doute ait le droit d'exister.
Avec le plus profond respect de l'opinion de chacun, l'auteur essaie d'insinuer le doute qui pourrait amener à s'interroger sur les causes du malaise sociétal.
S'il y a un malaise, il y a certainement une raison !
L'auteur pense avoir constaté la dégradation du climat social concomitante de la dégradation du système éducatif.
Il voudrait apporter sa contribution à la réflexion sur les causes et les conséquences, néfastes pour la société, de la " sacralisation de l'individu ". Cette « sacralisation de l’individu » diffuse lentement dans l’être humain (corps et esprit) un agréable poison mortel.
La lecture du livre peut provoquer des colères.
Pourra-t-il provoquer une réflexion autocritique des " convictions " personnelles? Malgré les apparences et les constats quotidiens, l'auteur y croit fermement.
Les colères et ou la réflexion provoquées peuvent être mises sur le site

Directeur de Lycée en retraite
Palmes Académiques

Site web : www.vrodriguez.com

Commentaire ajouté le 01/06/2011 par Vincent

Cher lecteur,

Dans le livre : « Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus » (cf. : site www.vrodriguez.com) je faisais allusion au rôle des élus dans les normes imposées pour l’enseignement. J’ajoute ici, sans langue de bois et sans aucune animosité envers quiconque, un court développement d’un aspect. D’autres aspects suggérés dans le livre, sur ce thème, mériteraient d’être développés.

Les critiques humainement et socialement constructives pour diminuer l’échec scolaire et développer le respect de soi et des autres sont toujours les bienvenues.
Bonne lecture.



Un peu de sérieux, S.V.P.



Messieurs les élus de toute catégorie permettez-moi de vous demander un service dont la Nouvelle-Calédonie entière bénéficierait et aurait de quoi vous être reconnaissante!
Arrêtez de vous réunir en catimini entre copains ou coquins pour préparer les coups bas que vous allez tirer au moment des élections pour anesthésier la population !
En écoutant les discours électoraux des partis, des uns et des autres, le simple citoyen est en droit de conclure que vous êtes presque tous de beaux parleurs, des faiseurs de promesses qui ne vous engagent pas. Vous aimez les honneurs, le pouvoir et l’argent pour vous. A vous en croire, si nous votons pour vous, tout nous sera donné presque gratuitement. Belles promesses alors que, certains électeurs, ne pourront plus acheter leur pain quotidien ! Mais vous, élus parlementaires européens, français ou autres, vous n’avez pas de problèmes de fins de mois difficiles. Certes pas tous les élus, mais chaque électeur éclairé en connaît plusieurs.
Ce n’est pas le citoyen qui aurait pu l’imaginer mais il l’a entendu de votre bouche quand vous vous démolissez allègrement !

D’ailleurs, vous vous démolissez les uns les autres en public, pour la frime, car souvent, en privé, vous festoyez ensemble amicalement. Quelque part c’est heureux. Entre vous, en privé, au moins vous ne créez pas la division.
Alors, soyez un peu honnêtes avec le peuple qui vote pour vous : Arrêtez de créer la division et passez un peu de votre temps à gérer le pays, à stopper la misère grandissante de la majorité des habitants et l’enrichissement scandaleux des personnes ou sociétés qui se moquent de ceux qui vivent et mourront en Nouvelle Calédonie.
Regardez en face le peuple qui vous a élu : Il n’y a pas que des canaques, des calédoniens blancs, des wallisiens, des tahitiens, des asiatiques, des martiniquais, des réunionnais etc.
Avez-vous regardé le peuple qui vous a élu ? Si toutes ces ethnies ne cohabitaient pas en Nouvelle Calédonie comment pourrait-on expliquer l’ethnie majoritaire : c’est-à-dire les METIS. Quand on connaît un peu les familles calédoniennes, on sait que dans presque toutes il y a des métis. S’il n’y avait jamais eu d’apport de population extérieure combien d’élus ne seraient jamais nés ? Ils n’existeraient pas. Sans l’apport des personnes extérieures à la Nouvelle-Calédonie, un très grand nombre d’élus, de tous les bords politiques, ne seraient jamais nés. Le métissage se développe à pas de géant dans le monde. C’est une richesse humaine extraordinaire à l’origine du monde actuel.
Habitants de la Nouvelle-Calédonie de toutes origines et de toutes ethnies :
- Soyez fiers de ce que vous êtes en train de créer : un modèle
pour l’humanité.
- Réveillez-vous pour travailler à la construction d’une
Calédonie fraternelle et prospère.
- Faites comprendre à vos politiques préférés qu’ils s’occupent
davantage de la bonne gestion du pays et un peu moins de l’enrichissement personnel scandaleux.
- Faites comprendre à vos politiques préférés que leurs slogans sont mensongers parce qu’ils sont périmés:
- La Nouvelle Calédonie Française, mais la France a pris le train de l’Europe. La Nouvelle Calédonie Européenne ? Pourquoi pas ?
- Kanaky indépendante ? Indépendante de qui ? De l’Europe, de la Suisse, du Brésil, des multinationales, de la Corée du Sud ou autres pays asiatiques ?
- Nous avons besoin chaque jour du monde extérieur pour vivre, nous habiller ou simplement manger.

Avant de vouloir être indépendant de qui que ce soit, il faut l’être soi-même.
Calédoniens, qui que vous soyez, réveillez-vous avant qu’il ne soit trop tard et que vous ne puissiez plus faire vos coups de fête, vos coups de pêche ou vos coups de chasse. Si vous ne vous réveillez pas, vous allez recevoir un coup sur la tête !

Il y a en Nouvelle-Calédonie suffisamment de personnes jeunes et compétentes pour organiser son avenir, à condition qu’elles aient le courage d’agir dans le vrai respect de soi et de chacun. Ceux qui laissent pour demain le travail d’aujourd’hui n’arriveront jamais à rien….par leur faute !
Toutes ces personnes jeunes savent-elles qu’une allumette a été claquée le 15 mai 2011 à la plus grande place de Madrid ? Les plus grands incendies commencent toujours par un petit feu. Faut-il laisser l’incendie se propager ?
Que les gouvernants actuels le veuillent ou non, et en ce moment ils le récusent, la civilisation occidentale a des origines gréco-latines et chrétiennes.
Or ce petit feu, allumé à Madrid et dans d’autres villes d’Europe, conteste le libéralisme à outrance et le mondialisme effréné prônés par les partis politiques en place et accepté par les syndicats institutionnels : l’argent pour l’argent, le pouvoir pour le pouvoir, les honneurs pour les honneurs. Les trois sont fugitifs, périssables et destructeurs. Le respect de l’autre et les valeurs humaines, non.
Ces jeunes organisent des réunions de réflexion dans les quartiers populaires. Dans la pagaille momentanée ces jeunes demandent du travail honorable et le retour aux valeurs humaines.
Pour mémoire, c’est à la maison et dès l’enseignement primaire que ces valeurs doivent commencer à être inculquées.

Alors ?

Ce texte ne cherche qu’à susciter la réflexion.
Il s’adresse aussi aux élus en place, si c’est possible, pour précéder l’action réfléchie….dans l’intérêt de la NOUVELLE-CALEDONIE.

Refuser de se remettre en question c’est exposer la Nouvelle-Calédonie au déclin puis au péril.

Commentaire ajouté le 24/05/2011 par Vincent

Les enfants s’éduquent tout seuls

Un jeune homme de dix sept ans entre dans un magasin Carrefour. C’est exceptionnel qu’il fasse les courses mais il vient acheter une baguette de pain et un pot de miel que sa mère avait oublié de prendre.
La baguette de pain bien chaud, quelle chance ! et le pot de miel à la main, il se précipite vers la caisse la plus proche. Il ignorait qu’il existait des caisses pour les clients qui n’avaient que deux ou trois articles. On apprend à tout âge et partout.
Armé de patience, il attend son tour.
Il était précédé d’une dame, la trentaine, dont le fils, de cinq ou six ans, poussait le chariot bien rempli.
Le gamin touche avec le chariot la dame, la soixantaine bien sonnée, qui les précédait. La dame regarde le gamin et sa maman sans rien dire.
La dame de la soixantaine arrive à la caisse et commence à présenter ses emplettes à la caissière.
Le gamin, visiblement impatient, touche avec le chariot la dame encore une fois, deux fois. Gentiment, la dame dit à la maman que son fils lui faisait mal avec le chariot.
« C’est comme ça que je l’élève. Il faut qu’il apprenne par lui-même » lui répond la maman.

Le jeune homme, qui avait suivi la scène depuis le début, ouvre tranquillement sont pot de miel et verse une petite quantité sur la tête bien coiffée de la maman. Celle-ci, offusquée, se retourne et commence à réprimander fortement le jeune homme.
Celui-ci, étonné, lui répond : « Madame, c’est comme ça que j’ai été élevé. On ne m’a jamais interdit de faire ce que je voulais ».
La dame de la soixantaine qui a observé la scène dit à la caissière, assez fort pour être bien entendue à la ronde : « Madame, le pot de miel c’est pour moi, je le paye ! »
Le gamin, éberlué par ce qui était arrivé à sa maman, s’accrochait à sa robe et ne bougeait plus.

En lisant cette anecdote, certains vont en rire. D’autres, pleureront.

Personnellement, je ferai l’un et, bien après, l’autre. Mais l’autre va durer plus longtemps.

Je vais d’abord rire de ce qui arrive à la maman : La théorie sur l’éducation à donner aux enfants, exprimée dans la réponse faite à la dame plus âgée, a eu une démonstration de son ineptie! La maman a reçu une leçon pratique, en public. Probablement, elle ne voudra pas s’exposer à en recevoir une deuxième.
La suite, on peut l’imaginer : Elle a dû passer un temps certain pour enlever le miel de ses magnifiques cheveux et peut-être retourner chez le coiffeur pour réparer l’outrage mielleux.

Après avoir bien rit, je vais pleurer intérieurement.

Probablement, bien avant d’arriver pour faire la queue à la caisse du supermarché, la maman avait demandé à son fils, à plusieurs reprises, de se tenir tranquille. Mais le gamin, suivant son instinct et trouvant sa maman contrariante, n’en a pas tenu compte. Elle ne pouvait pas le réprimander en public. Le gamin aurait éclaté en sanglots. Les clients ou clientes du magasin auraient regardé avec pitié le « tout petit chéri » et d’un air réprobateur la maman. Et si, par malheur pour la maman, celle-ci avait donné une petite claque sur la fesse de son enfant, celui-ci aurait probablement compris et changé de comportement, mais un ou plusieurs clients ou clientes « bien pensant(e)s » se seraient offusqué(e)s publiquement. La discussion avec la maman se serait envenimée et les client(e)s l’auraient menacée de porter plainte pour maltraitance. Il s’en suivrait, si les client(e)s donnaient suite aux menaces, une convocation de la maman chez le juge pour se faire réprimander d’abord et menacer de toutes les conséquences légales ensuite.

Par contre, si la dame qui a subit les assauts du chariot portait plainte contre le gamin pour violence volontaire, le juge la condamnerait pour recours abusif à la justice.

Et pour peu que la maman et la dame protestassent devant le juge contre ces lois permissives et leurs conséquences, elles pourraient avoir l’occasion de se réconcilier dans la même cellule de prison. Car tout le monde sait que les prisons sont surpeuplées et qu’il faut entasser deux, trois ou quatre prisonnières par cellule, parfois plus.
Et les juges sont les seules personnes sur terre, avec le Pape dans certaines conditions pour les catholiques, à prendre des décisions indiscutables. « Dura lex, sed lex ». Proverbe latin toujours d’actualité : la loi est dure, mais c’est la loi.
Certes, ces juges « défenseurs » de l’enfant mettent en application les grands principes humanitaires rédigés et décidés, parfois contre la volonté nationale, par certaines grandes instances internationales. Les différentes nations sont priées de mettre leurs lois et décrets d’application en conformité avec ces grands principes ou résolutions sous peine de sanctions juridiques ou économiques.
Les juges nationaux pourront ainsi sanctionner en toute légalité.

Certes aussi, il existe, de par le monde, des millions d’enfants maltraités et exploités quotidiennement. On ne peut que condamner avec la plus grande fermeté tous ceux et toutes celles qui agissent de la sorte avec les enfants. Ces faits justifient largement l’édiction de ces grands principes ainsi que la promulgation des lois et décrets d’application.
Mais les plus sévères condamnations ne servent à rien si des actions ne suivent pas. Or, mises à part certaines Organisations Non Gouvernementales (ONG) et beaucoup d’associations caritatives qui s’impliquent sur le terrain pour aider ces enfants malheureux, qui d’autre s’en soucie vraiment ?
On rétorquera que les instances nationales ou internationales financent certaines activités des ONG en faveur de cette enfance miséreuse. Certes oui. Et elles le font en accompagnant ces aides de grands et beaux discours et à grand renfort de publicité pour que nul ne l’ignore. Mais ces beaux discoureurs camouflent bien leur volonté de ne pas trop en faire pour pouvoir continuer à bénéficier, directement ou indirectement, consciemment ou non, du produit du travail de ces enfants dans les usines, les champs ou les mines, vendu de par le monde avec des bénéfices très confortables. Les intérêts économiques ou les « bonnes » relations diplomatiques justifient beaucoup de silences.

Pourtant, entre les souffrances extrêmes des enfants exploités ou martyrisés, répétons-le, inexcusables, condamnables et prohibées, et les exigences nécessaires parfois pour une bonne éducation, il y a une distance qui a été supprimée par des lois permissives ou restrictives. Les enfants et les éducateurs naturels ou institutionnels le savent bien.
La loi ne fait pas de distinguo entre une gifle qui envoie par terre ou à l’hôpital un jeune et une petite fessée donnée à un enfant désobéissant et perturbateur à la maison ou dans la classe. Même les réprimandes et les sanctions justifiées par de mauvais comportements, de mauvaises notes pour les leçons non apprises ou les devoirs non ou mal faits deviennent de plus en plus interdites.
Ainsi, du proverbe « bien faire et laisser braire » on est passé à la réalité quotidienne « mal faire et ne rien dire ».
Les enfants le savent bien. Les parents et les enseignants et éducateurs institutionnels aussi.
Les uns et le autres priorisent le dialogue avec les enfants. Ils éprouvent de la satisfaction à chaque progrès observé et le font savoir à l’intéressé. Ils le font par amour vrai des enfants. Ils connaissent naturellement la nécessité d’expliquer très souvent les règles de l’éducation pour la réussite. Les uns et le autres connaissent bien les capacités des enfants parce qu’ils les voient vivre et évoluer. . Le bon sens le clame : pour dialoguer il faut être deux. Mais malgré les multiples répétitions, malgré la volonté de dialogue des ayants droit et devoir, certains enfants agissent tout autrement, parfois exprès, parfois par nature. Les responsables d’éducation le savent bien.
Faut-il laisser faire ces enfants, dès leur plus jeune âge, au risque d’avoir à soigner par la suite les blessures corporelles, les dégâts matériels, les échecs scolaires et humains ? « Honni soit qui mal y pense », mais il semblerait que les normes en vigueur, de nos jours, exigent une réponse affirmative à cette question.
Faut-il s’étonner que les syndicats des enseignants et des éducateurs demandent de plus en plus de moyens humains et parfois matériels ? Non. Mais ils ne demandent pas de traiter le mal à la racine. Une petite opération serait plus efficace et moins coûteuse qu’une longue médication. Celle-ci ne parviendra pas nécessairement à une guérison. Diminuer le nombre d’élèves par classe n’apportera jamais une solution valable si on ne résout pas le problème créé par l’infime minorité d’élèves perturbateurs et ou fainéants. Les parents, en premier car ils sont les plus concernés pour l’avenir de leurs enfants, devraient être les plus demandeurs. Ils sont aptes à le comprendre, à condition qu’on leur explique correctement. Par mon expérience d’éducateur, d’enseignant et de directeur de lycée je puis affirmer qu’il y aura toujours des parents récalcitrants. Après une discussion franche et sincère, ils seront souvent les seuls à remercier.
Faut-il s’étonner de la multiplication des formations qualifiantes ou non pour permettre aux jeunes en errance d’accéder à un emploi ? Non. Il arrive un moment où les jeunes sans formation ou en échec scolaire veulent se rattraper pour mieux s’insérer dans la vie. Très souvent ses jeunes garderont un goût amer contre la société qui les a conduit à l’échec. Car pour ces jeunes, comme en général pour beaucoup d’adultes, ce qui leur arrive de mal, c’est toujours la faute des autres.
Faut-il s’étonner de la multiplication des violences, à l’école et en dehors, commises par des jeunes ? Non. On ne leur a pas appris à respecter ni les autres ni le matériel quand ils étaient tout petits. Les jeunes gens ne comprennent pas qu’on leur interdise aujourd’hui ce qui leur était permis hier. L’insulte ou les coups sont le moyen d’expression de ceux qui ne savent pas s’exprimer autrement.
Dans cette ambiance scolaire générale, le niveau d’instruction a fortement baissé. De multiples lois démagogiques ont favorisé l’acquisition des titres. Autres fois, pour avoir l’accès au CAPES, il fallait cinq années d’études universitaires. De nos jours, alors que le niveau culturel du baccalauréat a fortement baissé, il suffit de trois années d’études pour pouvoir se présenter. Ni les enseignants ni les éducateurs n’en sont responsables. La démagogie des législateurs et gouvernants, toujours prêts à flatter l’électeur, oui.

On est en droit de s’interroger sur la probité des Présidents de la République signataires in fine de lois permissives, des législateurs qui les votent, beaucoup sans les avoir lues. Ils font confiance aux collègues qui interviennent au parlement ou au Sénat pour les défendre ou les critiquer. Ensemble, ils font confiance aux grands chefs d’administration qui préparent le texte, confortablement installés dans leur fauteuil. Ces derniers n’ont, trop souvent, aucune notion réelle de ce qui se passe sur le terrain d’application.
A force d’appuyer sur la pédale de la démagogie on s’écrase, et on écrase les autres, contre un mur.
Ne croyez-vous pas qu’un arrêt pour réfléchir serait nécessaire ?
Comme dit un proverbe espagnol : « Ce n’est pas quand l’âne est mort de faim qu’il faut lui donner de l’avoine ».

Commentaire ajouté le 05/05/2011 par medera

solution de l'exposé(l'école son importance et ses méfaits pour les humains)

Commentaire ajouté le 19/04/2011 par Vincent

Réaction à un nième problème scolaire publié par les médias cette semaine :

Un enfant de onze ans frappe sa maîtresse :
- La maîtresse obtient du médecin trois jours d’I.T.T. Encore un acronyme (dont le sens est ignoré par beaucoup, comme beaucoup d’autres sigles) utilisé par les initiés et compris très souvent par eux seuls.
- La maîtresse a trois jours pour détresser.
- La direction de l’école, les collègues, les parents d’élève pétitionnent, font une journée de manifestation en signe de soutien à la maîtresse battue. Tous les cours sont suspendus.
Ainsi, l’enfant bourreau devient un « héros », un « caïd », même s’il se fait réprimander.

Si la maîtresse frappée avait répondu par une tarte ou une fessée, elle était en légitime défense, toutes ces perturbations scolaires n’auraient pas eu lieu, le gamin batailleur aurait été calmé, probablement pour de bon.

Certes. Mais, son autorité de tutelle ne l’aurait pas couverte et elle serait convoquée par le tribunal, probablement condamnée et sa carrière professionnelle terminée ou pour le moins perturbée, tandis que le « pauvre petit » serait pris en pitié par la presse et assisté par les spécialistes psychologues.

Conclusion de cette histoire : Dura lex, sed lex ( c’est la loi).

Question : Qui fait les lois ? Le pompier qui allume le feu pour avoir du travail ?

La maîtresse reprendra ses cours, mais pour elle ni pour sa classe, rien ne sera plus pareil.
Je lui souhaite bon courage !

Commentaire ajouté le 19/04/2011 par Vincent

Formation initiale…Formation continue


C’est avec un très grand intérêt que je suis et approuve les efforts des pouvoirs publics pour donner une deuxième chance à tous les jeunes en échec scolaire. Ces efforts sont nécessaires pour remédier à une situation grave de beaucoup de jeunes qui ne peuvent trouver d’emploi s’ils n’ont pas de formation. Ils n’ont pas su ou pu profiter de la formation initiale commune. Il faut leur en procurer une en …formation continue, bien que le terme pour adultes me semble plus juste que continue. Souvent il n’y a pas à continuer mais à reprendre presque tout à zéro.
On parle beaucoup d’échec scolaire initial pour justifier les dépenses induites par cette formation indispensable qui donne une deuxième chance d’intégration professionnelle.
On ne parle pas du « mal être » ni du « mal vivre » psychologique de tous ces jeunes qui quittent les bancs de l’école dégoûtés et sans formation.

Pourtant, ce constat actuel était prévisible depuis des années.

Les équipes éducatives le voyaient arriver impuissantes et souvent dans la souffrance. Mais elles devaient suivre les directives, lois et règlements qui favorisaient ou imposaient cette évolution.
Aller à l’encontre de ces directives, lois et règlements c’était, et c’est toujours d’actualité, mettre en cause son avenir professionnel et passer pour un « conservateur attardé ».

Je l’ai souvent dit quand j’étais en activité. Je l’avais dit quand on a imposé dans les écoles primaires les nouvelles théories pour éveiller les tout petits. Comme si les enseignants ne le faisaient pas déjà. On a ouvert ainsi la porte …de l’échec scolaire et ….de la délinquance.
Je l’ai écrit ensuite dans le livre : « Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus ».
Mais cela demande de la réflexion humaniste et du bon sens, non des réactions émotionnelles. Les discours émotionnels garantissent l’avenir professionnel éphémère de certains et endorment le peuple émotif et sensible.
Il me semble que :
- Après avoir fait une « coûteuse consultation » populaire pour définir la nature de l’enseignement à mettre en place pour tous les enfants de la Nouvelle-Calédonie,
- Au moment où le transfert de l’enseignement secondaire va devenir une réalité
- Alors que la Nouvelle-Calédonie doit se préparer, pour exister, à s’intégrer dans un monde économique planétaire
Les mesures basiques pour une réussite scolaire et humaine de tous, adaptées au monde dans lequel on vivra, ne sont pas prises ni envisagées.
Je reste persuadé qu’un enseignement et une éducation de qualité sont la garantie d’un avenir prospère et d’une société vivant dans une plus grande harmonie.

Commentaire ajouté le 01/04/2011 par Vincent

Pistes et temps de réflexion


Des articles sur la délinquance paraissent presque quotidiennement dans la presse locale, ou circulent par les moyens électroniques de communication. Le catastrophisme est payant médiatiquement.
Aujourd’hui c’est telle école qui est dégradée, demain tel enseignant qui est agressé. Et ceci au motif ultime que le cher petit serait « agressé », « traumatisé », par le simple fait de devoir aller à l’école, voire « humilié » par le fait que l’enseignant est amené à l’interroger ou à exiger de lui connaissances, travail et respect.
Quotidiennement, on apprend que des voitures correctement garées sont volées ou abîmées, que des personnes inoffensives sont agressées, des maisons « visitées ». Et ceci au motif ultime que le cher petit serait « agressé », par le simple fait de voir devant lui « l’étalage de richesses » des propriétaires de voitures ou de maisons. Comme si l’habitat était devenu en soi un luxe, et que la voiture n’était pas un moyen de déplacement individuel nécessaire ou professionnel inévitable.
L’agression contre les personnes est devenue une norme dans des sociétés multiples, démocratiques, où se croisent tous les types d’individus, de sensibilités, de religions et de moeurs, c’est-à-dire …. Dans les démocraties riches.
En réalité, en s’attaquant, de préférence à plusieurs, à des personnes isolées, à des femmes seules, à des enfants ou à des personnes âgées…. les agresseurs envoient à la société deux types de messages :
1°) Ils réactivent le vieux fonds barbare qui sommeille en chacun et que seul l’apprentissage patient de la vie en communauté (c’est-à-dire la civilisation !) peut annihiler ; ils témoignent ainsi directement de l’échec de la civilisation, ou si l’on préfère du fait civilisateur.
2°) ils nous hurlent également : « votre société on n’en veut plus !!! et de toute façon elle ne fera rien contre nous, d’abord parce qu’elle ne peut plus rien faire contre nous à force de s’être retirée elle-même ses moyens d’intervention, ensuite parce qu’elle ne veut rien faire... ».
Ils rejettent ainsi le pouvoir et l’autorité dont chaque société doit se pourvoir pour être et durer.

Quel est le lien entre, d’un côté une société qui accepte et recherche les moyens de sa propre destruction et, de l’autre des barbares heureux et satisfaits d’en saper les dernières bases ? Ce lien c’est ……l’absence de verticalité ou, si l’on préfère l’idéologie stérile selon laquelle tout se vaut. Et si tout se vaut, tout est donc interchangeable.
Cette absence de verticalité et cette interchangeabilité se retrouvent partout : dans le cinéma, dans les émissions télévisées, dans le discours des politiques, dans les relations amoureuses, entre la vie professionnelle et la vie personnelle.

TOUT SE VAUT ?
- L’élève et devenu l’égal du maître ;
- Mes désirs valent tous tes actes : de telle sorte que je puis m’emparer (peu importe comment) de ce que tu as acquis (même si c’est à la sueur de ton front).
- L’avis du scientifique rationaliste vaut celui de l’actrice qui parle sous le coup de l’émotion ou du sens de l’image ;
- Un chien vaut un homme ;
- Un fœtus en construction vaut une branche morte et gênante que l’on arrache et que l’on brûle…
- Le besoin égale le désir et le plaisir ;
- Le passé et l’avenir valent le présent.. Donc je ne m’inscris pas dans la durée ; je « prends » l’instant qui passe comme une totalité qui m’appartient, en exclusivité, sans me rendre compte que le présent……… est, par essence, éphémère…

TOUT EST INTERCHANGEABLE ? Vive le ZAPPING.
- On « zappe » sur les chaînes de télé ;
- On « zappe » sur l’équation « recettes / dépenses » :l’endettement n’est pas mon fait ; c’est la faute au prix du produit !!!
- On « zappe » sur les bagnoles, les cuisines, etc.. dont on change non plus par besoin, ni même par plaisir, mais par simple désir.
- on « zappe » le sens des mots de celui qui nous parle ;
- etc…



Combien ce verbe « visiter », couramment utilisé, est
déculpabilisant !

Surtout que le propriétaire des lieux « visités » ne fasse rien pour défendre son bien parce qu’il deviendrait ainsi coupable et le système s’en prendrait à lui plutôt que de rechercher le « visiteur » indélicat et lui enlever l’envie de recommencer ! Absence de verticalité qui a imprégné les esprits plats de ceux qui nous dirigent (politiques, juges, magistrats etc... !!!! ).
Le voleur vaut le volé ; le bien de celui que je vole vaut le bien que j’acquérrai par le travail de toute une vie.

Toute énumération exhaustive de ces faits est impossible pour la raison toute simple que beaucoup de victimes ne portent même pas plainte parce qu’elles savent que cela ne servirait à rien. La logique de ce découragement est que le peuple, lassé de se sentir trahi par ses dirigeants, en arrive à faire justice lui-même.
Ce sera alors l’anarchie.
Déjà les Grecs anciens avaient pressenti qu’après la phase démocratique, dans les sociétés ayant épuisé cette formule, ce serait l’anarchie qui triompherait…
Nous y sommes presque..

Faut-il s’en plaindre ?
S’ en plaindre à qui ? Se plaindre, c’est s’adresser à quelqu’un ou à une institution capable de nous entendre et d’apporter une réponse au mal.
C’est donc lui faire confiance.
Mais on constate que rien n’est fait ou pas grand chose. Se plaindre est donc désormais inutile.
La logique de la plainte est dépassée.
Il faut une autre logique. Et il n’y en que deux possibles :
- ne rien faire et donner raison à ceux qui se font élire pour mieux ensuite trahir et mentir ;
- se révolter.
Certains se plaignent ou portent plainte, d’autres s’en réjouissent sous cape. Cela donne du travail et crée des emplois car le peuple (il a bon dos le peuple !) demande plus de gendarmes, plus d’enseignants, plus d’éducateurs, plus de juges etc... D’autres élargissent leur champ électoral
parce qu’ils proclament lutter contre l’ignorance et l’insécurité qu’ils ont participé à créer par action, par omission ou pour d’autres motifs inavoués parce que, peut-être, inavouables.
La logique de la quantité dans laquelle est entrée notre société est bien celle de la consommation de masse.
On veut plus de personnels comme on veut plus de riz dans son assiette, plus de fric, plus de télévision etc…
Les forces de l’ordre sont devenues des fonctionnaires attentifs à leur confort. Les fonctionnaires, déjà trop nombreux, des rentiers de situation, avec de bons salaires et la garantie de l’emploi, dans des Etats totalement déficitaires qui enrichissent les prêteurs professionnels.

On a la société qu’on mérite par son action ou son inaction.
Corollairement, les discours et les appels à la citoyenneté ont vent
en poupe. C’est le propre des systèmes démocratiques mal assumés par le peuple comme par les dirigeants, ou le fonctionnement de la démocratie vire largement à la démagogie avant de virer à l’anarchie.

Les bonnes questions qui doivent être posées sur ces « incivilités » grandissantes et sur l’échec scolaire, leur principal fournisseur, sont les suivantes :
Qui ? Pourquoi ? Comment ?

J’ai donné des éléments de réponse dans mon livre roman :
« Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus » (cf. www.vrodriguez.com). Ces éléments de réponse ne seront pas pris, très probablement, en considération parce qu’ils apparaîtront, de prime abord, « politiquement incorrects ».


Qui ?

Généralement ces « incivilités » sont commises par des jeunes à la dérive sans une éducation de base, en échec scolaire et souffrant du « mal vivre », en désintégration sociale. Des jeunes qui se sentent abandonnés affectivement et socialement. Ils vivent en marge du milieu familial et sociétal, trop souvent eux-mêmes effrités. Ils veulent, parfois inconsciemment, attirer l’attention sur leur « mal être » difficilement exprimable par eux en paroles et encore moins par écrit.
Ils se sentent à l’aise seulement avec leur « bande » fermée où ils trouvent camaraderie, compréhension et valorisation. Même si celles-ci ne sont pas « promotionnalisantes », socialement parlant, ils s’en contentent.
C’est la reconstitution des bandes ou des clans avec leurs mythes, leurs rites, leurs codes. Les rites de passage (admission dans la bande; étapes à franchir pour acquérir la reconnaissance par la bande ou le clan) s’opposent à la société dominante des adultes qui s’est nivelée et précisément où tout se vaut.


Il est certain que l’élève perturbateur est très souvent d’une
intelligence supérieure à la moyenne. Mais il s’ennuie en classe et dérange les autres. C’est le commencement de la voie de l’échec personnel, et quelque part collectif, scolaire et sociétal.
Peut-être que si les ayants droit et ou autorité le prenait à part pour discuter en toute franchise et réalisme avec cet homme ou femme en devenir et lui montrer le chemin à suivre pour s’intégrer correctement dans la société, il comprendrait et modifierait son comportement. Mais quelle verticalité lui redonner ? Quelles valeurs ? Quel type de reconnaissance autre que celle du matérialisme naguère marxiste, aujourd’hui financier et technologique ?

Le principe de subsidiarité devrait être appliqué entièrement. C’est-à-dire que cette démarche devrait débuter au niveau de responsabilité le plus bas, couverte par l’autorité de tutelle. Si l’action entreprise par le responsable délégué n’aboutissait pas, l’autorité directement supérieure devrait intervenir pour confirmation et soutien dans la même direction. La vérité franche et respectueuse envers le jeune est toujours payante sur le long terme.
Mais quelle autorité existe réellement dans une société où tout se vaut ?
Le patron, obnubilé par l’appât du gain, est bizuté par les employés regroupés (le nombre / la quantité) en syndicats.
Que les « autorités » formelles redeviennent d’abord des autorités réelles au sens de guides, modèles, capables de favoriser l’agrandissement de la personne humaine et du jeune en devenir.


L’élève paresseux ou perturbateur, parfois les deux, a besoin
de considération positive et de responsabilisation respectueuses et fermes pour construire son devenir.
L’humiliation d’un être humain a toujours des résultats négatifs et pervers pour l’humiliant comme pour l’humilié. Il y a encore des professeurs qui humilient les élèves parce qu’ils ont un « pouvoir » ; il y en d’autres qui laissent tout faire ou ne rien faire.
Mais de quelle autorité témoignent-ils aux élèves ?


Pourquoi ?

Dès leur plus jeune âge, les enfants ou élèves n’apprennent pas
le respect des personnes ni des choses. Ils veulent, eux aussi, « bénéficier » rapidement de tout ce que propose notre société de consommation : argent, richesses apparentes, pouvoirs (même si ce pouvoir est de nuire), plaisirs de toute sorte, selon leur envie momentanée. Le rôle néfaste des médias et de la publicité sur des personnes incapables de prendre du recul pour réfléchir, n’est plus à prouver.
Dans le livre cité ci-dessus, l’auteur parle des «dessins
muraux » et des « sculptures sur table » des classes auxquels se livrent les jeunes à l’école ou ailleurs sans qu’on puisse sérieusement les réprimander. Il parle des leçons non sues et des devoirs non ou mal faits, sans que l’enseignant ait les moyens de réagir ou que l’envie de le faire lui ait été enlevée. Il parle aussi de la différence entre « évaluer » et « corriger » devoirs et leçons dans l’optique d’un programme, et non d’un référentiel, à assimiler.
Ceux qui voudraient lutter contre les incivilités et ou la
fainéantise s’exposent à des poursuites judiciaires, à une carrière perturbée, pour « traumatisme » de jeunes ou à des réactions « peu citoyennes », et parfois agressives, des jeunes eux-mêmes. Les droits des enfants ont le vent en poupe, non sans raison….Peu de personnes, ayant autorité, parlent de leurs devoirs, à tort.
Dès leur plus jeune âge on ne peut pas exiger qu’ils apprennent correctement les leçons ni qu’ils fassent bien les devoirs. Ainsi débute l’échec scolaire.
Sans réaction rapide, l’échec humain et sociétal continuera à
être au bout du chemin.

Dès le plus jeune âge les jeunes n’apprennent pas à écouter ni les parents ni, a fortiori, l’enseignant(e).

Au nom des théories « fumeuses » vieilles de 50 ans, il « est interdit d’interdire ». Des lois, des circulaires ou des règlements ont été publiés pour légaliser ces théories. Ainsi, de l’échelon social le plus élevé au plus bas, chacun pense être en droit de faire ce qu’il veut, quand il le veut. Et tout un chacun est prié de comprendre ou au moins d’accepter, parfois bien malgré lui, le comportement « citoyen ou non » de l’autre. Comprendre le comportement de l’autre est utile en société.
L’accepter est une autre affaire.

Dans ces conditions, vouloir que toutes les personnes aient un
comportement citoyen c’est comme vouloir que le cercle soit carré.

Si on veut que l’arbre pousse droit et s’élève, il faut lui mettre
un tuteur quand on le plante. Contrairement à l’idée de l’écrivain ROUSSEAU affirmant que l’homme né naturellement bon, l’expérience nous montre que l’être humain a aussi besoin de règles et d’un cadre dès sa plus tendre enfance et, parfois aussi, quand il est adulte.
Quel « cercle d’influence » a écrit : « L’expérience a montré que la méthode la plus simple pour rendre efficace une arme silencieuse et gagner le contrôle du public est de maintenir le public ignorant des principes basiques des systèmes d’un côté, tout en le gardant dans la confusion, désorganisé, et distrait avec des sujets sans importance réelle de l’autre côté » ? C’est là le début de la dictature.


Je m’interroge :
Si je vois un jeune (ou moins jeune) en danger grave, dois-je
intervenir pour l’empêcher de porter atteinte à sa vie physique? La réponse est certes oui. Dans le cas contraire ce serait « non assistance à personne en danger » !
Et si je vois un jeune (ou moins jeune) en danger grave, dois-je intervenir pour l’empêcher de porter atteinte à sa vie psychique, intellectuelle et sociale ? La réponse n’est pas aussi évidente au nom de la « sacralisation de l’individu » et du relativisme imposé par le « politiquement correct » de notre époque.


Comment y remédier?

Dans le livre « Deviens toi-même. Parents absents…enfants
perdus » (édition Publibook, www.vrodriguez.com ) l’auteur affirme, pour l’avoir constaté tout au long de ses 42 ans d’enseignement en Nouvelle-Calédonie, que « l’intelligence n’a pas de couleur ». Chaque être humain a des compétences et des capacités inhérentes personnelles.
Pour que chaque être humain puisse les développer au maximum il convient de « faire un pas en avant » en revenant aux méthodes d’éducation et d’enseignement plus conformes à la nature humaine : apprendre à apprendre, apprendre à écouter, exiger du travail scolaire bien fait, le respect de soi, d’autrui et des biens communs.

Le problème, car il y en a un et de taille, c’est que les adultes ayant une responsabilité grande ou petite ne veulent pas se remettre en cause. Les places sont bonnes et il faut les améliorer par tous les moyens, même au détriment du bien être collectif.
Le bon sens, attaqué par l’ignorance, est moribond. Il est souvent remplacé par de lois ou des directives qui répondent trop souvent à des émotions passagères très médiatisées ou à des intérêts particuliers dont on peut se demander si tous ceux qui les votent ou qui les rédigent connaissent les bénéficiaires.

Les exemples sont multiples et vécus au quotidien. J’en cite un : On fera grève pour augmenter le nombre d’enseignants, d’éducateurs, de gendarmes, de juges ou pour augmenter les moyens. Les enseignants ont, en effet, beaucoup de difficultés pour remplir correctement leur devoir dans une classe de 25 ou 30 élèves à cause de l’indiscipline de deux ou trois élèves. Les juges sont submergés de travail à cause de la multiplication des incivilités. Les « ayants une responsabilité » refusent d’agir pour empêcher les perturbations : pour les uns, plus il y du personnel plus ils sont représentatifs et ont des avantages; pour les autres, on diminue le nombre d’élèves par classe. Ce n’est pas les décideurs qui paient. Ils se font ainsi plaisir entre ceux qui se retrouvent dans les « grandes commissions, les réunions, et autres tables rondes» et qui jouent un rôle non négligeable auprès des électeurs.
Tout se vaut ! Dans la société de consommation, la quantité vaut autant que la qualité. On ne cherche pas à améliorer la qualité de la gestion, ou de la production, mais plutôt à multiplier les moyens d’arriver à la même chose, disent-ils. On ne se prendrait pas autrement pour faire fausse route pour le développement harmonieux de l’être humain. Comme on ne ferait pas mieux non plus pour gaspiller temps et argent.


Mais le problème persiste parce que le remède n’est pas adapté
à la maladie.

Alors….quand y aura-t-il un médecin qui prescrive le bon
remède ?

Les commentaires, et surtout les actions, humainement réalistes sont les bienvenus.
Des discours explicatifs et justificatifs de la déliquescence scolaire et sociale actuelle et des « séminaires de réflexion», faites nous grâce !
CLEMENCEAU disait : « Si vous voulez éviter de régler un problème, nommez une commission ».
Aujourd’hui on dirait : « On va ouvrir un débat !!! »
Mieux encore, depuis une trentaine d’années on dit : « on va ouvrir un vaste débat d’idées ! ».
Des fois qu’un débat puisse être autre chose que … d’idées.
Et plus il est vaste, plus il est creux, moins on y comprend quelque chose et moins on parvient à des solutions cohérentes, logiquement et humainement réalistes !!! Encore une fois, la quantité de paroles supplée la qualité : les intellectuels instruits sont ravis, le peuple ébahi ou trompé.
Je laisse à « ceux qui savent tout » le soin de trouver la bonne solution. De toutes façons ils croient aveuglement en leur science et ne demanderont pas à être contrariés ou éclairés !


Vincent Rodriguez

Commentaire ajouté le 08/03/2011 par Vincent

Bonjour,

Si vous désirez voir l'émission de la télévision Nouvellecalédonie.la 1ère consacrée au livre: "Deviens toi-même. Parents absents.
...enfants perdus" allez sur le site ci-après


http://nouvellecaledonie.la1ere.fr/programmes/temps-de-parole/vincent-rodriguez_40406.html

Commentaire ajouté le 22/02/2011 par Vincent

Bonjour chers lecteurs,

Je remercie particulièrement toutes celles et tous ceux qui ont envoyé un commentaire. Ils ont été publiés dans leur intégralité.

Ci-après vous trouverez le lien pour visionner l'émission diffusée l'année dernière par RFO.NC depuis devenue NOUVELLE CALEDONIE 1ère.
J'ai attendu d'avoir l'autorisation de la Station de Radio, propirétaire des droits d'auteurs.

http://nouvellecaledonie.la1ere.fr/programmes/temps-de-parole/vincent-rodriguez_40406.html

Je remercie Nouvelle Calédonie 1ère et tout particulièrement M. Alexandre RODADA, pour l'occasion qu'ils m'ont donnée d'aborder centains thèmes survolés dans mon livre "Deviens toi-même. Parents absents....enfants perdus"

Plus je réfléchis et plus je discute avec certains lecteurs, et au delà des anecdotes vécues, les thèmes abordés méritent réflexion pour revenir à un enseignement formateur d'hommes ou de femmes vraiment instruit(e)s, compétent(e)s et libres. Les responsables de l'enseignement d'abord, la société ensuite, ont-ils la volonté de réagir vraiment au lieu de passer leur temps à "discourir"?

Commentaire ajouté le 24/01/2011 par Jacques

Nouméa, le 22 janvier 2011,

Bonjour Vincent, cher Puchero,

J’ai mis à profit ma « semi-retraite » australienne pour lire tes écrits, que dis-je, ton coup de gueule.
J’ai tout d’abord ressenti l’immense fierté et le grand privilège d’avoir été acteur et témoin d’une partie de ton histoire. D’abord en 1974 comme élève de 4ème au collège Champagnat, où je faisais mes premiers pas dans l’initiation à la langue de Cervantes, ensuite au Collège Blaise Pascal (on ne disait pas encore lycée) que tu dirigeais d’une main de fer, mais d’une main de maître.

Pour ce qui est des langues vivantes, mes origines irlandaises m’ont sans doute conféré plus de facilité avec l’anglais qu’avec l’espagnol (j’espère que tu ne m’en voudras pas), d’autant que mes derniers espoirs de parler confortablement ta langue maternelle ont été ruinés par la personnalité du dénommé Jubel, un « espion » coureur de jupons (ou l’inverse ?) dont la carrière nouméenne s’est achevée brutalement en 1977 entre deux colosses de la police nationale.

Au-delà de la fierté que tu m’as procurée, tu m’as aussi rassuré. Rassuré de savoir que je n’étais plus seul, à râler contre le fonctionnement du monde actuel. Un monde dans lequel l’intérêt personnel et la carrière priment sur la mission première. C’est vrai dans tous les domaines mais, comme tu le décris, c’est dans la politique et dans le système éducatif qui en découle que l’on compte le plus grand nombre de victimes.

Les convictions et l’intérêt général ont laissé place au calcul et à l’égo. Le système est d’une rigueur implacable avec le citoyen lambda, souvent victime, et d’un laxisme effarant avec les coupables, déstabilisateurs et agresseurs. L’application de la loi et la répression qui doit en découler s’apprécient non plus en fonction du délit et du préjudice subi, mais en fonction du pouvoir de nuisance dont dispose le coupable. Ne fût-ce pas le cas pour le dénommé Péach ?

Ce que tu décris, ce sont malheureusement les maux de notre nation, une nation qui décline, qui sombre vers le vide, préférant désormais occulter son histoire et ses traditions afin de ne pas vexer ni irriter ses agresseurs. Notre île n’échappe pas à la règle et je ne vois aucun espoir de sursaut.
Cher Puchero, nous continuerons donc à râler, toi, moi, et quelques autres, mais le monde continuera à tourner, loin de nos idéaux. Constat pessimiste !

En conclusion, cher Vincent, je souhaite te dire MERCI. Merci d’avoir pris l’initiative d’écrire ce livre et d’avoir relaté une époque désormais révolue, mais qui a marqué ma jeunesse insouciante. Merci surtout d’avoir en partie contribué à faire de moi ce que je suis. Avec le système éducatif en vigueur aujourd’hui, je suis certain qu’il en serait autrement.

Mon épouse Françoise, enseignante, professeur d’anglais au collège de Magenta, a aussi été ravie de te lire. Elle adhère totalement à ta vision du déclin et aurait bien apprécié faire partie de ton équipe éducative.
Avec toute mon amitié et ma reconnaissance.

Jacques O’CONNOR

Commentaire ajouté le 06/12/2010 par Véronique FOURNEL- BOCAHUT

Cher Mr . Rodriguez,
Je m'arrête et me mets à penser aussi... Je viens de terminer votre livre, je ne suis pas une lectrice dévoreuse et rapide, pour moi le temps est ami. Je vous ai lu, souligné, repensé...J'ai particulièrement apprécié la première partie relatant votre enfance et votre cheminement ainsi que la dernière donnant votre constat. Et puis, ancienne élève de Blaise Pascal, j'avais le plaisir magique de rajeunir un peu ,de revivre et revoir mes années lycée chez vous. Sincèrement, j'ai eu de la chance de me construire dans vos murs et jardins, ambiance, cadre, morale...MERCI !
Je suis à mon tour actrice et impliquée, professeur des écoles comme on dit, institutrice depuis 30 ans, actuellement en métropole. Un peu de recul, d'ancienneté pour constater, analyser... Je partage à la fois votre pessimisme et votre espoir. Nous vivons une époque où les valeurs sont inversées, la crise est morale ,et c'est dramatique pour des enfants en construction dans un tel contexte ! Pour moi enseigner c'est résister, transmettre le goût de l'effort, et expliquer à mes élèves que le plaisir se gagne, se mérite. Le premier mois de septembre , ils ont appris à être élève, à lever le doigt, à écouter, à chuchoter...On passe parfois pour une maîtresse à l'ancienne, un jour un élève m'a dit " en fait j'ai compris Maîtresse, tu n'es pas méchante, tu veux juste que l'on apprenne bien !" Les mamans récalcitrantes à l'autorité du début d'année, viennent nous remercier ensuite...Leur petit-tout-puissant a grandi, le cordon virtuel, les derniers biberons et " tétines" ont enfin disparus ! C'est vrai que ces mamans ont culpabilisé souvent de laisser leur bébé à la nourrice, à la crêche...Alors ensuite, au moment où il faudrait les aider à grandir, elles freinent , regrettent ce bébé trop grand... Je suis d'accord avec vous Vincent, la cellule familiale est malade...C'est pourtant la base. Et je pense aussi qu'il y a intention de démolition, intention d'appauvrir intellectuellemnt pour mieux dominer. C'est honteux ! Reste l'espoir. Nous pensons, vous écrivez, nous agissons, nous semons contre vents et marées. Par exemple, j'ai choisi une méthode de lecture syllabique ( Léo et Léa), nous pratiquons des "ateliers philo" pour apprendre à débattre et à découvrir les principes de la morale...Même si dans nos écoles primaires de campagne, la violence n'est pas débordante, cela bouge ... Les élèves sont bruyants, insolents parfois, malheureux tout simplement dans ce chaos. J'ai la chance dans mon CP/CE1 , de les voir se transformer, d'apprendre à communiquer, à se respecter. Cela implique aussi de ma part ce même respect envers eux, une même discipline envers moi-même. En retour mes efforts me procurent le plaisir en rentrant dans ma classe et m'aident à oublier un temps le négatif , la paperasse obligatoire , livrets scolaires, attestations de ci et de çà à remplir, la réunionite ...Fatiguée par tout cela , je vais à l'essentiel, le travail, le plaisir, le respect, l'échange. C'est mon essence même que je transmets à ces enfants , le monde de demain ...
Et c'est possible, quand on a croisé des hommes comme vous Vincent, des hommes debouts.,les pieds bien au contact de la terre, de la Nature, du Bon Sens, et la tête reliée au coeur et à l'âme, au service du prochain et du Monde. Pas utopique mais humaniste, l'espérance de tendre vers le Bien. Puisse votre livre aider vos lecteurs à oser être eux - mêmes ! Puisse votre livre être lu par les responsables dans les ministères...
Avec tout mon respect et mes remerciements. Véronique F-B.

Commentaire ajouté le 26/11/2010 par Véronique

Cher Puchero!

Quelle heureuse surprise de suivre une émission dans laquelle vous remettiez les pendules à l'heure aux parents et aux enseignants et aux politiciens ! qui croient que l'éducation est une "PLANQUE"!!!!!!!


faire un enfant ne dure pas très longtemps!!.....mais beaucoup trop de parents ne pensent pas que cela les tiendra plus de 50 ans .....si Dieu le veut....

MERCI donc d'avoir insisté hier soir !

Cependant , on constate ,tous les jours , durant les entretiens enfant /maître ou parents /maître que les gens(enfants ou parents) n'entendent malheureusement pas le MESSAGE!!!!

Espérons qu'en ayant choisi la communication par les médias et par la littérature , quelques sujets seront TOUCHES!!!!!! ENFIN

MERCI DE VOTRE FIDELITE A SERVIR NOTRE CAUSE !!!! en effet , vous auriez pu choisir d' écouler des jours tranquilles et de profiter pleinement d'une retraite bien méritée.

Faites que ce livre (déjà lu depuis longtemps ) et vos propos ne soient pas une autre aventure de Don Quichotte ....



Véronique

Commentaire ajouté le 25/11/2010 par V. Rodriguez

Bonjour cher lecteur,

Le journaliste Alexandre ROSADA de RFO Nouvelle-Calédonie à invité l'auteur du livre "Deviens toi-même. Parents absents...enfants perdus" à l'émission "Temps de Paroles".

En moins de 7mn il est difficle d'être très explicite et beaucoup d'autres idées auraient pu être développées. Mais il fallait chosir. Le journaliste a choisit les questions.

Si vous êtes intéressé(e)s, vous pouvez visionner l'émission sur:

http://nouvellecaledonie.rfo.fr/programmes/temps-de-parole/vincent-rodriguez_40406.html

L'auteur serait heureux de lire vos réactons à cette entrevue.

Merci

V. Rodriguez

Commentaire ajouté le 19/11/2010 par V. Rodriguez

Bonjour cher lecteur,

Si vous désirez écouter l'émission radio diffusée sur RRB après la publication du livre:"Deviens toi-même. Parents absents...enfants perdus" allez sur ce lien:

http://www.youtube.com/watch?v=sVLtIokZoOg&feature=youtube_gdata_player.

A entendre ceux qui ont lu ce livre, je me persuade, encore plus chaque jour, que ceux et celles qui veulent réfléchir et agir pour améliorer l'enseignement et agir contre l'échec scolaire et les violences subséquentes devraient le lire attentivement.

Vos critiques, positives ou négatives, sont toujours les bien venues.

De la discussion jaillit la lumière.
Merci

V. Rodriguez

Commentaire ajouté le 15/11/2010 par Victor

Monsieur Rodriguez,

Je ne sais si pas si ce commentaire aura l'heur de vous plaire ou de vous contrarier.
Dès la page 9 vous citez le "Bulletin de l'enseignement des indigènes de l'Académie d'Alger": "Notre langue (française) n'est pas un instrument à mettre entre les mains des populations que l'on veut gouverner sans leur consentement". Ma première impression fut que vous écriviez n'importe quoi. La France a fait beaucoup d'efforts pour rendre obligatoire la fréquentation des écoles, colèges et lycées dans ses "colonies ou départements d'Outre-Mer".

Et en page 10 vous écrivez, dans le préambule:
"Toi qui commences à lire ces lignes, prends tout ton
temps pour réfléchir avant de continuer.........
Et si tu les lis sans réfléchir, tu perds ton temps. Dans
ce cas, tu as certainement des affaires plus importantes à
mener. "

J'ai eu le sentiment que vous vous moquiez du lecteur en sous-estimant sa capacité de réflexion et de compréhension. En des termes plus choisis, j'ai eu l'impression que vous aviez une très haute estime de vous-même. J'ai eu le sentiment que vous n'aviez pas une très haute estime du lecteur.
Vous me donniez l'impression de régler des comptes avec tous ceux qui ne partageaint pas vos opinions.
Je ne sais pas ce qui m'a poussé à finir la lecture de votre livre.
Quand je suis arrivé à la page 435, j'étais imprégné d'un sentiment de contrariété et en même temps de satisfaction.
Sentiment de contrariété parce j'avais l'impression d'avoir lu un compendium de récriminations contre le système éducatif et tous ceux qui en sont responsables.
Sentiment de satisfction, parce que j'avais la vague impression d'avoir lu un résumé de toutes lels causes, et en filigrane des propositions pour y remédier, du mal-être de l'enseignement et de la société.

La relecture, plus lente, m'a confirmé dans ce sentiment de satisfaction.
Votre livre est tout un programme suggéré.

Pour finir, je vous souhaite d'avoir beaucoup de lecteurs qui dépasseront la première impression.
Votre livre mérite d'être connu, voire étudié.
Félicitations
Victor

Commentaire ajouté le 14/10/2010 par José GUTIERREZ

Bonjour Vincent,

Je viens de le finir avec beaucoup de curiosité et d'intérêt. Bravo! Y en a pour toi! Il m'a bien plu car il évoque des faits vécus et connus tout en invitant de belle manière à réfléchir sur l'Education et ses multiples facettes, ternes ou brillantes.
J'y vois trois parties bien dessinées:
- la première est celle où peuvent se reconnaître beaucoup de "xavériens". Vincent-José-X-Y...que de similitudes!
- la deuxième t'est plus personnelle concernant tes démêlés avec syndicats et autorités de tutelle. J'en ai suivi et même subi certains...
- la troisième me permet de te cataloguer parmi les grands penseurs...
Tu "t'arrêtes et tu te mets à penser" , et comment! Certains pontes de l'Educatiion et autres réformateurs devraient s'en inspirer et ils feraient moins de dégâts.

J'ai beaucoup apprécié le parallèle que tu fais, dès le préambule, entre la nature, flore et faune, et l'être humain . Tu connaîs bien nos origines paysannes donc pas dénuées de bon sens.
En passant j'ai relevé ce qui me semble "des erreurs de syntaxe"... A voir! Mais tu m'as obligé aussi à recourir au dictionnaire et découvrir de des mots nouveaux pour moi.
Merci
A bientôt

José Gutierrez
Professeur d'anglais, d'espagnol, de mathématiques
Directeur de collège
Retraité

Commentaire ajouté le 25/08/2010 par Vincent

Contact africain:

Lors de mon passage au Salon International du Livre de Genève qui s’est déroulé du 28 avril au 2 mai 2010, j’ai eu l’occasion de rencontrer quelqu’un de charmant et surtout enrichissant en la personne de Monsieur Jules César MOUGANI, auteur et chercheur en sociologie du développement. En chaque être humain il y a des valeurs qui méritent d’être connues.
Après notre discussion, il a tenu à ce que je lui dédicace mon livre : « Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus ».
Ce que j’ai fait avec beaucoup de plaisir.

Voir la photographies N° 06 dans le lien Photos

Commentaire ajouté le 06/08/2010 par Vincent

Bonjour à tous les lecteurs, lectrices,
Ceci est une réponse écrite à un commentaire oral fait à l'auteur par un enseignant à la retraite.
Cet enseignant n'a trouvé d'intéressant que la première partie du roman. La deuxième, n'est qu'"une énumératon de conseils et ne présente aucun intérêt".
L'auteur a apprécié la franchise. Il l'aurai apprécié davantage si le commentaire avait été fait par écrit pour que tous les lecteurs en bénéficient. Il est heureux pourtant de lui exprimer ses plus vifs remerciements.

Certes, il a en partie raison quand il dit que "c'est une énumération de conseils".
Certes aussi, tous ces "conseils" mériteraient un long développement. Peut-être plusieurs livres aussi volumineux.
Car, pour l'auteur, ces "détails" sont à l'origine de la "déliquescence" de l'enseignement et donc des problèmes sociétaux dont beaucoup se plagnent: Illétrisme, mauvaise formation initiale, incivisme etc.
Or, dès les premières lignes, le lecteur était prévenu qu'il fallait réfléchir s'il continuait la lecture.
Le livre "Aux sources de la personnalité, Tempéremment et sociabilité du jeune enfant", de Madame Geneviève Balleyguier-Boulanger explique les débuts de la formation de la personnalité humaine.
Avant de lire ce livre, l'auteur avait parlé des incivismes commis, dès les premières années d'école, par des jeunes enfants devenus presque intouchables car les maîtres se trouvent souvent désarmés devant de la mauvaise volonté, voire des caprices.
Cet exemple résumé pourra-t-il faciliter la réflexion avant l'action?
L'auteur l'espère sans se faire trop d'illusions. Mais c'est dit. Et c'est un premier pas.

Commentaire ajouté le 29/07/2010 par Hélène B.

Très touchée par la dédicace de votre livre.
Vous avez très certainement, par la célèbre main de fer dans un gant de velours et les poignets fermement rivés aux hanches sur le seuil de votre bureau au Lycée, permis à de nombreux élèves d'avoir un avenir.
Me concernant, en complément de mes parents à qui je dois beaucoup, vous avez su me donner le goût de l'effort et tendu la main à un moment où les enseignants n'y croyaient pas. Vous m'avez appris le respect de la parole donnée. La vie m'a ménée sur un chemin riche de rencontres et d'expériences.
Ironie du sort, elle me conduit aujourd'hui à occuper des fonctions ô combien intéressantes et auxquelles, de par mes racines, je suis profondément attachées.

Commentaire ajouté le 19/07/2010 par Jean Marie LAURENT

Mon cher PUCHERO,

Lorsque j'ai déjeuné avec vous et Dominique, je vous ai trouvé sympathique et intéressant.
Depuis que j'ai lu votre livre, je suis honoré devous avoir rencontré.
Cet ouvrage restera pour toujors parmi les quelques volumes qui m'accompagnet chaque jour.
Il n'y a aucune flagornerie, car je suis un homme qui se plait à penser et à dire vrai.
J'espère, de plus, dans le futur avoir l'occasion d'échanger avec vous.
Merci d'avoir écrit avec autant de talent ce que j'ai touours pensé plus modestement.
Jean Marie LAURENT

Commentaire ajouté le 02/07/2010 par Filikekai

TEMOIGNAGE
« A personnages fictifs, commentaires humoristiques ! »
Quand on lit le préambule de ce livre, pour ceux qui connaissent Puchero, on se dit : C’est tout à fait lui çà ! Mais lorsqu’on arrive à la fin de notre lecture, on est tenté de recommencer à lire comme pour imprimer en soi, la force et le souffle de la parole, le sens profond des mots, qui traduisent un esprit d’analyse très aiguisé. Les vérités dans ce livre, que certains ont occultées par négligence ou par indifférence, souvent par cécité mentale désirée, apparaissent au grand jour comme dérangeantes et blessantes au point de les regarder avec une double paire de lunettes solaire pour cacher la laideur des actes et des pensées. Certains personnages fictifs du roman pensaient être déjà « l’arbre » suffisamment résistant au souffle du vent dominant, alors qu’ils ont été emportés par la pensée dominante, le « politiquement correct » pour être finalement que des suiveurs sans aucune personnalité.
Mais surtout, n’arrêtez pas de lire le livre !!! Parce que Salomon dit : « la sagesse n’entre pas dans une âme méchante et que science sans conscience n’est que ruine de l’âme, il te faut servir, aimer et craindre Dieu et en lui mettre toutes tes pensées et tout ton esprit et par une parfaite charité, t’unir à lui à n’en être jamais séparé par le péché ».
Je sais, que vous lecteurs, si vous avez lu l’histoire de Puchero, vous n’êtes pas des âmes méchantes et qu’on a tous à y gagner !
Je savais Puchero sage, juste et droit mais je ne le connaissais pas aussi fin psychologue, pédiatre, psychanalyste, historien et philosophe, d’un niveau à faire pâlir les spécialistes de ces disciplines. Ce qui est intéressant dans le livre « Deviens toi-même » pour ma part, c’est l’humilité dont fait preuve l’auteur. Hors mis l’histoire de vie de Puchero, qui fait le parallèle entre l’arbre, la nature et l’éducation, très intéressant pour les citadins, Puchero fait bien ici la distinction entre l’instruction et l’éducation. On peut voir en filigrane l’éducation et ses conséquences, lorsqu’elle est laissée aux soi-disant experts et surtout à des étrangers s’agissant d’élever nos propres enfants (crèche, garderie...). Aldo Naouri un grand pédiatre de renom, confirme les dires de Puchero « les quatre premières années de l’enfant sont primordiales, importantes car ce sont les moments où il intègre ce qu’il sera dans l’avenir ». Important, parce que si on « rate » cette étape de la vie de l’enfant, ce ne sera plus « parents absents… enfants perdus » ce sera « parents absents… descendance dégénérée » dans le sens où on va entrer dans le cercle infernal de l’échec scolaire et social…, ensuite dans la déliquescence des valeurs humaines, des liens sociaux et …. Merci aux justes pensants pour votre contribution aux anomies de notre société.
J’ai eu la chance de côtoyer Puchero. Ce fut un honneur d’évoluer sous sa gouvernance. Effectivement, à mon arrivée au lycée, (ce serait mentir de dire que j’étais heureux, parce qu’on m’avait brossé un tableau peu flatteur du personnage) je me suis aperçu tout de suite de sa droiture et de cette main de fer dans le gant de velours. J’ai détecté la sagesse du « bonhomme ». C’est sûrement cela qui a dérangé certains, car il n’est jamais aisé de soutenir le regard honnête et vrai de Puchero surtout qu’on a l’impression qu’il nous lit comme un livre ouvert (on ne la lui fait pas). Cela m’a fait grandir et avancer de travailler avec lui. Cela m’a conforté dans les valeurs de mes pères qui ont traversées le temps pour faire de moi… moi ! Ouvert aux autres. Un jour, Puchero dans son bureau m’a dit : « tu as du caractère, c’est bien ! » je n’ai pas compris sur le moment mais déjà « deviens toi-même » résonnait dans ces paroles. Comme Gargantua dans Rabelais (lettre à son fils je crois, cela m’arrive de lire) « je veux boire…. » Est une invite à se passionner de tout et surtout pour la sagesse. Cette soif de connaissance m’a obligé à mieux analyser les évènements en engloutissant tous les livres concernant l’éducation en passant par la sociologie et …La « Pédagogie ». Cela m’a permis d’être libre ! Comme Montaigne, je ne veux pas me laisser troubler par le fanatisme ni par aucune passion. Parce que la passion est lien, la liberté est dé-lien, dé-passion.
« Mais surtout, la liberté consiste à ne « s’hypothéquer » en aucun cas à la volonté d’autrui, car se serait s’aliéner. Le goût de la liberté est une forme de sagesse qui évite de tomber dans les rets de la séduction. Se laisser séduire-par l’argent, le discours etc. c’est pour Montaigne se « louer » à autrui. « Les hommes, dit-il se donnent à louage. Leurs facultés ne sont pas à eux, elles sont pour ceux à qui, ils s’asservissent ; leurs locataires sont chez eux, ce ne sont pas eux » (essais III, chap.10). Ce goût de la liberté doit également permettre au sage d’éviter de s’agiter continuellement dans les tourments de la vie sociale et de trouver le repos loin, dit l’auteur de l’agitation « tumulaire » (Questions pédagogiques : « culture, par Jean-Claude, Jean Bernard Paturet).
On voit bien dans le livre, le cheminement de Puchero, à toujours rechercher la vérité, mais détaché de toute contrainte, des courants de pensée, pour servir de la manière la plus juste possible l’intérêt de la jeunesse mais aussi rechercher le « fulfilment » de l’homme.
Puchero a toujours valorisé et défendu son personnel ; du cuisinier jusqu’au professeur. J’ai appris auprès de Puchero cette liberté de penser et surtout de ne laisser personne penser pour soi. Je me souviens qu’une fois, j’ai accordé généreusement une gifle évangélique à un élève en état d’ébriété avancé, d’une part pour le préserver de ses camarades qui voulaient en découdre avec lui, et d’autres part pour couper court au langage ordurier et obscène qu’il m’adressait à moi et mon collègue. Puchero m’avait défendu devant les parents mais j’avais aussi compris que c’était un avertissement pour moi. Quelques années passèrent, je rencontrais à nouveau cet élève. « Heureusement, que tu m’as giflé, sinon, je ne sais pas où je serais aujourd’hui » me dit-il. La gifle évangélique a été bénéfique et salvatrice. Comme dit Puchero quand il n’y a plus de solutions, cette méthode est salvatrice.
J’ai appris sous sa gouvernance, que dans l’éducation et l’instruction malgré toutes les pédagogies, depuis les débuts du christianisme jusqu’aux « faiseurs de pédagogies nouvelles » et les réformes actuelles, la coercition revient toujours comme un leitmotiv nous rappelant l’obligation d’obéissance de l’élève à l’intérieur d’un cadre donné. Certains enseignants ont du mal avec la discipline et développent des stratégies de distance et de proximité qui les enferment dans un cercle douloureux et infernal obligeant les élèves à mettre des contres stratégies sur le même schéma circulaire. L’autorité du savoir et de la preuve par soi ne fonctionne plus et la pédagogie de la défiance est plus rassurante parce que c’est plus facile de faire taire que de faire participer. Aujourd’hui, on encourage les jeunes à s’exprimer « Il faut laisser les jeunes s’exprimer ! » combien de fois ai-je entendu prononcer, par des personnes instruites et qui ne connaissent rien du métier d’éducateur cette ridiculo-ritournelle, utilisant des arguments qui relèvent plus de la pratique de l’onanisme intellectuel et de l’ignorance que du bon sens, tant et si bien qu’il n’y a plus de limites pour les jeunes. Les parents feront les frais à la maison, de cette pédagogie développée à l’école. Je constate tous les jours les dégâts en termes d’éducation, lorsqu’on ne pose pas au préalable, le cadre nécessaire pour que l’élève apprenne à dialoguer, à connaître les règles de la vie en société. Mais il ne suffit pas de mettre un cadre, encore faut-il qu’il soit viable et doté d’un suivi pédagogique en béton et à long terme. Alors sortir des âneries comme, « il faut absolument laisser les jeunes s’exprimer… » Quand on a la partie la plus charnue de son corps posée sur un fauteuil, avec la climatisation s’il vous plaît ! Il faut alors savoir profiter de ce moment bien assis à la fraîcheur, pour méditer sur ce proverbe arabe « Si ce que tu as à dire, est moins beau que le silence, alors tais-toi ». On voit encore une fois la dominance de l’instruction sur l’éducation. Il faut que chacun reste à sa place et collabore avec son équipe tout en permettant à chacun de développer ses compétences et ses capacités. Car vouloir faire à la place des professionnels, c’est prendre le risque de dévoiler ses incompétences et ses incapacités. Comme dit Puchero dans son livre, « l’autorité n’est pas vérité », j’ajouterai que le problème d’autorité est l’autorité lui-même.
Dans un des commentaires plus haut, quelqu’un dit que les parents inscrivaient leurs enfants dans ce lycée, parce que ce lycée, c’était Puchero. C’est vrai, mais avec tout ce qui faisait « Monsieur Puchero », la discipline, la rigueur mais aussi avec l’assurance du soutien, aux parents, aux élèves, aux différents personnels et avec l’obligation de résultats pour tout le monde. L’adage qui dit : « Personne n’est irremplaçable » n’est vrai que lorsqu’il s’agit d’occuper un poste, l’expérience et la réalité, nous montre que souvent, tout ne tient qu’à une personne. Effectivement, il n’est pas aisé de se mettre dans les chaussures de Puchero, j’apporterai seulement le témoignage des anciens élèves pour illustrer : « tout a changé et les élèves ne sont plus respectueux comme du temps de Puchero… » Pas d’interprétation s’il vous plaît !
Parents absents…Enfants perdus ! Oui, les enfants seront perdus et la génération suivante aussi, si nous n’osons pas à aller à contre courant. Mais qui sont les parents absents ? Et qui sont les enfants perdus ? Puchero développe bien les résultats néfastes et désastreux des « pédagogismes et autres réformes » mis en place depuis déjà pas mal de décennies dans le laboratoire vivant de l’éducation et notre île n’est pas épargnée. Alors ! Avez-vous trouvé les parents absents et les enfants perdus ? Non !! Alors reprenez le livre et relisez, méditez et vous trouverez. Peut être qu’il vous faut un deuxième livre ? Ah ! Ça y est ! Vous avez trouvé ! Et bien, vous voyez, il n’y a pas de surprise, la seule surprise c’est qu’on s’en surprenne !
Parce que Puchero a été éducateur et instituteur à ses débuts, professeur et directeur( une expérience rare chez nos directeurs aujourd’hui), que je rends hommage ici, au pédagogue attentionné aux problèmes de la jeunesse, au directeur à la main de fer ganté de velours qu’il fut dans l’éducation, à l’homme qui a valorisé le « petit personnel, les courroies de transmissions et les huiles du moteur, qui sans eux rien ne fonctionnerait comme il faut » aimait-il à le dire. Je rends hommage aussi au père de famille qui a su aimer les enfants des autres. Merci Puchero pour ta vie donnée, l’engagement dans une cause noble et ingrate. Noble dans le sens profond de l’éducation (ducere) et ingrate parce que le mot « merci » de la langue de Molière est aujourd’hui galvaudé, vide de sens, souvent oublié et c’est le lot de notre métier d’éducateur. Merci pour ta sagesse et ta liberté d’écrire avec humilité ce que tu as vécu ! Malo te fa’u mote taki ! (merci d’avoir été le modèle et l’exemple et d’avoir été le guide pour beaucoup d’entre nous).
Filikekai
Adjoint d’éducation

Commentaire ajouté le 25/06/2010 par Hyacinthe-Marie HOUARD

Retour en propédeutique



Il n’est pas utile d’insister sur les insuffisances de l’enseignement primaire. On clame de toutes parts qu’il ne sait apprendre ni à lire, ni à compter. La confusion introduite par le « collège unique » feint d’ignorer ces lacunes avec les résultats que l’on sait. Dès lors que dire des bacheliers couronnés à 90% ? Que leur manque-t-il ?

Ce n’est pas l’information. Ils sont au contraire surinformés depuis que l’enseignement du second degré a privilégié les cours au détriment des travaux personnels. Avec la croissance des effectifs, la lourdeur des corrections devenait souvent insupportable. Mais la multiplication des cours ne peut en aucun cas remplacer ces travaux, non plus que la multiplication des matières qui accentue la dispersion. « Fit fabricando faber » disaient les anciens. On n’apprend pas à écrire sans écrire, on n’apprend pas à compter sans compter, on ne cultive pas sa mémoire sans apprendre. Lors des récentes « lyriades» notre ministre de la culture avait besoin d’un papier pour dire le sonnet le plus connu du premier défenseur de la langue française ! On veut bien que « la culture soit ce qui reste quand on a tout oublié ». Oui, c’est peut-être un résultat, mais ce n’est pas une méthode.

Dans les dernières années, on s’étonnait des nombreux échecs aux premières années de l’enseignement supérieur. On s’étonnait, on se scandalisait aussi du prix à payer en voyant l’inflation du budget qu’on y consacrait. Et tous de chercher des explications et des remèdes. En vain, semble-t-il. On a accusé les facultés de ne tenir aucun compte de l’élargissement de leur clientèle. C’est sans doute vrai, mais leur vocation n’est pas de vulgariser. Car le danger, pour elles, est celui d’une secondarisation de leur enseignement. Elles n’y ont pas échappé tout à fait sans rien changer aux résultats mais non sans dommages pour elles. L’afflux des étudiants a entraîné la multiplication des enseignants au risque d’une baisse de niveau. L’université s’est meublée avec les élites du secondaire, entraînant une regrettable confusion des méthodes.

Mais laissons l’université à ses problèmes, pour revenir à tous ces bacheliers qui aspirent à la rejoindre. Comment leur tige si fragile pourrait-elle accueillir une greffe de qualité ? Impossible de faire l’impasse sur les bases qui n’ont pas été construites.
En tenant compte de l’age des intéressés, évidemment, ce sont ces bases qu’il faut leur proposer de reprendre, en y consacrant le temps nécessaire, non pas un temps perdu, mais un temps gagné.

On peut esquisser les articulations d’un tel programme : se connaître, se situer, s’exprimer, s’organiser.

SE CONNAITRE. D’abord : qu’est-ce que l’homme ? A la lumière d’une anthropologie qui ne néglige aucune de ses dimensions, y compris sa dimension religieuse. Ensuite : quel homme ou quelle femme suis-je ? A la lumière de la psychologie, de la caractérologie, ou pourquoi pas, de l’un de ces bilans de personnalité ou compétences qui font la fortune des consultants ?…

SE SITUER : c’est la condition de l’enracinement. Si l’on accepte une autre définition de la culture, celle « d’être homme en un temps et en un lieu » , on comprend l’importance de cet enracinement. Il faut se situer dans l’espace et dans le temps. Se situer dans l’espace, c’est l’affaire de la géographie, et désormais d’une géographie universelle, qui souligne les liens entre les terroirs et les civilisations. Mais l’espace, c’est encore la cosmologie que l’homme des satellites ne saurait ignorer et qui rejoint d’ailleurs le souci de se situer dans le temps, dans une « histoire » dont les origines ne cessent de reculer. Histoire universelle, elle aussi, dans ce « village global » que construisent nos techniques les plus avancées.

S’EXPRIMER. Mise à part la politesse qui est délicate expression de soi, c’est sans doute le plus long et le plus difficile. Et aux yeux de beaucoup le plus rébarbatif. Pourtant, en un temps où tous voudraient se flatter de parler plusieurs langues, comment ne pas essayer d’abord de comprendre le génie de la sienne ? Il y a une technique pour bien écrire et pour bien parler, mais il y a aussi un art d’écrire et de parler qui au-delà de l’intelligence gagne l’adhésion du cœur. Il faut démonter les structures en les analysant, il faut enrichir le vocabulaire en jouant sur toutes ses valeurs, intellectuelles, musicales ou sensibles.
Mais l’écriture n’est qu’un des moyens de l’expression. Dira-t-on qu’elle est une sorte de cadavre de la parole tant il est vrai que le style flatte plus l’oreille que les yeux ? Or aujourd’hui le langage a lui aussi son infirmité. Il perd son pouvoir persuasif du fait de la précipitation dont il souffre. Il faut apprendre à parler comme on apprend à écrire : l’euphonie a besoin de l’orthophonie, du rythme et de l’accentuation.

S’ORGANISER enfin, quand paradoxalement plus on peut faire vite, moins on a de temps. L’efficacité pâtit de la précipitation. On songe à la recommandation du Maréchal Foch : « allons doucement, nous sommes pressés ». Prendre son temps, mesurer son temps, se fixer des échéances et juger de tout en fonction de ses priorités, sont faire place à l’intelligence dans l’action. Ce qu’on nomme la méthode est la meilleure façon de gagner du temps et de la sérénité au lieu de se laisser ronger par le « stress ».

On a esquissé tout un programme et puisqu’on a parlé de temps, combien en faudrait-il pour venir à bout de ce programme, au moins partiellement ? C’est difficile à dire alors qu’il s’agit de remédier à un mal que dissimule l’euphorie du succès au baccalauréat. Mais on ne voit pas bien comment la durée du traitement pourrait être inférieure à une année. Car il ne s’agit pas de prendre de l’avance mais de combler un déficit. Sans doute une année ne serait pas de trop et l’on ferait retour à la propédeutique .

3 06 10
Abbé Hyacinthe-Marie HOUARD, fondateur de l’Ircom et de l’Institut Albert-le-Grand (Angers) – hm.houard@ircom.fr - 02 41 79 64 66

Commentaire ajouté le 25/06/2010 par Hyacinthe-Marie HOUDARD

CULTURE ET « NOUVELLES HUMANITÉS »

Qui dit culture évoque agriculture.
Et de ce fait il pense à l’effort déployé par les hommes pour faire produire au sol ce qui est nécessaire à leur alimentation, c’est-à-dire à leur vie et à leur croissance.
Le mot culture, quant à lui, évoque aussi pour eux un effort, mais un effort d’un autre ordre, celui qu’ils font pour faire croître en eux leurs potentialités.

Cette croissance concerne évidemment toutes les dimensions d’une nature complexe à la fois corporelle et spirituelle. Ainsi va-t-on parler de culture physique pour tout ce qui concerne le corps ; de culture intellectuelle pour ce qui concerne la connaissance et la mémoire. Mais il ne faut pas oublier la sensibilité qui réclame elle aussi une délicate éducation. Dans tous les cas, il y a une sorte de schéma directeur, dessiné par les capacités individuelles, ce qu’on nomme les « talents ».

Ainsi pourrait-on dire qu’il y a, pour chacun, une limite d’humanité à atteindre (à moins qu’on préfère parler - et pourquoi pas ? - d’hominisation), limite qui le caractérise ou mieux le personnalise mais qu’il ignore et doit explorer.

Dans cet effort va-t-il pouvoir trouver une aide dans ce qu’on appelle les « sciences humaines » ? Il ne semble pas et, paradoxalement, du fait même de leur prétention à être des sciences. Car il n’y a de science que de l’UNIVERSEL, les principes qu’elle avance étant réputés s’appliquer toujours et partout. Or on est ici dans un domaine étroitement personnel, et donc unique.

Mais faut-il pour autant les ignorer, ces sciences ? Non, sans doute, car si leur objet ne convient pas, leurs méthodes ne sont pas inutiles. Si pour chacun l’objectif ne consiste pas à coïncider avec un modèle d’homme statistiquement défini, il va développer un « type » original qui n’appartient qu’à lui seul. Alors s’il doit entrer dans les statistiques, cela ne peut être que comme échantillon. Les méthodes d’analyse qui l’auront distingué peuvent l’aider à savoir où il en est, mais pas du tout à découvrir où et jusqu’où il peut et doit aller.

Comment alors le découvrir ?
On songe à la vieille formule qui voulait qu’avant le baccalauréat (premier grade de l’enseignement supérieur !), on fît ses « humanités ». Mais sait-on encore de quoi il s’agit ? Avant qu’elles aient été partiellement vidées de leur contenu, c’étaient ces études qu’on appelle encore « secondaires ». Pendant sept ans, l’élève était entraîné à survoler les étapes de la construction d’une civilisation dont il était l’héritier. Il s’agissait moins d’en retenir les détails que d’en mesurer les enjeux et ces enjeux ne sont rien d’autre que la découverte de la spécificité humaine. Celle-ci agit alors comme un appel, un appel à combler le fossé qui sépare ce qui est de ce qui pourrait être. « Deviens ce que tu es » aurait conseillé le poète Pindare (518-438). Ce n’est qu’apparemment paradoxal. L’athlète qui dépasse ses propres performances n’en reste pas moins lui-même. Mais ces performances vont en appeler de nouvelles et susciter l’effort chez d’autres athlètes qui sans elles en resteraient à leur niveau.

Tel est le rôle des humanités par rapport à la culture. Elles sont la préparation du terrain dans lequel ceux qui les auront « cultivées » pourront s’enraciner et s’épanouir. Qu’on en soit privé et l’on pourra parler d’une culture « in vitro » à l’image de ce qu’on voit faire en agriculture pour nous donner les produits fades et stéréotypés que nous connaissons.

Comment s’étonner dès lors de cette « pensée unique » qui s’empare des esprits et paralyse le jugement ? Le relativisme qu’elle professe endort chacun dans un consensus mou où « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Engourdissement trompeur qui expose à des réveils brutaux.

Alors n’en restons pas là. Le remède n’est certainement pas dans l’aménagement des rythmes scolaires ni dans l’appel aux spécialistes en pédagogie qui ont suffisamment fait leurs preuves ! Avant de laisser partir les bacheliers, au risque de les voir construire sur du sable, inventons pour eux un moyen de s’ouvrir à la culture par de nouvelles humanités. Aucun retard à redouter mais au contraire du temps gagné. « Si tu ne sais pas où tu vas, disent les africains, souviens-toi d’où tu viens ».et « prends ton pied la route ! »

Abbé Hyacinthe-Marie HOUARD
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Commentaire ajouté le 07/06/2010 par Vincent

Deviens toi-même.
Parents absents…enfants perdus


Tout le monde sait que les bars, en Espagne, sont des lieux de convivialité où les personnes de tous âges et de toutes catégories sociales se rencontrent et parfois discutent ensemble.
J’ai eu l’occasion d’y rencontrer un journaliste de la Chaîne de Radio ONDA COPE.
Après un quart d’heure de discussion il m’a proposé de m’interviewer en direct et conseillé de traduire le livre en espagnol.

Voir les photographies N° 01 et 02, image N° 11 et 12

Commentaire ajouté le 07/06/2010 par Vincent

La maison d’Edition PUBLIBOOK a invité Monsieur Vincent Rodriguez au Salon International du Livre de Genève qui se déroulait du mercredi 28 avril au Dimanche 02 mai 2010.
L’auteur du livre « Deviens toi-même, Parents absents…enfants perdus » y fut présent pendant quatre journées.

Des autorités de deux pays francophones d’Afrique ont montré leur intérêt pour le livre. Elles vont en parler dès leur retour dans leur pays respectif.

La responsable de la diffusion de la maison d’Edition se chargera de le proposer à la vente dans les librairies des grandes villes universitaires françaises.

Après avoir parcouru quelques pages, elles ont exprimé à l’auteur leur agréable surprise d’y trouver des réflexions très utiles pour apporter une solution aux problèmes sociétaux créés par la déliquescence du système éducatif.

L’auteur n’en demande pas moins que de provoquer une réflexion objective, instigatrice d’un bon devenir et d’un plus grand bien-être de la jeunesse.


Voir les photographies 01 à 05 dans le lien Photos

Commentaire ajouté le 28/05/2010 par Rodriguez

Traduction du commentaire de José Diego Rodriguez Cubero

Dès que j’ai eu entre les mains le livre »Deviens toi-même. Parents absents….enfants perdus » j’ai commencé la lecture avec beaucoup d’intérêt et de curiosité….
Dès les premiers chapitres je partageais avec « Puchero » beaucoup d’expériences et anecdotes de mon enfance parce que je suis originaire du même « petit village » que Vincent et aussi parce que j’ai appris à lire dans la même « grande maison » et avec le même « grand monsieur qui le premier jour de classe referma la porte de l’école derrière lui ».
Mais la lecture des derniers chapitres du « Roman » fut un plaisir authentique parce que je partage avec « Puchero » ses affirmations exactes et courageuses sur la pédagogie actuelle.
« Puchero » a osé affronter positivement les problèmes actuels de l’enseignement qui semble plutôt aller à la dérive conséquemment à la mise en pratique de quelques normes pédagogiques proposées par certains pseudo pédagogues. Le seul résultat qu’ils ont obtenu, et avec un succès certain malheureusement, c’est de niveler par le plus bas les connaissances des élèves et semer la crise d’identité aussi bien des professeurs que des élèves.
Le désespoir des professeurs et des élèves, un fait réel que l’on constate de nos jours, Vincent a su l’analyser avec une infinité d’anecdotes, en ajoutant chaque fois, la solution la plus raisonnable et la plus positive.
« Puchero » a osé ramer à contre courant face à une société qui préfère chercher des coupables plutôt que d’affronter les problèmes. Malheureusement, ce constat peut aussi être fait dans le domaine de l’enseignement et ceux qui en pâtissent sont les élèves et leurs professeurs.
Je félicite l’auteur de « Deviens toi-même » pour avoir osé publier un livre si courageux, pédagogiquement parlant, dont je recommande fortement la lecture aux parents, aux éducateurs et aux enseignants.
Félicitations et merci pour nous avoir offert un livre plein de bon sens.
José Diego Rodriguez Cubero

Commentaire ajouté le 17/05/2010 par Jose Diego Rodriguez Cubero

M. Vincent Rodríguez:
Apenas tuve entre mis manos el libro “Deviens toi-même. Parents absents... enfants perdus”, comencé su lectura con sumo interés y con mucha curiosidad... Y ya desde los primeros capítulos fui compartiendo con “Puchero” muchas experiencias y anécdotas de mi infancia por ser del mismo “petit village” que Vincent y haber aprendido a leer en la misma “grande maison” y con el mismo ”grand monsieur qui le premier jour de classe renferma la porte de l’école derrière lui”.
Pero la lectura de los últimos capítulos del “Roman”, fue una auténtica delicia por coincidir con “Puchero” en sus acertadas y valientes afirmaciones sobre la pedagogía actual.
“Puchero” se ha atrevido a encarar positivamente los problemas actuales de la enseñanza que más bien parece ir a la deriva como consecuencia de la puesta en práctica algunas normas pedagógicas propuestas por ciertos seudopedagogos que lo único que han conseguido, y con bastante éxito desgraciadamente, es igualar a los alumnos en los niveles más bajos del conocimiento y sembrar crisis de identidad tanto en profesores como en alumnos.
La desesperación de profesores y alumnos, hecho real que se da en nuestros días, Vincent la ha sabido analizar con infinidad de anécdotas, añadiendo en cada caso, la solución más razonable y positiva. Puchero se ha atrevido a remar contra corriente ante una sociedad que prefiere buscar culpables antes que encarar sus problemas. Desgraciadamente, eso también se da en el campo de la educación y los sufridores son los alumnos y sus profesores.
Felicito al autor de “Deviens toi-même” por haber tenido el valor de publicar un libro tan valiente, pedagógicamente hablando, y que considero de obligada lectura para padres y educadores.
Felicitaciones y gracias por ofrecernos un libro tan sensato.
José Diego Rodríguez Cubero

Commentaire ajouté le 03/04/2010 par Véronique

Cher Puchero ! D'ailleurs que veut dire Puchero ?(si je peux me permettre)


J'ai adoré votre livre.

Notre métier est passionnant et n'admet normalement ,que des gens passionnés afin de l'exercer correctement !!!
Mais , je commence à partager quelques désillusions ,moi aussi et cela me rend nostalgique du temps où les maîtres enseignaient uniquement avec leur coeur et leur conscience.

J'avais noté avec plaisir votre invitation et avait réservé ma soirée du mercredi .Cependant , aujourd'hui même l'Association des Parents d'Elèves de Saint-Joseph de Cluny Conception , nouvellement élue , a demandé de rencontrer l'équipe pédagogique au complet ,évidemment mercredi 18h00.
Vous comprendrez aisément mes obligations professionnelles pour en avoir eues tellement pendant des années !!!!!! d'ailleurs on aurait tendance à s'oublier et à oublier de se faire des petits plaisirs tels que cette rencontre.

Excusez-moi donc , je ne serai pas présente mais serai de tout coeur avec vous !

Si j'avais la chance que plusieurs s'excusent pour mercredi soir alors votre discussion chez Calédolivre serait reportée et je pourrai y assister !!!

tenez-moi au courant si par hasard cela se produisait!

Je penserai à vous .

Ce livre met en mots ce que nous pensons malheureusement déjà fortement même après une vingtaine d'années d'enseignement !! Cependant ,pour les maîtres qui y croient , dont je fais partie , vous mettez à l'honneur aussi notre envie de réussir chaque jour de classe , de partager la volonté d'apprendre qui naît au fil des jours dans les yeux d'un enfant , d'assister à la joie de celui qui a enfin compris ,de voir la fierté de ses parents venant nous remercier !!!
et tout cela n'a pas de prix !même si cela concerne qu'une minorité dans la classe !!!

eh oui j'y crois ENCORE !!!! Voilà notre métier est un sacerdoce mais pour reprendre une publicité ," il le vaut bien" , MERCI de l'avoir écrit et décrit de façon si passionnante!!!

Bon courage et à très bientôt , j'espère

Véronique OFFLAVILLE

Commentaire ajouté le 01/04/2010 par Vincent Rodriguez

Présentation du livre :
« Deviens toi-même,
Parents absents…enfants perdus »



Date : 31/03/2010 à 18h
Lieu : Librairie Calédo livres,
21 ter, rue Jean Jaurès, centre ville, Nouméa
Libraire organisateur : Dominique BUZANCE
Auteur de la causerie : Vincent Rodriguez, auteur.


Pourquoi le livre « Deviens toi-même, Parents absents…enfants perdus »?
- La vocation, le but, le rôle du système éducatif sont de:
- Permettre aux jeunes de développer toutes leurs capacités, leurs dons, leur spécificité, avec la collaboration des parents.
- Aider les jeunes à « DEVENIR EUX- MËMES », pleinement intégrés dans la société

Constats :

L’auteur a été :
- Enseignant en primaire (classes de un et trois niveaux) et en collège.
- Directeur d’un lycée: responsable administratif, financier, pédagogique et de la vie scolaire, d’une cantine et de deux internats.
- Lecteur assidu de B.O.E.N. (Bulletin officiel de l’éducation Nationale) et des circulaires ministérielles.
- Observateur ou « applicateur » (parfois à contre cœur) des multiples réformes et de la mise en application du « Collège unique », appelée réforme Le Grand, du nom de l’inspecteur général qui l’a mise en forme.
- Observateur de la chute du niveau des élèves, de leur manque de motivation, de leur utilisation pour faire aboutir des revendications d’adultes et de leur indiscipline grandissante.
- Observateur de la dégradation du moral des enseignants
Etc etc

- Il a observé, il a résisté, et parfois souffert en silence, pour la jeunesse à laquelle on apprenait plus à « zapper » sur la connaissance des programmes, sur le travail bien fait, et souvent pas fait ou bâclé
- Il a observé les méfaits et résisté à la mouvance à la mode dont le « leitmotiv » soixante-huitard libertaire et liberticide proclamait: « Il est interdit d’interdire »
- Par contre, il s’est toujours efforcé d’aider chacun (c’était de notoriété publique), et parfois de le forcer, à développer au maximum ses propres capacités dans le respect de l’autre : camarade, enseignant, personnel administratif ou de service. Chacun dans son rôle spécifique et mutuellement nécessaire.


Et enfin, après 42 ans de travail, il a pris ma retraite
Non sans avoir préparé ouvertement et correctement son remplacement.


Et après ?
- Pendant les longues années de vie professionnelle il a pris quelques notes et conservé certains documents.
- Par l’inaction de certains administratifs, il s’est trouvé dans l’obligation morale de prendre la responsabilité du Foyer Massabielle, foyer d’hébergement pour des jeunes travailleuses et des étudiantes majeures.
- Il a été sollicité pour s’occuper d’autres associations de réinsertion sociale. Après un an, il a abandonné ses fonctions pour ne pas mourir intellectuellement de « réunionite » stérile, réunions imposées par le système administratif.

La jouissance :
- IL AVAI DONC DU TEMPS LIBRE. QUE FAIRE ?
- Il aime trop son pays d’adoption pour l’abandonner dans un
moment difficile pour lui.
- Il aime trop la jeunesse pour ne pas participer, à son niveau, à empêcher son abandon intellectuel, éducationnel et professionnel. Abandon déjà très avancé.

Alors :
-Il s’est mis à REVISITER son passé à la lumière des expériences estudiantines et professionnelles vécues.
-A cette lumière, ou avec cet éclairage, Il a essayé :
-d’attirer l’attention sur les « déformes » qui ont provoqué tant d’échecs scolaires, personnels et sociétaux :
1°) 10% du temps scolaire pour occupation multidisciplinaire et découverte. Vite abandonnée.
2°) L’éveil en primaire….détourné de son rôle.
3°) La lecture globale.
4°) Les mathématiques modernes
5°) La réforme Le GRAND : collège unique
6°) Réforme de l’apprentissage des langues, des programmes de presque toutes les matières
7°) La protection presque exclusive de l’élève perturbateur
Etc etc….

Le livre sort, sans le vouloir, au moment où l’enseignement est transféré, où l’on parle de projet d’enseignement et où l’on parle, enfin, de la violence dans les établissements scolaires … Fera-t-il réfléchir les adultes responsables ?
- D’attirer l’attention sur certains comportements des adultes responsables : Elus, Syndicats, Parents et certains enseignants
- Fera-t-il réfléchir les adultes responsables ?

Et cette REVISITE a fait un livre qu’il ne croyait pas aussi volumineux. Certes, dans le livre il y a des « redites ». C’est son défaut d’enseignant qu’il n’a pas laissé sur place en partant à la retraite.
Par contre, il n’a pas développé les causes énumérées du malaise dans l’enseignement et de sa dégradation. Plusieurs livres auraient été nécessaires : CE TRAVAIL RESTE A FAIRE.
Pour finir :
Dans chaque ligne du livre, il a voulu parler des faits. Jamais il n’a voulu juger qui que ce soit. Ceux qui sont à l’origine de certaines « réformes », de leur mise en application ou de certains disfonctionnements, sont assez grands et certainement assez instruits et intelligents, peut-être pas assez courageux, pour le faire eux-mêmes.
Il a voulu apporter sa pierre pour construire ou reconstruire l’édifice…et il faut beaucoup de pierres pour que l’édifice soit solide, grand et beau.


L’auteur garde espoir en la réactivité des humains malgré la chanson vécue au quotidien : « Le travail c’est la santé….personnelle (statutaire, professionnelle, financière), ne rien faire la conserver »

Vincent Rodriguez

Commentaire ajouté le 03/03/2010 par Rodriguez

Emissions de présentation du livre "DEVIENS TOI -MEME" sur Radio Rythme Bleu (RRB) et Radio France Outremer (RFO):

RRB : http://www.youtube.com/watch?v=sVLtIokZoOg

RFO : http://www.youtube.com/watch?v=T2SZjpVNK3A

Commentaire ajouté le 24/02/2010 par Nicole Calandra

Je viens de finir le « roman » de Vincent Rodriguez « Deviens toi-même – Parents absents… enfants perdus ». Sa première vérité est dans le titre mais pas seulement.
Pour qui ne connaît pas Vincent Rodriguez, la lecture de ce « roman » permet de le découvrir enfin et cela vaut son pesant d’or : il s’y dévoile comme jamais.
Et quand on ne fait pas partie du monde de l’Education Nationale, les réponses à nos questionnements en tant que « parents d’élèves », sautent aux yeux au fur et à mesure de notre lecture. Pourquoi certains enseignants agissent de telle façon alors qu’ils pourraient faire plus facilement autrement ? Pourquoi vaut-il mieux prendre sa destinée en main ? Pourquoi, ne faut-il pas avoir une confiance aveugle dans les Institutions en général ?
Le pense par toi-même est le premier conseil de « Puchero ».
« Devenir voyageur volontaire » pour avancer librement sur son propre chemin, même si celui-ci est plus ardu, nous assure-t-il.
L’écriture de Vincent Rodriguez pleine de sagesse, distille quelques vérités pas très bonnes à dire et mêlée d’humour qui va droit au cœur.
Son « je m’arrête et me mets à penser… », nous permets de cheminer entre l’information et le bon sens.
Mon constat en considérant le pavé et le sujet du livre a été en premier lieu que cela allait être « indigeste » et difficile à lire, puis je m’y suis plongée et je n’ai pas relevé la tête avant de l’avoir terminé et pour moi, c’est le signe d’un véritable bon livre à mettre entre toutes les mains. A lire donc, sans aucune hésitation si vous êtes un peu curieux de nature mais pas seulement.
Félicitation, monsieur Rodriguez !
Je mets ce billet sur mon blog : http://atelierdecriture.wordpress.com

Commentaire ajouté le 17/02/2010 par Victor

Je viens de terminer la lecture de votre livre: "Deviens toi-même, Parents absents...enfants perdus". Je l'ai acheté parce que je vous connais un peu.
Je me laissais emporté par la facilité de la lecture et par le plaisir de prendre connaissance de certaines anecdotes. Ces anecdotes chatouillaient ma curisité et parfois me faisaient sourire.
En reprenant le livre, un soir, pour continuer la lecture, je relis les premières lignes du préambule: "Toi qui commence à lire ces lignes, prends ton temps pour réfléchir." Je ne souriais plus. Je constatais que, avec simplicité et parfois un sourire dissimulé et amical, le roman raccontait une réalité sociale triste et grave. Mais, en même temps, il suggérait des pistes pour une remédiation.
Le parent que je suis aurait aimé trouver, dans le roman, un développement de ces pistes. Je suis resté avec ma soif, comme, je pense, d'autres parents. J'aimerai bien, pourtant, que quelqu'un m'aide à l'étancher....
Quand j'ai terminé la lecture, je me suis dit que le terme "Roman" ne correspondait pas vraiment à l'idée que je me fais d'un roman.
Merci Monsieur, pour avoir eu le courage de le publier.

Commentaire ajouté le 24/01/2010 par Francisca Garcia

Cher Vincent,

Merci mille fois pour le plaisir que j’ai ressenti à la lecture de ton livre : un véritable festin de roi. Je l’ai dévoré, goulûment d’abord, comme un être sevré depuis des lustres, puis j’en ai repris une louche, et là, j’ai pris le temps, pour en apprécier toutes les saveurs. Gourmet...gourmande...un peu des deux, j’ai saucé le chaudron jusqu’à la dernière goutte.

Il faut avouer qu’il devient rarissime d’avoir la possibilité de lire une critique constructive de notre société. Le tout écrit dans un langage clair, sans utilisation de termes « nouvelle vague » qui ne veulent plus rien dire tant ils sont galvaudés pour exprimer tout et son contraire, jusqu’à perdre leur sens et leur raison d’exister : Qu’il fait bon de retrouver la langue de Molière, sans artifice ni faux semblant.

Bien sûr, je ne te cacherai pas que j’ai eu un plaisir immense à lire la première partie du livre. Je m’y suis même retrouvée dans l’espace et le temps. Mon esprit s’est mis à vagabonder un moment, à la recherche d’images estompées depuis bien longtemps, et j’ai revu, ce beau jeune homme aux yeux bleus et à l’accent prononcé, pénétrer pour la première fois dans notre salle de classe : c’était notre nouveau prof d’espagnol !

Moi, qui suis, si loin des problèmes de l’éducation nationale et de la fonction publique en général, mais qui subis depuis tant d’années les effets de l’échec scolaire à travers le monde de l’entreprise... Moi qui tempête contre ces parents dénaturés qui ont baissé les bras, contre ces bacs cuisine et ces soi-disant études qui ne sont que des stages d’apprentissages à devenir maître dans l’art du « ne rien faire » ; des leurres à cancres... Moi qui suis scandalisée devant ces bacs pro qui ne savent pas écrire une ligne sans faute inadmissible, ton livre m’a fait découvrir un aspect du problème dont je n’avais pas connaissance ou même si j’en avais entendu parler je me trompais sur son ampleur et sur son impact : la détresse des enseignants et des élèves.

Je te félicite pour avoir eu le courage de dénoncer les dysfonctionnements de notre société, car nous le savons bien tous les deux : la liberté d’expression reste chez nous une utopie, et les derniers évènements prouvent bien, qu’aujourd’hui plus qu’hier, il est dangereux d’étaler au grand jour certaines vérités qui bousculent la tranquillité de ceux qui s’adonnent à cette politique des « gros bras » en toute impunité.

Ton analyse est d’une justesse à pleurer. Oui ! A pleurer, car malheureusement, ces pratiques de menaces existent dans tous les secteurs. Et les Vincent Rodriguez sont rares. Au pays des parvenus, la politique du « j’ai le bras long…je vais vous casser » ou du « cassez-vous, vous me faites de l’ombre…J’ai la puissance financière, je vais vous broyer », a encore de beaux jours devant elle.

« Deviens toi-même », interpellera-t-il les intéressés ? … rosiront-ils de honte ? … J’en doute. Leur appât du gain et du pouvoir les a gangrené jusqu’à la moelle des os. Et ils ont pris bien soin de choisir leur entourage en fonction.
La délinquance et le mal-être, c’est toujours de la faute de l’autre, et la morale est devenue un bagage pesant inutile. Quant au respect, ils en ont une idée tout à fait particulière : c’est un « must » auquel ils prétendent en fonction de la hauteur de leur portefeuille toujours mal acquis ou de leur pouvoir… Alors le sentiment d’honneur… Je ne sais pas s’ils en connaissent l’existence.

Mais il reste le peuple ! Le peuple crédule, certes… le peuple malléable, sans aucun doute… le peuple qui, chez nous, a fini par porter son admiration sur les poches pleines, plutôt que sur les têtes pleines…j’en conviens… Mais un jour, le peuple se réveille et revendique le changement parce que les casseroles sont vides.

Alors, je caresse l’espoir… que « deviens toi-même » soit lu et entendu et que ce livre porte ses fruits.

Merci Vincent. Nous te devons tous beaucoup.
Francisca

Commentaire ajouté le 07/01/2010 par Michel Reuillard

Vincent,

J’ai eu un réel plaisir à lire « Deviens toi-même ».

- Parce qu’à la lecture, ce qui est écrit devient rapidement un son, et la mémoire des phrases et des idées prononcées en cours il y a 30 ou 40 ans se réactive. Dans cet « écrit », l’oralité est en fait omniprésente.

- Parce que j’y retrouve clairement exprimés les points qui me faisait sortir de mes gonds il y a 25 ans lorsque, jeune enseignant, je constatais impuissant la montée des ravages causés par le « pédagogisme » des cerveaux marxistes qui peuplaient les couloirs de Grenelle et façonnaient les comportement de potentats locaux, politiques, syndicalistes ou simplement enseignants.

- Parce que ce que tu écris est foncièrement juste.

Voici ce que j’en pense .

En toute amitié.

En toute sincérité.


« Deviens-toi-même ! ». Tout « Monsieur Rodriguez » est résumé dans la formule qui interroge autant qu’elle bouscule et qui constitue, au choix du lecteur, une injonction disciplinaire, une recommandation, un fil de vie, un principe philosophique, une sagesse populaire ou un cri d’alarme. Probablement tout à la fois.

Hommage à l’enfant qui grandit et à l’adolescent qui se cherche, « Deviens toi-même » s’adresse à tout l’Etre en devenir. En nos temps où le matérialisme – naguère idéologique et marxiste, aujourd’hui marchand et financier ! - l’emporte sur toute autre considération et malmène la destinée humaine, les mots sonnent comme un rappel à l’essentiel. Ils ne se lisent pas comme le titre d’un livre mais s’entendent et sonnent comme le « connais-toi toi-même » des anciens grecs. Loin du consumérisme, des luttes stériles pour le pouvoir, des fausses promesses et des plagias, ils rappellent chacun d’entre nous à son caractère unique, à sa différence et à sa force vitale, tout autant qu’à son devoir d’humilité et à sa responsabilité ultime : échapper aux modes, aux idéologies, aux dogmes aux pressions ; savoir agir pleinement dans sa catégorie. Rester libre !

Le parallèle entre l’arbre et l’Etre qui revient fréquemment au fil des pages, constitue l’axe « moral » de l’ouvrage. La force de l’arbre, sa beauté, sa grandeur, sa solidité sont autant de repères de valeurs. Arbre de vie, taillé mais respecté, voire vénéré par tant de civilisations qui en vivaient. Arbre aujourd’hui abattu et « utilisé » par l’Homme moderne qui le transforme en papier quand il ne le réduit pas en cendres à forces d’incendies destructeurs. Si ce parallèle entre l’Homme et l’arbre a peu de chances de trouver un écho durable chez des adultes trop occupés à « faire » leur vie matérielle, il ne peut que toucher en profondeur l’âme de l’enfant, pour qui ces valeurs ont un sens inné. L’amour des parents, le lien avec son humanité proche (la famille élargie, les copains), la proximité d’une rivière ou d’une forêt, la vision d’une montagne, sont antérieurs à l’éducation sociale et tout aussi déterminants qu’elle. En face de ces valeurs qui ne demandent qu’à être « élevées », les constructions politiques, les bricolages de l’Histoire et les paillettes des ghettos urbains ne sont qu’artifices et faux semblants.

L’Ecole a pour mission de favoriser cette « élévation », de faire de l’enfant un Etre complet, dans ses dimensions naturelles, sociales et spirituelles. Cette mission est difficile et souvent ingrate car l’enfant et l’adolescent reculent en permanence leurs frontières : celles de leurs origines, celles de leurs relations, celles de leurs connaissances, celles de leurs convictions. Leur envie de comprendre dépasse souvent le cadre étroit du programme, le discours du maître, les contraintes de la réussite purement scolaire. Ils ont encore en eux ce précieux privilège de pouvoir s’évader au plus profond d’eux-mêmes, de partir à la recherche d’eux-mêmes. Et cet horizon intérieur est aussi illimité que l’horizon extérieur et social auquel l’invite en permanence le discours des « adultes ».

Très tôt acquis à la certitude que l’adolescent vivait intrinsèquement cette dualité, Vincent Rodriguez a consacré sa vie d’enseignant à faciliter ce double accouchement : acquérir la maîtrise simultanée des deux horizons, en refusant farouchement de sacrifier l’un à l’autre. Pour y parvenir, il fallait beaucoup de volonté et beaucoup de caractère. De la lucidité aussi pour accepter l’ingratitude, et de l’humilité pour accepter l’échec. Il fallait aussi rester libre de ses orientations et de ses choix à chaque pas, loin de toutes les normes et de tous les dogmes car, dans ce périple de vie, seule comptait la condition humaine, dans toute sa diversité, réductible à aucun dogme et à aucune norme. Combattant de la dignité humaine, il a maintenu intacte sa capacité de découvrir, de s’émerveiller, d’apprendre et de rester jeune.

Dans le récit on retrouve autant l’homme de cœur, le croyant que l’érudit accompli.

C’est sans doute ce qui le distingua très tôt des autres « profs ». Son exigence était grande, mais ressentie comme légitime parce qu’il avait l’allant nécessaire là où tant d’autres se contentaient du conformisme officiel, quand ils ne succombaient pas à la torpeur tropicale et administrative du Nouméa des années 1960. Avec lui, l’enseignement se faisait en direct, sans condescendance ni mascarade. Sa pédagogie était dégagée de la routine. Il se posait en maître non pas parce qu’il avait un « pouvoir » sur ses élèves, mais parce qu’il était attentif au sens des connaissances transmises autant qu’à leur assimilation. Sans blesser, ni humilier, avec l’humour rocailleux qui le caractérise, il savait observer les plis sur le front de l’élève qui décrochait, et parvenait sans difficulté à recentrer le regard de celui qui s’aventurait d’un peu trop près sur le cahier du voisin.

Cette attention aux élèves, comme plus tard à ceux dont il avait la responsabilité du fait de sa charge de Directeur, avait en corollaire une distanciation large avec tous les pouvoirs, ceux des hommes, des administrations ou des idées. Homme libre, il préférait la Liberté de décider et de choisir seul – et assumer les risques qui vont avec !- au fonctionnarisme paperassier qui alourdit les administrations et paralyse les intelligences. Diriger, gérer, ne signifiait pas chez lui tout contrôler ni tout surveiller. La confiance dans l’action de ses collaborateurs et de ses subordonnés allait de pair avec l’idée qu’il se fait de la Liberté : déléguer l’initiative, laisser faire, recadrer quand il le faut, sans excès ni précipitation.

Ainsi, l’autorité était bien réelle sans que le « pouvoir » ne fût lourdement ressenti. Seuls s’en plaignaient les inévitables mécontents présents partout où il y a un corps de métier, et d’autant plus habiles à la critique qu’ils s’engagent peu et ne prennent pas de responsabilités.

L’éducation familiale autant que son humilité chrétienne lui ont tôt fait comprendre que l’autorité ne vient ni du diplôme acquis, ni du statut, ni de l’ancienneté dans la fonction ; encore moins du « bagout ». Elle vient de l’homme, de ses capacités à écouter, à faire confiance, à analyser, à décider, et à engager. Elle s’acquiert avec l’expérience des réussites et du constat des choses à ne pas faire. Elle a l’humilité d’accepter les « échecs ».

La simplicité des adolescents calédoniens a permis que cette autorité soit reconnue et s’exerce sans chausse trappe. Son origine espagnole lui conférait l’aura nécessaire pour lever tous les doutes sur sa compétence à enseigner la langue de Cervantès. Mais il avait le don, encore trop rare aujourd’hui, de relier le sens d’un texte à son temps et à sa réalité humaine. De telle sorte que lorsque venait l’instant de « l’habillage » - toujours intransigeant celui-ci !- par la grammaire, l’apprentissage du vocabulaire, des verbes irréguliers et « des faux amis », tout semblait couler de source. Et là où tant d’autres « professeurs » trébuchaient en voulant édicter « leur » enseignement, il savait imprégner l’auditoire par des connaissances maîtrisées.

Si bien que lorsque la canicule de Mars et de Novembre écrasait les corps et les esprits, et que les cours d’autres professeurs nous ennuyaient mortellement, ceux de « Monsieur Rodriguez » nous captivaient par leur authenticité et leur liberté de ton. Ils résonnaient dans nos cœurs de potaches (jamais fermés !) bien avant de faire raisonner nos cerveaux (pas toujours dociles !). Il le savait et ne nous en tenait pas rigueur.

Trente ou quarante ans avant que le discours pédagogique moderne ne décrète que « l’élève se trouve au centre du dispositif éducatif », il l’avait compris et le mettait en pratique sans le dire, favorisant l’échange et la collaboration entre l’enseignant et l’enseigné, en lieu et place du face à face stérile entre celui qui sait (ou qui croit savoir !) et celui qui « doit » apprendre. Pragmatisme, rigueur et action furent les constantes de sa pédagogie. Non pas qu’il dédaignât les idées ; il en était au contraire pétri. Mais il croyait à juste titre que les idées ne valent que par leur capacité à se réaliser et à améliorer la condition humaine. Tout comme les principes qui ont leur raison d’être mais qui ne valent qu’autant qu’ils se confrontent à la réalité et lui donnent du sens, sans humiliation pour l’Homme.


Devenu Directeur de Lycée, il conserva sa manière d’être et de faire. N’engageant pas facilement sa parole mais la respectant quand elle l’était, il fit du simple « collège » qu’était alors son établissement le fleuron de l’Enseignement Catholique de Nouvelle-Calédonie. Il sut diriger, choisir, décider organiser. Il sut faire en temps nécessaire les choix stratégiques de son temps, et ce malgré les contradicteurs (syndicaux, corporatistes, hiérarchiques) et détracteurs (souvent mus par la jalousie).

Les parents calédoniens, peu loquaces mais lucides, ne s’y trompaient : l’Enseignement Catholique c’était le Lycée Blaise Pascal, et le Lycée Blaise Pascal c’était « Rodriguez ». Et il le savait. Comme il savait aussi que les critiques bruyantes ou sournoises dont il était l’objet de la part de quelques uns, étaient amplement compensées par le labeur silencieux et efficace de l’écrasante partie du corps enseignant.

Pour bien des générations de Calédoniens de toutes classes sociales et de toutes ethnies, il est tenu comme la conscience d’une époque, qui fut la « nôtre ». Pédagogue chrétien et humaniste, il a toujours cru qu’il lui revenait de mettre en garde les collégiens et les lycéens contre les dangers qui les menaçaient. Non pas à coups d’obligations ou d’interdits (ce qui n’était cependant pas absent de sa panoplie !) mais par l’éducation, la remise en cause et le questionnement. Pendant un demi siècle il s’est efforcé de remonter à la source de notre humanité, qu’il a fait sienne dès son arrivée sur le Caillou. Chrétien convaincu, mais pragmatique et réaliste, il diffusait ses conseils - comme ses coups de gueule ! - en construisant le lien indispensable entre le présent et l’avenir, entre matérialité et spiritualité. Exigeant dans le travail à accomplir pour réussir une interrogation, un contrôle ou un examen, il refusait la boulimie et l’accumulation des connaissances pour elles-mêmes.

Tout comme il abhorrait les « faux semblants », ces désirs artificiels qui, en périodes fastes sont trop vite satisfaits – et donc créateurs de vide !- et qui, en périodes de crise ne peuvent pas être satisfaits et sont sources de frustrations. A la course aveugle à la compétition, à la productivité, à la réussite à tout prix, il préférait l’utopie qui propose au départ un but éloigné et en apparence inaccessible, mais qui, à force de motivation et de sacrifice, se meut petit à petit en réalité. En ce siècle et en cette terre de Nouvelle-Calédonie où les valeurs semblent disparaître et les repères s’estomper, il nous propose encore, ici et maintenant, de nous retourner vers quelque chose de plus essentiel.

Observateur lucide de son temps il l’était aussi sûrement de son métier. Bien avant que des critiques ne soient formulées par des hommes aussi prestigieux que Jean-François Revel ou Thierry Desjardins, il mettait les parents, les élèves et aussi souvent que possible, les institutions en garde contre les dérives de l’Education Nationale des années 1970 / 2000

Pour lui comme pour eux, l’école est faite avant tout pour permettre à l’enfant de devenir adulte, c’est-à-dire à trouver sa place dans la société, un métier, une fonction sociale ; devenir libre c’était cela, et c’était aussi parvenir à équilibrer sa vie personnelle grâce à une culture que l’enseignement lui aurait inculquée.

Le rôle de l’école est donc de préparer l’avenir de la société et des individus qui la composent. Or, préparer l’avenir c’est assumer le passé, donc le connaître. Et pour le connaître, l’école doit donner à ceux qui construiront l’avenir toutes les richesses accumulées par l’Histoire.

- Enseigner c’est donc « transmettre » le patrimoine culturel et conserver ainsi un héritage de connaissances et d’expériences acquises.

- Enseigner, c’est transformer les élèves en demandeurs actifs de connaissances.

- Enseigner c’est préparer et adapter le jeune instruit à ce que la société du moment comporte de spécifique et de nouveau ; c’est lui donner les moyens de comprendre son époque et d’y devenir un acteur ;

- Enseigner c’est donner aux jeunes les moyens de rester critiques face aux modes (trop dépendantes de la versatilité de l’actualité), aux idéologies « réactionnaires » comme « révolutionnaires » (mais toujours réductrices de la diversité humaine) -

Une des âneries dans lesquelles était tombé l’enseignement des années post 68 était que l’effort intellectuel n’était plus considéré comme indispensable pour devenir un bon élève ; que la finalité première de l’enseignement était remise en cause au profit d’un pédagogisme confus et aux résultats souvent catastrophiques. Et beaucoup d’enseignants qui ne comprenaient pas ou, pour les plus éclairés, qui ne les acceptaient pas, se sont vus contraints d’appliquer des réformes dont l’objectif ultime n’était pas l’épanouissement de l’élève dans la société mais la transformation pure et simple de cette société.

En effet, sortant des sentiers bien tracés de l’école de Jules Ferry, l’Institut National de la Recherche Pédagogique imaginait l’école de demain moins comme un transmetteur de connaissances que comme le moyen de façonner l’homme nouveau capable à son tour de changer la société. Dans « l’école ou la guerre civile », un certain Philippe Meirieu prenait le contre-pied de Ferry et faisait l’apologie de la « prééminence absolue du politique » sur tout, et donc sur l’Education. Selon lui, « …l’école implique des choix de société, des choix philosophiques, des options prises sur l’avenir de notre pays, sur le type d’homme et d’organisation sociale que nous voulons… ». Cette phraséologie révèle clairement les intentions du pédagogisme en vogue pendant les 3 ou 4 dernières décennies : façonner l’enfant, le programmer pour en faire un homme nouveau et avec lui révolutionner la société. Leurs auteurs n’étaient plus des pédagogues au service de l’enfant et de l’Instruction, mais des « pédagogistes » au service de la transformation de l’Homme et de la révolution sociale. Ils se comportaient en parfaits intellectuels de pensée marxiste et, efficacement relayés par de puissants syndicats d’enseignants récusaient la mission essentielle de l’Education Nationale. Considérant que former des jeunes c’était d’abord « mettre l’école à la solde du patronat et du grand capital », ils introduisaient le principe de la lutte des classes là où il n’avait surtout pas à être : dans la formation des maîtres et dans la tête des élèves.

Il est regrettable que de tels gourous aient pu maintenir aussi longtemps leur influence sur l’Education et entraîner dans leur sillage un nombre important de formateurs et d’enseignants. Il est regrettable que sous leur influence, l’Enseignement se soit considérablement éloigné de son but premier - la transmission des connaissances – pour privilégier un objectif aussi fumeux qu’absurde, tout droit tiré de la dialectique de Mai 68 : préparer l’enfant à « s’inventer un avenir ! ».

L’école a ainsi succombé longtemps au pédagogisme d’influence marxiste. Ses dégâts sur le « système » éducatif sont considérables. La méthode globale, le collège unique, les classes d’éveil, la quasi impossibilité de redoubler une classe, combinées au corporatisme et à la remise en cause systématique de l’autorité de l’enseignant ou du Directeur – par les parents voire par la hiérarchie elle-même !- ont eu raison de la qualité de l’Enseignement français, jadis envié à travers le monde entier.

Le sommet fut atteint avec l’obligation de réussite au Baccalauréat de 80% des candidats. Comme si la réussite s’obtenait pas Décret. Dans la pratique, cet objectif ne pouvant pas être atteint naturellement, on forçait la réalité en abaissant le niveau des épreuves.

Le chapitre 8 du livre de Puchero aborde avec force et lucidité cette question du recul de la pédagogie vraie et adaptée à l’enfant au profit du « pédagogisme » dont les préceptes relevaient d’abord de l’idéologie et qui était imposé moins pour le profit de l’élève que pour « …satisfaire telle ou telle expérience d’un groupuscule d’expérimentation, bien placé au niveau ministériel ou syndical… ».


La réforme actuellement en cours depuis le milieu des années 2000 semble annoncer une réorientation positive de l’Education qui tournerait ainsi le dos au « pédagogisme ». Le « Socle des Connaissances et des Compétences » réhabilite la part qui revient aux connaissances et aux méthodes. Mais l’expérience engagée étant aussi vaste que récente et la méfiance des enseignants – rendus soupçonneux par des décennies de réformes comètes !- étant encore forte, il ne sera possible d’en vérifier les effets que dans les prochaine années. En attendant !!! les professeurs voient toujours arriver dans leurs classes des élèves hautement incapables de suivre l’enseignement qu’ils sont censés y donner.

En raison aussi de la multiplication des discipline dites « d’éveil » qui, pour n’évoquer que le Collège, infantilisent l’adolescent et, loin de l’ « éveiller » endorment son intellect. Non pas que l’éveil ne soit pas au cœur du rôle de l’enseignement ; mais l’enseignement doit favoriser l’éveil à la connaissance, ce qui ramène à la manière dont se fait – ou ne se fait pas – la pédagogie.

Un second travers a fait tout autant de dégâts. Non pas cette fois sur le « système » mais plus directement sur les individus : c’est le « psychanalysme ». Celui-ci est essentiellement d’origine freudienne et, contrairement au précédent, il continue son œuvre. Comme l’écrit Thierry Desjardins, « …les psycho tout ce qu’on veut (-logues, -analystes, - thérapeutes, etc..)… » récusent eux aussi les méthodes jusqu’alors employées jadis par les maîtres et qui ont permis de bâtir ce qu’on peut appeler la civilisation française. Dans ces méthodes, les parents étaient les premiers – chronologiquement et par leur importance !- éducateurs. La famille, les proches, le curé du village, … complétaient cet enseignement –qui était aussi de l’Education !- par la parole autant que par l’exemple. Les « valeurs » individuelles, familiales et sociétales étaient ainsi également transmises par un faisceau convergeant d’ « autorités », au premier rang desquelles se trouvaient les parents. En cas de défaillance d’un rouage, l’école pouvait prendre aisément le relais éducatif, car elle se plaçait dans la même sphère d’influence.

Mais les curés ont perdu toute influence sur la société ; les parents ont largement démissionné (pas tous ; pas partout !) ; la famille a explosé ; le principe même de l’autorité est battu en brèche. Comment s’étonner alors que la « transmission » des connaissances ait reculé.

Corrélativement, le « psychanalisme » ayant considéré que « …transmettre c’était imposer, obliger, brimer contraindre et dominer.. », bref ! exercer une tyrannie inacceptable sur l’enfant, il fallait en toute priorité le « libérer » de toutes les chaînes. Pas question que le maître qui a été lui-même victime de cette barbarie lorsqu’il était enfant la « transmette » à son tour. Il fallait briser la chaîne multiséculaire de l’asservissement psychologique de l’enfant, tout comme les marxistes voulaient briser la chaîne séculaire de l’exploitation capitaliste de l’homme par l’homme. De telle sorte que non seulement la pratique de la transmission des connaissances a été remise en cause, mais également la notion même de transmission, et ce parfois jusque parmi les maîtres eux-mêmes.

Individualisme lié à la société de consommation, idéologie libertaire issue de 1968, « pédagogisme » marxisant et « psychanalisme » se donnaient bien la main pour assurer les « Droits » de l’enfant à ne pas être réprimandé, à être mis au centre du dispositif éducatif, mais en se gardant bien de rappeler l’autre versant de tout droit : le devoir. Les Droits des uns et des autres (maîtres, parents, élèves, citoyens..) valent d’être entendus et défendus. Mais là où il y a des droits, il y a aussi les devoirs qui leur font échos. Notre société du tout consommable-jetable, de l’enfant « idéologisé » a aussi oublié la notion du devoir. L’élève fainéant n’était plus considéré comme tel, mais comme un « jeune en échec » qui a des droits. La pédagogie était érigée en sciences abstraite et complexe – absolue !- loin des procédés humbles et simples que l’on met au point avec la pratique et qui ont le mérite irremplaçable de devoir se renouveler sans cesse pour répondre à la diversité des classes et des élèves…./…

Comment dès lors ne pas s’interroger avec J.F Revel sur les conséquences néfastes de cette politique. Malgré la diffusion de l’instruction, qu’on appelle avec vanité la « démocratisation » de l’enseignement, malgré l’irruption de la culture de masse, la prolifération des livres, on constate que l’on rencontre de moins en moins de gens cultivés.

Par « cultivés », il faut entendre ici tous ceux qui à leur manière propre et originale, sont des amateurs possédant du goût, leur goût, ; un goût qui plaît ou qui ne plaît pas ; mais un goût sincère et bien à eux parce qu’il est fondé sur des connaissances solides autant que sur des expériences vécues et assimilées et non pas sur des on-dit, ou sur la dernière mode de l’édition, du cinéma ou de la publicité.

A n’en pas douter, Puchero fait partie des « cultivés ». Avec d’autant plus de certitude et de mérite que sa culture est celle d’un autodidacte libre plus que celle d’un disciple.

Cette culture personnelle lui permet de mieux saisir les contours et les limites de sa carrière d’enseignant et de Directeur. Il a vécu en toute lucidité la mutation profonde de l’enseignement, ce passage du temps où les professeurs avaient confiance dans ce qu’ils enseignaient, les élèves dans ce qu’ils apprenaient et les parents dans le système éducatif tout entier à l’autre temps où cet équilibre salutaire a été rompu, où la mission de l’enseignant devenait imprécise et critiquée, où certains enseignants ont voulu pérenniser l’ombre de l’ancien système.

Or, notre société moderne, très largement démocratisée et très largement conditionnée par la technologie ne peut plus se satisfaire d’un corpus d’enseignement classique, où le maître dispensait « ses » connaissances à « ses » élèves. Aujourd’hui plus que jamais, « la mission de l’enseignement est de développer la capacité d’expression et de raisonnement, l’esprit critique et l’art de rassembler, de trier et d’utiliser l’information » (J.F. REVEL). Ceci, Puchero le mettait déjà en pratique, avec les moyens de son temps, dès les années 1960.

« Deviens toi-même ! » est enfin, à sa manière, un guide de sagesse.

Bien avant Puchero, sept à huit siècles avant Jésus Christ, à Delphes, au fronton d’un des plus fameux monuments élevés à la gloire d’Apollon, des messages fondamentaux de la sagesse grecque étaient gravés dans la pierre. L’un d’entre eux est resté célèbre jusqu’à nos jours : « Connais-toi toi-même ! ». A côté de lui, un autre, « rien de trop ! » qui veut dire la même chose. Mais quoi ?

Le sens que nous donnons aujourd’hui à ces messages est faussé par notre environnement dominé par la psychologie et la psychanalyse. Nous en déduisons que nous avons tout intérêt à savoir qui nous sommes, à tirer au clair notre inconscient si l’on veut avancer dans la vie. Or, ce sens est erroné.

Pour Socrate qui adopta plus tard la formule « Connais-toi toi-même », (et pour Platon plus tard encore), elle avait une signification toute liée à la théorie philosophique de la vérité. Selon cette théorie, nous aurions autrefois connu le vrai. Puis, nous l’aurions oublié de sorte que « …la connaissance viendrait dans un troisième temps, comme une anamnèse, une remémoration de quelque chose qui est déjà en nous sans que nous le sachions... » (Luc Ferry).

Ainsi, la quête philosophique de la Vérité est avant tout une démarche de « re-connaissance » ou de « re-mémoration ».

Cette vision de la vérité imprégnera longtemps toute l’histoire de la philosophie, tout comme elle imprègne la pensée de Puchero.

Cette formule philosophique des Grecs avait une portée de sagesse évidente pour les simples citoyens d’alors qui apprenaient ainsi à rester à leur place, à ne pas se prendre pour autre chose que l’on est. La sagesse populaire actuelle ne dit pas autre choses lorsque, parlant de quelqu’un d’orgueilleux, d’arrogant, elle l’invite à cesser de « se croire ».

Chez les Latins, Sénèque conseillait à son ami Lucilius : « Voici ce qu’il vous faut faire mon ami : désengagez-vous, rendez-vous à vous-même ! ».

Cette sagesse qui consiste à prendre de la distance par rapport à soi-même peut paraître paradoxale chez un homme qui n’est ni un solitaire, ni un mystique, ni un philosophe, mais qui agit, décide, lutte et sait assumer ses responsabilités, qui sait bien qu’on ne dirige pas une institution à l’affectif et au « ressenti », qui a très tôt compris que toute décision implique des critiques auxquelles on ne peut pas toujours répondre, pas plus qu’on ne peut dissiper toutes les incompréhensions.



A la fois engagé et détaché, Puchero est bien dans le monde mais il sait que le monde ne lui appartient pas, tout comme il sait qu’il n’appartient pas au monde. Il y a chez lui quelque chose d’essentiel qui se trouve au-delà du monde, un axe, un centre, quelque chose de permanent et d’inamovible. Les combats, les chagrins, les épreuves, les contradictions construisent, forgent, renforcent, le blessent dans ce qu’il a d’existentiel ; mais ils ne l’affectent pas et le libèrent même dans ce qu’il a d’essentiel : sa condition humaine.



A 72 ans, l’homme n’a plus rien à prouver. Il s’est affranchi depuis longtemps des opinions, des attentes, des désirs. Depuis moins longtemps sans doute, il s’est affranchi des choix. Sa conscience reste libre et ouverte, loin des écoles, des chapelles, des maîtres et de toutes les opinions. Sa compréhension de la vie et des autres l’autorise désormais à dépasser tout jugement pour vivre en paix avec lui-même, dans l’empathie du monde qui l’entoure. Et ce monde le lui rend bien.


Michel Reuillard
Docteur en Histoire
Directeur de collège

Commentaire ajouté le 05/01/2010 par Cécile D'Almeida

J'ai aimé suivre Puchero dans les méandres de sa vie ! Or , d'après le dictionnaire , "Puchero" est , en langage familier , le geste que font ceux qui commencent à pleurer ...Bien sûr, ce n'est pas la seule définition proposée , mais à propos du livre de Vincent Rodriguez, c'est celle que je retiens en priorité...

Car, comment rester indifférent face à la déliquescence de notre société ? Comment, par démagogie, peut-on cautionner la perte des valeurs morales et le laxisme ambiant? Comment ne pas s'émouvoir de l'effarante désespérance de ces "enfants perdus" dont les "parents absents" ne sont préoccupés que d'eux-mêmes ? Pauvres "Orphelins" qui ne parviendront que pour de trop rares exceptions à devenir ce qu'ils doivent être : des Hommes et des Femmes à part entière !

Fort de sa longue expérience des enseignants et des enseignés, Vincent Rodriguez dresse ici, un constat amer mais extrêmement réaliste de la lente désagrégation du système éducatif ainsi que du microcosme néo-calédonien - auquel j'appartiens depuis de nombreuses générations - et dans lequel il s'est totalement immergé depuis de si longues années.

Avec le profond espoir qu'une telle réflexion sera source féconde de réactions positives et enrichissantes pour un meilleur avenir de notre jeunesse.