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Commentaire #0121 ajouté le 21/08/2015 par Vincent RODRIGUEZ

Eh si on apprenait à marcher sur les pieds ?

Cette question mérite d’être posée parce que, depuis une cinquantaine d’années, dans le domaine de l’enseignement, on marche sur la tête.
Depuis que des réformes comme « l’éveil » et « la méthode globale de lecture » et bien d’autres qui ont suivi et celles préparées pour la rentrée 2016, le niveau des élèves français n’a fait que chuter. Et ce n’est pas fini !
Tel est le constat des tests d’évaluation Pisa ou de l’OCDE reconnus au niveau mon-dial et européen. Dans le test d’évaluation Pisa les universités françaises du Pacifique figu-raient parmi les dernières de la France. Les plus pénalisées par cette chute ont été et sont les enfants des classes ouvrières, des chômeurs, des familles cassées, décomposées, recomposées et des femmes-mères seules.
Pourtant, depuis des années, des universitaires, des écrivains, des professeurs de lycée ou des écoles et beaucoup de personnes observatrices du niveau scolaire français l’ont dit et le disent, l’ont écrit et l’écrivent, comme je l’ai dit publiquement autrefois et écrit plus récem-ment : « La déliquescence » de l’enseignement français est une triste réalité. (Voir, entre autres, mon livre : « Parents absents….enfants perdus » in www.vrodriguez.com).
« Tout récemment, le 08 juillet 2015, la Commission d’enquête parlementaire sur le fonctionnement du service public de l’éducation et sur la perte des repères républicains dans les établissements scolaires a formulé des réformes nécessaires pour sauver l’école ». Le séna-teur Jacques Grosperrin a présenté le rapport : « Faire revenir la République à l’école ». Vingt propositions y sont faites et aussitôt brocardées par les pédagogistes qui se sont approprié, depuis les années 60, les « lois et règlements » de l’école.
Le constat de l’illettrisme et celui de ses mauvaises conséquences sociétales, en aug-mentation permanente, pour les jeunes qui sortent de l’école ne peuvent pas être niés objecti-vement.
Mais, attention, tous ceux et toutes celles qui déplorent ce constat sont considérés par les néo-pédagogues, les ministres successifs, leurs porte-paroles et les médias officiels comme des mal pensants réactionnaires et anti-progressistes.
A force d’entendre les « bien-pensants politiquement corrects » pérorer sur le bien fondé de leurs théories idéologiques on va finir par croire que les mots « réactionnaire et anti-progressiste » sont des adjectifs qualificatifs vraiment positifs et très valorisants.
En effet, les enseignants courageux qui osent enseigner les programmes basiques avec des méthodes pédagogiques éprouvées parviennent à donner une instruction et une éducation de bien meilleure qualité que ceux qui suivent béatement les consignes officielles. Ces ensei-gnants courageux savent s’adapter à leurs élèves pour leur donner les bonnes bases d’instruction et d’éducation. Ils ont le savoir et prennent le pouvoir pour le faire Certes aussi, ces enseignants courageux s’exposent au courroux des supérieurs hiérarchiques et à l’application de la « force» de la loi. Cherchez l’erreur !
A croire aussi que les syndicats professionnels de l’enseignement sont de connivence avec leur autorité et le législateur car ils n’ont pas vraiment pris la défense des enseignants agressés ou souffrants à cause de leurs conditions humaines de travail. Ils ont collaboré et collaborent encore à la rédaction des textes en vigueur ou à venir! Ils portent, en partie, la responsabilité des mauvaises conditions de travail des enseignants, qu’ils disent défendre, et de la chute de la qualité de l’enseignement.
Point n’est besoin de citer des réalités vécues en France Métropolitaine pour argumen-ter sur les mauvais résultats scolaires et éducationnels. Le pourcentage des réussites au bacca-lauréat (87.8% en 2015) n’est plus une preuve du bon fonctionnement ni de la bonne qualité du système éducatif français imposé. Chaque année, pour telle ou telle matière fondamentale, les notes sont arrangées en faveur des élèves. Des consignes sont données pour une notation bienveillante. Les matières facultatives ajoutent des points qui comblent souvent, pour l’examen, d’autres faiblesses plus incapacitantes pour l’épanouissement de l’élève et pour la qualité de son travail.
La réalité néo-calédonienne en fournit assez d’exemples sur l’illettrisme et sur la vio-lence de la jeunesse. La population locale est plus sensible parce qu’elle est directement con-cernée. Citons des exemples bien connus localement :
Tous les calédoniens se souviennent de ce qui est arrivé dans un lycée de Bourail….Ce n’est pas si lointain!
Tous les calédoniens se souviennent de ce qui est arrivé dans des écoles de Païta….C’est assez récent !
Les « responsables » pédagogiques, politiques, parentaux et des élèves se réunirent, discutèrent par petits et grands groupes….
Des questions doivent être posées. Quel est le coût réel en heures de réunions, en dé-placements et pour le remplacement ou la restauration du matériel ? Quel est le bénéfice sco-laire et éducationnel retiré de toutes ces réunions par les jeunes?....Après des jours de classe perdues, les cours ont pu reprendre certes mais dans quelle ambiance de travail ?
Officiellement ces réunions furent une réussite !
Une émission de la télévision locale fut dédiée à cette violence chez les jeunes de 15 à 18 ans. Les intervenants étaient de qualité. Leurs affirmations concordantes. La péroraison de l’émission pour résoudre le problème de la violence dans les lieux d’enseignement fut et ne pouvait être que sans effet positif envisageable.
Le problème était mal posé.
Parce que les jeunes doivent commencer dès leur prime enfance à apprendre et à prati-quer le respect de soi, des autres, de leur outil d’apprentissage comme de leur environnement en général. Le mot instruire signifie normalement « donner des connaissances, des enseigne-ments, augmenter le savoir, l’expérience de quelqu’un » (dict. La Rousse). Le mot éduquer signifie normalement conduire, indiquer le chemin à suivre par les jeunes, et bien souvent les y ramener, pour qu’ils aboutissent à leur plein épanouissement.
C’est mentir et se mentir que de croire que l’on peut éduquer les jeunes de 15 ans et plus s’ils n’ont pas reçu dès leur naissance les bases scolaires et éducationnelles. « Rien ne sert de courir, il faut partir à point ».Les psychologues de l’enfance expliquent bien que la course de la vie humaine et de son éducation débute dès avant la naissance. Les premières années sont primordiales pour le bon épanouissement des jeunes. Celui qui rate le départ perd la course. Le découragement est normal. Le premier travail des multiples organismes de rat-trapage scolaire et éducationnel devrait être de redonner le moral. Parce que tout être humain peut changer et il y en a qui y parviennent après des efforts personnels extraordinaires. Félici-tations à eux !
Les conséquences négatives de ce « laisser aller » légalisé, imposé par ce pédagogisme idéologique, frappe les établissements scolaires et la société de plein fouet. Parce qu’il suffit qu’une petite partie du corps soit malade pour que tout le corps se sente mal et parfois se meure!
Plus récemment, un internat a été « visité » (mot pudique pour dire qu’il y a eu des vols) et saccagé. Un « incident » de plus !
Devant la consternation justifiée des responsables de l’établissement, le Gouvernement, les responsables de l’Enseignement et des associations des parents d’élèves ont accouru. Ce fut un geste fort d’encouragement pour les responsables de l’établissement. Merci à eux pour ce geste! Et après ?
« Pour bien apprendre, il faut vivre dans un climat correct et de qualité » (parole attri-buée au Vice-recteur par un « blog » local). Certes oui, c’est une condition nécessaire basique.
Que doivent faire les enseignants pour créer ce climat quand ils ne peuvent plus se faire écouter ni obéir à cause de quelques élèves perturbateurs ? Demandez aux professeurs du col-lège qui n’ont trouvé que le moyen ultime, et certainement à contre cœur, de la grève pour protester contre les multiples « incivilités » (quel joli mot de la novlangue) auxquelles ils sont exposés à longueur des journées. Cela s’est passé encore récemment. Que doivent-ils faire pour créer ce climat pour apprendre quand ils ne peuvent plus dire à l’élève que la leçon n’est pas apprise ou le devoir non fait? Car, s’ils disent la vérité ils peuvent s’exposer au courroux d’abord des élèves et ensuite des parents, voire de leur hiérarchie. Ces enseignants ne seront pas nécessairement soutenus par leurs supérieurs hiérarchiques. D’ailleurs, avec les lois en vigueur, souvent proposées par les pédagogistes politiquement corrects et certains syndicats, peuvent-ils être soutenus ?
Pour résoudre ce grave problème, on conseille aux enseignants de dialoguer avec les enfants. Ils l’ont toujours fait ou essayé de le faire et le font encore. Mais, pour dialoguer il faut être deux. Or quand l’autre, l’élève, n’est pas là, mentalement ou physiquement, que peut faire l’enseignant ?...Se mettre en congé maladie ? Opter pour un poste administratif dans un bureau tranquille ? Essayer de se placer sur une liste électorale en place d’éligible ? On estime à plus de soixante mille (60.000) le nombre d’enseignants qui ne sont pas devant les élèves. L’Education Nationale ignore le chiffre exact ! A raison de vingt(20) élèves par classe cela fait trois mille(3000) classes. Ou, pour résumer, les enseignants ont la solution de fuir car ils sont privés des moyens pour pouvoir exercer la profession qui est d’instruire et d’éduquer. Les multiples activités ludiques périscolaires faites pendant les heures de cours sont très souvent aussi une fuite. Un abandon de l’essentiel pour l’accessoire.
Les parents d’élèves se plaignent du « manque d’un système d’alarme et affirment que la sécurité des enfants, surtout des jeunes filles, est en jeu »(même source, « Blog » local). Certes ils ont raison. Mais les créateurs de l’insécurité dans les établissements scolaires ne sont-ils pas les enfants des parents des élèves ? Et les parents ne sont-ils pas les premiers res-ponsables de l’éducation de leurs enfants ? A leur décharge on peut dire qu’ils ont été, eux aussi, privés de certains moyens de coercition pour obliger leurs enfants à bien se conduire. Qu’on n’interprète pas cette affirmation comme l’acceptation de la violence des maîtres ou des parents. Ce serait une grossière erreur. Mais quand un enfant récalcitrant refuse d’obéir et teste ou outrepasse les limites de ce qui est acceptable, un geste de la main ou une petite fessée devient le seul discours compréhensible par lui. Et quand l’amour vrai du jeune porte ce geste difficile, l’enfant le comprendra intérieurement et plus tard il remerciera. Il est certainement plus difficile de dire catégoriquement non quand c’est justifié et nécessaire que de satisfaire tous les caprices. Dans le cas contraire, ne peut-on pas parler de non assistance à personne en danger ?
L’administration va se précipiter pour donner satisfaction aux parents, à sa façon, en installant la vidéo surveillance dans de nombreux établissements. Encore une façon de botter en touche sans résoudre le problème. Ce moyen sera inefficace pour que les jeunes perturba-teurs, les avinés ou cannabisés, ou les deux, se comportent normalement. Les policiers ou les gendarmes trouveront peut-être les jeunes responsables des « incivilités » grâce aux caméras de vidéo surveillance. Ils passeront du temps pour faire leurs rapports aux juges pour mineurs. Ces derniers vont sermonner les coupables, souvent récidivistes. Certains de ces jeunes récal-citrants seront mis dans des maisons spéciales pour jeunes délinquants. Autant de solutions de la dernière chance.
Ces jeunes ont perdu la première chance d’être bien instruits et éduqués parce que les parents d’abord et le système social ensuite n’ont pas su ou voulu la leur donner ou la leur imposer.
Les parents sont les premiers responsables de l’éducation de leur enfant. Ils doivent assumer cette responsabilité s’ils veulent que l’éducation de leur jeune soit réussie. Ceci est vrai indépendamment de l’ethnie ou de la classe sociale des parents. L’enfant a besoin de la présence effective et affective des parents pour l’écouter, pour lui apprendre à marcher, à par-ler et pour suivre son apprentissage des leçons ou simplement pour être là et mutuellement se regarder vivre. Il a besoin de sentir qu’on s’occupe de lui. Il a besoin de connaître l’histoire familiale et ses valeurs pour être vraiment lui-même.
Son éducation ne se fera pas bien si elle est confiée au poste de télévision, à internet ou au téléphone mobile. Il est vrai que ces outils de communication bien utilisés peuvent servir pour l’instruction des jeunes. Mais force est de constater qu’ils servent le plus souvent pour leur distraction et pour insuffler dans leur tête des images ou des idées contraires et néfastes à une bonne éducation. Les enfants n’ont pas encore acquis le pouvoir de discernement. Cela s’apprend aussi.
Le temps passé devant les écrans est tellement important que les jeunes n’en ont plus pour étudier leurs leçons ni pour bien faire leurs devoirs scolaires. C’est plus facile et moins ennuyeux de regarder un film, de jouer ou de « chatter » (le SMS a un coût finalement impor-tant) que d’apprendre les leçons et faire les devoirs scolaires. Les parents laissent faire par facilité. Ils ne se rendent pas compte que, ce faisant, leurs enfants s’éloignent deux. Alors la cohésion familiale ne se construit pas ou disparait. Le groupe « familial » vit alors en juxtapo-sition d’individus isolés. Les parents vont ensuite se plaindre que leur enfant n’est ni instruit ni éduqué. Ils protesteront intérieurement ou en groupe contre le système éducatif qui échoue dans l’instruction et l’éducation de leur enfant. Ils en sont les premiers responsables. Mais il est toujours plus facile de voir la paille dans l’œil du voisin que la poutre dans le sien. On cherche souvent le coupable ailleurs qu’en soi-même…..
Les parents ont voulu avoir un enfant par amour. Celui-ci a besoin de leur amour dès avant sa naissance, pendant toute sa prime enfance et son adolescence pour recevoir une bonne éducation. Or celle-ci ne peut pas être donnée, et à fortiori reçue par l’enfant, si tout jeune il est confié à une garderie ou à une crèche. Quelques soient les qualités des personnels travaillant dans ces établissements, ils ne peuvent pas remplacer le rôle affectif et formateur des parents. L’enfant se sent abandonné par ceux qui lui ont donné la vie et auxquels il est viscéralement attaché. Il est surtout attaché à sa mère qui l’a senti vivre et grandir pendant neuf mois, dans la joie profonde et parfois dans la douleur. Le nouveau né, le jeune enfant, ne sait pas et ne peut pas l’exprimer pour le moment mais, quand il est confié à de tierces per-sonnes, petit à petit il sentira que ceux qui lui ont donné la vie l’ont abandonné. Comment peut-il croire que des personnes étrangères vont l’aimer vraiment? Il cherchera et trouvera un erzats familial avec les copains ou les « bandes ». Des liens forts s’établiront entre eux pour mener ensemble une vie parallèle souvent nuisible à leur épanouissement normal.
Les parents et leurs enfants souffrent de cette situation. Les uns et les autres s’enferment dans cette souffrance sans trop savoir comment agir pour y mettre un terme. Pour pallier à ce constat, il y a quelques années, le CDUH (Collectif d’Urgence Humanitaire) avait proposé d’organiser ce qu’on peut appeler « l’école des parents ». Ce collectif voulait sim-plement accompagner les parents et leurs enfants pour donner une formation adéquate à la gestion de la vie familiale. Plusieurs groupes de parents intéressés s’étaient portés volontaires avant l’acceptation de la formation par les décideurs locaux. Ceux-ci ne donnèrent pas suite au prétexte du coût soi-disant élevé. Question : quel est le coût actuel, pour la société, de l’illettrisme et des « incivilités » galopantes ?... C’est vrai aussi «qu’une certaine fonctionnaire bien placée » voulut s’approprier ce projet humanitaire indispensable. Elle aurait dû s’approprier d’abord les qualités nécessaires pour le développer ! Projet mort-né.
Il est vrai que les parents et les enseignants sont prioritairement responsables de l’instruction et de l’éducation de la jeunesse. Mais que peuvent-ils faire quand le législateur, la société ou certaines idéologies les privent des moyens nécessaires pour accomplir correctement leur devoir ?
Le législateur après avoir saboté les programmes scolaires et les méthodes pédago-giques éprouvés a réduit à néant l’autorité, donc la responsabilité, nécessaire des parents et des enseignants pour éduquer et instruire les enfants. Des écrivains, des universitaires, des professeurs de lycée et des écoles et votre serviteur ont déjà beaucoup écrit sur ce thème. Ils ont vite été ostracisés par le « politiquement correct » porté par les gouvernements successifs, des associations (combien de membres ?) subventionnées et les média aux ordres. Le résultat de cet ostracisme politico-médiatico-idéologique est que l’enfant dont ils voulaient faire un roi est devenu un malheureux sans avenir. Probablement les responsables de cet état de fait sont parvenus à leur résultat voulu, l’incompétence généralisée, parce qu’ils savaient que la foule ignare est plus malléable que la foule instruite qui réfléchit. C’est la 7ème des dix stratégies de manipulation de masses de l’universitaire et écrivain américain Noam Chomsky : « Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise ».
La société, assujettie à la grande consommation, a rendu les êtres humains esclaves de l’avoir et des apparences. Celui ou celle qui ne porte pas le dernier tricot ou la dernière robe à la mode est déconsidéré. Celui ou celle qui n’a pas le dernier téléphone mobile ou le dernier i-pad est considéré aussi comme attardé. Tous ces vêtements et outils de communications sont fabriqués par des ouvriers sous-payés, les esclaves du XXI siècle. Ils sont achetés par des per-sonnes qui vivent au-dessus de leurs moyens, souvent à crédit et ou dans la pauvreté. Autre-fois on condamnait le pauvre qui volait pour manger. Aujourd’hui on condamne ou on répri-mande parce qu’on vole l’outil ou le vêtement qui permet de ressembler aux autres. Est-ce ça le progrès ? Est-ce être soi-même ou une copie conforme de l’autre ?
Pour faciliter la progression économique, les grands bénéficiaires financiers ont favorisé l’idéologie égalitaire hommes/femmes dans le monde du travail professionnel. Les rentrées financières augmentent dans les familles. La consommation et les prix aussi. Le pouvoir d’achat diminue et les grands groupes financiers s’enrichissent.
A travail égal, salaire égal : ceci est normal et cela devrait être appliqué partout sans que l’on soit obligé de légiférer. La société entend par travail celui qui est réalisé en dehors de la maison. Celui réalisé par la femme au foyer(ou l’hommme) n’est pas considéré comme tel mais souvent déconsidéré. Et pourtant elle en réalise beaucoup, dont celui de s’occuper de l’éducation de leurs enfants et du suivi scolaire. Les multiples petites tâches journalières lais-sent peu de temps libre. Très probablement la femme au foyer fait plus de trente cinq (35) heures hebdomadaires. Alors, pourquoi ne la rétribue-t-on point par un salaire et divers droits y attachés? La femme au foyer travaille autant, peut-être plus, que celle qui va au bureau. Il y aurait un peu plus d’égalité salariale entre les femmes. Et l’Etat ferait des économies globale-ment : Il y aurait moins d’écoles de la deuxième change, moins de frais pour la réinsertion, moins de frais de réparation ou de remplacement provoqués par les « incivilités ». Il y aurait surtout, si le suivi éducationnel et scolaire est bien fait, un mieux vivre familial et sociétal. Tout ceci a un prix payé par le contribuable !
Quand les deux parents décident de travailler en dehors de la maison, c’est leur choix, ils devraient compenser en consacrant à leurs enfants le temps restant pour créer des liens familiaux solides et s’occuper de leur scolarité. Mais beaucoup préfèrent se revoir entre amis ou connaissances. On donne une certaine somme à l’enfant ou on lui laisse au frigidaire le repas préparé…et il se débrouille. D’autres préfèrent aller jouer au bingo, avec ou sans les enfants. Comment s’occuper de l’éducation et de l’instruction de ses enfants quand on ne vit pas avec eux ?
Autrefois, quand la famille était réunie à la maison et avant que l’enfant ne s’endorme, le père ou la mère allait à côté de l’enfant couché près à s’endormir pour lui lire une histoire tirée d’un livre pour enfant. L’enfant était aux anges et en redemandait. Il allait parfois, quand il savait à peine lire, prendre le livre à histoires pour le lire en catimini ou regarder les images. Il prenait ainsi goût à la lecture et petit à petit il se mettait tout seul à lire pour découvrir les belles histoires. Il se mettait en valeur devant ses camarades quand il les leur racontait. Mais toutes les familles n’ont pas de bibliothèque à la maison. C’est vrai. Mais toutes les écoles ont dans leur bibliothèque des livres à prêter. Par ailleurs les municipalités s’efforcent de créer des centres de lecture adaptés au niveau des enfants. Les moyens pour donner le goût de la lecture existent bien. Aux parents de vouloir les utiliser pour le bien et par amour de leurs enfants.
Les professeurs des écoles peuvent aussi prêter aux enfants des livres à lire à la maison. Si le maître ou la maîtresse font faire par l’élève, devant la classe, le récit de l’histoire lue, il (elle) pourra se rendre compte des progrès dans la compréhension et l’expression orale des élèves.
Bien comprendre et bien s’exprimer sont des bases pour bien s’instruire et être bien éduqué. Cela évite les incompréhensions et les « incivilités ».
Bref, la liste explicative des causes de l’illettrisme et des « incivilités » de la jeunesse calédonienne serait encore longue…Nombreux sont aussi les cas spécifiques !
Non, on ne peut pas abandonner ces jeunes paumés et dans la souffrance. Oui, ils ont besoin d’aide pour qu’ils puissent s’en sortir. Les moyens existent déjà. Mais le laxisme prôné et l’hédonisme sacralisé obscurcissent la vision des moyens basiques existants.
Le constat médiatisé de ces « incivilités » attire l’attention du grand public. Ce dernier est privé d’admirer la grande majorité des jeunes actifs et positifs, studieux et bien éduqués.
Enfin, si on veut vraiment lutter contre l’illettrisme et contre les violences tout en don-nant aux élèves une bonne instruction et une bonne éducation il faudrait :
1°) Redonner aux responsables des établissements, aux enseignants et aux éducateurs (autres fois les surveillants) les moyens légaux pour qu’ils puissent faire leur travail correcte-ment. Donner à ces personnels le pouvoir de récompenser et de sanctionner quand ils l’estiment juste et nécessaire ; autrement dit, appliquer réellement le principe de subsidiarité.
2°) Revenir à l’essentiel de l’école, c'est-à-dire apprendre aux jeunes à lire, à écrire, à compter (sans calculette), à comprendre ce qu’ils apprennent et à réfléchir personnellement. Apprendre et faire vivre, dès le plus jeune âge, le respect des autres, du matériel et de la na-ture. Est-ce qu’on peut exiger que l’élève ramasse le papier qu’il a jeté par terre ? Après on s’étonne que les bords des routes soient emplies de toute sorte de détritus…
Alors les jeunes apprendront, quand ils auront acquis ces bases, ce qui est le vrai plaisir et ce qui est nécessaire à leur véritable épanouissement. Le plaisir d’une bonne récolte ne peut venir qu’après les efforts préalables pour bien travailler la terre et bien semer. Malgré quelques incidents climatiques dans le monde agricole ou des accidents, maladies ou autres dans le cursus de la vie humaine la comparaison est bien vraie.

A Nouméa, le 20/08/2016
Vincent Rodriguez