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Commentaire #0122 ajouté le 02/09/2015 par Dominique

Bonjour Vincent,

C'est avec grand plaisir et attention que je lis ton travail, je te
remercie au passage d'avoir bien voulu me le transférer.

Je n'ai pas fini de le lire et si tu me le permets, j'aimerai
intervenir sur un des nombreux points que tu abordes.

"Les parents ont voulu avoir un enfant par amour. Celui-ci a besoin de
leur amour dès avant sa naissance, pendant toute sa prime enfance et
son adolescence pour recevoir une bonne éducation." V.R.

Hélas, trois fois hélas ! Là aussi la société a changé et les
mentalités avec. Je vis depuis 20 ans en brousse, sur la Côte Est, les
vieux se désespèrent de voir certains jeunes "copuler gaiement"
rassasiant ainsi une envie corporelle sans avoir une once de réflexion
quant à leur acte et aux suites possibles. Quid de l'amour ? Je
n'évoquerai pas ici les mst (maladies sexuellement transmissibles) mais
la future maternité et paternité de gamins non-encore accomplis,
incapables de s'occuper d'eux-mêmes et encore moins d'un enfant.
Combien en ai-je vu avec un bébé dans le ventre ou après l'accouchement ?
C'est un peu comme s'ils avaient un jouet qui les ferai passer au
"grade" d'adulte vis à vis de leurs familles, des amis, de la société.
C'est ainsi que trop d'enfants "poussent comme des herbes folles" comme
le dit si bien une amie. Livrés à eux mêmes, sans repères, baladés de
familles accueillantes, d'oncles en tantes, de grands-parents et parfois
au final à la maison d'enfance où trop d'enfants viennent grossir
l'association.

Voici, un des méfaits majeur de la société de consommation, chacun
peut se remplir comme il veut, se remplir le ventre de nourriture,
d'alcool ou d'enfant, les poumons de cannabis, les oreilles de bruit.
L'individu n'est alors plus que corpus, un corps qui doit jouir de
tout et immédiatement, voilà la nouvelle raison d'être et d'être reconnu.

Pour certains d'entre-nous ou plutôt des jeunes, fini la conscience
travaillée, façonnée par les parents, les enseignants, les éducateurs.
Fini les règles. On est par ce que l'on possède et non plus par qui
on est. Là n'est pas le problème mais bien la conséquence du problème.

Et pour faire prendre ou re-prendre conscience de la beauté de
l'existence, de la vie, de l'humain, le chemin me semble long,
difficile et tellement semé d'embûches par des démagogues de la bonne
pensée laïcarde. Ils l'ont voulu, ils l'ont fait et ils vont s'enfuir
devant "leur" créature. Seuls resteront à nouveau les consciencieux (de conscience).

Bon, j'arrête là et je m'aperçois que ton texte m'a fait écrire plus
que prévu.


Réponse(s):



Commentaire #0123 ajouté le 03/06/2016 par Vincent Rodriguez (Associé au commentaire #0122)

Le « capitaine du paquebot » a changé de destination.
Les passagers sont-ils d’accord ?


Comme beaucoup de néo-calédoniens, je suis avec intérêt, depuis des décennies, les informations concernant la vie scolaire, sociale, économique, politique de la Nouvelle-Calédonie. J’avoue ne pas comprendre, ou plutôt de comprendre trop bien ce qui se trame dans le dos des Calédoniens, qu’ils soient mélanésiens, européens ou de toute autre ethnie.
Impossible de s’appuyer, pour être correctement informés, sur les résumés des multiples réunions, plus ou moins secrètes, produits par des médias. Ces résumés sont nécessairement partiels et parfois partiaux, souvent erronés. L’objectivité journalistique, bridée par un consensus obligé et une autocensure de la vérité, n’est pas de mise.
Tout comme il est difficile de s’appuyer sur les textes officiels publiés pour des cercles d’initiés et auxquels le grand public n’a pas accès ou très difficilement, ou trop tard pour en saisir toute la complexité. Combien de néo-calédoniens ont seulement vu, et à plus forte raison lu, l’intégralité du texte des « Accords de Nouméa »? Pourtant, la plupart, en réunion de salon nouméen, se livre à des exposés fondés sur les avis ou commentaires exprimés par les média ou les dirigeants politiques. Ce mode de propagation de l’information politique est grave car il concerne et implique toute la population de Nouvelle-Calédonie, sans distinction d’origine ethnique ou sociale. Dès lors, c’est toute la population qui peut être trompée par de faux éclairages du texte initial.
Ce texte initial est pourtant très intéressant, car on y trouve la phraséologie pompeuse caractéristique des rédactions de l’Enarchie des Hauts Fonctionnaires de la République. C'est-à-dire des phrases bien construites, sonnant bien, d’une rhétorique apparemment parfaite. mais dans lesquelles chacun peut trouver la justification de son avis car la construction du texte permet des interprétations multiples. Ces énarques ou haut fonctionnaires, très souvent les deux, sont en effet de vrais « experts » dans la construction de textes dont la forme procure un plaisir auditif certain chez l’auditeur, tandis que le fond est fait d’une parfaite langue de bois à sens multiples.
La forme étant moins importante que le fond, le lecteur doit savoir que « Communiquer et Informer » n’ont pas le même sens. De nos jours on entend trop souvent les « spécialistes en communication ». Rarement de vrais informateurs impartiaux sur le sujet abordé. On communique sur tout mais on s’informe de peu.
La preuve que le texte de l’Accord de Nouméa manquait de clarté, et qu’il continue encore d’en manquer, nous a été donnée par les multiples et très coûteuses réunions du « suivi des accords » : l’explication du sens du texte initial méritait donc tous ces voyages. Il convenait de faire plaisir aux uns et aux autres afin qu’ils disent unanimement que le texte sert bien leurs convictions, ou leur absence de conviction !!.
Une seconde preuve est fournie par le fait que, les discussions ayant lieu à Paris, chaque signataire de l’ « Accord de Nouméa » se déclare là-bas, au sortir des discussions, en accord avec l’interprétation du texte, et donc en accord aussi avec les deux autres partenaires, pour se contredire et montrer les divergences d’interprétation sitôt rentrés à Nouméa.
Par ailleurs, et pour insister sur le mensonge quant au fond du texte, le fait d’avoir prévu trois référendums de sortie de l’ « Accord de Nouméa » en cas de vote opposé à l’Indépendance, signifie tout simplement que le vote populaire n’est pas pris en considération. (Comme n’a pas été pris en considération le vote négatif du référendum de 2005 fait en France pour accepter ou refuser la constitution européenne. Les Français ayant majoritairement dit « non » à la Constitution européenne rédigée par Valéry Giscard D’Estaing, une campagne médiatique d’intoxication collective s’en est suivie pour interpréter le vote comme un vote « contre l’Europe », ce qui n’était pas le cas, et violer ce vote par(lors de la) réunion des députés et les sénateurs (réunis en congrès à Versailles) qui ont adopté la Constitution. Résultats : le projet européen de rapprochement des peuples est devenu une réalité dépourvue d’identité dominée par la Finance et les banques.
Même volonté de violer la démocratie en Nouvelle-Calédonie. Il faudra re-voter et re-re-voter si les résultats du premier et du second référendum ne conviennent pas aux souhaits des rédacteurs de l’Accord : l’indépendance pure et simple de la Nouvelle-Calédonie, masquée derrière le verbiage relatif au « transfert des compétences régaliennes ». Et pourquoi pas un quatrième ou un cinquième référendum ?
Si les rédacteurs savent à l’avance quel est le bon vote acceptable, pourquoi alors recourir à des Référendum falsifiés, et ne pas imposer le choix dès le départ ?....
Parce qu’il fallait prendre tout le temps nécessaire pour que le peuple calédonien se convainc peu à peu que la « solution finale » - pardon : la « bonne » solution - venait de lui et de lui seul. Le peuple doit obéir aux lois votées par ses élus, y compris lorsque ces lois vont à l’encontre de ses intérêts ou de sa volonté. Poussé au paroxysme dans l’Europe des 25, ce viol de la démocratie impose aux élus de se soumettre aux diktats émis par les technocrates de la commission européenne de Bruxelles. Les commissaires européens ne sont pas élus démocratiquement mais cooptés, comme aux plus beaux temps de l’URSS, où le « politbureau » était également coopté. On en a vu le résultat humainement catastrophique. Comme on constate les résultats sociaux, humains, culturels et économiques catastrophiques et destructeurs depuis que l’Europe est gouvernée par des « diktateurs ». Et pourtant l’union européenne est une bonne idée qui a été déformée, hélas!
Comment continuer à croire que les instances dirigeantes élues sont tenues, en démocratie, de respecter la volonté du peuple exprimée par un (ou plusieurs) référendum. Les habitants de la Nouvelle-Calédonie se préparent à participer au référendum pour clarifier une fois pour toutes le problème posé.
Sous réserve bien sûr que les résultats s’imposent à tous ! Les querelles au sujet des listes électorales témoignent des tentatives extrêmes pour achever le viol de la démocratie en Nouvelle-Calédonie. Elles sont en complet désaccord avec la devise imposée à la Nouvelle-Calédonie : « Terre de parole, terre de partage » ?
Ce viol de la démocratie par corps électoral interposé n’est pas le seul. Tandis que, conformément au texte de l’« Accord de Nouméa » ratifié part le peuple calédonien en 1998, plusieurs partis politiques réclament sa stricte application en exigeant d’en sortir par Référendum (1 seul si le vote est en faveur de l’Indépendance ; 3 si le vote est en faveur du maintien dans la République !!!), le sénateur de la Nouvelle-Calédonie, signataire de l’« Accord », propose de passer outre à la ratification populaire en favorisant la rédaction d’un nouvel accord qui sera sans doute concocté et rédigé par les énarques et les fonctionnaires d’Etat.
A-t-il eu cette idée tout seul ou lui a-t-elle été suggérée par ces amis parisiens? Mystère.
Il se trouve – mais ce n’est pas un hasard ?- qu’une drôle de « commission d’experts » arrive en Nouvelle-Calédonie. Bizarrement, les membres de cette « commission » sont les mêmes que ceux qui ont rédigé l’« Accord de Nouméa». Les Calédoniens peuvent donc légitimement se poser des questions sur les réelles intentions de ces « experts » pour leur avenir et pour l’avenir de la Démocratie. Dans la plus parfaite « respectabilité », ils ne respectent pas leurs premières propositions ni les engagements des différents élus et de l’Etat.
Et ce n’est pas un hasard non plus si le nouveau Haut Commissaire de la République qui prendra ses fonctions prochainement (Lataste !) est un revenant qui maîtrise parfaitement la finalité indépendantiste de l’Accord de Nouméa.
L'universitaire Jean-Brice Herrenschmidt, auteur de la devise "Terre de parole, terre de partage", a expliqué qu'elle était une invitation à l'échange culturel et au partage des richesses (www.gouv.nc/). Si cette devise se contente d’inviter à l’échange culturel sans qu’elle implique le respect de toutes les cultures, cela revient à promouvoir le bavardage pour le bavardage, et la suprématie d’une culture sur les autres. La culture de chaque individu est le résultat de son héritage familial, social, éducatif et de son propre vécu. Comme la majorité des Calédoniens est métissée (voire multi métissée !!), quelle peut être sa culture ?
La véritable sanction d’une réussite culturelle, (que l’individu soit métis ou pas !) réside dans sa capacité à s’assumer pleinement, à s’accepter tel qu’il est et à conduire sa vie pour sa propre réussite, dans le respect des autres.
Comment, en effet, connaître l’épanouissement personnel et vivre heureux si la moitié, le tiers, le quart ou le plus petit pourcentage de ce qui fait la personne humaine n’est pas reconnu elle-même ou par les autres ? Nier la plus petite partie de soi-même, tout comme nier la plus petite partie de l’autre, c’est se condamner à vivre dans le mensonge, et dans la promesse de l’échec.
Le « Destin commun » ou le « vivre ensemble » est indissolublement lié à cette réalité. Sans le respect égal de toutes les cultures, on ne peut pas décemment parler de « destin commun », et celui-ci ne peut se contenter d’être un slogan à finalité politique. Il doit intégrer le fait que les Calédoniens devront pousser leur formation scolaire, universitaire et professionnelle de plus en plus loin car, à défaut d’études sérieuses et poussées au maximum de ses capacités, le petit nombre d’habitants de la Nouvelle-Calédonie ne pèsera pas lourd face à la mondialisation et à l’âpreté du capitalisme déshumanisé.
Celui-ci en effet ne s’intéresse pas du tout au quotidien du petit peuple. On le constate partout dans le monde où les déstabilisations des économies et des sociétés, les révolutions téléguidées de l’extérieur, voire les guerres inter étatiques, sont de bons moyens pour vendre des armes, exploiter les matières premières, prendre le contrôle des secteurs les plus productifs (mines ; énergies ; plantations etc…) des pays les plus faibles. Ce faisant, le niveau de vie des populations recule, la population se paupérise, la santé publique et l’accès à l’instruction régresse, quand ce n’est pas la durée de vie des plus fragiles qui se réduit. Les petites gens meurent à la guerre ou de faim…
En revanche, l’exploitation des matières premières étant particulièrement rentable, les actionnaires des grandes compagnies tirent le meilleur profit de la situation. Et la classe sociale dominante ainsi détachée de la population, se lie avec les puissances ou des intérêts d’argent étrangers au pays. Les dépenses d’armement augmentent, au prétexte qu’il faut garantir la sécurité extérieure et la stabilité intérieure.
Le monde étant surpeuplé, beaucoup de dirigeants, politiques ou financiers, malgré leurs discours démagogiques, sont en réalité peu sensibles à toutes ses misères humaines.
En Nouvelle-Calédonie, la notion de « terre de partage » reste beaucoup trop vague pour être un authentique moyen de construire un quelconque « destin commun ». Elle signifie, en théorie, que tous les habitants de Nouvelle-Calédonie partageront toutes les richesses et les moyens de les produire, dans l’intérêt de tous. Dans la pratique, elle est surtout le moyen de contraindre une partie de la population, plutôt d’origine allogène, à partager ce qu’elle a accumulé par son travail et ses impôts avec une population d’origine essentiellement indigène peu productive et toujours branchée sur une revendication nationaliste de nature exclusive.
Ainsi, loin de favoriser un quelconque « destin commun », la notion de « terre de partage » peut se traduire dans les faits par : « ce qui est à moi reste à moi, et ce qui est à toi on partage ». Cette formule bien connue est confortée et actualisée par le livre sorti en 2015 « Pilleurs d’Etat » de Philippe Pascot (Max Milo éditions). L’auteur cite Agatha Christie en exergue de son livre: « Un peuple de moutons finit par engendrer un gouvernement de loups ! ».
N’est-il pas vrai, d’ailleurs, que depuis l’ « Accord de Nouméa », le nombre d’illettrés, de pauvres et de SDF (sans domicile fixe) est en augmentation constante sur le Territoire. Comme d’ailleurs aussi est en augmentation constante le nombre d’autres SDF (sans difficultés financières) !
Entre ces deux catégories de SDF, l’une comparable au prolétariat le plus indigents, l’autre en voie d’accaparement de toutes les richesses, on trouve une classe moyenne en voie de paupérisation : cible favorite d’une fiscalité en hausse, soumise à des réglementations administratives et des contraintes réglementaires de plus en plus exigeantes, elle trouve de moins en moins sa place dans le « destin commun Calédonien ».
Comme le disait à juste titre Roch Wamytan : "Elle (la devise) ne doit pas rester un vœu pieux, mais une parole qui engage"(www.gouv.nc/). Encore faut-il savoir à quoi elle engage. Pour parvenir à la connaissance de ce à quoi on s’engage il faudrait préciser le sens des mots et en expliciter parfaitement la pensée sous jacente. Car l’entente sera impossible si chacun peut donner aux mots employés le sens qui l’arrange. La Tour de Babel ne fut jamais achevée parce que les constructeurs ne se comprenaient plus ! L’expression « Tour de Babel » peut être remplacée par « Nouvelle-Calédonie » !
Comme déjà évoqué, pour éviter le « référendum couperet », le sénateur de la Nouvelle-Calédonie a réussi (sans doute pas tout seul !) à faire nommer par l’Etat une « commission d’experts » dont la mission est de préparer la sortie institutionnelle de « l’Accord de Nouméa » en évitant que le peuple s’exprime par référendum(s).
Les élus calédoniens, et certains autres habitants curieux, ont déjà le texte de « travail » proposé par les « commissaires experts ». Aux dires des rédacteurs, ce texte préliminaire mérite des explications et éventuellement quelques modifications. Ainsi, les élus du peuple auront l’impression de participer à la rédaction finale. Surtout qu’il est prévu de les réunir tous au Congrès afin que les « commissaires désignés » puissent répondre à leurs interrogations et apaiser toutes leurs craintes.
Or, on sait que celui qui est passé maître ès « conduite de réunions » connait d’avance les conclusions vers lesquelles il orientera le débat. Par la suite, les « rédacteurs » du projet du texte de base pourront affirmer que les élus sont les vrais auteurs du texte définitif puisqu’ils sont les décideurs in fine.
Ce « document de travail » est suffisamment complexe pour être incompréhensible pour la grande majorité des élus. En effet, il fait référence à des documents et à des traités de portée internationale que presque aucun élu n’a jamais vu ni, à fortiori, lu.
Cet effet est bien évidemment volontaire. Toutes ces références sont là pour aveugler les décideurs, et justifier ainsi la proposition ultérieure d’une loi fondamentale qui définira le nouveau cadre institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.
C’est là que réside le véritable objectif de la sortie de « l’Accord de Nouméa », car tout le monde sait, ou devrait savoir, qu’une loi fondamentale sert de base à toutes les autres lois. Dans beaucoup de pays, le terme « loi fondamentale » est le terme employé pour désigner une « Constitution », c’est-à-dire le texte directeur d’un nouvel Etat indépendant.
Dans cette perspective, le refus du « référendum couperet » exprime bien la peur de la consultation des électeurs qui pourraient rejeter majoritairement l’Indépendance.
Pour mieux faire avaler la pilule de la « loi fondamentale », les propositions des « commissaires experts » ont toutes les chances de se traduire par une question tarabiscotée et difficilement compréhensible à laquelle les Calédoniens auront le plus grand mal à répondre en connaissance de cause.
Le respect de la volonté du peuple, clairement et simplement exprimée lors des différents votes, est la clé de voûte de toute société démocratique. En Calédonie, comme ailleurs, ce respect est bafoué au quotidien comme dans les choix fondamentaux (Constitution Européenne ; sortie faussée de l’Accord de Nouméa) etc…
En Nouvelle-Calédonie comme en France et en Europe, la démocratie est mourante parce les élus veulent régner en maîtres absolus et imposer des modes de fonctionnements et des intérêts de plus en plus éloignées des aspirations du peuple.
Cette réalité a touché d’abord la question des programmes scolaires de plus en plus appauvrissants et des méthodes pédagogiques de plus en plus douteuses. Ceux-ci et celles-ci ont déjà des résultats très négatifs sur le développement intellectuel et moral des enfants. Et les parents n’ont plus les moyens d’y remédier. Dans ces conditions, le « Contrat social » entre l’école et la famille est rompu, l’échec scolaire augmente et rien ne semble devoir l’arrêter. Les violences, « l’incivisme » et l’absentéisme dans les établissements scolaires ne s’arrêteront pas non plus.
Elle continue sous nos yeux lorsque des « experts commissionnaires » (et certains élus) se mettent à discourir sur les « valeurs » qu’il faut mettre en exergue pour ensuite légiférer et imposer à tous celles qui leurs semblent bonnes. Les populations de Calédonie ont des valeurs de référence différentes, qui cimentent déjà les communautés à l’intérieur d’elles mêmes. Parmi toutes ces valeurs, certaines sont de nature à créer des ponts entre elles. Mais on peut, à juste titre, frémir à l’idée que ces valeurs constitutives d’un peuple puissent être décrétées par une poignée de « philosophes » autoproclamés. Ils veulent légiférer sur l’identité future des néo-calédoniens en oubliant ou en éliminant les racines propres à chacun.
Le terme « identité » est d’ailleurs ambigü. Il peut signifier ce qui est écrit sur le passeport ou sur la carte d’identité de chacun. Pris dans ce sens, l’ « identité » est évolutive et peut facilement être changée. Il peut aussi, et devrait surtout, signifier ce qu’est chaque individu du fait de ses racines familiales, ethniques et sociales. Ce sont ces racines qui participent à son éducation et qui font de lui un être unique et « incopiable », non réductible, non assimilable.
En fait, ce discours sur les valeurs aboutira, dans la logique exclusive de « l’Accord de Nouméa » à renforcer l’ascendant despotique des valeurs océaniennes et particulièrement « kanak » sur les autres ethnies. Outre l’atteinte aux droits de tous que ces dispositions comportent, ce déséquilibre ainsi créé se retournera à terme, ça a déjà commencé pour beaucoup malheureusement, contre les intérêts de la communauté mélanésienne elle-même.
En effet, la Nouvelle-Calédonie a tous les atouts pour servir d’exemple pratique au Village Terre en construction. Grâce à eux, elle peut s’inscrire dans la mondialisation, qui se fait et se fera de toute manière, avec elle ou sans elle. A elle de savoir contrôler et domestiquer son entrée dans cette mondialisation. Sa diversité ethnique et l’égal devenir de toutes les composantes de sa population en est la garantie.
Elle deviendra un contre exemple si ceux qui la dirigent sont aveuglés par leurs petits intérêts passagers ou par leur « philosophie », ou si le destin commun est vécu, comme c’est le cas actuellement, comme la prise de contrôle de l’avenir par une seule ethnie, au motif qu’elle serait « indigène ».
Malgré tous les soubresauts que la société calédonienne vit cycliquement, j’ai toujours constaté sa capacité à réagir positivement. Elle a toujours su tenir compte de sa réalité diverse et complémentaire, acceptée par tous.
Quand on est tout petit, les parents sont les gens forts et aimants qui nous protègent en cas de difficulté.
Ca mérite réflexion !