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Commentaire #0123 ajouté le 03/06/2016 par Vincent Rodriguez (Associé au commentaire #0122)

Le « capitaine du paquebot » a changé de destination.
Les passagers sont-ils d’accord ?


Comme beaucoup de néo-calédoniens, je suis avec intérêt, depuis des décennies, les informations concernant la vie scolaire, sociale, économique, politique de la Nouvelle-Calédonie. J’avoue ne pas comprendre, ou plutôt de comprendre trop bien ce qui se trame dans le dos des Calédoniens, qu’ils soient mélanésiens, européens ou de toute autre ethnie.
Impossible de s’appuyer, pour être correctement informés, sur les résumés des multiples réunions, plus ou moins secrètes, produits par des médias. Ces résumés sont nécessairement partiels et parfois partiaux, souvent erronés. L’objectivité journalistique, bridée par un consensus obligé et une autocensure de la vérité, n’est pas de mise.
Tout comme il est difficile de s’appuyer sur les textes officiels publiés pour des cercles d’initiés et auxquels le grand public n’a pas accès ou très difficilement, ou trop tard pour en saisir toute la complexité. Combien de néo-calédoniens ont seulement vu, et à plus forte raison lu, l’intégralité du texte des « Accords de Nouméa »? Pourtant, la plupart, en réunion de salon nouméen, se livre à des exposés fondés sur les avis ou commentaires exprimés par les média ou les dirigeants politiques. Ce mode de propagation de l’information politique est grave car il concerne et implique toute la population de Nouvelle-Calédonie, sans distinction d’origine ethnique ou sociale. Dès lors, c’est toute la population qui peut être trompée par de faux éclairages du texte initial.
Ce texte initial est pourtant très intéressant, car on y trouve la phraséologie pompeuse caractéristique des rédactions de l’Enarchie des Hauts Fonctionnaires de la République. C'est-à-dire des phrases bien construites, sonnant bien, d’une rhétorique apparemment parfaite. mais dans lesquelles chacun peut trouver la justification de son avis car la construction du texte permet des interprétations multiples. Ces énarques ou haut fonctionnaires, très souvent les deux, sont en effet de vrais « experts » dans la construction de textes dont la forme procure un plaisir auditif certain chez l’auditeur, tandis que le fond est fait d’une parfaite langue de bois à sens multiples.
La forme étant moins importante que le fond, le lecteur doit savoir que « Communiquer et Informer » n’ont pas le même sens. De nos jours on entend trop souvent les « spécialistes en communication ». Rarement de vrais informateurs impartiaux sur le sujet abordé. On communique sur tout mais on s’informe de peu.
La preuve que le texte de l’Accord de Nouméa manquait de clarté, et qu’il continue encore d’en manquer, nous a été donnée par les multiples et très coûteuses réunions du « suivi des accords » : l’explication du sens du texte initial méritait donc tous ces voyages. Il convenait de faire plaisir aux uns et aux autres afin qu’ils disent unanimement que le texte sert bien leurs convictions, ou leur absence de conviction !!.
Une seconde preuve est fournie par le fait que, les discussions ayant lieu à Paris, chaque signataire de l’ « Accord de Nouméa » se déclare là-bas, au sortir des discussions, en accord avec l’interprétation du texte, et donc en accord aussi avec les deux autres partenaires, pour se contredire et montrer les divergences d’interprétation sitôt rentrés à Nouméa.
Par ailleurs, et pour insister sur le mensonge quant au fond du texte, le fait d’avoir prévu trois référendums de sortie de l’ « Accord de Nouméa » en cas de vote opposé à l’Indépendance, signifie tout simplement que le vote populaire n’est pas pris en considération. (Comme n’a pas été pris en considération le vote négatif du référendum de 2005 fait en France pour accepter ou refuser la constitution européenne. Les Français ayant majoritairement dit « non » à la Constitution européenne rédigée par Valéry Giscard D’Estaing, une campagne médiatique d’intoxication collective s’en est suivie pour interpréter le vote comme un vote « contre l’Europe », ce qui n’était pas le cas, et violer ce vote par(lors de la) réunion des députés et les sénateurs (réunis en congrès à Versailles) qui ont adopté la Constitution. Résultats : le projet européen de rapprochement des peuples est devenu une réalité dépourvue d’identité dominée par la Finance et les banques.
Même volonté de violer la démocratie en Nouvelle-Calédonie. Il faudra re-voter et re-re-voter si les résultats du premier et du second référendum ne conviennent pas aux souhaits des rédacteurs de l’Accord : l’indépendance pure et simple de la Nouvelle-Calédonie, masquée derrière le verbiage relatif au « transfert des compétences régaliennes ». Et pourquoi pas un quatrième ou un cinquième référendum ?
Si les rédacteurs savent à l’avance quel est le bon vote acceptable, pourquoi alors recourir à des Référendum falsifiés, et ne pas imposer le choix dès le départ ?....
Parce qu’il fallait prendre tout le temps nécessaire pour que le peuple calédonien se convainc peu à peu que la « solution finale » - pardon : la « bonne » solution - venait de lui et de lui seul. Le peuple doit obéir aux lois votées par ses élus, y compris lorsque ces lois vont à l’encontre de ses intérêts ou de sa volonté. Poussé au paroxysme dans l’Europe des 25, ce viol de la démocratie impose aux élus de se soumettre aux diktats émis par les technocrates de la commission européenne de Bruxelles. Les commissaires européens ne sont pas élus démocratiquement mais cooptés, comme aux plus beaux temps de l’URSS, où le « politbureau » était également coopté. On en a vu le résultat humainement catastrophique. Comme on constate les résultats sociaux, humains, culturels et économiques catastrophiques et destructeurs depuis que l’Europe est gouvernée par des « diktateurs ». Et pourtant l’union européenne est une bonne idée qui a été déformée, hélas!
Comment continuer à croire que les instances dirigeantes élues sont tenues, en démocratie, de respecter la volonté du peuple exprimée par un (ou plusieurs) référendum. Les habitants de la Nouvelle-Calédonie se préparent à participer au référendum pour clarifier une fois pour toutes le problème posé.
Sous réserve bien sûr que les résultats s’imposent à tous ! Les querelles au sujet des listes électorales témoignent des tentatives extrêmes pour achever le viol de la démocratie en Nouvelle-Calédonie. Elles sont en complet désaccord avec la devise imposée à la Nouvelle-Calédonie : « Terre de parole, terre de partage » ?
Ce viol de la démocratie par corps électoral interposé n’est pas le seul. Tandis que, conformément au texte de l’« Accord de Nouméa » ratifié part le peuple calédonien en 1998, plusieurs partis politiques réclament sa stricte application en exigeant d’en sortir par Référendum (1 seul si le vote est en faveur de l’Indépendance ; 3 si le vote est en faveur du maintien dans la République !!!), le sénateur de la Nouvelle-Calédonie, signataire de l’« Accord », propose de passer outre à la ratification populaire en favorisant la rédaction d’un nouvel accord qui sera sans doute concocté et rédigé par les énarques et les fonctionnaires d’Etat.
A-t-il eu cette idée tout seul ou lui a-t-elle été suggérée par ces amis parisiens? Mystère.
Il se trouve – mais ce n’est pas un hasard ?- qu’une drôle de « commission d’experts » arrive en Nouvelle-Calédonie. Bizarrement, les membres de cette « commission » sont les mêmes que ceux qui ont rédigé l’« Accord de Nouméa». Les Calédoniens peuvent donc légitimement se poser des questions sur les réelles intentions de ces « experts » pour leur avenir et pour l’avenir de la Démocratie. Dans la plus parfaite « respectabilité », ils ne respectent pas leurs premières propositions ni les engagements des différents élus et de l’Etat.
Et ce n’est pas un hasard non plus si le nouveau Haut Commissaire de la République qui prendra ses fonctions prochainement (Lataste !) est un revenant qui maîtrise parfaitement la finalité indépendantiste de l’Accord de Nouméa.
L'universitaire Jean-Brice Herrenschmidt, auteur de la devise "Terre de parole, terre de partage", a expliqué qu'elle était une invitation à l'échange culturel et au partage des richesses (www.gouv.nc/). Si cette devise se contente d’inviter à l’échange culturel sans qu’elle implique le respect de toutes les cultures, cela revient à promouvoir le bavardage pour le bavardage, et la suprématie d’une culture sur les autres. La culture de chaque individu est le résultat de son héritage familial, social, éducatif et de son propre vécu. Comme la majorité des Calédoniens est métissée (voire multi métissée !!), quelle peut être sa culture ?
La véritable sanction d’une réussite culturelle, (que l’individu soit métis ou pas !) réside dans sa capacité à s’assumer pleinement, à s’accepter tel qu’il est et à conduire sa vie pour sa propre réussite, dans le respect des autres.
Comment, en effet, connaître l’épanouissement personnel et vivre heureux si la moitié, le tiers, le quart ou le plus petit pourcentage de ce qui fait la personne humaine n’est pas reconnu elle-même ou par les autres ? Nier la plus petite partie de soi-même, tout comme nier la plus petite partie de l’autre, c’est se condamner à vivre dans le mensonge, et dans la promesse de l’échec.
Le « Destin commun » ou le « vivre ensemble » est indissolublement lié à cette réalité. Sans le respect égal de toutes les cultures, on ne peut pas décemment parler de « destin commun », et celui-ci ne peut se contenter d’être un slogan à finalité politique. Il doit intégrer le fait que les Calédoniens devront pousser leur formation scolaire, universitaire et professionnelle de plus en plus loin car, à défaut d’études sérieuses et poussées au maximum de ses capacités, le petit nombre d’habitants de la Nouvelle-Calédonie ne pèsera pas lourd face à la mondialisation et à l’âpreté du capitalisme déshumanisé.
Celui-ci en effet ne s’intéresse pas du tout au quotidien du petit peuple. On le constate partout dans le monde où les déstabilisations des économies et des sociétés, les révolutions téléguidées de l’extérieur, voire les guerres inter étatiques, sont de bons moyens pour vendre des armes, exploiter les matières premières, prendre le contrôle des secteurs les plus productifs (mines ; énergies ; plantations etc…) des pays les plus faibles. Ce faisant, le niveau de vie des populations recule, la population se paupérise, la santé publique et l’accès à l’instruction régresse, quand ce n’est pas la durée de vie des plus fragiles qui se réduit. Les petites gens meurent à la guerre ou de faim…
En revanche, l’exploitation des matières premières étant particulièrement rentable, les actionnaires des grandes compagnies tirent le meilleur profit de la situation. Et la classe sociale dominante ainsi détachée de la population, se lie avec les puissances ou des intérêts d’argent étrangers au pays. Les dépenses d’armement augmentent, au prétexte qu’il faut garantir la sécurité extérieure et la stabilité intérieure.
Le monde étant surpeuplé, beaucoup de dirigeants, politiques ou financiers, malgré leurs discours démagogiques, sont en réalité peu sensibles à toutes ses misères humaines.
En Nouvelle-Calédonie, la notion de « terre de partage » reste beaucoup trop vague pour être un authentique moyen de construire un quelconque « destin commun ». Elle signifie, en théorie, que tous les habitants de Nouvelle-Calédonie partageront toutes les richesses et les moyens de les produire, dans l’intérêt de tous. Dans la pratique, elle est surtout le moyen de contraindre une partie de la population, plutôt d’origine allogène, à partager ce qu’elle a accumulé par son travail et ses impôts avec une population d’origine essentiellement indigène peu productive et toujours branchée sur une revendication nationaliste de nature exclusive.
Ainsi, loin de favoriser un quelconque « destin commun », la notion de « terre de partage » peut se traduire dans les faits par : « ce qui est à moi reste à moi, et ce qui est à toi on partage ». Cette formule bien connue est confortée et actualisée par le livre sorti en 2015 « Pilleurs d’Etat » de Philippe Pascot (Max Milo éditions). L’auteur cite Agatha Christie en exergue de son livre: « Un peuple de moutons finit par engendrer un gouvernement de loups ! ».
N’est-il pas vrai, d’ailleurs, que depuis l’ « Accord de Nouméa », le nombre d’illettrés, de pauvres et de SDF (sans domicile fixe) est en augmentation constante sur le Territoire. Comme d’ailleurs aussi est en augmentation constante le nombre d’autres SDF (sans difficultés financières) !
Entre ces deux catégories de SDF, l’une comparable au prolétariat le plus indigents, l’autre en voie d’accaparement de toutes les richesses, on trouve une classe moyenne en voie de paupérisation : cible favorite d’une fiscalité en hausse, soumise à des réglementations administratives et des contraintes réglementaires de plus en plus exigeantes, elle trouve de moins en moins sa place dans le « destin commun Calédonien ».
Comme le disait à juste titre Roch Wamytan : "Elle (la devise) ne doit pas rester un vœu pieux, mais une parole qui engage"(www.gouv.nc/). Encore faut-il savoir à quoi elle engage. Pour parvenir à la connaissance de ce à quoi on s’engage il faudrait préciser le sens des mots et en expliciter parfaitement la pensée sous jacente. Car l’entente sera impossible si chacun peut donner aux mots employés le sens qui l’arrange. La Tour de Babel ne fut jamais achevée parce que les constructeurs ne se comprenaient plus ! L’expression « Tour de Babel » peut être remplacée par « Nouvelle-Calédonie » !
Comme déjà évoqué, pour éviter le « référendum couperet », le sénateur de la Nouvelle-Calédonie a réussi (sans doute pas tout seul !) à faire nommer par l’Etat une « commission d’experts » dont la mission est de préparer la sortie institutionnelle de « l’Accord de Nouméa » en évitant que le peuple s’exprime par référendum(s).
Les élus calédoniens, et certains autres habitants curieux, ont déjà le texte de « travail » proposé par les « commissaires experts ». Aux dires des rédacteurs, ce texte préliminaire mérite des explications et éventuellement quelques modifications. Ainsi, les élus du peuple auront l’impression de participer à la rédaction finale. Surtout qu’il est prévu de les réunir tous au Congrès afin que les « commissaires désignés » puissent répondre à leurs interrogations et apaiser toutes leurs craintes.
Or, on sait que celui qui est passé maître ès « conduite de réunions » connait d’avance les conclusions vers lesquelles il orientera le débat. Par la suite, les « rédacteurs » du projet du texte de base pourront affirmer que les élus sont les vrais auteurs du texte définitif puisqu’ils sont les décideurs in fine.
Ce « document de travail » est suffisamment complexe pour être incompréhensible pour la grande majorité des élus. En effet, il fait référence à des documents et à des traités de portée internationale que presque aucun élu n’a jamais vu ni, à fortiori, lu.
Cet effet est bien évidemment volontaire. Toutes ces références sont là pour aveugler les décideurs, et justifier ainsi la proposition ultérieure d’une loi fondamentale qui définira le nouveau cadre institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.
C’est là que réside le véritable objectif de la sortie de « l’Accord de Nouméa », car tout le monde sait, ou devrait savoir, qu’une loi fondamentale sert de base à toutes les autres lois. Dans beaucoup de pays, le terme « loi fondamentale » est le terme employé pour désigner une « Constitution », c’est-à-dire le texte directeur d’un nouvel Etat indépendant.
Dans cette perspective, le refus du « référendum couperet » exprime bien la peur de la consultation des électeurs qui pourraient rejeter majoritairement l’Indépendance.
Pour mieux faire avaler la pilule de la « loi fondamentale », les propositions des « commissaires experts » ont toutes les chances de se traduire par une question tarabiscotée et difficilement compréhensible à laquelle les Calédoniens auront le plus grand mal à répondre en connaissance de cause.
Le respect de la volonté du peuple, clairement et simplement exprimée lors des différents votes, est la clé de voûte de toute société démocratique. En Calédonie, comme ailleurs, ce respect est bafoué au quotidien comme dans les choix fondamentaux (Constitution Européenne ; sortie faussée de l’Accord de Nouméa) etc…
En Nouvelle-Calédonie comme en France et en Europe, la démocratie est mourante parce les élus veulent régner en maîtres absolus et imposer des modes de fonctionnements et des intérêts de plus en plus éloignées des aspirations du peuple.
Cette réalité a touché d’abord la question des programmes scolaires de plus en plus appauvrissants et des méthodes pédagogiques de plus en plus douteuses. Ceux-ci et celles-ci ont déjà des résultats très négatifs sur le développement intellectuel et moral des enfants. Et les parents n’ont plus les moyens d’y remédier. Dans ces conditions, le « Contrat social » entre l’école et la famille est rompu, l’échec scolaire augmente et rien ne semble devoir l’arrêter. Les violences, « l’incivisme » et l’absentéisme dans les établissements scolaires ne s’arrêteront pas non plus.
Elle continue sous nos yeux lorsque des « experts commissionnaires » (et certains élus) se mettent à discourir sur les « valeurs » qu’il faut mettre en exergue pour ensuite légiférer et imposer à tous celles qui leurs semblent bonnes. Les populations de Calédonie ont des valeurs de référence différentes, qui cimentent déjà les communautés à l’intérieur d’elles mêmes. Parmi toutes ces valeurs, certaines sont de nature à créer des ponts entre elles. Mais on peut, à juste titre, frémir à l’idée que ces valeurs constitutives d’un peuple puissent être décrétées par une poignée de « philosophes » autoproclamés. Ils veulent légiférer sur l’identité future des néo-calédoniens en oubliant ou en éliminant les racines propres à chacun.
Le terme « identité » est d’ailleurs ambigü. Il peut signifier ce qui est écrit sur le passeport ou sur la carte d’identité de chacun. Pris dans ce sens, l’ « identité » est évolutive et peut facilement être changée. Il peut aussi, et devrait surtout, signifier ce qu’est chaque individu du fait de ses racines familiales, ethniques et sociales. Ce sont ces racines qui participent à son éducation et qui font de lui un être unique et « incopiable », non réductible, non assimilable.
En fait, ce discours sur les valeurs aboutira, dans la logique exclusive de « l’Accord de Nouméa » à renforcer l’ascendant despotique des valeurs océaniennes et particulièrement « kanak » sur les autres ethnies. Outre l’atteinte aux droits de tous que ces dispositions comportent, ce déséquilibre ainsi créé se retournera à terme, ça a déjà commencé pour beaucoup malheureusement, contre les intérêts de la communauté mélanésienne elle-même.
En effet, la Nouvelle-Calédonie a tous les atouts pour servir d’exemple pratique au Village Terre en construction. Grâce à eux, elle peut s’inscrire dans la mondialisation, qui se fait et se fera de toute manière, avec elle ou sans elle. A elle de savoir contrôler et domestiquer son entrée dans cette mondialisation. Sa diversité ethnique et l’égal devenir de toutes les composantes de sa population en est la garantie.
Elle deviendra un contre exemple si ceux qui la dirigent sont aveuglés par leurs petits intérêts passagers ou par leur « philosophie », ou si le destin commun est vécu, comme c’est le cas actuellement, comme la prise de contrôle de l’avenir par une seule ethnie, au motif qu’elle serait « indigène ».
Malgré tous les soubresauts que la société calédonienne vit cycliquement, j’ai toujours constaté sa capacité à réagir positivement. Elle a toujours su tenir compte de sa réalité diverse et complémentaire, acceptée par tous.
Quand on est tout petit, les parents sont les gens forts et aimants qui nous protègent en cas de difficulté.
Ca mérite réflexion !

Commentaire #0122 ajouté le 02/09/2015 par Dominique

Bonjour Vincent,

C'est avec grand plaisir et attention que je lis ton travail, je te
remercie au passage d'avoir bien voulu me le transférer.

Je n'ai pas fini de le lire et si tu me le permets, j'aimerai
intervenir sur un des nombreux points que tu abordes.

"Les parents ont voulu avoir un enfant par amour. Celui-ci a besoin de
leur amour dès avant sa naissance, pendant toute sa prime enfance et
son adolescence pour recevoir une bonne éducation." V.R.

Hélas, trois fois hélas ! Là aussi la société a changé et les
mentalités avec. Je vis depuis 20 ans en brousse, sur la Côte Est, les
vieux se désespèrent de voir certains jeunes "copuler gaiement"
rassasiant ainsi une envie corporelle sans avoir une once de réflexion
quant à leur acte et aux suites possibles. Quid de l'amour ? Je
n'évoquerai pas ici les mst (maladies sexuellement transmissibles) mais
la future maternité et paternité de gamins non-encore accomplis,
incapables de s'occuper d'eux-mêmes et encore moins d'un enfant.
Combien en ai-je vu avec un bébé dans le ventre ou après l'accouchement ?
C'est un peu comme s'ils avaient un jouet qui les ferai passer au
"grade" d'adulte vis à vis de leurs familles, des amis, de la société.
C'est ainsi que trop d'enfants "poussent comme des herbes folles" comme
le dit si bien une amie. Livrés à eux mêmes, sans repères, baladés de
familles accueillantes, d'oncles en tantes, de grands-parents et parfois
au final à la maison d'enfance où trop d'enfants viennent grossir
l'association.

Voici, un des méfaits majeur de la société de consommation, chacun
peut se remplir comme il veut, se remplir le ventre de nourriture,
d'alcool ou d'enfant, les poumons de cannabis, les oreilles de bruit.
L'individu n'est alors plus que corpus, un corps qui doit jouir de
tout et immédiatement, voilà la nouvelle raison d'être et d'être reconnu.

Pour certains d'entre-nous ou plutôt des jeunes, fini la conscience
travaillée, façonnée par les parents, les enseignants, les éducateurs.
Fini les règles. On est par ce que l'on possède et non plus par qui
on est. Là n'est pas le problème mais bien la conséquence du problème.

Et pour faire prendre ou re-prendre conscience de la beauté de
l'existence, de la vie, de l'humain, le chemin me semble long,
difficile et tellement semé d'embûches par des démagogues de la bonne
pensée laïcarde. Ils l'ont voulu, ils l'ont fait et ils vont s'enfuir
devant "leur" créature. Seuls resteront à nouveau les consciencieux (de conscience).

Bon, j'arrête là et je m'aperçois que ton texte m'a fait écrire plus
que prévu.

Commentaire #0121 ajouté le 21/08/2015 par Vincent RODRIGUEZ

Eh si on apprenait à marcher sur les pieds ?

Cette question mérite d’être posée parce que, depuis une cinquantaine d’années, dans le domaine de l’enseignement, on marche sur la tête.
Depuis que des réformes comme « l’éveil » et « la méthode globale de lecture » et bien d’autres qui ont suivi et celles préparées pour la rentrée 2016, le niveau des élèves français n’a fait que chuter. Et ce n’est pas fini !
Tel est le constat des tests d’évaluation Pisa ou de l’OCDE reconnus au niveau mon-dial et européen. Dans le test d’évaluation Pisa les universités françaises du Pacifique figu-raient parmi les dernières de la France. Les plus pénalisées par cette chute ont été et sont les enfants des classes ouvrières, des chômeurs, des familles cassées, décomposées, recomposées et des femmes-mères seules.
Pourtant, depuis des années, des universitaires, des écrivains, des professeurs de lycée ou des écoles et beaucoup de personnes observatrices du niveau scolaire français l’ont dit et le disent, l’ont écrit et l’écrivent, comme je l’ai dit publiquement autrefois et écrit plus récem-ment : « La déliquescence » de l’enseignement français est une triste réalité. (Voir, entre autres, mon livre : « Parents absents….enfants perdus » in www.vrodriguez.com).
« Tout récemment, le 08 juillet 2015, la Commission d’enquête parlementaire sur le fonctionnement du service public de l’éducation et sur la perte des repères républicains dans les établissements scolaires a formulé des réformes nécessaires pour sauver l’école ». Le séna-teur Jacques Grosperrin a présenté le rapport : « Faire revenir la République à l’école ». Vingt propositions y sont faites et aussitôt brocardées par les pédagogistes qui se sont approprié, depuis les années 60, les « lois et règlements » de l’école.
Le constat de l’illettrisme et celui de ses mauvaises conséquences sociétales, en aug-mentation permanente, pour les jeunes qui sortent de l’école ne peuvent pas être niés objecti-vement.
Mais, attention, tous ceux et toutes celles qui déplorent ce constat sont considérés par les néo-pédagogues, les ministres successifs, leurs porte-paroles et les médias officiels comme des mal pensants réactionnaires et anti-progressistes.
A force d’entendre les « bien-pensants politiquement corrects » pérorer sur le bien fondé de leurs théories idéologiques on va finir par croire que les mots « réactionnaire et anti-progressiste » sont des adjectifs qualificatifs vraiment positifs et très valorisants.
En effet, les enseignants courageux qui osent enseigner les programmes basiques avec des méthodes pédagogiques éprouvées parviennent à donner une instruction et une éducation de bien meilleure qualité que ceux qui suivent béatement les consignes officielles. Ces ensei-gnants courageux savent s’adapter à leurs élèves pour leur donner les bonnes bases d’instruction et d’éducation. Ils ont le savoir et prennent le pouvoir pour le faire Certes aussi, ces enseignants courageux s’exposent au courroux des supérieurs hiérarchiques et à l’application de la « force» de la loi. Cherchez l’erreur !
A croire aussi que les syndicats professionnels de l’enseignement sont de connivence avec leur autorité et le législateur car ils n’ont pas vraiment pris la défense des enseignants agressés ou souffrants à cause de leurs conditions humaines de travail. Ils ont collaboré et collaborent encore à la rédaction des textes en vigueur ou à venir! Ils portent, en partie, la responsabilité des mauvaises conditions de travail des enseignants, qu’ils disent défendre, et de la chute de la qualité de l’enseignement.
Point n’est besoin de citer des réalités vécues en France Métropolitaine pour argumen-ter sur les mauvais résultats scolaires et éducationnels. Le pourcentage des réussites au bacca-lauréat (87.8% en 2015) n’est plus une preuve du bon fonctionnement ni de la bonne qualité du système éducatif français imposé. Chaque année, pour telle ou telle matière fondamentale, les notes sont arrangées en faveur des élèves. Des consignes sont données pour une notation bienveillante. Les matières facultatives ajoutent des points qui comblent souvent, pour l’examen, d’autres faiblesses plus incapacitantes pour l’épanouissement de l’élève et pour la qualité de son travail.
La réalité néo-calédonienne en fournit assez d’exemples sur l’illettrisme et sur la vio-lence de la jeunesse. La population locale est plus sensible parce qu’elle est directement con-cernée. Citons des exemples bien connus localement :
Tous les calédoniens se souviennent de ce qui est arrivé dans un lycée de Bourail….Ce n’est pas si lointain!
Tous les calédoniens se souviennent de ce qui est arrivé dans des écoles de Païta….C’est assez récent !
Les « responsables » pédagogiques, politiques, parentaux et des élèves se réunirent, discutèrent par petits et grands groupes….
Des questions doivent être posées. Quel est le coût réel en heures de réunions, en dé-placements et pour le remplacement ou la restauration du matériel ? Quel est le bénéfice sco-laire et éducationnel retiré de toutes ces réunions par les jeunes?....Après des jours de classe perdues, les cours ont pu reprendre certes mais dans quelle ambiance de travail ?
Officiellement ces réunions furent une réussite !
Une émission de la télévision locale fut dédiée à cette violence chez les jeunes de 15 à 18 ans. Les intervenants étaient de qualité. Leurs affirmations concordantes. La péroraison de l’émission pour résoudre le problème de la violence dans les lieux d’enseignement fut et ne pouvait être que sans effet positif envisageable.
Le problème était mal posé.
Parce que les jeunes doivent commencer dès leur prime enfance à apprendre et à prati-quer le respect de soi, des autres, de leur outil d’apprentissage comme de leur environnement en général. Le mot instruire signifie normalement « donner des connaissances, des enseigne-ments, augmenter le savoir, l’expérience de quelqu’un » (dict. La Rousse). Le mot éduquer signifie normalement conduire, indiquer le chemin à suivre par les jeunes, et bien souvent les y ramener, pour qu’ils aboutissent à leur plein épanouissement.
C’est mentir et se mentir que de croire que l’on peut éduquer les jeunes de 15 ans et plus s’ils n’ont pas reçu dès leur naissance les bases scolaires et éducationnelles. « Rien ne sert de courir, il faut partir à point ».Les psychologues de l’enfance expliquent bien que la course de la vie humaine et de son éducation débute dès avant la naissance. Les premières années sont primordiales pour le bon épanouissement des jeunes. Celui qui rate le départ perd la course. Le découragement est normal. Le premier travail des multiples organismes de rat-trapage scolaire et éducationnel devrait être de redonner le moral. Parce que tout être humain peut changer et il y en a qui y parviennent après des efforts personnels extraordinaires. Félici-tations à eux !
Les conséquences négatives de ce « laisser aller » légalisé, imposé par ce pédagogisme idéologique, frappe les établissements scolaires et la société de plein fouet. Parce qu’il suffit qu’une petite partie du corps soit malade pour que tout le corps se sente mal et parfois se meure!
Plus récemment, un internat a été « visité » (mot pudique pour dire qu’il y a eu des vols) et saccagé. Un « incident » de plus !
Devant la consternation justifiée des responsables de l’établissement, le Gouvernement, les responsables de l’Enseignement et des associations des parents d’élèves ont accouru. Ce fut un geste fort d’encouragement pour les responsables de l’établissement. Merci à eux pour ce geste! Et après ?
« Pour bien apprendre, il faut vivre dans un climat correct et de qualité » (parole attri-buée au Vice-recteur par un « blog » local). Certes oui, c’est une condition nécessaire basique.
Que doivent faire les enseignants pour créer ce climat quand ils ne peuvent plus se faire écouter ni obéir à cause de quelques élèves perturbateurs ? Demandez aux professeurs du col-lège qui n’ont trouvé que le moyen ultime, et certainement à contre cœur, de la grève pour protester contre les multiples « incivilités » (quel joli mot de la novlangue) auxquelles ils sont exposés à longueur des journées. Cela s’est passé encore récemment. Que doivent-ils faire pour créer ce climat pour apprendre quand ils ne peuvent plus dire à l’élève que la leçon n’est pas apprise ou le devoir non fait? Car, s’ils disent la vérité ils peuvent s’exposer au courroux d’abord des élèves et ensuite des parents, voire de leur hiérarchie. Ces enseignants ne seront pas nécessairement soutenus par leurs supérieurs hiérarchiques. D’ailleurs, avec les lois en vigueur, souvent proposées par les pédagogistes politiquement corrects et certains syndicats, peuvent-ils être soutenus ?
Pour résoudre ce grave problème, on conseille aux enseignants de dialoguer avec les enfants. Ils l’ont toujours fait ou essayé de le faire et le font encore. Mais, pour dialoguer il faut être deux. Or quand l’autre, l’élève, n’est pas là, mentalement ou physiquement, que peut faire l’enseignant ?...Se mettre en congé maladie ? Opter pour un poste administratif dans un bureau tranquille ? Essayer de se placer sur une liste électorale en place d’éligible ? On estime à plus de soixante mille (60.000) le nombre d’enseignants qui ne sont pas devant les élèves. L’Education Nationale ignore le chiffre exact ! A raison de vingt(20) élèves par classe cela fait trois mille(3000) classes. Ou, pour résumer, les enseignants ont la solution de fuir car ils sont privés des moyens pour pouvoir exercer la profession qui est d’instruire et d’éduquer. Les multiples activités ludiques périscolaires faites pendant les heures de cours sont très souvent aussi une fuite. Un abandon de l’essentiel pour l’accessoire.
Les parents d’élèves se plaignent du « manque d’un système d’alarme et affirment que la sécurité des enfants, surtout des jeunes filles, est en jeu »(même source, « Blog » local). Certes ils ont raison. Mais les créateurs de l’insécurité dans les établissements scolaires ne sont-ils pas les enfants des parents des élèves ? Et les parents ne sont-ils pas les premiers res-ponsables de l’éducation de leurs enfants ? A leur décharge on peut dire qu’ils ont été, eux aussi, privés de certains moyens de coercition pour obliger leurs enfants à bien se conduire. Qu’on n’interprète pas cette affirmation comme l’acceptation de la violence des maîtres ou des parents. Ce serait une grossière erreur. Mais quand un enfant récalcitrant refuse d’obéir et teste ou outrepasse les limites de ce qui est acceptable, un geste de la main ou une petite fessée devient le seul discours compréhensible par lui. Et quand l’amour vrai du jeune porte ce geste difficile, l’enfant le comprendra intérieurement et plus tard il remerciera. Il est certainement plus difficile de dire catégoriquement non quand c’est justifié et nécessaire que de satisfaire tous les caprices. Dans le cas contraire, ne peut-on pas parler de non assistance à personne en danger ?
L’administration va se précipiter pour donner satisfaction aux parents, à sa façon, en installant la vidéo surveillance dans de nombreux établissements. Encore une façon de botter en touche sans résoudre le problème. Ce moyen sera inefficace pour que les jeunes perturba-teurs, les avinés ou cannabisés, ou les deux, se comportent normalement. Les policiers ou les gendarmes trouveront peut-être les jeunes responsables des « incivilités » grâce aux caméras de vidéo surveillance. Ils passeront du temps pour faire leurs rapports aux juges pour mineurs. Ces derniers vont sermonner les coupables, souvent récidivistes. Certains de ces jeunes récal-citrants seront mis dans des maisons spéciales pour jeunes délinquants. Autant de solutions de la dernière chance.
Ces jeunes ont perdu la première chance d’être bien instruits et éduqués parce que les parents d’abord et le système social ensuite n’ont pas su ou voulu la leur donner ou la leur imposer.
Les parents sont les premiers responsables de l’éducation de leur enfant. Ils doivent assumer cette responsabilité s’ils veulent que l’éducation de leur jeune soit réussie. Ceci est vrai indépendamment de l’ethnie ou de la classe sociale des parents. L’enfant a besoin de la présence effective et affective des parents pour l’écouter, pour lui apprendre à marcher, à par-ler et pour suivre son apprentissage des leçons ou simplement pour être là et mutuellement se regarder vivre. Il a besoin de sentir qu’on s’occupe de lui. Il a besoin de connaître l’histoire familiale et ses valeurs pour être vraiment lui-même.
Son éducation ne se fera pas bien si elle est confiée au poste de télévision, à internet ou au téléphone mobile. Il est vrai que ces outils de communication bien utilisés peuvent servir pour l’instruction des jeunes. Mais force est de constater qu’ils servent le plus souvent pour leur distraction et pour insuffler dans leur tête des images ou des idées contraires et néfastes à une bonne éducation. Les enfants n’ont pas encore acquis le pouvoir de discernement. Cela s’apprend aussi.
Le temps passé devant les écrans est tellement important que les jeunes n’en ont plus pour étudier leurs leçons ni pour bien faire leurs devoirs scolaires. C’est plus facile et moins ennuyeux de regarder un film, de jouer ou de « chatter » (le SMS a un coût finalement impor-tant) que d’apprendre les leçons et faire les devoirs scolaires. Les parents laissent faire par facilité. Ils ne se rendent pas compte que, ce faisant, leurs enfants s’éloignent deux. Alors la cohésion familiale ne se construit pas ou disparait. Le groupe « familial » vit alors en juxtapo-sition d’individus isolés. Les parents vont ensuite se plaindre que leur enfant n’est ni instruit ni éduqué. Ils protesteront intérieurement ou en groupe contre le système éducatif qui échoue dans l’instruction et l’éducation de leur enfant. Ils en sont les premiers responsables. Mais il est toujours plus facile de voir la paille dans l’œil du voisin que la poutre dans le sien. On cherche souvent le coupable ailleurs qu’en soi-même…..
Les parents ont voulu avoir un enfant par amour. Celui-ci a besoin de leur amour dès avant sa naissance, pendant toute sa prime enfance et son adolescence pour recevoir une bonne éducation. Or celle-ci ne peut pas être donnée, et à fortiori reçue par l’enfant, si tout jeune il est confié à une garderie ou à une crèche. Quelques soient les qualités des personnels travaillant dans ces établissements, ils ne peuvent pas remplacer le rôle affectif et formateur des parents. L’enfant se sent abandonné par ceux qui lui ont donné la vie et auxquels il est viscéralement attaché. Il est surtout attaché à sa mère qui l’a senti vivre et grandir pendant neuf mois, dans la joie profonde et parfois dans la douleur. Le nouveau né, le jeune enfant, ne sait pas et ne peut pas l’exprimer pour le moment mais, quand il est confié à de tierces per-sonnes, petit à petit il sentira que ceux qui lui ont donné la vie l’ont abandonné. Comment peut-il croire que des personnes étrangères vont l’aimer vraiment? Il cherchera et trouvera un erzats familial avec les copains ou les « bandes ». Des liens forts s’établiront entre eux pour mener ensemble une vie parallèle souvent nuisible à leur épanouissement normal.
Les parents et leurs enfants souffrent de cette situation. Les uns et les autres s’enferment dans cette souffrance sans trop savoir comment agir pour y mettre un terme. Pour pallier à ce constat, il y a quelques années, le CDUH (Collectif d’Urgence Humanitaire) avait proposé d’organiser ce qu’on peut appeler « l’école des parents ». Ce collectif voulait sim-plement accompagner les parents et leurs enfants pour donner une formation adéquate à la gestion de la vie familiale. Plusieurs groupes de parents intéressés s’étaient portés volontaires avant l’acceptation de la formation par les décideurs locaux. Ceux-ci ne donnèrent pas suite au prétexte du coût soi-disant élevé. Question : quel est le coût actuel, pour la société, de l’illettrisme et des « incivilités » galopantes ?... C’est vrai aussi «qu’une certaine fonctionnaire bien placée » voulut s’approprier ce projet humanitaire indispensable. Elle aurait dû s’approprier d’abord les qualités nécessaires pour le développer ! Projet mort-né.
Il est vrai que les parents et les enseignants sont prioritairement responsables de l’instruction et de l’éducation de la jeunesse. Mais que peuvent-ils faire quand le législateur, la société ou certaines idéologies les privent des moyens nécessaires pour accomplir correctement leur devoir ?
Le législateur après avoir saboté les programmes scolaires et les méthodes pédago-giques éprouvés a réduit à néant l’autorité, donc la responsabilité, nécessaire des parents et des enseignants pour éduquer et instruire les enfants. Des écrivains, des universitaires, des professeurs de lycée et des écoles et votre serviteur ont déjà beaucoup écrit sur ce thème. Ils ont vite été ostracisés par le « politiquement correct » porté par les gouvernements successifs, des associations (combien de membres ?) subventionnées et les média aux ordres. Le résultat de cet ostracisme politico-médiatico-idéologique est que l’enfant dont ils voulaient faire un roi est devenu un malheureux sans avenir. Probablement les responsables de cet état de fait sont parvenus à leur résultat voulu, l’incompétence généralisée, parce qu’ils savaient que la foule ignare est plus malléable que la foule instruite qui réfléchit. C’est la 7ème des dix stratégies de manipulation de masses de l’universitaire et écrivain américain Noam Chomsky : « Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise ».
La société, assujettie à la grande consommation, a rendu les êtres humains esclaves de l’avoir et des apparences. Celui ou celle qui ne porte pas le dernier tricot ou la dernière robe à la mode est déconsidéré. Celui ou celle qui n’a pas le dernier téléphone mobile ou le dernier i-pad est considéré aussi comme attardé. Tous ces vêtements et outils de communications sont fabriqués par des ouvriers sous-payés, les esclaves du XXI siècle. Ils sont achetés par des per-sonnes qui vivent au-dessus de leurs moyens, souvent à crédit et ou dans la pauvreté. Autre-fois on condamnait le pauvre qui volait pour manger. Aujourd’hui on condamne ou on répri-mande parce qu’on vole l’outil ou le vêtement qui permet de ressembler aux autres. Est-ce ça le progrès ? Est-ce être soi-même ou une copie conforme de l’autre ?
Pour faciliter la progression économique, les grands bénéficiaires financiers ont favorisé l’idéologie égalitaire hommes/femmes dans le monde du travail professionnel. Les rentrées financières augmentent dans les familles. La consommation et les prix aussi. Le pouvoir d’achat diminue et les grands groupes financiers s’enrichissent.
A travail égal, salaire égal : ceci est normal et cela devrait être appliqué partout sans que l’on soit obligé de légiférer. La société entend par travail celui qui est réalisé en dehors de la maison. Celui réalisé par la femme au foyer(ou l’hommme) n’est pas considéré comme tel mais souvent déconsidéré. Et pourtant elle en réalise beaucoup, dont celui de s’occuper de l’éducation de leurs enfants et du suivi scolaire. Les multiples petites tâches journalières lais-sent peu de temps libre. Très probablement la femme au foyer fait plus de trente cinq (35) heures hebdomadaires. Alors, pourquoi ne la rétribue-t-on point par un salaire et divers droits y attachés? La femme au foyer travaille autant, peut-être plus, que celle qui va au bureau. Il y aurait un peu plus d’égalité salariale entre les femmes. Et l’Etat ferait des économies globale-ment : Il y aurait moins d’écoles de la deuxième change, moins de frais pour la réinsertion, moins de frais de réparation ou de remplacement provoqués par les « incivilités ». Il y aurait surtout, si le suivi éducationnel et scolaire est bien fait, un mieux vivre familial et sociétal. Tout ceci a un prix payé par le contribuable !
Quand les deux parents décident de travailler en dehors de la maison, c’est leur choix, ils devraient compenser en consacrant à leurs enfants le temps restant pour créer des liens familiaux solides et s’occuper de leur scolarité. Mais beaucoup préfèrent se revoir entre amis ou connaissances. On donne une certaine somme à l’enfant ou on lui laisse au frigidaire le repas préparé…et il se débrouille. D’autres préfèrent aller jouer au bingo, avec ou sans les enfants. Comment s’occuper de l’éducation et de l’instruction de ses enfants quand on ne vit pas avec eux ?
Autrefois, quand la famille était réunie à la maison et avant que l’enfant ne s’endorme, le père ou la mère allait à côté de l’enfant couché près à s’endormir pour lui lire une histoire tirée d’un livre pour enfant. L’enfant était aux anges et en redemandait. Il allait parfois, quand il savait à peine lire, prendre le livre à histoires pour le lire en catimini ou regarder les images. Il prenait ainsi goût à la lecture et petit à petit il se mettait tout seul à lire pour découvrir les belles histoires. Il se mettait en valeur devant ses camarades quand il les leur racontait. Mais toutes les familles n’ont pas de bibliothèque à la maison. C’est vrai. Mais toutes les écoles ont dans leur bibliothèque des livres à prêter. Par ailleurs les municipalités s’efforcent de créer des centres de lecture adaptés au niveau des enfants. Les moyens pour donner le goût de la lecture existent bien. Aux parents de vouloir les utiliser pour le bien et par amour de leurs enfants.
Les professeurs des écoles peuvent aussi prêter aux enfants des livres à lire à la maison. Si le maître ou la maîtresse font faire par l’élève, devant la classe, le récit de l’histoire lue, il (elle) pourra se rendre compte des progrès dans la compréhension et l’expression orale des élèves.
Bien comprendre et bien s’exprimer sont des bases pour bien s’instruire et être bien éduqué. Cela évite les incompréhensions et les « incivilités ».
Bref, la liste explicative des causes de l’illettrisme et des « incivilités » de la jeunesse calédonienne serait encore longue…Nombreux sont aussi les cas spécifiques !
Non, on ne peut pas abandonner ces jeunes paumés et dans la souffrance. Oui, ils ont besoin d’aide pour qu’ils puissent s’en sortir. Les moyens existent déjà. Mais le laxisme prôné et l’hédonisme sacralisé obscurcissent la vision des moyens basiques existants.
Le constat médiatisé de ces « incivilités » attire l’attention du grand public. Ce dernier est privé d’admirer la grande majorité des jeunes actifs et positifs, studieux et bien éduqués.
Enfin, si on veut vraiment lutter contre l’illettrisme et contre les violences tout en don-nant aux élèves une bonne instruction et une bonne éducation il faudrait :
1°) Redonner aux responsables des établissements, aux enseignants et aux éducateurs (autres fois les surveillants) les moyens légaux pour qu’ils puissent faire leur travail correcte-ment. Donner à ces personnels le pouvoir de récompenser et de sanctionner quand ils l’estiment juste et nécessaire ; autrement dit, appliquer réellement le principe de subsidiarité.
2°) Revenir à l’essentiel de l’école, c'est-à-dire apprendre aux jeunes à lire, à écrire, à compter (sans calculette), à comprendre ce qu’ils apprennent et à réfléchir personnellement. Apprendre et faire vivre, dès le plus jeune âge, le respect des autres, du matériel et de la na-ture. Est-ce qu’on peut exiger que l’élève ramasse le papier qu’il a jeté par terre ? Après on s’étonne que les bords des routes soient emplies de toute sorte de détritus…
Alors les jeunes apprendront, quand ils auront acquis ces bases, ce qui est le vrai plaisir et ce qui est nécessaire à leur véritable épanouissement. Le plaisir d’une bonne récolte ne peut venir qu’après les efforts préalables pour bien travailler la terre et bien semer. Malgré quelques incidents climatiques dans le monde agricole ou des accidents, maladies ou autres dans le cursus de la vie humaine la comparaison est bien vraie.

A Nouméa, le 20/08/2016
Vincent Rodriguez

Commentaire #0120 ajouté le 21/07/2015 par MIKAELE vAIMUA SELUI

Merci Vincent pour la publication de ma pensée qui coure mais pas forcément réfléchie. Je tiens à te remercier pour nous rappeler toujours l'essentiel et nous ramener à l'essentiel.
Le vivre ensemble est à mon humble avis comme l'horizon plus on s'approche plus il s'éloigne. C'est que sans doute je ne fais pas la bonne approche. Cependant, dans le moment présent le vivre ensemble est tellement évident quand ne s'en aperçoit pas.
Merci encore Vincent de nous partager ta sagesse. ALOFA ATU

Commentaire #0119 ajouté le 21/07/2015 par Mika

Le point de vue de ce qu’on appelait au 18ème siècle
« un sauvage »
Le vivre ensemble :
En France métropolitaine et en France « calédonienne » (dans les autres outre-mer français, ce n’est pas encore à la mode) le vivre ensemble fait son lit en fonction des « rêves » des uns et des autres. Les politiques politiciennes mises en place et leurs porte-voix, les médias, en parlent sans arrêt. On constate ce brouhaha surtout lors des crises en tous genres (économiques et autres), ou pour la construction d’un avenir commun tel que l’Europe ou autre « Fer de Lance » où les alliances sont compliquées entre les pays concernés,
Le vivre ensemble, souhaité ou dirigé par nos élus, ne reflète plus le rêve du peuple. En effet, la majorité de nos élus locaux et nationaux, une fois assis confortablement dans leur fauteuil « social », ont déjà réalisé leur rêve du « vivre ensemble », au-delà des espérances, de par les avantages du poste. Il émerge alors une mentalité, une pensée qui exclut le citoyen ordinaire. Et ils sont nombreux les citoyens. En effet, le regard sur l’autre, jeté depuis le « fauteuil social » exclut ou diminue le rêve de ce même citoyen ordinaire.
Dans ce contexte-là, la base et la motivation profonde des puissances, reconnues ou en déclin, demeure la création massive de besoins et le maintien de leurs pouvoirs. Cette création massive, de ces mêmes besoins, en passant par les plus absurdes, a pour seul objectif de générer des gains pour les grands de ce monde (dieux ou diables), pour la nation, pour le peuple et enfin pour le citoyen. Tel était le but des différentes colonisations de ces mêmes puissances. Dans les temps modernes on appelle cela du business.
On aura tous compris que cela est caché derrière des causes nobles et dont l’absurdité ne choque personne, comme ces devises en tête de gondole : « Egalité, liberté et fraternité » ou encore « deux couleurs, un seul peuple ». Vous avez dit business ? Parce que la réalité est tout autre. Vous aurez compris aussi que « le regard jeté sur le citoyen depuis le « fauteuil social », c’est le pouvoir pour soi.
La consommation des produits à maturité plus rapide tel que la pomme de terre par exemple ou ce que l’on appelle des Fast –Food (pour ne citer que ces exemples), ont remplacé et bousculé peut-être une économie plus traditionnelle mais plus humaine de la communauté d’hommes et de femmes vivant ensemble avec des besoins basics. Cette économie autorisait plus de sociabilité. Celle-ci incluait le regard sur l’autre et confortait des valeurs de partage, de solidarité, du respect du travail des hommes, le travail de la terre.
Vivre les uns à côté des autres, c’est aussi vivre ensemble comme les touristes dans un hôtel ayant les mêmes contraintes et libertés envers le patron de l’hôtel. Mais il n’implique pas le regard sur l’autre et supprime le « j’existe parce que tu es ». Quoique dans certaines situations on découvre les talents de l’homme dans le mimétisme.
C’est ici un exemple de création de besoin qui nous amène à payer (argent) un loisir factice (Chercher du plaisir ailleurs au détriment de ce que l’on a). C’est le début de la souffrance ! Un adage, (du même sauvage qui écrit), dit : « tu souffres parce que tu le veux !)*. C’est sans doute une interprétation du décalogue ou du moins un des dix commandements : « tu ne convoiteras pas le bien d’autrui ».
De nos jours, on l’achète ! Une manière déguisée d’avoir bonne conscience.
Plusieurs échelles du « vivre ensemble » définissent les projets politiques, le cap que l’on doit suivre pour une vie meilleure (je laisse à chacun de faire son opinion là-dessus).
Il faut reconnaître que le « commun » n’apporte pas ici et maintenant tout le bien imaginé ou rêvé de cette vie meilleure ou ensemble. Ce vivre ensemble qu’on aspire à construire ne date pas de la nuit des temps. Il me semble qu’il est d’aspiration récente et il s’est amplifié avec l’accession à l’indépendance de certains pays comme l’Algérie et autres colonies françaises. Cette indépendance, même au nom d’une pseudo-liberté, leur font réaliser que la création massive de besoins physiologiques, physiques, psychologiques et surtout économiques des grandes puissances sont devenus incontournables voir même nécessaires.
Dans une société de consommation commune et planétaire faite de « marche ou crève », ces mêmes pays devenus indépendants qui ont donnés la vie et versé le sang de leurs enfants, reproduisent, de manière identique, à leurs « oppresseurs » un vivre ensemble qui ressemble à « un vivre pour l’autre », une forme d’esclavage. « Vive la liberté » libres de quoi en fait, se libérer de chaînes en papier pour se mettre des chaines en fer ?
Rêvé ou imaginé avez-vous dit ? Il faudra que nous définissions ce rêve, ce vivre ensemble sinon nous sombrerons dans la convoitise avec toutes les stratégies malhonnêtes qui l’accompagnent. Effectivement, je pense que le vivre ensemble passe d’abord par la (les) valeur(s) de l’autre et pour le bien de tous. C’était vrai quand nous vivions dans une économie d’autosuffisance dans les villages et tribus d’antan.
Qu’est ce qui ce passe aujourd’hui ? Vous me direz « C’est ce que font les politiques. Des projets de société pour le bien du peuple ! Ils font des lois pour un meilleur fonctionnement de notre société !!! Et la liste des bienfaits de nos politiques consommerait à elle toute seule toute une forêt. Mais le bourdonnement des peuples mécontents se fait de plus en plus audible.
Les évangiles et les actes des apôtres dévoilent les prémices d’un vivre ensemble des premiers disciples de Jésus. Plus tard, les premières communautés chrétiennes ébauchent un ensemble de règles, de protocoles et de rites d’un vivre ensemble animé par une foi commune dans une ESPERANCE d’un monde meilleur (sans péchés) dans une vie communautaire en constante réalisation. Autrement dit dans un vivre ensemble commun à tous. Nous reviendrons sur ce point plus tard.
Il nous faut bien comprendre ce qui nous aspire à ce « vivre en ensemble ». Nos politiques locaux ou nationaux nous noient dans des arguments, des argumentaires et dans des commentaires tous aussi farfelus les uns que les autres. Arrêtons-nous le temps d’une réflexion, la droite, la gauche, nationalistes et indépendantistes déclinent tous, des mesures (rettes), des projets, une société plus équitable, se livrant à des luttes souterraines (il ne faut pas que le peuple voit) parfois avec des coups montés et des magouilles. Mais on revient toujours aux mêmes problématiques du vivre ensemble:
L’absence de sens à ce mot ou du moins nous avons tous des définitions opposées en fonction des divers intérêts de chacun (preuve du moi qui l’emporte sur le nous, on entre dans la convoitise).
L’absence de valeurs humaines s’agissant ici de la prise en compte des hommes et des femmes avec une certaine justice et justesse.
L’absence d’humanité de ce mot s’agissant ici du regard que nous portons à l’autre dans un souci de porter l’autre à notre niveau .( précisez ce qui est souligné)
L’absence d’égalité s’agissant ici de ce l’on appelle dans ce pays « faire la coutume » C’est cette solidarité, juste, en dons, en « ponctionnement » de toute la communauté pour la (sur) vie de celle-ci (sans paupérisation).
Les Calédoniens, de toutes origines confondues, peuvent encore lire « l’Histoire » de notre humanité. Cette histoire merveilleuse qui est passé par des ères lumineuses et certaines ténébreuses. Le rêve d’un monde meilleur de paix et d’harmonie, car c’est bien de cela qu’il s’agit derrière le mot « vivre ensemble », doit forcément faire le tri dans le modernisme.
Si celui-ci a apporté beaucoup de bonnes choses en termes de développement, dans le transport, dans le monde de la médecine et j’en passe… Ce fut certainement au détriment de choses plus profondes comme les valeurs, la simplicité des aléas de la vie.
Que faisaient les 1ères communautés Chrétiennes aspirant à vivre ensemble ? Il est bon de le rappeler qu’ils partageaient tout (égalité), ils vendaient le peu qu’ils avaient pour la communauté de destin chrétien (solidarité), Ils priaient ensemble parce qu’ils avaient la même foi (le regard sur l’autre, la spiritualité). Ils étaient animé par la même foi pour construire leur vivre ensemble autour de Jésus ressuscité (leur motivation et leur projet).
A travers le partage, l’égalité, la solidarité, le sens du sacrifice et la spiritualité, ce vivre ensemble a traversé les siècles pour arriver jusqu’à nous. Ceux qui la vivent au jour le jour le savent et ils sont heureux (comme les premiers chrétiens).
Ce message est arrivé jusqu’à nous, mais ceux qui l’ont transformé, interprété et même dévergondé sont au pouvoir pour nous asservir de manière plus fourbe que la colonisation*(chaînes en papier contres des chaînes en fer). Ce rêve est une espérance à laquelle nous nous agrippons et nous fait tenir debout dans nos convictions et motivations pour un vivre ensemble. Nous l’avons (que nous avons) trouvé trop pénible et lui avons préféré (préférant) un modernisme aveugle et sans pitié.
La question que je me pose aujourd’hui, parce que je fais partie de ceux qui rêvent ce « vivre ensemble » (mais c’est parce que je suis chrétien !), pourquoi sommes-nous arrivés à désirer ce vivre ensemble jusqu’à l’implorer dans nos prières ?
Arrêtons-nous le temps d’un flash-back. Certains évènements sur le territoire (Oh pardon ! on dit le pays !) ont conduit certains politiques à faire des concessions. Je ne citerai pas les évènements pour ne pas jeter de l’huile sur le feu.
Mais l’analyse amène toujours aux constats suivants : la violence ou la menace d’une violence à venir, la culture et l’entretien de la peur, le clivage entre les communautés, la vie chère…etc… Les réseaux sociaux entretiennent l’insécurité, de manière plus ou moins consciente, dans l’opinion publique (L’abus de cet outil est souvent dangereux).
C’est dans ces moments-là que l’on entend souvent parler de vivre ensemble, mais jamais quand les citoyens que nous sommes faisons des actions groupés comme pour le Vanuatu, la lutte contre le cancer et j’en passe et des meilleures. C’est là, la preuve que le mot est dénué de tout sens et on le brandit comme le serpent d’airain pour guérir les maux de notre incompétence politique, de notre incapacité à faire le tri du bien et du mal au nom du sacro-saint « politiquement correct » au détriment du bon sens et de la logique. Quelqu’un disait :….Il faut faire passer les choses sur les tamis du nécessaire, utile et du bon. Le bon sens est mort avec lui.
* « Eke mamahi ko tou loto »
*Il faut prendre la colonisation dans son sens premier avec toute la civilisation qu’elle a apportée, même s’il y a eu des dommages collatéraux. Il faut aussi reconnaître qu’elle nous a sorti du néolithique et ne pas voir seulement en elle que les dommages collatéraux dont la secte luciférienne est seule responsable.

Commentaire #0118 ajouté le 27/05/2015 par Vincent

« Vivre ensemble » en Nouvelle-Calédonie ?


Il y a parfois des rêves qui se réalisent. Pourquoi pas celui-ci ?

Francisco Quevedo ( 1580 - 1645), écrivain et poète du Siècle d’Or espagnol écrivit des œuvres mondialement connues. Certaines de ses œuvres avaient pour thème le songe ou le rêve. La réalité humaine y était présente dans chaque page. Dans l’un de ses livres il écrivait, je résume : « Il y a des gens qui ne savent rien mais ils savent qu’ils ne savent rien. Ceux-là font preuve d’intelligence car ils savent déjà quelque chose ; ils savent qu’ils ne savent rien. Et puis, il y a des gens qui ne savent rien mais qui croient tout savoir. Ceux-ci sont intellectuellement irrécupérables ».
Pour Quevedo, comme pour les autres êtres humains, le questionnement personnel perpétuel est toujours bénéfique et progressiste. Tous et toutes peuvent y parvenir...s’ils (elles) le veulent.
Pour mémoire il est bon de rappeler que cet auteur a vécu à l’époque si décriée, en partie avec raison, de l’Inquisition espagnole. C’est aussi à cette époque que dans l’université de Salamanque, alors une des plus grandes d’Europe, on discutait des « Droits de l’homme ». Le choc matériel et intellectuel de la découverte de l’Amérique obligeait les intellectuels à poser le vivre ensemble de leurs contemporains de façon moins évangélique. A cette époque-là il y avait encore et déjà des soulèvements pour protéger les privilèges de la noblesse et d’autres pour sortir de la misère et parvenir à de meilleures conditions de vie.

A la suite des récentes manifestations dans la rue et des « brèves » journalistiques presque quotidiennes au sujet de l’agitation politico-politicienne des partis politiques de tous bords, j’ai revisité avec curiosité, et ensuite avec intérêt, l’expression « Vivre ensemble ». Elle est très souvent prononcée et très médiatisée. C’est un premier pas !
J’ai revisité ces deux mots parce que leur réalisation au quotidien me semble indispensable afin que tous les calédoniens progressent et vivent en paix et en harmonie.
Parce que je pense que ce rêve est réalisable, vu le petit nombre d’habitants de la Nouvelle-Calédonie, alors je me permets de partager ces quelques pensées avec ceux qui voudront bien les lire et s’y arrêter un peu dans le calme et l’empathie. Il serait peut-être intelligent de retenir les leçons de l’Histoire… (Voir le livre La liberté en Espagne au XVI siècle, collection « Un autre regard », éditeur l’Harmattan , cf. :www.vrodriguez.com)
Je sais que beaucoup de jeunes aspirent et pratiquent ce « VIVRE ENSEMBLE ». Ils agissent discrètement pour rendre vivante au quotidien cette expression. Ils ne cherchent pas nécessairement la reconnaissance ni le devant de la scène. Ils agissent pour leur bien et le bien de tous. Ils trouvent ainsi leur bonheur. Ils sont courageux et progressistes. Ils sont l’avenir contrairement à ceux qui plastronnent en faisant accroire qu’ils font ce qu’ils disent.
La Nouvelle-Calédonie pourrait devenir un modèle pour les autres peuples au moment où le Village Terre est en plaine mutation technologique, matérielle et sociétale. Comme l’Europe l’était après la découverte de l’Amérique mais sans la rapidité de l’information actuelle.
Ce genre de mutation, imposée par les dieux croissance, argent, consommation, corruption et amour du pouvoir, ne débouche déjà et ne peut déboucher que sur la déshumanisation et le mépris de l’autre.
Elle fabrique des consommateurs esclaves crédules qui se disent hommes libres.
Elle veut éliminer les valeurs humaines fondamentales.
Ce triste constat va grandissant et est observable tous les jours. Qui a le courage d’avouer et surtout de s’avouer que les dieux énumérés ci-dessus sont par définition éphémères et périssables ? Et parfois aussi des geôliers de soi-même ! L’Avoir, ou les Avoirs, est éphémère. La course aux avoirs a toujours abouti à des guerres, petites ou grandes, tout le long de l’histoire humaine. L’Etre est éternel par l’apport des valeurs spirituelles. Lors des éloges funèbres on parle surtout des valeurs humaines du défunt ! Le coffre-fort n’a que faire de leur défunt propriétaire !
Le développement des valeurs humaines, spirituelles et du cœur n’a pas de limites. Elles sont éternelles et bénéfiques pour tous. Une preuve ? Les grands protecteurs financiers des grands artistes, écrivains ou philosophes des siècles passés sont tombés dans l’oubli pour la plupart. Leurs protégés sont encore mondialement connus, étudiés et célébrés, même si l’Eduction Nationale veut les faire tomber dans l’oubli. Un exemple ? Voltaire est mondialement connu pour sa qualité scripturale, même s’il est très loin d’être un modèle humaniste. Ses protecteurs financiers, que l’auteur savait si bien flatter dans ses lettres pour avoir leurs faveurs, ne sont connus que par un petit nombre de spécialistes.
Mais peut-être que certains ne vivent que pour mettre en pratique l’expression : « Après moi, le déluge ». Sans le savoir ? Consciemment ? Pour obéir à une idéologie apparemment séduisante mais réellement mortifère pour l’humanité? Ils ne sont pas l’exemple à suivre pour le bien de tous. Pour eux aussi la roue tourne et avance sur la route de la vie.


Alors….

Calédoniens, Calédoniennes,
construisons ensemble notre avenir,
dès maintenant!

Probablement, comme vous qui lisez ce texte, beaucoup de calédoniens et de calédoniennes, de toutes origines et de toutes ethnies, souffrent en silence d’un certain mal vivre qui les ronge à longueur de vie. Sans changement de leur part, la fin de ce mal vivre ne pointera pas à l’horizon.
Comme beaucoup d’autres, nous essayons d’oublier ce mal vivre en « faisant un coup de fête, un coup de pêche ou un coup de chasse » avec les copains. Ou en faisant des « coups en douce » aux uns, aux autres ou à l’ensemble. Mais, ce qui est oublié n’est pas détruit pour autant. Il reviendra par surprise… désagréable.
Comme beaucoup, nous comptons sur les riches, sur les politiques, sur l’Etat et sur l’administration leur bras armé, bref sur les autres, pour construire notre vie heureuse et prospère.
Erreur grossière d’estimation car notre bonheur ne sera construit que par nous-mêmes, à chaque instant, et par des gestes simples. Nous-mêmes veut dire moi, toi et les autres, mais d’abord moi :
On ne peut pas parvenir à cette vie heureuse et prospère si on n’est pas vrai avec soi-même et avec les autres dans toutes les occupations de la vie quotidienne. Le mensonge crée la méfiance, la désillusion et finit par semer la haine et ce qu’elle peut entraîner.
Le regard sur l’autre se doit d’être humaniste. Nous sommes tous égaux seulement devant Dieu, que l’on croit en lui ou non. Parce que le néant ne peut rien produire ni créer par définition ; donc il faut bien quelqu’un qui précéda toute création, notre création. Ou alors, notre existence est-elle une illusion ? On devrait dire néant, c’est-à-dire inexistence de tout y compris nous-mêmes, parce que l’illusion est aussi une création ! Nous sommes tous égaux devant Dieu mais différents et mutuellement complémentaires pour progresser ensemble le temps de notre vie. Dès notre conception nous nous enrichissons et grandissons avec ce que l’autre (maman, famille, ville, pays, monde) nous apporte et nous donne. La réciproque est aussi vraie et réelle. L’autarcie absolue n’existe ni pour l’être humain ni pour son environnement animal ou végétal.
Notre travail quotidien matériel, intellectuel ou spirituel apporte aux autres notre quote-part. Cette quote-part, plus ou moins grande, est le résultat des efforts personnels physiques et spirituels. Sans l’énergie physique l’esprit ne peut rien faire. Et réciproquement. Bien que, pourtant, du temps de Staline, les russes avaient expérimenté avec succès la télépathie à très longue distance pour pouvoir communiquer avec les sous marins. Et même dans ce cas, le corps de ceux qui pratiquaient la télépathie était encore vivant. Mais c’est un autre sujet. Bref, l’être humain n’existerait pas sans l’action combinée des deux énergies corporelle et spirituelle. La mort des autres nous le fait constater ; l’esprit s’en va quand le corps n’assume plus son rôle et celui-ci, le corps, se transforme en matière inerte. Le terme inerte est utilisé pour faire court ; la réalité est bien différente car les molécules corporelles se transforment en autre chose. Dans ma jeunesse j’ai eu l’occasion de constater que dans le rectangle où avait été enseveli le corps d’une victime de la révolution espagnole, le seigle poussait beaucoup plus haut.
Ensuite, tout un chacun aspire à ce que l’autre reconnaisse à sa juste valeur le résultat des efforts qu’il fait. Cette reconnaissance induit un retour verbal ou spirituel et matériel. Retour verbal ou spirituel pour affirmer et expliquer avec sa propre vérité, toujours évolutive certes, l’acceptation ou le refus de l’apport de l’autre. Retour matériel aussi car tout travail mérite son juste salaire monétaire ou autre. Ainsi conçu, cet échange pourra ou devrait provoquer un dialogue calme et mutuellement constructif. Ces deux retours, le verbal et le matériel, mutuellement acceptés sont l’essence même du vrai dialogue, de la reconnaissance et du respect de l’autre. On parvient à cet enrichissement mutuel en se mettant à l’écoute de l’autre, quel qu’il soit, pour le comprendre. Comprendre voulant signifier prendre avec ou pour soi, totalement ou partiellement selon son propre être parce que nous sommes tous différents.
Cette compréhension, comme toute compréhension, nécessite plusieurs étapes : entendre, écouter, réfléchir et agir. Ces étapes s’accomplissent parfois dans l’instantanéité. Bien voir et regarder attentivement sont aussi des conditions indispensables pour une connaissance améliorée. (On ne va pas développer ici l’importance du regard dans la compréhension de l’autre et dans les relations sociales.) La première étape est d’entendre distinctement afin de pouvoir écouter l’interlocuteur attentivement. En effet, si on n’entend pas on ne peut pas écouter et si on n’écoute pas il est impossible de comprendre. Et pour comprendre encore mieux, une empathie certaine avec le locuteur est nécessaire. Les pédagogues disaient autrefois à leurs élèves qu’ils devaient écouter avec tout leur corps… Soit dit en passant, la disposition matérielle des tables dans une salle de classe, par petits groupes, rend physiquement pénible l’écoute attentive…et fabrique, inconsciemment, l’incompréhension et de petits sous-groupes.
La réflexion objective permettra ensuite d’examiner ce que l’autre a voulu apporter verbalement ou matériellement afin de trier ce qui nous semble, dans notre vérité, acceptable ou critiquable.
« J’ai parlé » avait l’habitude de dire l’orateur pour dire que son intervention était terminée et qu’il laissait la parole à l’orateur suivant. Le dialogue s’établit ainsi. Il peut prendre parfois du temps ; souvent il est rapide quand l’écoute et une certaine empathie existent. En leur absence et surtout quand la parole est coupée, la compréhension est absolument impossible : on ne peut pas partager une idée ou estimer une action dont on ne connait pas son intégralité parce qu’elle n’a pas pu être clairement exprimée par le locuteur et à fortiori comprise par l’autre. Ce cas est fréquent dans la vie de tous les jours. On le constate aussi lors des discussions contradictoires des émissions télévisuelles. Et les journalistes passent pour être experts dans l’ « art » de couper la parole. On assiste alors à des affrontements où le vrai dialogue est absent. On pourrait parler dans ces cas de soliloques ou de dialogues de sourds. Ces affrontements verbaux dans la vie quotidienne ou médiatiques cachent mal la défense des intérêts liés à la personne, honorifiques et financiers personnels ou des groupes des interviewés. Une vision personnelle enfermée dans son moi peut cacher de véritables erreurs qu’on ignore Et bien souvent que l’on veut ignorer par égocentrisme obtus. Les lecteurs ou les spectateurs des média se méfient des relations professionnelles ou amicales, quelles que soient les affirmations des participants. Souvent non sans raison car chacun a ses faits probants à l’appui.
Peut-on construire un pays quand les uns se méfient des autres, quand le peuple se méfie des gouvernants? En Nouvelle-Calédonie, comme, hélas ! dans beaucoup d’autres pays, les uns et les autres et les gouvernants s’écoutent mais ont cessé d’écouter les aspirations profondes de l’autre ou du peuple, selon le cas.
Le vrai dialogue n’implique pas nécessairement une approbation totale de ce que l’autre dit et explique. L’un et l’autre agissent et expliquent leur action de façons différentes et parfois erronées. Agir et expliquer de façon différente est tout à fait naturel car nous sommes tous différents. Agir et expliquer de façon erronée peut être le fruit de l’ignorance. L’ouverture d’esprit et le respect mutuels peuvent permettre d’apprendre et de rectifier ensuite. Ce genre de dialogue implique la franchise personnelle mutuelle pour qu’ensemble ils progressent vers l’harmonie. Si ce « parler vrai » est absent dans le discours de l’un ou de l’autre il ne pourra y avoir comme conséquences que la discorde, la mésentente et la déconstruction de la cité harmonieuse. Une maxime pourrait résumer le comportement à avoir de chacun : Exiger ce qu’on mérite et mériter ce qu’on exige sans compromissions.

L’expression « VIVRE ENSEMBLE » propose un beau programme! Que ceux qui sont gênés par le mot ENSEMBLE se rassurent. « VIVRE ENSEMBLE » a un sens en français. Et ce sens se veut indépendant de toute connotation de politique politicienne. Il doit être compris ici dans son sens premier, c’est-à-dire, qui concerne les affaires publiques ou la vie de chacun et de tous dans un groupe qui cherche l’harmonie.
J’espère que les calédonien(e)s s’efforceront de transformer ce rêve en réalité au quotidien.
Ceux qui essayeront seront les premiers bénéficiaires, quel que soit le comportement des autres.
A chacun de décider ce qu’il veut. En sachant que tout acte posé entraîne des conséquences que l’auteur devra assumer un jour tout seul.

Vincent Rodriguez

Nouméa, le 22 mai 2015

P.S.1 : Cette ébauche mériterait un plus long développement. Les critiques raisonnées sont bien venues.

P.S.2 : Sur ce thème, avec un groupe de calédoniens j’ai coordonné la publication d’un livre qui revisite le passé, le présent et envisage le futur de la Nouvelle-Calédonie en devenir : « Nouvelle-Calédonie. Des tabous, du nickel et des hommes ». Publié aux Editions l’Harmattan. En vente en librairie, chez l’éditeur ou chez l’auteur. C.f. : www.vrodriguez.com

Commentaire #0117 ajouté le 08/04/2015 par Marie-Laure MARTIN

BRAVO Vincent pour ton analyse de la nouvelle lettre sur l'éducation que je viens de découvrir !
Il est bien évident et vraiment navrant de voir qu'une fois de plus on nous répète de beaux principes mais sans donner les moyens nécessaires pour les mettre en œuvre concrètement dans nos écoles.
Ce n'est que du bla bla et c'est bien dommage !
Respectueusement
MLaure

Commentaire #0116 ajouté le 04/04/2015 par Vincent

Réflexions sur une réalité éducative … qui ne cesse de se répéter

Entrée en matière

Comme beaucoup, j’ai reçu il y a une dizaine de jours par courrier électronique, la « lettre d’orientation et d’information » signée le 10 mars 2015 par le membre du Gouvernement en charge de l’enseignement, M. A.J. Léopold. Merci à la personne, non enseignante, qui m’a transmis le document.
Ce document ne peut laisser indifférent quiconque s’intéresse, comme moi, aux questions d’enseignement et d’éducation et ayant toujours eu la passion du bien des jeunes. Cette passion m’habite toujours, même si actuellement je la vis avec beaucoup de recul.
Je sais à l’avance, que ma réaction sera mal interprétée ou combattue simplement parce que j’en suis l’auteur. Ce procédé, que je connais bien, est inscrit au registre des choses galvaudées. Il reste que les faits sont têtus, et qu’ils continuent - hélàs !- de me donner raison.
La meilleure des preuves est inscrite dans la « lettre » de M. Léopold.
Le gouvernement calédonien veut aujourd’hui lutter contre ce sur quoi j’ai attiré l’attention des responsables au cours des dernières années, pour ne pas dire des décennies, récemment encore dans un premier livre intitulé « Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus » et dans un second livre publié en collaboration : « Nouvelle-Calédonie. Des tabous, du nickel et des hommes » Publiés à compte d’auteur. (1)
(1) pour plus d’information cf. : www.vrodriguez.com).
Dans ce deuxième livre, une partie d’un chapitre est consacrée à l’explication du mot respect, trop souvent réaffirmé oralement, aussitôt négligé dans ses obligations concrètes.
Pour réagir à la « lettre » du « Ministre » local de l’Education, j’ai choisi de conserver l’espoir de soumettre quelques solutions constructives pour notre jeunesse en errance et pour les équipes éducatives en désarroi.

Préalables.

Lors de l’inauguration de la classe BTS./ PME.PMI du Lycée Blaise Pascal, j’avais conseillé aux nouveaux élèves « d’enlever les claquettes et de regarder au-delà de l’horizon ».
En clair, le message était le suivant : « si vous voulez réussir, vous devez travailler beaucoup, vite et bien et projeter vos actions dans le futur, ici ou ailleurs. Ainsi vous créerez votre avenir et participerez, à votre niveau, à la création du monde à venir ! ». L’évolution actuelle du Monde, - la Mondialisation ! en bousculant tout et tous, force chacun à avancer, à grandir et prospérer, - à moins qu’on accepte d’être mis sur le bord de la route, de stagner et de subir.
Qu’il soit proche ou lointain, souvent menaçant, l’avenir constitue le but de chacun le temps de son court passage sur terre. A chacun de tracer le chemin qu’il empruntera pour parvenir, dans les meilleures conditions possibles, à sa propre réalisation.
Fort heureusement, l’homme n’est pas seul pour suivre ce chemin, aussi ardu soit-il. En Nouvelle-Calédonie, malgré les inégalités sociales ou culturelles existantes, l’adolescent est beaucoup plus accompagné que dans beaucoup de pays du monde, y compris dans des pays de l’Union Européenne.
Nous sommes des îliens, fiers de vivre sur une île paradisiaque, même si elle l’est de moins en moins. Mais si on n’observe pas la vague mondiale qui vient de l’horizon et qu’on ne prend pas les précautions nécessaires pour pouvoir la surfer, on risque d’être noyés si vite qu’on n’aura pas le temps de pleurer sur notre sort.

Cette réalité est bien connue pourtant par ceux qui sont allés voir ailleurs ou s’informent sur ce qui se passe sous d’autres cieux. Ceci devrait nous obliger à constater, ce que d’autres ont fait aussi déjà depuis des années, que le système d’enseignement tel qu’imposé par l’Education Nationale, est devenu « une machine à fabriquer l’échec » (Jean-Paul Delevoye, médiateur de la République), une machine à empêcher une évolution normale des élèves. Et le pire reste à venir avec la nouvelle réforme (déforme) en préparation par l’actuelle ministre de l’enseignement, Mme Najat Vallaud Belkacem.

La responsabilité de cette dégradation n’incombe pas aux victimes, enfants, parents, enseignants et société, mais à ceux qui ont imposé ou imposent directement ou indirectement les lois et règlements parus dans le Journal Officiel de l’Education Nationale et autres publications administratives. Pour mémoire : il y a deux ou trois décennies, des classes qui formaient des diésélistes ont été dans l’obligation de fermer parce que les examens ne pouvaient pas être passés dans les conditions dites officielles. Pourtant, les « petits mineurs » calédoniens s’arrachaient les élèves qui sortaient de cette école. Un exemple révélateur parmi tant d’autres, aussi divers que la menuiserie, l’agriculture, l’environnement, …, pour ne parler que des enseignements techniques et technologiques.


Quid du « transfert des compétences d’enseignement à la Nouvelle-Calédonie »

La « Lettre d’orientation et d’information » du « Ministre » local de l’enseignement m’interpelle sur plusieurs points.
Malgré mon expérience dans l’éducation et de longues études, je ne suis pas certain d’en avoir bien compris le sens. Le « pourquoi » m’échappe autant que le « comment » ; son véritable objectif me reste inaccessible. De telle manière que je suis également certain que beaucoup de « L’ensemble des personnels des premier et second degrés » destinataires de cette lettre passeront aussi à côté du sens à lui donner.

D’abord parce que beaucoup d’entre eux ne l’auront pas reçue. Et parmi ceux qui l’auront reçue, peu l’auront lue avec attention. Quant à ceux qui l’auront lue, parions qu’ils resteront sagement dans leur coin à attendre des précisions qui ne viendront pas.

Il y a trente ans, les directeurs d’établissements se plaignaient de recevoir trop tard le courrier envoyé par la poste et justifiaient ainsi leur incapacité à y répondre. Sur ma demande un télécopieur a été offert et installé dans chaque école. Il s’en suivit une grande colère des directeurs qui étaient privés de l’excuse qu’ils avançaient pour ne pas répondre.
Quelques années plus tard, j’ai créé (avec la collaboration de certains membres de la Direction) le premier site internet accessible aux Lycéens et aux élèves de Nouvelle-Calédonie. J’ai alors eu droit à un certain nombre de noms d’oiseaux, plus colorés les uns que les autres.….
Le vice-recteur de l’époque, à qui je proposais de se connecter en laissant au Vice-Rectorat la page de garde du site, répondit par un petit sourire. Trois ans après il faisait venir de France une armada d’informaticiens…L’année suivante il offrait à chaque lycée, une boîte électronique.

Je m’étais lancé dans cette aventure parce que j’y entrevoyais le moyen de désenclaver l’enseignement de Nouvelle-Calédonie, d’offrir aux équipes éducatives et aux élèves un champ plus large de ressources intellectuelles.
J’entrevoyais aussi les grands risques pour tous ceux qui n’en feraient pas un usage intelligent, notamment que cet outil devienne une « drogue » déshumanisante pour beaucoup.
Il s’agissait d’apprendre aux jeunes à se servir d’Internet non seulement d’un point de vue technique, mais avant tout d’un point de vue éducatif et structurant pour la personne et pour l’intelligence. Les moyens informatiques pouvant en effet améliorer beaucoup la nature et le sens des apprentissages.

Constats en trois points

En Nouvelle-Calédonie, l’éducation est en train de passer à côté de ce challenge. Et de ce point de vue, peut-être vaudrait-il mieux que tous les destinataires prévus ne reçoivent pas la lettre du « Ministre » Léopold.
Certes, celle-ci préconise bien des points indispensables pour lutter contre l’illettrisme, l’absentéisme et les « incivilités » (c’est le néologisme novlangue pour parler des violences, des insultes, des dégradations etc.).
Mais avant d’en commenter les trois points essentiels, il me paraît indispensable d’énoncer un préalable :

Toutes les bonnes bases de l’instruction et de l’éducation doivent être données et acquises dès la maternelle et l’école primaire.

Après le primaire, on ne peut que tenter des réparations souvent pénibles, coûteuses et sans garantie aucune de réussite, car on ne peut plus redresser un arbre qui a grandi de travers.
Qu’on ne me fasse pas dire qu’il n’y rien à tenter pour essayer de récupérer les malheureux en échec scolaire et sociétal. Mais les conditions, les coûts et les résultats du rattrapage sont très différents. Et surtout, on aurait pu éviter des souffrances profondes chez les jeunes en difficulté.

1er point :
Comment lutter contre l’illettrisme quand les heures de cours effectives sont diminuées officiellement et beaucoup des heures qui restent amputées encore par des activités périscolaires, certes amusantes pour les enfants, mais peu utiles pour apprendre à lire, à écrire et à compter ?
Il n’y a pas si longtemps, en primaire, les élèves avaient trente (30h) heures de cours par semaine. Cet horaire hebdomadaire fut baissé à vingt sept (27) heures pour donner aux enseignants l’occasion de faire des réunions pédagogiques pendant les trois heures amputées. Ils pouvaient ainsi étudier les « réformes » en cascade.
Vint ensuite le temps des « journées pédagogiques » organisées pendant le temps scolaire, au détriment du temps des cours des élèves.
Au total, se sont six heures en moins de cours pour les élèves, plus beaucoup d’autres heures grappillées aux élèves par-ci par-là. Sans compter les heures de non-travail scolaire pour cause de bavardage et autres motifs. Pour rappel simplement, les « vacances scolaires » sont des vacances pour les écoliers. Mais c’est tellement vrai aussi que tous ceux qui exercent leur profession devant élèves encourent des risques au quotidien qu’ils méritent et ont besoin d’un temps plus long pour récupérer que le temps officiel d’un employé du public ou du privé.
Le temps de formation pédagogique, qui n’est pas très long, pourrait être pris pendant les vacances des élèves.
Les donneurs de consignes n’ont pas vu venir le raz-de-marée, tandis que les enseignants « bénéficiaires » des réformes adoptaient la consigne du « surtout pas de vague ! ».
La « lettre » qui prétend avoir vu le raz de marée de la déculturation générale, leur propose néanmoins de continuer ainsi, et de trouver la manière d’instruire et d’éduquer les élèves sans les obliger à faire les efforts nécessaires.

2è point :
La « lettre » affirme vouloir lutter contre l’absentéisme. Elle commande à l’enseignant de le constater, à l’école de le signaler à son administration, à celle-ci informer et discuter avec les parents.
Mais rien n’est précisé si l’absentéisme perdure.
Or, tout le monde sait que l’autorité des chefs d’établissements est réduite à peu de chose face aux diktats de certaines familles ; que, de ce fait, la parole des enseignants n’est plus soutenue. Qu’ainsi, les enseignants finissent par laisser faire et ne rien dire, pour ne pas se créer de difficultés administratives.
Ou bien, ils se mettent en congé maladie ! L’enseignement est sans doute – avec la Police !- le métier où il y a le plus de dépressions ou de maladies !
On trouve néanmoins encore beaucoup d’enseignants et d’éducateurs très compétents, courageux et dévoués qui ne baissent pas les bras. Félicitations à eux !
Quand les allocations familiales ont été généralisées, ce qui étaient une très bonne décision, le Collectif d’Urgence Humanitaire avait préconisé de pénaliser financièrement les parents qui ne s’occupaient pas de la scolarité de leurs enfants. Cette proposition, très sensible pour les parents, n’a pas eu l’aval des responsables. Or, ces allocations existent pour aider les parents à élever et à éduquer leurs enfants…C’est un moyen efficace pour lutter contre l’absentéisme et contre la paresse, même s’il n’est pas le seul.
Aujourd’hui, avec l’informatique, le logiciel SIGNABS peut être un bon outil. Tout comme le « Groupe académique de lutte contre l’absentéisme et le décrochage ». Encore faut-il que le premier serve à autre chose qu’à la simple comptabilité des absences. Et que le deuxième serve à soutenir réellement les équipes éducatives impliquées sur le terrain.

3è point :
Enfin, la « lettre » veut réagir contre les multiples « incivilités » (néologisme pour camoufler la violence, l’irrespect, le vol, le racket, l’alcoolisation, les bagarres, etc…).
On ne peut qu’approuver.
Mais la solution proposée par la pédagogie officielle est encore et toujours, de discuter gentiment avec les « jeunes acteurs de ces incivilités », car « c’est leur façon de s’exprimer » !
Cette théorie est un peu courte. Depuis le temps où elle est enseignée, imposée et pratiquée les théoriciens de ce « palabrisme » auraient dû se rendre compte de son ineptie. Les constats de la violence en milieu scolaire sont probants.
Les bagarres de jeunes existent depuis les temps les plus reculés de l’humanité. Les classes maternelles n’y échappent pas. C’est l’autorité combinée des parents et des enseignants qui jadis, y mettait un terme. Ce qui n’interdisaient pas, bien au contraire, des temps de discussion avec les jeunes. Les parents parlaient à leurs enfants à la maison. Le maître parlait à l’élève à l’école.
Et quand l’autorité sanctionnait, la sanction était soutenue. Par tous.
On ne retrouve pas dans la lettre du « Ministre », le principe de ce soutien aux équipes éducatives.
Or, celles-ci sont au contact direct des élèves. Dans cette relation directe, les écrans administratifs ou psychopédagogiques portés par les inspecteurs, les psychologues, et les décideurs administratifs ne fonctionnent pas.
Il faut être honnête ! Combien de formateurs « pédagogiques », de « psychologues scolaires », de « conseillers » se sont dirigés vers ces écrans professionnels précisément parce qu’ils ne pouvaient plus ou ne savaient plus tenir leurs classes ?
Ces formateurs-conseilleurs, pour certains parfaitement diplômés, pour d’autres autoproclamés dans leurs nouvelles compétences, sont capables de donner des conférences bien structurées. Ils se satisfont de leurs discours et de leurs recommandations. Mais ils ne sont pas là lorsque les choses craquent… en classe.

***

Que les choses soient bien claires.

Les rédacteurs de la « lettre » et surtout son signataire, méritent d’être soutenus car ils abordent certaines causes bien réelles de la « déliquescence » de l’enseignement.
Mais les réponses qu’ils donnent et leurs conclusions sont loin d’être suffisantes à plusieurs titres, en partie abordés plus haut. Les programmes, les méthodes pédagogiques, la manière d’apprendre à apprendre etc. méritent aussi une étude… et des actions.

La profondeur du désastre scolaire est telle qu’il faudra des années pour y remédier. Ce désastre a commencé quand furent imposées les « réformes » dites de l’ « éveil », de la « méthode globale de lecture »etc. dans les classes du primaire.
Il est donc nécessaire et urgent de réagir en revenant, comme le prévoit la « lettre » à l’acquisition des fondamentaux : savoir lire, savoir écrire, savoir compter ; savoir écouter aussi ; et savoir être avec les autres.
Or, loin de fixer ces objectifs de manière intangible, la « lettre » annonce un train de travaux de « réflexion » à venir.
Le risque évident est, encore une fois, que les plus belles intentions de la réforme s’enlisent dans des « rapports », des « projets », des « études », des « séminaires », des « chartes » et j’en passe.
Même le Congrès de Nouvelle-Calédonie prépare un projet « visant à réunir une délégation des jeunes des lycées » ! Pourquoi pas ! J’espère seulement, sans aucune illusion, qu’il ne réunira pas ces « jeunes des lycées » pendant leurs heures de cours.

On peut s’interroger à juste raison sur l’intérêt réel de ces grandes réunions, mise à part l’impact médiatique pour ceux, élèves et organisateurs, qui passeront à la télévision ou seront cités dans la presse. Des expériences récentes en sont la preuve, pour ceux qui sont attentifs aux retombées pédagogiques. Tout le monde sait, sauf peut-être ceux qui sont concernés, que toutes ces réunions et toutes ces études coûtent excessivement cher en heures de travail (et pendant ce temps le travail des participants n’est pas fait), en frais annexes et variés. Le résultat final est bien connu depuis très longtemps, ou inconnu puisqu’il avoisine du zéro pour les élèves.

La réalité actuelle dans les établissements scolaires concernant les trois points essentiels dont parle la « lettre » nécessite une action immédiate sur le terrain qui prendra en compte :
- des cours pédagogiquement bien faits pour bien inculquer les fondamentaux ;
- une exigence de travail bien fait par les équipes éducatives et les élèves ;
- une exigence de respect mutuel et d’obéissance aux consignes des enseignants et des éducateurs ;
- une formation pratique au respect de l’environnement sur le lieu de travail
- une correction objective et positive de l’apprentissage des leçons et des devoirs ;
- un soutien juste et fort apporté par les Institutions aux directeurs des écoles, collèges et lycées et aux équipes éducatives.
- le retour des actions syndicales dans leurs prérogatives d’origines qui est de défendre les enseignants sur le plan social et du droit au travail ; certains syndicats se sont en effet rendus coresponsables des « réformes destructrices » !
- la mise en valeurs d’associations de parents d’élèves comme partenaires de l’éducation, mais sachant rester aussi dans leur zones de responsabilité, c’est-à-dire n’empiétant pas sur les prérogatives pédagogiques des enseignants ni sur les prérogatives administratives de chefs d’établissements.

Pour finir, je tiens à affirmer, avec la plus grande solennité, que mon intention, en écrivant ces lignes, n’est pas de critiquer telle ou telle personne, élue, administrative ou travaillant devant élèves. Mon intention a toujours été d’aider la jeunesse à apprendre, afin qu’elle puisse développer toutes ses capacités intellectuelles et humaines.
L’intelligence des êtres humains n’est pas la propriété de telle autorité, de telle institution, ni de telle race ou de telle origine sociale. Avec un travail consciencieux tous les élèves peuvent réussir leur épanouissement. Les inégalités des conditions sociales peuvent parfois être un handicap. Bien sûr que la société devrait essayer de les diminuer. La Nouvelle-Calédonie agit en ce sens. Peut-être pas assez, diront certains.
Beaucoup de jeunes ont déjà surmonté ces difficultés par leurs efforts. Pourquoi pas les autres ?
La réussite de chacun est la résultante directe des efforts auxquels il consent pour y parvenir.
Beaucoup de jeunes prennent un plaisir naturel à faire ces efforts. Pour beaucoup d’autres il faut utiliser une certaine contrainte et le plaisir en sera la récompense. Encore faut-il pouvoir utiliser la contrainte justement et à bon escient.

Les parents et les équipes éducatives n’ont pas toujours les moyens de leurs missions parce qu’ils en ont été privés. Il faut leur rendre cette capacité
Depuis plus de cinquante ans les néo-pédagogues en vogue et les différents ministres de l’enseignement en France, certainement ailleurs aussi, ont rendu obligatoire l’application de la 7ème et de la 8ème « des dix stratégies de manipulation des masses ».
- La 7ème est : « Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise ».
- La 8ème dit : « Encourager le public à se complaire dans la médiocrité ».
Ces dix stratégies sont extraites du livre « Armes silencieuses pour guerres tranquilles » du professeur et écrivain nord-américain Noam Chomsky. Ou comment pouvoir mieux exploiter « les classes inférieures »…

Messieurs les responsables de l’enseignement, à tous les niveaux, vous pouvez continuer à vous réunir, à discuter ou à écrire des projets et des rapports de toute sorte. Mais, s’il vous plait, commencez par donner à toutes les équipes éducatives les moyens et le soutien pour qu’elles puissent faire normalement leur travail dès les petites classes.

Les parents, leurs enfants, tous ceux qui travaillent devant élèves et la société vous diront merci.
Et moi le premier.


Nouméa, le 31 mars 2015

Vincent Rodriguez

Commentaire #0114 ajouté le 29/01/2015 par Vincent

Réveil pour un vrai éveil scolaire…
Espoir ou résignation ?

Et je me suis mis à penser que la pensée qui s’éloigne de la réalité devient vite une idéologie.
L’« idéologie » est un mot inventé par D. de Tracy pour désigner la « science qui a pour objet l’étude des idées (au sens général des faits de conscience), de leurs caractères, de leurs lois, de leur rapport avec les signes qui les représentent, et surtout de leur origine » (dictionnaire Le Robert).
Les mots ont tous un sens bien précis. La connaissance de ce sens précis est la base pour que deux personnes qui dialoguent (discutent ensemble) puissent se comprendre. Si le même mot a un sens différent pour chaque interlocuteur, la compréhension entre eux devient impossible. Ou alors ils affirment s’être compris mais en réalité ils sont restés sur des conceptions mentales différentes, sans s’en rendre compte. Alors aussi, leurs actes et leur comportement différeront et les problèmes oppositionnels apparaîtront.
Les disputes et les querelles suivront, hélas ! Dans ces conditions, le respect de l’autre devient un mot vain, vide de sens. Les foules sont abreuvées, ou endormies, par des discours emplis des termes qu’elles chérissent et partagent mais dont le sens n’est pas le même pour elles que pour les discoureurs. Le peuple pense à la réalité du quotidien. Les « parleurs meneurs » pensent à leurs intérêts matériels, honorifiques ou idéologiques.
L’idéologue devient très vite « un doctrinaire imbu d’idéologie, dépourvu de tout réa-lisme » (dictionnaire Le Robert). Les vrais scientifiques le savent bien, eux qui doivent prouver par des expériences répétées que leur théorie est toujours démontrable physiquement. L’être humain étant ce qu’il est, il y a bien des scientifiques qui, pour des raisons pécuniaires, idéologiques ou autres, négligent ces méthodes de recherche. Tôt ou tard, ces derniers, se retrouvent ridiculisés. Certains seront confrontés à de graves problèmes que leur manque de rigueur scientifique ou leur ignorance intellectuelle pontifiante assumée a contribué à provoquer.
A titre d’exemple, on peut se remémorer certains procès intentés par quelques ma-lades ou familiers des morts contre certains laboratoires pharmaceutiques ! On n’a presque jamais parlé des conséquences pour l’humanité du choix fait par le Président Roosevelt quand il a décidé, conseillé par des scientifiques au service d’intérêts financiers, que la source d’énergie du futur serait l’atome ou le pétrole et non pas d’autres solutions, non pol-luantes et moins chères pourtant, mises au point par des universitaires américains et d’autres, très nombreux ! Qui trouvera la solution pour éviter la catastrophe prévisible pour la planète Terre des déchets radioactifs ? Les descendants des promoteurs de cette source d’énergie ne seront pas épargnés non plus. Les promoteurs et les scientifiques à leurs bottes s’appliquaient le proverbe : « Après moi, le déluge ». Ils ne voyaient pas que les montagnes de billets de banque, ainsi amassées, les privaient de la vue de l’avenir à long terme de l’humanité toute entière et y compris de celui de leurs descendants.
Certes, les scientifiques ont besoin d’argent pour mener leurs recherches et faire progresser l’humanité; mais, pour autant, doivent-ils sacrifier la scientificité de leurs re-cherches sur l’hôtel de la rentabilité imprudente et, à la longue, néfaste pour tout et pour tous?
Et je me suis remis à penser que la pensée qui s’éloigne de la réalité devient vite une idéologie (cf. : supra). Le va-et-vient entre l’idée ou le raisonnement intellectuel et la réalité devrait être permanent pour que le vrai progrès humain puisse se réaliser sur des bases momentanément solides. Je dis « momentanément » parce que les connaissances acquises sur la matière et sur l’esprit évoluent, souvent après d’âpres discussions. L’être humain est comme un coureur de fond sur un chemin préexistant qu’il découvre à chaque pas. Les sciences peuvent faciliter cette découverte par un travail acharné et rigoureux de recherche. L’homme découvre, chemine mais ne crée pas l’objet ou le sujet matériel ou intellectuel de sa recherche; Le chemin peut être infiniment long et grand, il se compose toujours d’éléments infiniment petits. L’univers et la planète Terre, dont nous faisons partie, sont régis par des lois immuables que les scientifiques peuvent et doivent découvrir. Ils ne peuvent pas les créer. Les chercheurs dans l’infiniment petit n’ont pas créé l’atome et ses composants. Ils les découvrent. Les plus grands astronomes n’ont créé ni les étoiles ni les galaxies. Ils les découvrent avec beaucoup d’émerveillement. Les différents Ministres de l’Enseignement ni les meilleurs pédagogues n’ont créé les capacités, nombreuses et variées des jeunes qui leurs sont confiés. Les Ministres, les pédagogues et tout le personnel éducatif sont payés pour permettre à ces jeunes d’apprendre le plus possible et devenir ainsi instruits, autonomes, compétents et libres. Depuis toujours ceux qui savaient vivaient mieux, et, par l’exemple, incitaient les autres à les imiter.
Les chercheurs et les astronomes savent bien les efforts qu’ils ont dû faire, depuis leur prime enfance, et encore maintenant, pour avancer dans leurs découvertes. Par contre, les Ministres, pédagogues et autres responsables de l’enseignement prêchent la réussite des jeunes sans efforts : il faut rendre l’enseignement ludique. Ils oublient que sans effort personnel l’épanouissement du jeune ne peut être atteint, les connaissances ne peuvent être acquises et les capacités des jeunes resteront sous-développées. On ne peut changer les lois de la nature humaine pas plus que celles de la nature en général. Dans le cas contraire on va droit contre un mur. Pour ce qui concerne le système éducatif, le nez touche déjà le mur et les yeux des responsables demeurent fermés. Leur idéologie les aveugle et beaucoup de jeunes illettrés et incompétents en payent les conséquences. Le climat social aussi.
Le cheminement intellectuel ou spirituel de l’être humain ne déroge pas à cette règle universelle. Les humains qui cherchent à connaître et à appliquer les lois de la nature gran-dissent, s’épanouissent et permettent aux autres de grandir et de s’épanouir. Par contre ceux qui s’efforcent pour les changer ou les ignorer finissent fatalement contre le mur indes-tructible de ces lois et y amènent tous ceux qui les suivent. La complexité de la réalité phy-sique et humaine contrarie très souvent les plus belles théories et chamboule les plus grandes ambitions. Quand le savant ou l’intellectuel parvient à ce constat d’erreur, il lui faut une bonne dose d’humilité, ou de franchise avec soi-même, pour accepter de se donner tort et une dose bien plus grande pour accepter de changer. On sait que la raison nécessite le réel pour être validée, comprise et acceptée. Elle permet et favorise, ce faisant, l’épanouissement de l’esprit. Les sciences physiques comme les sciences humaines se complètent ainsi pour le meilleur développement de l’homme. De tous les êtres humains. Car, quelles qu’elles soient les différences apparentes bien réelles, l’intelligence humaine, l’esprit humain, n’a ni ethnie ni classe sociale. Et la compréhension des différences est toujours un enrichissement mutuel. De la discussion jaillit la lumière…La contradiction pour la contradiction éteint la bougie…
Ce fut toujours le cas dans les grandes civilisations pour parvenir aux progrès atteints, avec souvent des oscillations dramatiques.
Et je me souviens d’avoir été traité (sous cape bien sûr) de « réactionnaire attardé » quand je m’élevais contre les « réformes » dites de « l’éveil », des « mathématiques mo-dernes » ou de la« méthode globale de lecture». Entre autres. Il y a plus de quarante ans. J’affirmais que, malgré l’argumentation alléchante utilisée par les « néo-pédagogues » à la mode et bien en cour, ces théories n’étaient pas fondées sur les réalités mentales et psycho-logiques de l’enfant, l’homme de demain.
Aujourd’hui, je constate que les « idéologues néo-pédagogues » d’alors et d’aujourd’hui, hélas encore ! ont réussi, par ces réformes imposées, à « déformer » le sys-tème éducatif pour en faire une « machine à exclure », avec le consentement passif ou actif, souvent conjugué, des syndicats des enseignants et des faiseurs des textes réglementaires. Je constate que ces mêmes syndicats n’élèvent pas la voix pour défendre les enseignants en difficulté, très souvent maltraités, menacés et parfois assassinés. Ils n’élèvent pas la voix pour permettre aux enseignants d’assurer tranquillement leurs cours. Et les médias ne dé-veloppent à satiété que les problèmes sociétaux ou pathologiques des maltraitants et des assassins (élèves et ou parents). Les maltraités et les assassinés (membres de l’équipe éducative et la société) ne représentent aucun intérêt médiatique. Ils ne deviennent que des « dommages collatéraux » ou, pour être plus précis, des victimes sans intérêt. C’est, peut-être, par instinct de survie, que beaucoup d’enseignants abandonnent leur poste pour des raisons médicales ou « pantouflent » dans des bureaux ou se font élire. C’est peut être pour ça aussi que la société est devenue si individualiste. Comme il est dit plus haut, ces « scien-tifiques de la néo-pédagogie et créateurs de programmes innovants » se refusent de sortir de leur idéologie destructrice de la formation basique nécessaire aux enfants pour leur déve-loppement normal et harmonieux.
Aujourd’hui, je constate encore que les syndicats ne « luttent » pas pour défendre un enseignement de qualité. Ce qui permettrait une meilleure réussite scolaire et humaine des élèves et favoriserait une meilleure ambiance dans les classes. Les conditions de travail des maîtres et des élèves seraient bien meilleures aussi. S’ils menaient cette lutte, ils redoreraient le syndicalisme et aideraient les enseignants à remériter la considération qu’ils avaient autrefois. Malheureusement, certains syndicats défendent avec acharnement ces théories pseudo progressistes, mortifères pour l’éveil des élèves, nuisibles pour la qualité de l’enseignement et pour la vie professionnelle des enseignants et des élèves. En fait, ils dé-fendent leur poste et les avantages inhérents
Tous ces « responsables » devraient au moins savoir que l’éveil des élèves ne con-siste absolument pas à les laisser s’exprimer sur n’importe quoi, ni à dire n’importe quoi pendant les heures de cours. Il ne consiste pas non plus à multiplier les activités périscolaires, amusantes et parfois intéressantes, mais sans intérêt pour l’apprentissage basique pour un éveil sérieux. Cet éveil sérieux se fera si l’instituteur (pardon, «le professeur des écoles ») leur apprend à lire et comprendre correctement ce qu’ils lisent, à écrire bien des phrases bien faites et sensées et à apprendre parfaitement les quatre opérations. Cet éveil sérieux se fera si les programmes scolaires répondent au besoin de culture générale solide, littéraire, historique et scientifique, nécessaire pour que les jeunes deviennent aptes à comprendre et discerner par eux- mêmes. Sans cette compréhension et ce discernement personnels on ne forme pas les jeunes au vivre ensemble. On les laisse dans l’ignorance. Pour mieux pouvoir les exploiter ?
Le rôle des « instituteurs » et des professeurs était de leur donner cette formation. Ce mot (« instituteurs ») vient du verbe « instituer », c’est-à-dire établir des normes ou des bases, en l’occurrence des connaissances, pour construire l’avenir. Il faut des bases solides pour construire, édifier et s’élever, comme toujours, partout et pour tout. Avec ces connaissances bien solides, l’élève pourra s’éveiller vraiment. S’il ne les a pas acquises parfaitement, il ne pourra jamais s’éveiller comme ses possibilités auraient pu le lui permettre.
Combien des fois les mères prononcent devant leur enfant le mot « maman » pour que celui-ci arrive à bien le prononcer ? Les bébés ont plus de difficultés pour prononcer le mot « papa » parce qu’ils doivent faire des efforts de contraction labiale pour y parvenir. Ce n’est qu’après de multiples petits efforts qu’ils arriveront à parler. Et alors on pourra dire que l’enfant est « éveillé ». D’autres multiples petits efforts seront nécessaires pour que l’éveil se poursuive. Pour prononcer correctement les mots, pour lire, écrire et compter. Une grande concentration de l’enfant est nécessaire pour y parvenir rapidement. Comme une grande concentration est aussi nécessaire à tout un chacun pour bien faire ce qu’il a à réaliser. Penser que l’on peut apprendre sans écouter attentivement est une pure utopie. L’écoute attentive, ou la concentration, a besoin que l’esprit et tous les sens du corps se fixent sur le même point ou sujet. Et comment écouter attentivement quand la classe est envahie par un brouhaha incessant ? Comment écouter attentivement quand la disposition des tables fait que l’élève tourne le dos ou doit se contorsionner pour regarder le maître ? Comment le maître peut-il instaurer le calme nécessaire à une écoute attentive quand cette disposition des tables favorise le bavardage ? Comment instaurer les conditions requises pour une bonne concentration quand le professeur est dans l’impossibilité administrative de sanctionner les perturbateurs récalcitrants ? Mission impossible. Echec de l’élève programmé et assuré.
Certes beaucoup d’élèves réussissent bien leurs études. Beaucoup d’autres réussis-sent moins bien parce que les conditions d’écoute ou de travail ne sont pas bonnes. Mais que deviennent les jeunes ayant plus de difficultés, intellectuelles ou sociales, qui se découragent et abandonnent ? Ah ! C’est vrai….on crée des formations de rattrapage, des écoles de la 2ème chance, etc. Cela donne bonne conscience et elles sont nécessaires dans l’état actuel de l’enseignement, créé par les « néo-pédagogues ». Mais elles ne sont que des coûteux cautères sur des jambes de bois pour soigner un mal irrémédiable provoqué par des initiatives « réformistes » (ou « dé formistes ? »).
Que des critiques ! Diront certains. Oui, et j’assume. Certain aussi que les respon-sables intelligents et volontaires, à tous niveaux, y trouveront, suggérées, les solutions. Et ils sont ombreux. Encore faut-il que ces responsables veuillent bien y réfléchir honnêtement et aient le courage de sortir de leur quiétude monétaire et honorifique éphémère, néfaste pour les jeunes et, par conséquent, pour l’humanité.
Tous les bons enseignants ont pu constater comment les élèves sont malins pour po-ser des questions qui dévieraient, si on leur donnait suite, le déroulement normal de la leçon. Si le professeur leur proposait de répondre à leurs questions après les heures de cours, très peu d’élèves resteraient pour écouter la réponse. Peut-être aucun. Combien d’élèves sont venus me voir, au cours de ma carrière, pour me confier que pendant certains cours, avec certains professeurs, ils abordaient des sujets hors programme ? Au vu de leur mauvais ré-sultat aux examens dans les matières enseignées par ces professeurs, les élèves n’étaient pas venus me confier ce qu’ils avaient fait à leur professeur…Mais on finit par tout sa-voir…après.
Le 14/07/2014, vers 13h (heure de Paris), j’écoutais l’interviewe d’une professeure d’anglais exerçant dans un collège d’une région périphérique de Paris. Elle expliquait avec enthousiasme comment elle avait de bonnes relations avec ces élèves. Pour atteindre ce résultat elle répondait aux questions posées par des élèves de sa classe. Ces questions n’avaient rien à voir avec l’apprentissage de l’anglais. Parfois, affirmait-elle, ces discussions duraient toute l’heure. Et je me disais que ces discussions seraient beaucoup plus conviviales si elle emmenait les élèves à la cantine ou au café du coin pour continuer la discussion ! Mais qu’advient-il de l’apprentissage de l’anglais ? Qu’advient-il de l’apprentissage des autres matières où, pendant les cours, les élèves, même ceux qui seraient bons, ne peuvent pas écouter ou sont mal vus quand ils travaillent ? Presque tout le monde est d’accord sur le constat d’échec de l’Ecole.
Si on n’apporte pas de solutions valables à ces mauvaises conditions de travail dans les classes, alors on pourra multiplier les réunions et les discours. Il n’y aura pas de vraie solution. Alors aussi, les grands « communicateurs » pourront continuer à bavarder, à orga-niser des réunions « pédagogiques » ou de « coûteux séminaires». Ils ne font rien pour que ça change. Ils n’informent pas. Communiquer ou informer, les mots ont un sens bien précis et différent…souvent confondu ou ignoré! Volontairement ?
Sans vouloir accepter la théorie du complot, au vu des constats des résultats sco-laires, on est obligé de partager l’opinion de Noam CHOMSKY, professeur au M.I.T. (Massa-chussetts Institute of Technology). Il affirmait dans la 7ème des « dix stratégies de manipula-tion des masses » à travers les média: « Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise. Faire en sore que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures » ».
Les lions prennent par le coup le lionceau récalcitrant en danger pour le mettre à l’abri. Ceux qui ont la responsabilité du système éducatif, mis à part certains enseignants consciencieux, n’ont pas ce souci de mettre à l’abri la jeunesse qui leur est confiée. Ils peu-vent continuer à pérorer pour défendre leur théorie anti-peuple. Ce sera toujours non, ils ne font rien pour vraiment aider cette jeunesse. Pour changer, il faudrait qu’ils aiment vraiment la jeunesse pour ce qu’elle est.
Mais ont peu dire oui : tant qu’ils ne changeront pas, ils continueront à mener les jeunes élèves dans le gouffre !
Le rôle du système éducatif était différent…autrefois ! Il éveillait.
Nouméa, le 27 janvier 2015

Commentaire #0113 ajouté le 19/01/2015 par Vincent

Bonjour,
Les évènements arrivés en France en ce début de l’année 2015 m’ont beaucoup impressionné, mais pas trop surpris. Le pire n’est pas à exclure si le modus vivendi des « occidentaux » et leur mode de penser et de gouverner ne changent pas. J’exprime le résumé de ma ligne de penser dans les paragraphes ci-après. Chacun l’appréciera à sa façon…

Comme tous les français et tout être normalement humain, j’ai été et continue d’être horrifié par les crimes commis de sang froid à Paris et en région parisienne. Il est très difficile de contrôler les émotions ; mais il est plus difficile encore de connaître les raisons, au-delà des apparences, qui les ont provoquées.

Je prie, à ma façon, car je crois à l’importance de la prière, pour les victimes décédées, pour les nombreux blessés et pour tous ceux et celles qui ont assisté à ces sauvages tueries. Les témoins survivants sont marqués à vie, physiquement ou psychologiquement et pour certains les deux. Je prie aussi pour les victimes physiques et psychologiques et dont la presse « bien pensante » évite volontairement d’en parler, comme les deux docteurs de Marseille assassinés la semaine dernière. Et comme tous les crimes commis de par le monde au nom du même dieu ….
J’ai eu chaud au cœur et la larme à l’œil en regardant les manifestations en France et dans beaucoup d’autres pays. Manifestations vivifiantes et destressantes. J’aurais aimé que le Front National ne fut pas exclu des manifestations . Je ne suis encarté à aucun parti mais je pense que les électeurs de ce parti sont aussi français que ceux qui se disent encore communistes et que d’autres connus pour avoir été des « porteurs de valises » du FLN algérien en guerre contre la France. Certains ont facilité ou encouragé les « rebellions populaires » contre ces régimes nord-africains ou moyen orientaux. Beaucoup de ces personnes ont été ou sont encore à des postes importants au niveau national et ou international ou sont écoutés en haut lieu.

Quand ces « collaborateurs » s’indignent et parlent d’unité nationale, alors on est en droit ou on a le devoir de s’interroger sur la véracité de leurs dires, sur la chronologie des évènements, sur la réactivité des certains média ou sur la connaissance des lieux par les criminels. On est en droit de se poser des questions sur la rigueur intellectuelle et sur la connaissance du pays réel par ces journalistes et autres communicants qui s’accaparent des émissions radio ou télé. Cercle d’ami(e)s ou bonnes connaissances qui se côtoient dans les cercles fermés parisiens. Quand l’un ou l’autre, journaliste ou intellectuel, énonce des vérités discordantes du mode de penser des salons parisiens, alors ces penseurs « politiquement incorrects» sont lynchés en boucle par tous les détenteurs de la vérité officielle. La liberté d’expression, dont les media et le gouvernement parlent en boucle, est à sens unique, très restreinte ou à géométrie variable selon l’intérêt du « politiquement correct » …..
On pourrait discourir longuement sur les aspects très positifs du comportement de toutes ces foules de manifestants pour une France terre d’accueil. On pourrait mettre en exergue quelques points de désaccord sur ces évènements récents. Ce serait peut être utile pour prendre du recul et en faire une analyse et en tirer les leçons. Est-ce possible ? Etant donné le matraquage médiatique pour orienter et récupérer les suites des manifestations, on peut objectivement se poser des questions. Ceux qui, au nom de la liberté d’expression, considèrent qu’on peut tout critiquer, même sans fondement, et insulter qui on veut, alors ceux-là doivent s’attendre à de mauvais jours, même s’ils proclament le faire au nom de la liberté d’expression. « Ils sèment le vent, ils récolteront la tempête ». Car la critique infondée et l’insulte n’ont jamais été créateur de « fraternité ni d’égalité »….

Et maintenant ?....

Cela fait des années, plus de quarante ans, que j’avais dit et écrit ce que nous constatons. Et j’étais conscient, je le suis toujours, d’être une petite voix parmi tant d’autres beaucoup plus fortes. Toutes ces voix n’étaient pas écoutées. Elles étaient étouffées et ridiculisées par l’intelligencia parisienne en accord total avec le pouvoir. Quelques exemples récents prouvent que ces voix sont maintenant mises à mort médiatiquement avec plus de violence. Certaines de ces voix sous protection policière suite aux menaces physiques.. Ces « bobos parisiens » qui gouvernent médiatiquement ou autrement sont imbibés des « idées » soixante-huitardes et mondialistes.

Je résume :
- Depuis le début des « réformes » scolaires (que j’ai appelé « déformes » ) la qualité de l’instruction et de l’éducation n’a fait que chuté. Actuellement beaucoup de jeunes
sont en échec scolaire en France et dans beaucoup de pays . D’autres, un peu plus instruits, ne savent pas s’expriment correctement ni logiquement. Ils ont presque tous un manque très grave de vocabulaire et ne peuvent pas, de ce fait, comprendre clairement le langage qui leur est tenu. L’école est devenue « une fabrique de cancres » (Rapport du l’état de la France d’un Médiateur de la République). Or, on sait bien que la violence est le mode d’expression de ceux qui ne peuvent ou ne savent pas s’exprimer oralement….(cf. : « Deviens toi-même. Parents absents….enfants perdus » in www.vrodriguez.com)
- La devise « il est interdit d’interdire » a formaté la jeunesse des années 1968. En clair, si on applique cette devise, chacun peut dire et faire ce qu’il veut sans que personne
puisse trouver à redire. Les conséquences furent et continuent d’être néfastes : cette devise permet de critiquer sans preuves et même avec les preuves récusant les critiques, d’insulter grossièrement, de mentir, voire de voler,…. Les principes républicains : Egalité, Fraternité sont ainsi bafoués. Le principe républicain Liberté est dévoyé ou alors, il ne faut pas condamner ceux qui se sentant injustement critiqués ou grossièrement insultés répondent aux critiques ou insultes avec les moyens dont ils peuvent disposer, souvent violents. Le proverbe : « qui sème le vent, récolte la tempête » est toujours d’actualité.
- « Il ne faut pas faire d’amalgame » répètent en boucle les gouvernants et les média. Cela fait des années qu’ils tiennent le même discours appris par cœur sans faire la preuve
qu’ils aient pris connaissance et ensuite analyser et compris la teneur du Coran Et s’ils l’ont comprise, alors, il n’y a plus d’espoir pour un sursaut de l’unité nationale. Car, depuis de très longs siècles, les gens du peuple ont toujours vécu en plus ou moins bonne harmonie avec leurs concitoyens sans tenir compte des différences d’opinion ou de religion. Ils avaient et ils ont d’autres soucis quotidiens pour occuper leur vie. Les multiples guerres, y compris les guerres de religion, furent déclarées pour défendre des intérêts personnels économiques et ou honorifiques des Chefs en place ou de ceux qui voulaient prendre la place. Des guerres des Chefs où l’enseignement de l’Evangile, d’amour, de paix, de fraternité et de liberté, était dévoyé. Car l’être humain est dual, corps et esprit, mais l’esprit, ou l’intelligence, est trop souvent employé exclusivement au service des appétits matériels de toute sorte. Par contre le Coran est un livre de conquérants pour des conquérants qui s’est répandu par la force du glaive pour servir les chefs. Et cette doctrine n’a pas évolué depuis son origine. Elle a été créée pour servir les appétits multiples et variés du « prophète ». La bataille de Lépante et l’intervention de la France à Alger en 1830 (c’est la France qui a créé l’Algérie) furent organisée pour lutter contre les razzias des bateaux, venant des pays musulmans du levant ou du nord-africain, et pour libérer les esclaves. Or cette doctrine du Coran est enseignée dans les mosquée de France et de Navarre sans que les gouvernements n’y trouve à redire, voire, parfois, avec leur consentement et leur aide administrative et ou financière. Heureusement, la grande majorité des musulmans est constituée par des personnes qui ne demandent qu’à vivre le mieux possible et en paix où qu’ils se trouvent de par le monde. La grande majorité des français les acceptent aussi volontiers mais sous réserve qu’ils ne perturbent pas leur qualité de vie et leur tranquillité. L’histoire de chaque pays, voire des régions à l’intérieur d’un pays, a créé au cours des siècles des us et coutumes spécifiques aux quels les habitants y tiennent. Les immigrants, quels qu’ils soient, et où qu’ils immigrent, doivent s’adapter au pays d’accueil. Dans le cas contraire cela devient une invasion, pas nécessairement pacifique. L’Histoire du monde le prouve. …
- Les pays, que l’on dit occidentaux, ont favorisé (ou fomenté) politiquement, militairement et financièrement les rebelles contre l’autorité établie des différents pays où a sévit
le« printemps arabe ». ( A l’époque j’avais prédit l’arrivée très rapide d’ « hivers rigoureux »). Ils prétendaient y établir des démocraties. En réalité les pays occidentaux ont fournis des armes à tous les grands et petits chefs « terroristes » qui massacrent des populations africaines avec des armes récupérées. Il y a quelques années déjà les « pays occidentaux », gouvernement américain en tête, ont détruit, sous des prétextes officiels plus que douteux, l’Irak et son gouvernement. Le peuple irakien souffre encore de la guerre et de l’embargo imposé. Les « pays occidentaux » ont armé (financés probablement par les pays du pétrole moyen-orientaux) les rebelles syriens (dont beaucoup venaient de l’étranger) pour renverser Assad. Les pays européens, la France en tête, continuent d’obéir aux ordres des Chefs américains pour aider à destabiliser ces régions. Les motivations économico-stratégiques mondiales des décideurs américains sont évidentes. Le résultat de tout cela ….l’expansion de la guerre civile dans tous ces pays, le massacre des populations qui ne veulent pas se soumettre aux dictats des nouveaux chefs islamistes jusqu’au-boutistes et la « guerre sainte » pour la conquête du monde. Comme le veut le Coran dicté par le « prophète ». Pour le moment les habitants de ces pays musulmans sont les premiers à en souffrent le plus. Pour le moment….Mais le temps passe vite.

Devant tout ce qui se passe…restons clair……voyants. Car les moutons de Panurge sont tous tombés dans le ravin !....
Un conseil, si je puis me le permettre : La lecture réfléchie et silencieuse de l’Evangile peut apporter tout ce qui est nécessaire pour que l’être humain commence sur terre à être vraiment heureux.

Pour ce début de l’année 2015, cet écrit n’est pas très réjouissant. L’année a mal commencé. Espérons que ces événements traumatisants deviennent la bougie allumée qui nous permette de trouver l’interrupteur et allumer ainsi la lampe qui supprimera l’obscurité. Cette obscurité nous prive de bien voir le chemin de notre avenir radieux.
Je vous souhaite de réussir à faire de cette année une année pleine de bonheur pour vous et pour tous ceux qui vous sont chers.
Amicalement
Vincent Rodriguez

Commentaire #0112 ajouté le 08/10/2014 par Vincent

Regards sur un proche avenir

La personne humaine n’a pas de prix.
Celle qui se laisse acheter ou qui est vendue
devient esclave. Souvent elle se croit libre.

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Je ne voudrais point, dans ces quelques mots, offenser les humains qui aspirent au quoti-dien à une vie meilleure, chacun à sa façon. Cette aspiration se réalisera par le développement permanent des capacités matérielles et spirituelles propres.

Cette vie meilleure est pour certains dans un lointain inaccessible ou, pour beaucoup d’autres, dans un à côté invisible à leur yeux. Très nombreux sont ceux qui se démènent sans répit pour acquérir l’aisance matérielle et ou honorifique, désirées toujours plus grandes. Pour y parvenir, ils s’autorisent tous les coups, en catimini et parfois avec le sourire.
L’aisance matérielle est bien nécessaire mais nettement insuffisante pour atteindre le bonheur humain total auquel chacun aspire. Peut-être que les yeux de ceux qui ne cherchent que cette aisance sont obscurcis ou leur regard impuissant. Se pose-t-ils la question pour connaitre les vraies raisons de cette cécité ?
Peut-être, tout simplement, parce qu’ils ont les yeux rivés sur le chemin qui ne peut me-ner vers le bonheur ni des uns ni des autres. Le bonheur des uns est dépendant de celui des autres. Ensemble on progresse. Isolés ou contre on régresse. Comme si les yeux avaient fait demi-tour pour ne regarder que soi tout en croyant, et souvent proclamant, observer pour préparer un heureux lointain pour tous.
Comme s’ils ne regardaient que leurs propres intérêts matériels ou honorifiques, par na-ture éphémères et grands créateurs de soucis pour soi et pour autrui. Certes, l’être humain a besoin des matières premières pour vivre et pour grandir. Elles ne suffisent pas pour satisfaire l’homme total. Et, si l’esprit quitte le corps, celui-ci s’en va bien seul et devient vite poussière mé-langée à d’autres poussières pour régénérer la belle nature d’arbres, de plantes et de fleurs. C’est ainsi et personne ne peut y déroger, même pas les propriétaires des meilleurs laboratoires pharmaceutiques.
Comme s’ils ne regardaient que leurs propres caprices de consommateurs en tous genres, bien souvent décevants et dévastateurs. Il n’est pas aisé de parler de ses déceptions ni des dégâts intérieurs. Ce n’est certes pas le moyen d’aller de l ‘avant, ni de progresser en commun. Car le consumérisme matériel, affectif ou émotionnel est une voie sans issue malgré les apparences, trompeuses pendant un certain temps.
La réalité géopolitique actuelle du monde en est la meilleure preuve. Le comportement de beaucoup d’élus, de différentes catégories et niveaux, en est une autre. Tous les citoyens n’ont pas le même niveau d’égalité devant la loi. « Cette loi n’est pas faite pour moi », m’a dit un jour un président syndicaliste.
Encore faut-il avoir une bonne vue pour regarder en deçà et au-delà des récifs. Heureu-sement que mon optimisme naturel me permet de voire des personnes, de plus en plus nom-breuses, au niveau local et international, qui donnent le bon exemple en entrainant le voisin sur la voie du bonheur partagé: Le destin vraiment commun, réaliste, humaniste et intelligent.


Depuis que l’être humain existe, il s’est toujours déplacé de part le monde, à pied ou à cheval, en pirogue ou en bateau, de nos jours en avion. Et peut-être que, dans quelques années, il se déplacera en navettes spatiales pour aller vivre ailleurs. De nos jours encore des millions de personnes se déplacent à travers les continents. Tous ces déplacements se sont faits et se font pour chercher un avenir matériel meilleur et fuir une vie quotidienne peu satisfaisante ou pour faire du commerce et diffuser des croyances. Le peuplement des continents et leur culture sont le résultat de ces déplacements. Les nations, telles qu’on les connait aujourd’hui, vinrent après de longs siècles, conséquences de guerres meurtrières, déclarées ou pas. Ces guerres voulaient établir, maintenir ou agrandir la puissance des rois, des seigneurs, des présidents d’Etats ou des chefs autoproclamés. C’est vrai que l’histoire très ancienne ou plus récente n’est plus aux pro-grammes scolaires, ou si peu et si falsifiée. L’ignorance ne prouve pas la non existence de cette Histoire bien réelle.
Dès le 18ème siècle, les grandes puissances européennes se sont affrontées pour élargir leur zone d’influence commerciale et culturelle au-delà de l’Europe. Elles profitaient de l’effondrement géopolitique de l’Espagne et du Portugal, ou le favorisaient. Au 18ème siècle, ces grandes puissances étaient les plus développées industriellement et culturellement. L’Afrique, l’océan Indien et l’océan Pacifique devinrent leurs lieux d’expansion commerciale et culturelle. C’était une grande aventure, comme des siècles plutôt lors de la découverte de l’Amérique et de nos jours celle de l’espace,
Le choc des cultures, celles importées et celles existantes sur place, ne s’est pas fait sans heurts ni sans erreurs. Comme chaque fois que l’on rencontre quelqu’un, un groupe ou quelque chose d’inconnue, toute proportion gardée. Mais, globalement, ce choc a permis d’apporter aux habitants des pays découverts une amélioration de leur vie quotidienne, commerciale et intellec-tuelle. Ceci est vrai s’ils acceptent comme préalable le fait qu’ils vivent mieux de nos jours qu’il y a des siècles.
La France s’installa en Nouvelle-Calédonie. Le capitaine Cook aurait pu le faire pour l’Angleterre. Comme, deux siècles auparavant, Christophe Colomb le fit pour l’Espagne aux Amé-riques. Il faillit le faire au nom du Portugal.
La Nouvelle-Calédonie a fait un bond en avant en un siècle et demi. Elle a intégré en si peu de temps des connaissances acquises par les européens au cours de nombreux siècles. Elle s’est intégrée industriellement et culturellement dans le monde moderne.
La deuxième guerre mondiale a empêché de justesse la conquête des îles du Pacifique par l’armée japonaise. Le Japon a une culture sui generis (spécifique) extraordinaire et aussi ancienne, au moins, que celle dite « occidentale ». Que serait devenu la Nouvelle-Calédonie si les japonais l’avaient envahie ? Cela n’est pas arrivé, alors chacun peut imaginer se réponse.
Mais chacun peut se faire une idée assez précise si les multinationales, sous couvert ou pas des grandes puissances actuelles, en prenaient possession de fait. Les exemples sont nombreux sur tous les continents. Les puissances monétaires sont apatrides et inhumaines pour les personnes peu ou pas rentables. Ces dernières devront se contenter du sac de survie, comme par-tout dans le monde actuel. Et ce ne sont pas les quelques cadeaux intelligemment distribués à quelques uns qui faciliteront la vie du grand nombre.
Le fait est que, lentement avant la deuxième guerre mondiale et plus rapidement après, la « petite île du Pacifique » a beaucoup évolué. Elle est devenue un objet de convoitise mondiale. Cette convoitise est fortement attisée par sa situation géographique et par ses richesses natu-relles. Certainement pas pour le bien de son petit nombre d’habitants. A l’échelle planétaire ils ne représentent presque rien : environ 3/70 000 de la population mondiale. En tout cas moins que les victimes des dernières guerres provoquées au Moyen Orient, par exemple, pour des raisons économiques. (Voire le livre « Le Sang du Pétrole, Irak » de Pierre M. GALLOIS, Essai de Géopoli-tique. Edit. « L’Age d’Homme »). La superficie et la population de la Nouvelle-Calédonie sont bien petites pour pouvoir affronter seules les grands ogres de la mondialisation, compte tenu de son goût économique appétissant ! Se sera encore pire, pour ses habitants, si elle continue à donner au monde l’image de la division. Et, à regarder de près, cette division fut créée et est alimentée par les mêmes motifs exclusivement matérialistes qui, par le passé, ont provoqué guerres et massacres des populations. De nos jours, les mêmes misères humaines ont pour origine et pour causes les mêmes motifs, mais à l’échelle mondiale.
Le fait actuel est aussi que cette « petite île du Pacifique » a un peuplement aux origines très diverses. Sa population s’est mélangée au cours des années de telle manière que la majorité de la population actuelle est métissée ou multi-métissée. C’est un fait et une vraie richesse. Pour le moment cette richesse est bien souvent inacceptée et pas assez valorisée par les personnes concernées. Ce mélange de culture de la population néo-calédonienne pourrait devenir un mo-dèle pour le monde, si chacun apprenait à accepter ses racines et à respecter celles des autres. De toutes façons, c’est un fait aussi, le monde de demain sera multi métissé et multiculturel. Ce monde est déjà en création.
Un groupe d’écrivains néo-calédonien, de divers horizons socio-économiques et culturels, ont publié leurs réflexions sur ce thème dans un livre : « La Nouvelle-Calédonie. Des tabous, du nickel et des hommes » (cf. : www.vrodriguez.com ).
Quoiqu’on en dise, pour des raisons personnelles souvent égoïstes, cette population co-habite aussi harmonieusement que la fratrie d’une grande famille dont les parents s’efforcent de veiller au bien-être et au bonheur de chacun. La Nouvelle-Calédonie a les moyens matériels et humains pour que chaque habitant bénéficie du bien-être matériel et du bonheur humain auquel il a droit. Sans oublier que le droit implique aussi des devoirs. Naturellement, dans une fratrie chacun est différent sous tous rapports mais les parents unis essayent au quotidien de faciliter l’harmonie et le bien-être de tous. « La petite île du pacifique » a des hommes et des femmes compétents pour que cela soit fait et puisse perdurer. Il ne faudrait pas, pour que le rêve de-vienne réalité, que ces hommes et ses femmes, (comme les parents pour la fratrie), passent leur temps à ne se préoccuper que de leurs intérêts personnels, matériels et ou honorifiques. Tous, hommes, femmes ou parents, ont le droit et le devoir de s’occuper aussi de leurs propres intérêts. Ces derniers ne doivent en aucun cas être prioritaires ni faire dévier les responsables de la «gouvernance éthique » de la société qu’ils dirigent ou de la famille qu’ils ont créée (cf. : le livre « Gouvernance et Ethique des Affaires » sous la direction de Daniel Corfmat, Marc Chambault et Georges Nurdin, édit L’HARMATTAN). Alors, seulement, ils seront de bons gouvernants respon-sables ou de bons parents et ils mériteront le respect de la population ou de leurs enfants.

Certes, tout ceci n’est qu’un rêve très agréable et prometteur… s’il se réalisait…
Mais, n’est-il pas vrai que les rêves, ou les idées, précèdent toujours l’action et la réalisa-tion ? L’être humain sans rêves et sans idées ne serait qu’un peu de fer, de carbone, d’oxygène, d’hydrogène et autres matières qui composent sont corps et que l’on trouve partout dans la na-ture.
Au travail donc ! Le travail bien fait permet à chacun de se réaliser pleinement. Ainsi, tout le monde pourra vivre plus heureux. Le travail bien fait permet de participer à la bonne évolution du monde. L’homme, être le plus évolué de la nature, dit-on, a la chance de pouvoir faire évoluer le monde en utilisant son intelligence dans le travail et dans ses relations constructives avec les autres.
C’est une chance, qu’il ne faut pas rater!

Nouméa, le 08/10/2014
Vincent Rodriguez

Commentaire #0111 ajouté le 22/09/2014 par Vincent

Gouvernance et éthique

Le rôle de l’ADAE (Association de Dirigeants et Administrateurs d’Entreprises) « est d’informer, former (1ère formation d’administrateurs en France), réfléchir (groupes de réflexion) et diffuser les bonnes pratiques et recommandations pour une meilleure gouvernance dans les entreprises françaises ».
Dans le 3ème chapitre (p. 31-36) du livre « GOUVERNACE ET ETHIQUE DES AFFAIRES » ( Edition L’Harmattan, Collection :Gouvernance & entreprise) les au-teurs donnent « les recommandations de l’ADAE : comment concilier bonne gou-vernance et éthique ».
En extrapolant sur les exemples de quelques entreprises françaises cotées du C40, célèbres avant leur faillite, on peut dire que les dirigeants, administrateurs et responsables ont failli à la gouvernance éthique dans leurs fonctions. Ils ont priorisé leurs intérêts à ceux de leur entreprise. Ces entreprises furent ruinées. Les copains des grands patrons leurs ont offert des parachutes dorés. Les copains sont gentils ! Les « restructurations » de ces entreprises ont augmenté le nombre de chômeurs ! Ceux-ci cherchent un autre travail…pour survivre ! Leurs « copains » s’appellent « Pôle Emploi » ou « Office de le main-d’œuvre » ou « Agences Intérimaires »!
Certes, ceci est un résumé condensé de situations complexes et compliquées analysées par des spécialistes ayant travaillé pour des entreprises nationales et ou internationales. Mais les grandes entreprises ont les moyens pour s’offrir les services de grands « communicants ». Les « informateurs », c’est-à-dire ceux qui connaissent la réalité de l’entreprise, sont étouffés, poussés à démissionner ou démissionnés d’office s’ils ne veulent pas cautionner la mauvaise gouvernance constatée des directeurs.
Lors de la crise alimentaire européenne dite des « vaches folles », les respon-sables européens donnèrent l’ordre à leur service Communication de « continuer à communiquer mais de cesser d’informer ». Des contrats internationaux importants d’exportation de viande risquaient d’être cassés « Circuler, il n’y a rien à voir ! »
Ces directeurs d’entreprises privées, amenées à la faillite, ont priorisé leurs intérêts (financiers ou honorifiques) au détriment de la bonne gérance de leurs entreprises. Les fonds apportés en aides par l’Etat pour sauver ces entreprises mal dirigées non pas obtenu les résultats escomptés sur le long terme. Tout le monde sait qu’il est inutile d’aider à réparer la voiture du chauffeur qui ne sait pas et refuse d’apprendre à conduire.
Si on extrapole encore et on se permet d’énoncer des constats évidents au sujet de la gouvernance du pays et de la profession enseignante, qui normalement devraient préparer son avenir, alors on est vite envoyé sur le banc des accusés ré-calcitrants et rétrogrades….Et pourtant :
L’entrepreneur privé qui gère mal son entreprise fait faillite, se ruine, crée des chômeurs supplémentaires et il est souvent convoqué par la justice pour quelques possibles malversations. Des sanctions pénales et ou financières peuvent être prises à son encontre.
Les chargés de gouverner les affaires publiques, qui gèrent mal l’Etat ou les services, sont replacés ailleurs. Les mots « faillite », « ruine » ou responsabilité per-sonnelle (avec les conséquences financières et pénales possibles dans le secteur privé) ne peuvent pas leur être appliqués. Au pire, ces responsables de la mauvaise gestion administrative sont mutés dans un des multiples « placards dorés ». Les « gouffres financiers » résultant de leur mauvaise gestion seront comblés par de nouveaux impôts ou de nouvelles taxes. Ces mots (impôts, taxes) sont différents mais la réalité est la même. Les « gouffres financiers » sont remblayaient par le con-tribuable. Celui-ci peut encore s’estimer heureux si, pour trouver les raisons de la mauvaise gestion, les gouvernants ne créent pas des « commissions ou de bureaux d’études » ou des « commissions parlementaires » ou « internes ». Les « rapports remis » ne serviront pas à en tirer les conclusions et décisions qui s’imposent. Quand ils ne servent pas à augmenter le personnel et les frais connexes…
C’est toujours le contribuable qui paye.
Mais la gestion et les résultats ne s’améliorent pas…. Et, la direction suivie fait et fera que l’appauvrissement, le mécontentement et le mal vivre au quotidien des administrés iront en grandissant. L’éthique dans la gouvernance a cédé la place aux intérêts personnels, multiples et variés. Pour rester à cette place « intéressante ! », il convient de s’entourer d’« amis » indéfectibles. Ils ont même oublié que les vrais amis sont ceux qui ont le courage de prévenir gentiment mais clairement que la route suivie mène dans le précipice.
Qui a dit ! « On n’est pas compétant parce qu’on a telle ou telle place. Il con-vient d’être compétant pour occuper cette place? ».
Les exemples connus ne manquent pas.
Comment expliquer que presque tous les grands travaux financés par l’administration (par nos impôts) subissent toujours des dépassements des prix, par-fois astronomiques ? Les études préliminaires (pourtant bien payées) ont-elles étaient bien faites ? Pourquoi est-ce le contribuable qui paye les erreurs des bureaux d’études ? Les « commissions » administratives qui ont accepté ces études ont-elles été, disons, assez « vigilantes » ? Ce sont elles, pourtant, qui approuvent, distribuent et payent les chantiers. Et, en plus, elles payent les entreprises adjudicataires avec un tel retard que certaines petites entreprises font faillite par manque de trésorerie pour payer les salaires et les factures. Les uns et les autres répondront en cœur que ce sont les normes de gestion administratives qui sont appliquées. Personne ne se posera la question sur le bien fondé de ces méthodes de gestion administratives pour améliorer le système. Pourtant, les résultats sont l’augmentation constante des impôts et des taxes. Et, malgré cela, la faillite de l’Etat ou le surendettement de certaines institutions territoriales sont connus. « Responsables mais pas coupables ». C’est une belle formule pour botter en touche et continuer à suivre le même chemin.
Comment expliquer que l’ « Entreprise Enseignement » ou « Education Nationale » coûte des sommes faramineuses, en augmentation constante, pour des résultats scolaires et sociétaux catastrophiques? Comment expliquer qu’il faille faire appel à d’autres organismes de formation, fort coûteux, pour rectifier en partie ce que n’a pas fait l’Education Nationale ?
Les réponses, pour ceux qui priorisent l’intérêt éducationnel et intellectuel des élèves et donc professionnel et sociétal, sont évidentes.
Ce serait trop long que de parler des sommes affectées aux constructions, à l’entretien et au matériel scolaire en général. Citons pour exemple : Avant la cons-truction d’un bâtiment scolaire pour l’enseignement privé, l’ingénieur en chef des Travaux Public l’avait évalué à deux cents quarante millions (240 000 000). Il fut livré pour quatre vingt quatre millions (84 000 000). Lors de la réception du bâtiment, les félicitations de M. l’ingénieur cachaient mal sa surprise. Il tenta de la justifier par l’obligation qu’il avait de respecter les normes administratives….Où est l’erreur ?
Contentons-nous d’aborder quelques points méthodologiques d’enseignement imposés par « les lois et règlements ». Nous acceptons comme préalable que le seul objectif de l’Education nationale est toujours d’instruire et de former la jeunesse pour qu’elle puisse s’épanouir professionnellement dans une société la plus heureuse possible.
Eh bien !, il y a des décennies, le lobby des « néo-pédagogues dans le vent » a imposé dans les classes du primaire l’éveil et la méthode de lecture globale (entre autres réformes). L’éveil programmé, et donc enseigné, dans toutes les classes du primaire a formaté les élèves pour qu’ils s’expriment librement sans aucune con-trainte. Il ne fallait plus les corriger ni surtout pas les sanctionner, même quand ils faisaient ou disaient des bêtises. Comment expliquer à ces mêmes jeunes, quelques années plus tard, que certaines choses étaient interdites et qu’ils seraient punis s’ils les faisaient ? Comment les obliger à bien apprendre les leçons et à bien faire leurs devoirs ? C’était presque impossible. Les retards scolaires s’accumulaient. Le découragement et l’abandon de l’école aussi.
L’apprentissage de la lecture avec la méthode globale a fabriqué une multi-tude de dyslexiques qui ânonnaient en lisant. Ils ne comprenaient pas le sens du texte qu’ils essayaient de lire. L’échec scolaire devenait le résultat évident. Surtout quand les parents, pour diverses raisons auto-excusées et facilitées par le mode de vie que l’on dit moderne, ne leur accordaient pas le temps et l’attention nécessaires pour les soutenir.
Ces réformes expliquent déjà à elles seules l’illettrisme grandissant, l’incivisme et les violences.
D’autres réformes imposées, dont on ne parlera pas ici, ont contribué égale-ment à la déliquescence de l’enseignement. Comme on ne parlera pas non plus des coûts financiers pour essayer de rattraper en partie les conséquences de ces réformes. Pour les intéressés, voire le livre : «Deviens toi-même. Parents ab-sents…enfants perdus » (www.vrodriguez.com).
Tout le monde se souvient, du moins les personnes d’un certain âge, de la décision gouvernementale dictant l’obligation d’arriver à 80% de bacheliers chaque année scolaire. Les consignes administratives données aux examinateurs suivirent très rapidement.
Le nombre de candidats au baccalauréat augmentait tous les ans en Nou-velle-Calédonie. Le vice-rectorat, peut-être avait-il beaucoup consulté avant, décida que tous les enseignants des lycées privés étaient administrativement aptes à être des examinateurs. Ils ne l’étaient pas avant cette décision vice-rectorale, même les titulaires du CAPES et de l’agrégation.
Des consignes précises furent données alors aux examinateurs lors de la première « réunion d’harmonisation » préalable aux corrections des écrits et aux épreuves orales. Entre autres :
-Les examinateurs doivent fournir les notes attribuées aux élèves écrites au crayon à papier. Certains professeurs se sont demandé pourquoi cette précision ? Pourquoi changer leurs habitudes d’écrire les notes attribuées avec un stylo à bille ou à encre ? Les professeurs agissaient ainsi pour que les élèves ne puissent pas gommer la note pour écrire une autre. Cette consigne a provoqué beaucoup de soupçons parmi le corps professoral…..
- Une autre consigne conseillait fortement aux examinateurs d’attribuer la moyenne à tout élève mélanésien qui « osait » (avait le courage) d’entrer en salle d’examen pour passer l’épreuve orale…
Quel jury d’examen n’a pas constaté la peur d’un grand nombre de candi-dats ? Beaucoup de professeurs installés en Nouvelle-Calédonie considérèrent cette consigne comme du pur racisme colonial au pire sens du mot. Veut-elle porter à faire croire que les mélanésiens sont moins capables, moins intelligents que les autres ? Mais tous les enseignants savent que les capacités manuelles ou intellectuelles et l’intelligence n’ont rien à voir avec la race ni avec la classe sociale. Les enseignants savaient bien que tous les élèves travailleurs assidus réussissaient scolairement et professionnellement, quelque soit leur ethnie. Dès lors pourquoi mentir aux élèves, sans le niveau requis, en leur laissant croire qu’ils avaient atteint tel ou tel niveau de compétences? Les réponses sont multiples. En France aussi, certains jurys ont donné le CAPES à des candidats qui n’avaient obtenu au concours que 4,5%. Le niveau de l’enseignement en subit les conséquences. Concrètement ce sont les élèves, futurs adultes, qui les subissent personnellement et la société par voie de conséquence.
La question de la gouvernance éthique, ou de la conscience professionnelle, ou de l’amour vrai des élèves, ne se pose plus : il n’y en a pas dans le système en-seignement. Heureusement, cela existe dans le personnel enseignant et éducatif. Bien que parfois, usé ou désabusé, ce personnel jette l’éponge pour laisser faire ou se met en congé de maladie.
Les « responsables et coupables » de l’illettrisme, de l’échec scolaire et des conséquences sociétales sont tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, préparent, votent ou cautionnent les programmes scolaires et les « lois et règlements ». Responsables et coupables aussi ceux qui obligent les enseignants à respecter ce normes.
Tôt ou tard ils rendront des comptes à leur propre conscience si comme ils ne cessent de le proclamer, ils ne veulent que le bien des élèves et des citoyens. Ce bien des élèves et des citoyens n’est pas le résultat obtenu pour le moment. Ils en portent la plus grande partie de la responsabilité de ce résultat constaté.
Chacun peut en tirer une opinion et justifier ensuite son action.
Enfin, ce texte ne veut que faire réfléchir tous ceux qui ont une responsabilité dans le système Enseignement. En aucun cas il prêtant faire une quelconque cri-tique de telle ou telle personne. Les idéologues aussi méritent le respect, même si leurs théories sont complètement erronées.
Vincent Rodriguez

Commentaire #0110 ajouté le 04/08/2014 par Vincent

Réveil pour le vrai éveil… Espoir ou résignation ?
Et je me suis mis à penser que la pensée qui s’éloigne de la réalité devient vite une idéologie. L’« idéologie » est un mot inventé par D. de Tracy pour désigner la « science qui a pour objet l’étude des idées (au sens général des faits de conscience), de leurs caractères, de leurs lois, de leur rapport avec les signes qui les représentent, et surtout de leur origine » (dictionnaire Le Robert).
Les mots ont tous un sens bien précis. La connaissance de ce sens précis est la base pour que deux personnes qui discutent ensemble puissent se comprendre. Si le même mot a un sens différent pour chaque interlocuteur, la compréhension entre eux devient impossible. Ou alors ils affirment s’être compris mais en réalité ils sont restés sur des conceptions mentales différentes sans s’en rendre compte. Alors aussi, leurs actes et leur comportement différeront et les problèmes oppositionnels apparaîtront. Les disputes et les querelles aussi.
Car l’idéologue devient très vite « un doctrinaire imbu d’idéologie, dépourvu de tout réalisme » (dictionnaire Le Robert). Les vrais scientifiques le savent bien, eux qui doivent prouver par des expériences répétées que leur théorie est toujours démontrable physique-ment. Certes, il y a bien des scientifiques qui, pour des raisons pécuniaires, idéologiques ou autres, négligent ces méthodes de recherche. Tôt ou tard, ces derniers, se retrouvent ridicu-lisés. Certains se trouvent confrontés à de graves problèmes que leur manque de rigueur scientifique ou leur ignorance intellectuelle pontifiante a contribué à provoquer.
A titre d’exemple, on peut se remémorer certains procès intentés par quelques ma-lades ou familiers des morts contre certains laboratoires pharmaceutiques ! On n’a presque jamais parlé des conséquences pour l’humanité du choix fait par le Président Roosevelt quand il a décidé que la source d’énergie du futur serait l’atome ou le pétrole et non pas d’autres solutions, non polluantes et moins chères pourtant, mises au point par des universi-taires américains et d’autres, très nombreux ! Qui trouvera la solution pour éviter la catas-trophe prévisible pour la planète Terre des déchets radioactifs ? Les descendants des pro-moteurs de cette source d’énergie ne seront pas épargnés non plus. Les promoteurs et les scientifiques à leurs bottes s’appliquaient le proverbe : « Après moi, le déluge ». Ils ne voyaient pas que les montagnes de billets de banque, ainsi amassées, les privaient de la vue de l’avenir à long terme de l’humanité toute entière et y compris celui de leurs descendants.
Certes, les scientifiques ont besoin d’argent pour mener leurs recherches et faire progresser l’humanité; mais, pour autant, doivent-ils sacrifier la scientificité de leurs re-cherches sur l’hôtel de la rentabilité imprudente et, à la longue, néfaste pour tout et pour tous?
Et je me suis remis à penser que la pensée qui s’éloigne de la réalité devient vite une idéologie (cf. : supra). Le va-et-vient entre l’idée ou le raisonnement intellectuel et la réalité devrait être permanent pour que le vrai progrès humain puisse se réaliser sur des bases momentanément solides. Je dis « momentanément » parce que les connaissances acquises sur la matière et sur l’esprit évoluent. L’être humain est comme un coureur de fond sur un chemin préexistant qu’il découvre à chaque pas. Les sciences peuvent faciliter cette décou-verte. L’homme découvre, chemine mais ne crée pas l’objet ou le sujet humain de sa re-cherche; Le chemin peut être infiniment grand, il se compose toujours d’éléments infiniment petits. L’univers et la planète Terre, dont nous faisons partie, sont régis par des lois im-muables.
Le cheminement intellectuel ou spirituel de l’être humain ne déroge pas à cette règle universelle. Les humains qui cherchent à connaître les lois de la nature grandissent, s’épanouissent et permettent aux autres de grandir et de s’épanouir. Par contre ceux qui s’efforcent pour les changer ou les ignorer finissent fatalement contre le mur indestructible de ces lois et y amènent tous ceux qui les suivent. La complexité de la réalité physique et humaine contrarie très souvent les plus belles théories et chamboule les plus grandes ambi-tions. Alors, il faut une bonne dose d’humilité, ou de franchise avec soi-même, pour accepter de se donner tort ou que l’autre ait raison. On sait que la raison nécessite le réel pour être validée, comprise et acceptée. Elle permet et favorise, ce faisant, l’épanouissement de l’esprit. Les sciences physiques comme les sciences humaines se complètent ainsi pour le meilleur développement de l’homme. De tous les êtres humains. Car, quelles qu’elles soient les différences apparentes bien réelles, l’intelligence humaine, l’esprit humain, n’a ni ethnie ni classe sociale. Et la compréhension des différences est toujours un enrichissement mutuel.
Et je me souviens d’avoir été traité de « réactionnaire attardé » (sous cape bien sûr) quand je m’élevais contre les « réformes » dites de « l’éveil », des « mathématiques mo-dernes » ou de la« méthode globale de lecture». Entre autres. Il y a plus de quarante ans. J’affirmais que, malgré l’argumentation alléchante utilisée par les « néo-pédagogues » à la mode et bien en cour, ces théories n’étaient pas fondées sur les réalités mentales et psycho-logiques de l’enfant, l’homme de demain.
Aujourd’hui, je constate les « idéologues néo-pédagogues » d’alors et d’aujourd’hui ont réussi, par ces réformes imposées, à « déformer » le système éducatif pour en faire une « machine à exclure », avec le consentement passif ou actif, souvent conjugué, des syndi-cats des enseignants et des faiseurs des textes réglementaires. Je constate que ces mêmes syndicats n’élèvent pas la voix pour défendre les enseignants en difficulté, très souvent mal-traités, menacés et parfois assassinés. Et les médias ne développent à satiété que les pro-blèmes sociétaux ou pathologiques des maltraitants et des assassins (élèves et ou parents). Les maltraités et les assassinés (membres de l’équipe éducative) ne représentent aucun intérêt médiatique. Ils ne deviennent que des « dommages collatéraux » ou, pour être plus précis, des victimes sans intérêt. C’est, peut-être, par instinct de survie, que beaucoup d’enseignants abandonnent leur poste pour des raisons médicales ou « pantouflent » dans des bureaux. Comme il est dit plus haut, ces « scientifiques de la néo-pédagogie et créateurs de programmes innovants » se refusent de sortir de leur idéologie destructrice de la formation basique nécessaire aux enfants pour leur développement normal et harmonieux.
Aujourd’hui, je constate encore que les syndicats ne « luttent » pas pour défendre un enseignement de qualité. Ce qui permettrait une meilleure réussite scolaire et humaine des élèves et favoriserait une meilleure ambiance dans les classes. Les conditions de travail des maîtres et des élèves seraient bien meilleures aussi. S’ils menaient cette lutte, ils redoreraient le syndicalisme et aideraient les enseignants à remériter la considération qu’ils avaient autrefois. Malheureusement, certains syndicats défendent avec acharnement ces théories pseudo progressistes, mortifères pour l’éveil des élèves, nuisibles pour la qualité de l’enseignement et pour la vie professionnelle des enseignants et des élèves.
Tous ces « responsables » devraient au moins savoir que l’éveil des élèves ne con-siste absolument pas à les laisser s’exprimer sur n’importe quoi, ni à dire n’importe quoi pendant les heures de cours. Il ne consiste pas non plus à multiplier les activités périscolaires, amusantes et parfois intéressantes, mais sans intérêt pour l’apprentissage basique pour un éveil sérieux. Cet éveil sérieux se fera si l’instituteur (pardon, «le professeur des écoles ») leur apprend à lire et comprendre correctement ce qu’ils lisent, à écrire bien des phrases bien faites et sensées et à apprendre parfaitement les quatre opérations.
C’était le rôle des « instituteurs ». Ce nom vient du verbe « instituer », c’est-à-dire établir des normes ou des bases, en l’occurrence des connaissances, pour construire l’avenir. Il faut des bases solides pour construire, édifier et s’élever, comme toujours, partout et pour tout. Avec ces connaissances bien solides, l’élève pourra s’éveiller vraiment. S’il ne les a pas acquises parfaitement, il ne pourra jamais s’éveiller comme ses possibilités auraient pu le lui permettre.
Combien des fois les mères prononcent devant leur enfant le mot « maman » pour que celui-ci arrive à bien le prononcer ? Les bébés ont plus de difficultés pour prononcer le mot « papa » parce qu’ils doivent faire des efforts de contraction labiale pour y parvenir. Ce n’est qu’après de multiples petits efforts qu’ils arriveront à parler. Et alors on pourra dire que l’enfant est « éveillé ». D’autres multiples petits efforts seront nécessaires pour que l’éveil se poursuive. Pour prononcer correctement les mots, pour lire, écrire et compter. Une grande concentration de l’enfant est nécessaire pour y parvenir rapidement. Comme une grande concentration est aussi nécessaire à tout un chacun pour bien faire ce qu’il a à réaliser. Penser que l’on peut apprendre sans écouter attentivement est une pure utopie. L’écoute attentive, ou la concentration, a besoin que l’esprit et tous les sens du corps se fixent sur le même point ou sujet. Et comment écouter attentivement quand la classe est envahie par un brouhaha incessant ? Comment écouter attentivement quand la disposition des tables fait que l’élève tourne le dos ou doit se contorsionner pour regarder le maître ? Comment le maître peut-il instaurer le calme nécessaire à une écoute attentive quand cette disposition des tables favorise le bavardage ? Comment instaurer les conditions requises pour une bonne concentration quand le professeur est dans l’impossibilité administrative de sanctionner les perturbateurs récalcitrants ? Mission impossible. Echec de l’élève programmé et assuré.
Certes beaucoup d’élèves réussissent bien leurs études. Beaucoup d’autres réussis-sent moins bien parce que les conditions d’écoute ou de travail ne sont pas bonnes. Mais que deviennent les jeunes ayant plus de difficultés, intellectuelles ou sociales, qui se découragent et abandonnent ? Ah ! C’est vrai….on crée des formations de rattrapage, des écoles de la 2ème chance, etc. Cela donne bonne conscience et elles sont nécessaires dans l’état actuel créé de l’enseignement. Mais elles ne sont que des coûteux cautères sur des jambes de bois pour soigner un mal irrémédiable provoqué par des initiatives « réformistes » (ou « dé formistes ? »).
Que des critiques ! Diront certains. Oui, et j’assume. Certain aussi que les respon-sables intelligents et volontaires, à tous niveaux, y trouveront, suggérées, les solutions. Et ils sont ombreux. Encore faut-il que ces responsables veuillent bien y réfléchir honnêtement et aient le courage de sortir de leur quiétude monétaire et honorifique éphémère, néfaste pour les jeunes et, par conséquent, pour l’humanité.
Tous les bons enseignants ont pu constater comment les élèves sont malins pour po-ser des questions qui dévieraient, si on leur donnait suite, le déroulement normal de la leçon. Si le professeur leur proposait de répondre à leurs questions après les heures de cours, très peu d’élèves resteraient pour écouter la réponse. Peut-être aucun. Combien d’élèves sont venus me voir, au cours de ma carrière, pour me confier que pendant certains cours, avec certains professeurs, ils abordaient des sujets hors programme ? Au vu de leur mauvais ré-sultat aux examens dans les matières enseignées par ces professeurs, les élèves n’étaient pas venus me confier ce qu’ils avaient fait à leur professeur…Mais on finit par tout sa-voir…après.
Le 14/07/2014, vers 13h (heure de Paris), j’écoutais l’interviewe d’une professeure d’anglais exerçant dans un collège d’une région périphérique de Paris. Elle expliquait avec enthousiasme comment elle avait de bonnes relations avec ces élèves. Pour atteindre ce résultat elle répondait aux questions posées par des élèves de sa classe. Ces questions n’avaient rien à voir avec l’apprentissage de l’anglais. Parfois, affirmait-elle, ces discussions duraient toute l’heure. Et je me disais que ces discussions seraient beaucoup plus conviviales si elle emmenait les élèves à la cantine ou au café du coin pour continuer la discussion ! Mais qu’advient-il de l’apprentissage de l’anglais ? Qu’advient-il de l’apprentissage des autres matières où, pendant les cours, les élèves, même ceux qui seraient bons, ne peuvent pas écouter ou sont mal vus quand ils travaillent ?
Si on n’apporte pas de solutions valables à ces mauvaises conditions de travail dans les classes, alors on pourra multiplier les réunions et les discours. Il n’y aura pas de vraie solution. Alors aussi, les grands « communicateurs » pourront continuer à bavarder ; ils n’informent pas. Communiquer ou informer, les mots ont un sens bien précis et diffé-rent…souvent confondu ou ignoré! Volontairement ? Sans vouloir accepter la théorie du complot, au vu des constats des résultats scolaires, on est obligé de constater que Noam CHOMSKY, professeur au M.I.T. (Massachussetts Institute of Technology) l’avait déjà pré-dit avec raison. Il affirmait dans la 7ème des « dix stratégies de manipulation des masses » à travers les média:
« Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise. Faire en sore que le public soit in-capable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et es-clavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures » ».
Les lions prennent par le coup le lionceau récalcitrant en danger pour le mettre à l’abri. Ceux qui ont la responsabilité du système éducatif, mis à part certains enseignants consciencieux, non. Ils peuvent continuer à pérorer pour défendre leur théorie anti-peuple, ce sera toujours non. Pour changer, il faut vraiment aimer la jeunesse pour ce qu’elle est.
Mais ont peu dire oui : tant qu’ils ne changeront pas, ils continueront à mener les jeunes élèves dans le gouffre !
Le rôle du système éducatif était différent…autrefois ! Il éveillait vraiment.
Nouméa, le 30 juillet 2014

Commentaire #0109 ajouté le 11/07/2014 par Vincent

Changement de notations des élèves.

Texte envoyé au site internet SOS éducation


Bonjour,

Chaque ministre de l’ « éducation ? » qui passe s’investit ou ses acolytes lui conseillent de s’investir pour proposer des « gamineries » destructrices de l’enfant et par conséquent de la société.
Dans un livre « Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus » que j’ai publié chez Publibook, (www.vrodriguez.com) j’avais dénoncé tout un tas de « déformes » (pardon : réformes) que j’ai vu sortir au cours de mes quarante deux ans d’enseignement dans tous les niveaux, dont vingt sept comme directeur de lycée.
Le ministre actuel oublie que cette tentative de changement de notation a déjà existée et vite supprimée : Il fallait noter A,B,C,D,E. Les têtes « pensantes » qui dirigent le ministère (quelque soit son nom : éducation, enseignement ou instruction) oublient l’essentiel : il faut que les enseignants informent les élèves et leurs parents si l’enfant a appris ou non la leçon. Bien sûr, l’information doit être donnée avec beaucoup de respect de l’enfant et de manière à l’inciter à mieux faire.
Les ministres et leurs conseillers devraient plutôt se pencher sur le problème : comment aider l’enseignant à se faire respecter quand ils informent l’élève que son travail n’est pas suffisant. De toutes les façons, ils oublient que, dans la vie, on est tous et toujours notés ou jugés et que pour être le meilleur il faut d’énormes efforts (cf : les sportifs.)
A moins que, sans oser le dire, tous ces messieurs-dames ne veuillent continuer à mettre en pratique la 7ème des dix « stratégies de manipulation des masses » établies par le professeur du MIT Noam CHROMSKY, à savoir : garder les classes inférieures dans l’ignorance pour mieux pouvoir les dominer…
Pour finir, je dirai que cela fait longtemps que j’ai refusé et continue à refuser d’accepter certaines réformes imposées.

Salutations cordiales
Vincent Rodriguez

Commentaire #0108 ajouté le 23/06/2014 par Vincent

Rôles des parents pour l'éducation de leurs enfants

(Suite de l'article précédent)

Tous les jours après les cours, ou le matin avant les cours, l’élève doit apprendre la leçon expliquée en classe. (Les problèmes liés aux transports peuvent trouver une solution avec de la bonne volonté dans l’intérêt de l’enfant.) L’élève doit apprendre la leçon avant de faire les exercices, contrairement à l’habitude de beaucoup d’élèves qui se débarrassent en premier des devoirs à rendre. Ceux-ci ne sont que des exercices pour montrer que la leçon a été bien assimilée. Ce qui implique que pour savoir les faire il est nécessaire de savoir la leçon. Dans le cas contraire la mauvaise note est assurée et ce serait une erreur que d’incriminer le correcteur. L’expérience nous enseigne que pour conduire une voiture il faut d’abord apprendre. Dans le cas contraire on ira très vite contre le premier arbre, le premier poteau, contre le mur ou dans le fossé ou pire encore dans le ravin. Et tant mieux, si on peut dire, si ce n’est pas contre le premier piéton ou le premier cycliste. La problématique est la même à l’école : il faut bien apprendre les leçons avant de faire les exercices. Le goût de l’effort est ra-rement inné. Il s’acquiert, parfois difficilement. Le plaisir et la satisfaction personnels viennent après

Pour bien apprendre les leçons, il est nécessaire de passer un certain temps à étudier en silence et concentré (pas de musique, pas de télévision, pas en regardant par la fenêtre ni en regardant les mouches voler ou en pensant au copain ou à la copine). Combien d’élèves passent des heures à rêver devant un livre ou devant une feuille blanche. Ce n’est pas la bonne méthode pour apprendre.
Le temps consacré à l’étude peut varier en fonction de la concentration. Normalement, il varie aussi selon le niveau scolaire et selon les enfants. En primaire trente minutes peuvent suffire. En collège et en lycée un minimum de deux à trois heures est demandé.
Il est presque absolument certain qu’au début les enfants ne vont pas se mettre à l’étude après une journée d’école si on ne les incite pas. Ils préfèrent jouer, parler avec les copains, écouter leur musique préférée ou regarder la télévision.
C’est alors que doivent intervenir les parents, ceux qui ont fait des études, comme tous les autres. Les mamans qui ont exprimé leurs difficultés pour s’occuper de leurs enfants à l’ONG habitent très souvent dans des conditions difficiles. Très souvent aussi elles n’ont pas fait beaucoup d’études. Mais elles sont aussi compétentes et aussi capables que n’importe qui pour bien s’occuper des études de leurs enfants. Ce n’est pas elles qui vont à l’école mais leurs enfants. Elles doivent se convaincre qu’elles peu-vent beaucoup aider à la réussite de leur scolarité. Elles ont un rôle capital.

Comment faire demandent-elles?

La réponse à cette question semble évidente : L’enfant a besoin de disposer d’un endroit calme et silencieux pendant environ trente minutes dans les classes du primaire et de deux à trois heures dans le collège ou lycée pour apprendre les leçons et faire les devoirs. Naturellement, ce temps doit se passer dans le silence car, quoique les uns et les autres disent, il n’est pas vrai que l’on puisse se concentrer sur une leçon ou un devoir en écoutant la radio ou en regardant la télévision. Pas plus d’ailleurs qu’en étant assis devant sa leçon en pensant aux copains ou copines, ou en envoyant des SMS.
Toutes les précautions doivent être prises auparavant. L’enfant doit s’habituer à rester tout ce temps assis pour travailler sans se lever sous aucun prétexte.
Les parents doivent l’exiger. Certes, au début, cela ne sera pas évident mais le jeune prendra vite l’habitude et rapidement la pénibilité disparaîtra et le plaisir d’apprendre arrivera.
On doit veiller à ce qu’il ne rêve pas, et cela se voit, et le laisser prendre l’habitude de travailler tout seul sans intervention extérieure. L’autre ne peut pas apprendre pour moi. Evidemment, il faut veiller aussi à ce qu’il commence par apprendre la leçon avant de faire les exercices.
Bien souvent, au début, il se plaindra de ne pas comprendre la leçon ou de ne pas savoir faire l’exercice. Alors il faut lui demander de réfléchir pour mieux comprendre ou de revoir la leçon pour savoir faire l’exercice.
S’il a bien écouté en cours, et s’il a osé poser des questions quand il ne comprenait pas, normalement, il réussira. Dans le cas contraire, ce qui peut arriver parfois, il pourra demander, après le temps imparti, soit aux parents, s’ils peuvent l’aider, soit à un camarade qui sait vraiment ou à l’enseignant, à la première occasion.
Les contraintes sont fortes pour les parents, surtout au début. Jusqu’à ce que l’enfant prenne l’habitude de travailler régulièrement :

- Surveillance étroite, surtout au début.
- Régularité de l’action (tous les jours).
- Sévérité afin que l’enfant ne se laisse pas distraire.
- Faire les exercices proprement et bien écrits.
- Persévérance de la mère (ou du père) car l’enfant trouvera toujours un nouveau prétexte pour s’échapper physiquement ou mentalement.

Il faut persévérer pourtant. D’autant que les efforts à fournir diminuent au fil du temps. L’enfant prend l’habitude de travailler. Cela devient même un plaisir pour les parents et l’enfant lorsque les résultats scolaires s’améliorent. Il faut garder en tête que toutes ces difficultés et tous ces efforts seront récompensés par la satisfaction de la réussite scolaire de l’enfant.
J’ajouterai que cette rigueur est la meilleure preuve d’amour familial. Elle évitera beaucoup de souffrances dues aux mauvaises notes ou à l’échec scolaire et par conséquent sociétal.

Au niveau de l’organisation, et dans certaines circonstances difficiles, les parents peuvent regrouper plusieurs enfants afin de se relayer. Mais il faut être sûr que toutes les personnes en charge aient la même autorité afin que les enfants soient toujours surveillés de la même manière.


Conclusion
Les enfants des aborigènes australiens ne savaient pas lancer le
boomerang au premier essai. Ils regardaient faire les adultes et ils apprenaient en s’exerçant.
De même, tous les parents sont aptes à donner à leurs enfants des
conditions nécessaires pour bien étudier et réussir leur scolarité. Il faut une bonne dose d’autorité, surtout au début, pour isoler l’enfant et l’obliger à travailler après l’école. Chacun à sa part, l’enfant doit travailler, le parent doit veiller sur lui.
La tâche est difficile, la responsabilité est grande pour chacun mais plus
grandes encore sont la satisfaction et la fierté des parents et de l’enfant lorsque celui-ci réussit.
La joie de réussir viendra après et l’échec scolaire disparaîtra. Quand on a fait tout ce qu’on pouvait vraiment faire, ce n’est jamais un échec. Même les plus grands savants se trouvent tous les jours devant des difficultés difficilement surmontables : ils n’ont pas échoué. Seulement, ils n’ont pas encore trouvé

Vincent Rodriguez
Nouméa, le 23/06/2014

Commentaire #0107 ajouté le 23/06/2014 par Vincent

Un bon enseignement et une bonne éducation préparent l'épanouissement humain et sociétal


Qui va s’occuper de la réparation de la « Machine à exclure » (Jean-Paul DELEVOYE) qu’est devenu le système de l’enseignement actuel? Dans l’attente de cette réparation proposée préventivement par les responsables ou imposée par les foules, qui apportera une réponse adéquate à la « déliquescence » de l’enseignement et à « l’exclusion » grandissante de la jeunesse ?
Que doivent faire les parents pour apprendre à leurs enfants à mieux vivre individuellement, collectivement et professionnellement?
Cette dernière question a été posée à une ONG mondialement connue et reconnue, par des mamans désespérées par le comportement de leurs enfants. Elles lui demandaient comment aider leurs enfants pour les devoirs scolaires. Ces enfants avaient quitté ou quittent l’école sans instruction ni éducation. Ils n’apprennent pas à travailler ni à l’école ni à fortiori ailleurs, puisqu’ils sont scolarisés ou scolarisables. Elles voient leurs enfants en échec scolaire, désœuvrés, faisant de « bêtises » et ensuite confrontés à de grandes difficultés pour trouver un emploi.
Ces jeunes désœuvrés, qu’aucun métier n’intéresse, apparemment, se réunissent par bandes. Ensemble ils osent faire des « bêtises » que la société reprouve. Non sans raison d’ailleurs, mais…à qui la faute ?

L’ONG, devant ces constats, me demanda d’intervenir pour donner des conseils et aider ces mamans, simplement mais efficacement.
La première réponse a été d’affirmer que mes conseils n’étaient pas une vérité absolue applicable à toutes et à tous, sans discernement. Les conseils, même les plus avisés, doivent être adaptés aux réalités individuelles et locales.
La vérité humaine ou scientifique, est quelque chose qu’il faut rechercher en permanence avec la seule certitude : on peut s’y approcher chaque jour, mais on ne l’atteindra jamais. Cependant, plus on s’y approche, plus on est heureux.
J’affirmais au représentant de l’ONG, et pas par empathie, que seule la Parole de l’Evangile était vrai toujours, en tout temps et en tout lieu. Cela est vrai, quoiqu’en disent beaucoup de media et une multitude de personnes que nous devons respecter par ailleurs parce que ce sont des êtres humains. Encore faut-il avoir de la bonne volonté, une bonne dose d’humilité ou de réalisme humain et beaucoup de sincérité avec soi-même pour essayer de comprendre cette Parole Sacrée. Certes, l’erreur est humaine et les conduites scandaleuses aussi.
Cette certitude peut être constatée dans les conduites humaines mais aussi dans les comportements de beaucoup de « scientifiques » payés pour défendre les intérêts des entreprises qui les emploient. Ces erreurs ne devraient pas nous faire dévier de la recherche de la vérité en soi et dans la nature, afin de trouver ou retrouver la joie intérieure, souvent chancelante mais toujours plus grande après chaque effort. La Fontaine disait déjà qu’il faut recommencer cent fois pour que l‘œuvre se parachève.
Par ailleurs, mes conseils ne pouvaient être que le résultat d’une vie d’étudiant difficile mais, tous comptes faits, heureuse, et de quarante deux ans (42) d’expérience d’enseignement dans le primaire, en collège et surtout en lycée avec des élèves de toutes origines ethniques, sociales et religieuses.

Alors, convaincu que la connaissance et une bonne éducation sont à la base de tout progrès personnel et sociétal, comment donner ou acquérir le goût d’apprendre et de bien se comporter?

La première conviction, nécessaire mais pas suffisante, est que tous les
jeunes peuvent être bien éduqués, réussir leurs études et acquérir les connais-sances basiques nécessaires pour avoir un métier, quand les moyens nécessaires à la scolarisation sont mis à disposition. Même les plus démunis et ceux qui vivent dans les coins les plus reculés, car l’intelligence n’a ni couleur ni classe sociale. Tout dépend du travail personnel et de la volonté de chacun pour y arriver. En sachant que les jeunes sont tous différents et que les métiers sont multiples. En sachant aussi que le plaisir de la réussite humaine et professionnelle est proportionnel aux efforts faits pour y parvenir.
Cette notion est en contradiction avec le modus vivendi de la société de consommation d’urgence des plaisirs et des loisirs. Cette façon de vivre crée, trop souvent, le vide et le mal-être existentiels difficilement avouables aux autres et, parfois, à soi-même. Cette notion est aussi en contradiction avec la septième des dix stratégies de « manipulation des masses » définies par Noam Chomsky, professeur toute sa carrière au MIT (Massachussetts Institute of Technology). La septième stratégie consiste en « Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise ». Il écrivait : « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures » (Exrait du livre : « Armes silencieuses pour guerres tranquilles ».
Notre système scolaire a bien réussi la mise en place de cette septième stratégie et continue à la parachever sans que presque personne ne se pose les vraies questions. Et ceux qui osent les poser sont trop souvent considérés comme des rétrogrades mal pensants.

Cela dit, il faut admettre que la grande majorité des enseignants s’investit
énormément pour bien expliquer les leçons des programmes. Malheureusement, certaines méthodes pédagogiques, certaines directives et certaines parties des programmes, imposées par les autorités, ne leur facilitent pas la tâche, voire les empêchent d’atteindre l’objectif de l’enseignement : donner une bonne instruction et une bonne éducation. Malheureusement aussi, des lois permissives et le manque de soutien des enseignants par l’autorité et même par les syndicats facilitent l’indiscipline et l’absence de rigueur nécessaires à un bon apprentissage.

L’élève attentif qui écoute bien l’instituteur, et non pas le voisin ou les oiseaux qu’il cherche en regardant par la fenêtre, comprend normalement bien la leçon expliquée. Il faut dire que certaines dispositions des tables ne facilitent pas l’écoute attentive. Si l’élève ne comprend pas, ce qui peut arriver, il faut qu’il ose poser des questions à l’instituteur, en classe. En effet, celui qui ose dire qu’il n’a pas compris n’est pas moins intelligent que les autres. Très souvent, les autres élèves n’ont pas osé dire qu’eux non plus n’avaient pas compris. Le jeune doit avoir du courage pour affronter les rires moqueurs des camarades. C’est pourtant faire preuve d’intelligence que d’oser dire : Maître ou Maîtresse je n’ai pas compris. En effet, celui qui sait qu’il ne sait pas est plus intelligent et plus vrai que celui qui affirme savoir ce qu’il ignore.
Dans la classe, l’estrade scolaire est comme une scène. L’enseignant, comme un acteur qui doit attirer continuellement l’attention des specta-teurs….Quand l’acteur n’arrive pas à captiver l’attention du spectateur, il paye cash son échec et l’acteur/enseignant fait payer beaucoup plus cher aux spectateurs/élèves. Si l’attention des spectateurs n’est pas captivée, la différence est grande entre les acteurs de théâtre et les acteurs/enseignants. Dans le premier cas, il se trouve au chômage et ne sera pas heureux. Dans le deuxième cas, c’est l’élève qui ne trouvera pas de travail et sera malheureux.

Si l’élève est distrait ou bavard, il ne peut pas comprendre parce que pour comprendre il faut écouter attentivement. Si on écoute à demi on comprend à demi, ou pas du tout. (Ce problème n’existe pas qu’à l’école…). Le risque est très grand, dans ces conditions, d’avoir l’illusion d’avoir compris alors que la réalité est loin de la vérité. Les résultats obtenus seront médiocres. Le découragement et le dégout ne seront pas loin, avec toutes les conséquences inhérentes.
L’élève ainsi sanctionné par de mauvais résultats ne sera pas content. Il accusera facilement la sévérité de l’enseignant ou la difficulté de la leçon. Ce n’est pas évident de reconnaître sa paresse ou son inattention. L’enseignant doit les lui faire admettre, sans le décourager ni l’humilier, pour provoquer la bonne réaction. Normalement, l’élève sait, au fond de lui-même, reconnaître ses tords même quand il ne l’avoue pas. La sanction négative, juste et sans mépris, est bien souvent salvifique. L’enseignant pourra agir ainsi s’il est soutenu par l’autorité administrative et par les parents. Dans le cas contraire, il ne pourra que laisser faire et perdra sa motivation par instinct de survie conséquente de son impuissance, imposée par ses supérieurs et ou les parents. L’élève et ses parents en paieront les conséquences. La société aussi.
L’écoute attentive pendant les cours est la première condition de la réussite scolaire. Pour l’élève régulièrement inattentif et peu studieux, malgré les remarques et les conseils, il n’y a pas de solution : l’échec scolaire, pour commencer sa vie, sera le seul résultat possible.
Le berger qui voit une brebis s’égarer, lui envoie le chien pour la ramener. Et s’il constate que la brebis est fatiguée ou malade, il la prend sur ses épaules. Dans l’un ou l’autre cas, quand la brebis arrivera au bercail, elle sera contente.

Pour les élèves attentifs en classe, comprendre une leçon ne signifie pas encore la savoir. L’élève doit ensuite l’apprendre. Car savoir une leçon implique d’être capable de l’expliquer aux autres, sans le livre et sans la déformer.

Le rôle des parents intervient après ces préalables.


Vincent Rodriguez
23/06/2014

Commentaire #0106 ajouté le 09/05/2014 par Vincent

Réflexions


Le médiateur de la République, Jean-Paul DELEVOYE, écrivait en 2010 dans son rapport sur l’état de la France : « L’éducation en échec aujourd’hui sur l’acquisition des savoirs, l’aptitude au travail et l’éveil à la citoyenneté, interroge notre système administratif global qui échoue sur sa capacité d’inclusion et deviens une machine à exclure.
Nous devons retrouver le sens de l’engagement, de la solidarité de proximité, du partage mais aussi du respect de l’homme ».
Ce constat satisfait-il les grands néo-pédagogues concepteurs, les législateurs, les ministres, les administrateurs et les syndicalistes ayant à faire au monde de l’enseignement? Dans le cas contraire, qu’ont-ils fait?
Ce rapport a été « placardisé », comme beaucoup d’autres d’ailleurs. Pourquoi ? L’ont-ils trouvé, peut être, trop réaliste ? Etait-il trop culpabilisant pour eux ? On est en droit d’affirmer, au vu de leur comportement, qu’ils sont satisfaits du constat établi par le médiateur de la République. Ils sont tellement contents des résultats obtenus et constatés qu’ils ont accéléré les directives pour pervertir la jeunesse et l’abandonner dans la misère, loin de leur quiétude institutionnelle. Pourtant, ils pérorent beaucoup sur la lutte contre les violences et les « incivilités », sur l’échec scolaire et la non-intégration. Ce qui explique fondamentalement leur inaction et leur connivence. « Qui ne dit rien, consent ». Ou, pour le dire autrement, celui qui constate une erreur et ne fait rien pour la corriger se complait dans l’erreur….Les cautères sur des jambes de bois proposés par les responsables ne sont pas la solution mais des fumigènes destinés à aveugler la foule. On pourrait ajouter que certaines directives imposées, depuis quelques années par les programmes, ne sont plus des « cautères » mais le sacrifice rituel de la jeunesse, et de la société par conséquent, offert à une idéologie destructrice de la société.
Les enseignants, depuis des décennies, sont tenus de respecter les lois, règlements et autres circulaires administratives. Beaucoup en souffrent psychologiquement et parfois physiquement. Leur moral est atteint. Ils ne se sentent pas, ils ne sont pas réellement soutenus. Leur motivation professionnelle est atteinte. L’objectif premier de leur profession est détourné. Le mal vivre des jeunes provoque de plus en plus de suicides, et les congés pour maladie des enseignants se multiplient.
Pendant ce temps, la jeunesse passe. La préparation de cette jeunesse à une vie personnelle et professionnelle intégrée dans une société où chacun y trouverait une place gratifiante est loin d’être une réussite comme le dit le rapport du médiateur de la République.

On peut avoir beaucoup de pitié pour les acteurs de ces « incivilités » et pour les victimes de celles-ci conséquences du système mis en place au cours des dernières décennies.
Mon optimisme naturel m’oblige à espérer qu’un jour les grands responsables ouvriront les yeux et agiront en conséquence. Ou, si mon optimisme n’obtient pas satisfaction, des mouvements « instantanés » des foules mécontentes les remplaceront sans ménagement.

Dans l’attente de ce changement proposé préventivement par les responsables ou imposé par les foules, qui apportera une réponse adéquate à la « déliquescence » de l’enseignement et à « l’exclusion » grandissante de la jeunesse ? Qui va s’occuper de la réparation de la « Machine à exclure » qu’est devenu le système d’enseignement actuel?
Certes, le goût de l’effort et du travail bien fait n’est pas inné chez l’être humain. Il s’acquiert et se cultive tout au long de la vie. Cette acquisition débute dès la plus tendre enfance. Pour y parvenir, une rigueur juste, envers soi et envers les autres, et le respect de soi et des autres, sont nécessaires. Le plaisir et la volonté d’apprendre à bien faire arrivent lentement et progressivement. L’épanouissement heureux de soi aussi. Les grands artistes comme les grands sportifs, pour ne parler que d’eux, savent parfaitement les efforts nécessaires qu’ils doivent réaliser pour parvenir à être ce qu’ils sont devenus. Sans efforts pour avancer on n’arrive nulle part…
Pour apprendre à lire, pour comprendre les mots lus, pour apprendre à compter, pour apprendre à préserver l’environnement ou pour apprendre à se respecter et à respecter les autres, point n’est besoin de « grands séminaires » de réflexion ni de tant de réunions de formation. Il suffirait d’apprendre correctement l’alphabet, de faire tous les jours plusieurs exercices de lecture, d’apprendre le sens exact des nouveaux mots. Il suffirait d’apprendre parfaitement les quatre opérations et le calcul mental. Il suffirait d’apprendre à prendre soin du matériel mis à disposition et en nettoyant de suite ce que l’on salit. Il suffirait enfin d’apprendre à avoir une attitude corporelle et verbale respectueuse de soi et des autres.
Tout ceci doit être bien semé dès la prime enfance. Par la suite, les efforts pour progresser deviennent plus aisés et plus prometteurs.

Tout ce programme, les enseignants savent parfaitement le faire. Ils voudraient bien pouvoir le réaliser sans entraves ou plutôt avec un réel soutien de leurs supérieurs politiques, administratifs et syndicaux.
L’espoir fait vivre, mais à force d’attendre on finit par mourir sans avoir obtenu le résultat escompté.
Qui va oser commencer à nager contre ce courant dévastateur ?

Commentaire #0105 ajouté le 15/04/2014 par Vincent

Courtes cogitations !

Lors de l’inauguration de la classe BTS.PME.PMI, (Brevet de Technicien Supérieur. Petites et Moyennes Entreprises. Petites et Moyennes Industries) au lycée Blaise Pascal, j’avais conseillé aux nouveaux élèves « d’enlever les claquettes et de regarder par delà de l’horizon ». En clair, si vous voulez réussir dans la vie, vous devez travailler beaucoup, vite et bien. Vous devez projeter vos actions dans le futur qui sera ce que vous en ferez. L’horizon ou l’avenir, proche ou lointain, menaçant ou magnifique, selon le temps ou selon le regard, est en train de se construire au quotidien. Après les pluies ou les orages provoqués par des intérêts honorifiques ou financiers, périssables par essence, l’horizon se dégage et le ciel bleu, qu’ils nous cachaient, se montre encore plus beau.
Car force est de constater que la grande majorité des habitants de la Nouvelle-Calédonie, dans leur vie quotidienne, va dans le sens du respect de l’autre et du « vivre ensemble » le mieux possible. Ce n’est pas toujours facile, mais toujours très prometteur. Le passé nous apprend à vivre le présent pour préparer un avenir meilleur.
Beaucoup de personnes ou « personnalités » parlent des « valeurs » et du respect de l’autre sans expliquer le sens donné à ces mots…
Dans le livre « Nouvelle-Calédonie. Des tabous du nickel et des hommes », presque tout un chapitre est consacré à la définition du mot « RESPECT ». Le concepteur de cette définition la dit « océanienne ». Elle est peut-être aussi universelle. Voire www.vrodriguez.com

Commentaire #0104 ajouté le 11/04/2014 par Michel

Voici un avis d'un correspondant.

J'ai acheté ton livre: "Nouvelle-Calédonie. Des tabous, du nickel et des hommes" et je t'avoue que je suis enchanté de cette lecture ,il faudrait beaucoup de personnes aussi lucides pour réussir l'avenir futur harmonieux de ce magnifique pays.il est vrai que les intervenants sont toutes des personnes de qualité. »

Commentaire #0103 ajouté le 02/04/2014 par Vincent

Réflexions post-élections municipales du 30 mars 2014


Les élections municipales sont terminées.
Certains digèrent les résultats dans la joie, d’autres dans l’amertume.
Félicitations aux gagnants. Bon courage aux perdants. Chacun a certainement des amis ou des connaissances dans les différents camps.

Il y avait beaucoup de listes et donc beaucoup de candidats.
Le plus grand nombre proclamaient, de bonne foi, vouloir améliorer les conditions de vie de leurs concitoyens. On peut les croire et les encourager à continuer dans cette voie.
Un petit nombre, sans le dire, ne pensaient, dans leur for intérieur, qu’à ce qu’ils pouvaient gagner en prestige ou en argent. Cet argent serait gagné légalement ou par d’autres avantages moins légaux ou moins justifiés.
Les projets à réaliser étaient nombreux. Il en faut. Leurs coûts n’étaient certainement pas étudiés. Il me semble ne pas avoir entendu, ni lu dans leurs brochures, un candidat s’engager à mieux gérer les dépenses publiques : il y a souvent pléthore de personnel et les prix des appels d’offres acceptés sont souvent exagérés et trop souvent dépassés. Un bon gestionnaire commencerait par s’occuper de ces deux causes des augmentations des impôts. Les électeurs qui ont voté pour les gagnants ou pour les perdants sont unanimes pour qu’il y ait une diminution ou au moins une stagnation des impôts : ils souffrent au quotidien de la vie chère.
Il me semble ne pas avoir entendu, ni lu dans leurs brochures, un candidat ou une candidate proposer des solutions pour lutter contre l’échec scolaire. Or, celui-ci est à l’origine de la pauvreté et de l’abandon de beaucoup trop de jeunes et, par conséquent, de beaucoup d’ « incivilités » (mot générique pour résumer toutes les violences). La drogue et l’alcool sont trop souvent des dérivatifs pour les « sans espoir ». L’augmentation du nombre de policiers, de juges ou autres professions d’éducation, nécessaires pourtant, ne permet et ne permettra, trop souvent, que de constater l’échec scolaire et sociétal. La solution, ou le remède pour éradiquer le mal et non pas de seulement le soigner, serait de bien instruire et de bien éduquer la jeunesse dès la prime enfance : une instruction de base solide (savoir lire et comprendre ce que l’on lit, et savoir parfaitement les quatre opérations, sans avoir recours à la calculatrice), et une éducation sérieuse fondée sur les principes humains et universels. Ces principes étaient, depuis toujours, la base de la vie en société de tous les peuples, avec leurs spécificités et leurs imperfections. Il faut constater, hélas ! que la législation actuelle interdit souvent, aux parents et aux enseignants, de donner cette instruction et cette éducation….Pourquoi ? Je ne suis pas le seul à le proclamer, heureusement, mais j’ai longuement écrit sur ce thème pour proposer des éléments de réponse. Lire le livre. : « Deviens toi-même. Parents absents…enfant perdus ». CF. : site Internet www.vrodriguez.com.

Au cours de la campagne électorale, on a souvent entendu des critiques acerbes sur les programmes ou les candidats des listes adverses. Ces critiques font sourire certains et mécontentent beaucoup d’autres. Elles perpétuent certainement les divisions et les désillusions. Elles favorisent, certainement aussi, des égos surdimensionnés et probablement personnellement très intéressés à court terme.
Alors, dans un si petit pays à l’échelle du monde ; dans ce si petit pays de seulement trois cents mille habitants, multiculturel et multi métissé, où la majorité des personnes vit et travaille déjà ensemble, il est difficile de comprendre, ou plutôt d’admettre, comment les « élites » politiques et autres n’ont pas une vision plus réaliste à court et à long terme pour le bien de tous. Il est difficile de comprendre pourquoi et comment des intérêts matériels, de prestige ou idéologiques personnels priveraient l’ensemble des habitants de ce magnifique pays d’un avenir heureux dans un monde déjà globalisé. Pour résumer avec ce qui pourrait être un proverbe, nous pourrions dire: « On ne peut pas voir l’horizon quand on a les yeux rivés sur son nombril. »
D’autres calédoniens ont participé avec moi pour revisiter l’histoire de la Nouvelle-Calédonie et imaginer son futur déjà visible. Lire le livre ! « La Nouvelle-Calédonie. Des tabous, du nickel et des hommes ». cf. : www.vrodriguez.com. Ce livre, qui n’a pas eu d’écho localement, a fait l’objet d’une émission sur « France Culture ». Vous pouvez la réécouter. Son titre est :

Les Enjeux internationaux : Nouvelle-Calédonie. Pourquoi l’avenir de l’archipel a-t-il une dimension régionale ?
http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4711140


Celui qui ne lit pas stagne.
Celui qui lit sans réfléchir se met un masque…de culture.
Celui qui lit en réfléchissant s’enrichit et enrichit les autres.

Commentaire #0102 ajouté le 30/01/2014 par Vincent

Madame, Monsieur
Il y a une trentaine d’années, j’avais un poste à responsabilité dans l’enseignement, en contact direct avec les élèves, leurs parents et toute l’équipe éducative. Auparavant, j’avais enseigné dans les écoles primaires à plusieurs niveaux, dans les collèges d’enseignement général et technique ainsi qu’en lycée d’enseignement général et technologique. Avec cette expérience, je pense que mon opinion mériterait d’être prise en compte, même si la forme est trop directe. J’ai trop de respect pour l’être humain pour penser qu’elle pourrait blesser quelqu’un. Ce n’est pas le but.
Depuis quelque temps, je constate que les media parlent, d’illettrisme, d’échec scolaire, des violences chez les jeunes, de formation continue, d’ « école de la 2ème chance », de la mauvaise qualité de l’enseignement (rapport PISA) … Il me semble nécessaire d’affirmer encore que les coûteux soins palliatifs distribués pour essayer d’y remédier n’éradiqueront pas la « maladie ». Le virus contagieux de ces maux s’attrape et se propage dans les écoles, dès les plus jeunes années, dans les collèges et lycées par la suite.
Quand les premières « réformes » (que j’appelais par devers-moi « déformes ») telles que « la méthode globale de lecture », « les mathématiques modernes », « le collège unique », « l’éveil » ou autres « pédagogies participatives » ont été imposées en France, je réagissais en public et en privé. Je prédisais ce que l’on constate depuis des décennies et dont certains média osent commencer à en parler maintenant. Il faut un certain courage pour informer en vérité et arrêter de communiquer sur « certaines valeurs pédagogiques modernes » pour endormir.
J’avais prédit, avec l’arrivée de toutes ces réformes (et très souvent chaque ministre adore donner son nom à une nouvelle), la déliquescence de l’enseignement et les conséquences individuelles, sociales et sociétales qui en découleraient et que l’on peut constater depuis de longues années : échec scolaire, illettrisme, chômage, désocialisation, violences, multiplication des orthophonistes, des psychologues, des éducateurs « spécialisés », d’écoles de la « deuxième chance », d’organismes de formation initiale ou continue, de policiers en plus grand nombre et une justice dépassée par les évènements, quand elle (ou la société) ne constate pas son impuissance et devient inefficace. Sans oublier la démission des parents et parfois leur intrusion anti-éducative dans les lieux scolaires.
Les lois laxistes publiées, concoctées par l’idéologie « soixante-huitarde », soit disant pour le bien des enfants et de la société, ne permettent pas d’y remédier. Bien au contraire, elles en sont probablement la cause du mal vivre des enseignants abandonnés par les syndicats et leur hiérarchie, des mauvais résultats scolaires et de la dégringolade de l’enseignement français au niveau mondial (cf. dernier classement PISA, 23ème au rang mondial et l’Université de Nouvelle-Calédonie classée avant dernière au plan national)
Naturellement les « néo-pédagogues » légalement reconnus et bien installées aux places de conseillers des décideurs et surtout leurs suiveurs détenteurs d’une petite responsabilité, me traitaient allègrement de « réactionnaire » ou de « vieux conservateur ». Et pourtant j’ai été « le créateur du premier site internet mis à disposition des élèves » sur le Territoire, trois ans avant l’Education Nationale. J’ai été l’initiateur de l’enseignement des langues vernaculaires. Je voulais développer la connaissance et la perpétuation des langues et des cultures mélanésiennes et océaniennes pour que chacun se sente fier (sans orgueil) de ce qu’il est. Cette dernière initiative n’a pas pu durer : l’affectation horaire pour cet enseignement fut supprimée par les autorités de l’enseignement…pour se l’approprier et imposer cette matière par la suite avec un objectif pas toujours approprié pour le bien des élèves. On pourrait citer d’autres innovations réussies, malgré l’opposition des autorités de l’enseignement du Territoire !
Le mal vivre des uns et des autres est grandissant, même si on tente de le camoufler par la multiplication grandissante des divertissements proposés. Le vieux proverbe latin « du pain et des jeux » pour le peuple est toujours d’actualité et utilisé par ceux qui devraient diriger et éduquer pour préparer une société libre et harmonieuse….Mais ceux-ci ont d’autres soucis personnels plus immédiats que celui de s’occuper de la qualité de l’enseignement. Ils ne sont pas tenus par l’obligation de faire acquérir des connaissances basiques sérieuses, mais par de bons pourcentages des résultats aux divers examens. Peut-être même que ces résultats scolaires catastrophiques, même si les pourcentages de la réussite aux examens est bonne, arrangent certains qui peuvent se poser ainsi en « sauveurs » en finançant, avec l’argent des impôts, des projets voués à des résultats douteux et peu qualifiants. La réussite à un examen devient trop souvent un cadeau du Père Noël (l’année scolaire finie officiellement vers le 15 décembre mais souvent un mois avant) plutôt que le constat objectif des connaissances acquises.
Les coûts de tous ces organismes de « rattrapage » est exponentiel. Sans compter la participation des entreprises et des pouvoirs publics, l’Union Européenne verse des sommes énormes. Les chiffres ont été annoncés dans la presse. …3.5 milliards pour le prochain plan, soit sept cents millions cfp par an.
Beaucoup de postes de travail sont créés et on comprend que ces salariés veuillent perpétuer leurs emplois. Bien souvent des « formateurs » améliorent leur quotidien en touchant un prix pour s’occuper de formation tout en étant payés pour le travail que pendant ce temps ils ne font pas.
La question peut être posée : pour quel résultat ? Pour combien de jeunes en situation d’échec ? Naturellement, les « communicants » seront intarissables sur l’efficacité de tous ces moyens logistiques et financiers et il est difficile de les contrarier. Y a-t-il de véritables enquêtes sur la valeur réelle des diplômes distribuées ? Naturellement, aussi, il est nécessaire d’agir par des moyens adéquats pour essayer de corriger les erreurs initiales imposées. Mais tous ces moyens ne sont et ne seront que des cautères sur des jambes de bois. En effet, ce n’est pas quand l’arbre a poussé de travers que l’on peut le redresser….Comme l’arbre, le jeune enfant a besoin d’un tuteur dès sa prime jeunesse pour qu’il pousse droit. Le « tuteur », même si parfois il est contraignant, facilite l’épanouissement.
Si on veut vraiment et réellement bien former la jeunesse dans son humanité totale, il faut commencer dès les plus jeunes années avec un contenu basique des matières enseignées, des méthodes éprouvées, soutenir l’autorité des enseignants, imposer de la rigueur pour obtenir un travail bien fait et une fréquentation scolaire assidue.
Afin de proposer des pistes de réflexion pour essayer de résoudre ces graves problèmes dont souffraient de plus en plus de jeunes, j’avais proposé un article à publier dans la presse. L’article a été refusé. J’ai mis plusieurs années pour publier (à compte d’auteur) le livre: « Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus ». Ce livre s’appuyait sur des faits vécus dans les établissements scolaires. Et beaucoup de lecteurs n’ont pas compris le message fondamental parce qu’ils l’ont considéré comme une autobiographie. Certains lecteurs ont lu le livre autrement et s’en servent pour leurs relations avec leurs élèves !
Dans ce livre, je posais une question que beaucoup ne veulent pas se poser parce que la réponse serait évidente et culpabilisante, peut-être, pour un bon gestionnaire : « Etant donné que l’école est devenue une machine à fabriquer l’échec scolaire, combien coûte chaque échec en « rattrapage », « mise à niveau » divers et variés, en frais occasionnés aux victimes des « incivilités », en frais de recherche par les forces de l’ordre, en frais d’avocats et des juges, etc. Et on ne peut pas évaluer les « catastrophes » humaines des jeunes en « échec scolaire » ni des victimes des actes peu citoyens.
La réponse évidente est qu’il faut lutter contre l’échec scolaire dès l’école maternelle et pendant toute la scolarité. Celle-ci devrait donner une formation de base solide afin de faciliter l’adaptation aux besoins du monde moderne en prenant en compte les capacités multiples et variées des jeunes. La Nouvelle-Calédonie est entrée dans la mondialisation et celle-ci la mangera si elle ne se donne pas les moyens de réagir. Or, depuis que le monde est monde, une bonne éducation et une solide formation de la jeunesse ont toujours été le moyen pour survivre et progresser.
Il y a quelques années, une organisation caritative m’avait demandé d’expliquer, aux familles dans le besoin, comment « apprendre à apprendre » à leurs enfants. La méthode était simple et claire et est toujours d’actualité. Pour la mettre en pratique…il faut le vouloir et se donner les moyens. Ces moyens sont bien moins coûteux que les sommes engagées pour corriger les conséquences des erreurs initiales imposées.
Alors, si on veut vraiment quitter le chemin qui même au désastre scolaire, humain et sociétal, il convient de déterminer les méthodes efficaces à employer dès le plus jeune âge et à tous les jeunes. « L’intelligence n’a pas de race ni de classe sociale ». Il convient aussi de se donner les moyens légaux pour pouvoir employer ces méthodes :
Apprendre à lire, à écrire et à comprendre ce que l’on lit, ce qui implique l’apprentissage du vocabulaire et le sens exact des mots. Combien de jeunes et de moins jeunes peuvent-ils vraiment comprendre correctement ce texte ?
Apprendre parfaitement les quatre opérations et le calcul mental. Les calculatrices peuvent se substituer à ce travail d’apprentissage mais elles ne forment pas l’esprit aux notions de grandeur pour corriger les fautes de frappe éventuelles. L’esprit de l’enfant progresse lentement et va du détail à l’ensemble et non le contraire.
L’argent est certes nécessaire pour corriger les erreurs initiales. Est-il toujours employé à bon escient ? Mon expérience d’éducateur, d’enseignant et de directeur-gestionnaire m’autorisent à en douter.
Mon expérience m’autorise aussi à rêver que, peut-être, un jour, pas si lointain, l’autoroute de l’enseignement où on a engouffré notre jeunesse changera de direction et proposera des « bretelles » conduisant chacun à son complet développement.
Pour abréger, je dirais que si on aimait vraiment la jeunesse, on appliquerait ces méthodes avec rigueur. Dans le cas contraire on flatte la jeunesse. Or la flatterie n’est pas de l’amour et ne permet pas le développement harmonieux de chacun. Les flatteurs pensent gagner…ils ne voient pas le précipice arriver, où ils finiront aussi. Les média commencent à parler de ce précipice. Donc elles le voient. Il est encore temps de changer de direction.
Vincent Rodriguez

Commentaire #0101 ajouté le 28/01/2014 par Vincent

Madame, Monsieur,

Depuis mon enfance, j'entends parler, avec raison d'ailleurs, des horreurs de "l'inquisition espagnole".
J'ai fait toutes les études universitaires en autodidacte.
Le sujet de la maîtrise était "La liberté en Espagne au XVI siècle".
Des décennies plus tard j'ai repris le thème en m'éclairant des recherches historiques faites depuis.
Ceux qui aspirent à se faire une idée plus exacte de cette période historique trouveront certainement des arguments dans le livre ci-après publié dans la collection "Un autre regard" aux éditions l'HARMATTAN.
Bonne lecture

Salutations amicales
Vincent Rodriguez


Livre



LIBERTÉ EN ESPAGNE AU XVIE SIÈCLE (LA)
Etude à la lumière de l'oeuvre de Fray Luis de Leon (1528-1591)
Vincent Rodriguez
Un autre regard / Paris School of Business
HISTOIRE LITTÉRATURE ETUDES LITTÉRAIRES, CRITIQUES EUROPE Espagne
ISBN : 978-2-336-30519-6
132 pages • 14 € 13,30 € • janvier 2014

Commentaire #0100 ajouté le 28/01/2014 par Vincent

Monsieur, Madame,

Ce livre est le résultat de la collaboration d'un groupe de néo-calédoniens qui ont réfléchi, impartialement autant que faire se peut, sur l'histoire et le futur prévisible de la Nouvelle-Calédonie. Le livre voudrait apporter sa pierre pour construire l'avenir harmonieux auquel la grande majorité de néo-calédoniens aspirent réellement.
Il est publié dans la collection "un autre regard" aux éditions l'Harmattan.
Bonne lecture

Salutations amicales

Vincent Rodriguez



Détail de l'ouvrage



NOUVELLE-CALÉDONIE
Des tabous, du nickel et des hommes

Ouvrage collectif coordonné par Vincent Rodriguez
Un autre regard / Paris School of Business
ECONOMIE POLITIQUE OCÉAN PACIFIQUE Nouvelle Calédonie

La Nouvelle-Calédonie, terre indépendante ou unique présence efficace de l'Europe au coeur de la seule zone en expansion du monde, dominée par les puissances anglo-saxonnes et asiatiques : le Pacifique ? Est-elle juste un vestige du passé colonial ou, le microcosme du futur au coeur d'une zone d'interfaçage culturel et économique intense qui préfigure ce que sera le XXIe siècle ?

Commentaire #0099 ajouté le 17/06/2013 par CLOSIER J.N

Bonjour Monsieur Rodriguez,
Je vous connaissais par la rumeur bien avant d'avoir le plaisir de vous rencontrer. Puis j'ai eu l'honneur( je pèse mes mots et je ne faillotte pas!) de prendre place face à vous dans votre bureau et de vous écouter parler de votre métier, de votre jeunesse aussi. De fait, j'étais venu là chercher l'exemplaire de votre livre que vous veniez de dédicacer à mon intention. Arrivé chez moi je me suis immergé dans votre ouvrage. Je l'ai lu lentement. Il m'a réclamé pas mal d'attention et c'était mérité, mais surtout la forte densité des idées compactes obligeait à s'attarder, à réfléchir, ou à passer sur l'essentiel du message. Je n'avais donc pas le choix et je ne le regrette pas.
Par ailleurs j'ai conscience de ne pas posséder les qualités requises pour émettre un avis valable sur les sujets que vous traitez. Je ne suis pas enseignant, pourtant, même sans être averti de la chose, ce que j'ai lu dans votre livre a déclenché en moi de fortes résonances de vérités vaguement soupçonnées, mais ici clairement révélées, expliquées, décortiquées. Naturellement les réminiscences assoupies de quelques malheureuses expériences scolaires et collégiennes ont alors surgi. Après courte réflexion j'en ai pris la mesure à l'aune de vos analyses et de vos exemples. J'en ai profité pour liquider vite fait, bien fait, le modeste contentieux de mes blessures mal cicatrisées. Et c'est bien la première fois qu'une telle thérapie m'est offerte sur un plateau....( Après tant d'années et en plus par l'initiative d'un prof!!!). Oui, ce fût pour moi une sorte de baume au coeur et je l'avoue sans honte, y était mêlé le relent revanchard d'un ancien élève blessé. Merci Monsieur pour votre livre.
Lorsque je vous ai demandé s'il s'agissait d'une autobiographie, vous m'avez répondu: Non. Et je l'ai constaté, c'est davantage. Dès la lecture des 40 premières pages je n'ai pas pu résister au plaisir de résumer ma pensée dans un élan lapidaire. Je me suis dit, voilà" les confessions d'un enfant du siècle écoulé" . Passionnants ses retours vers l'enfance. comme je le disais plus haut, les souvenirs éveillent des échos insoupçonnés, car en effet, dans ces années du milieu du XXeme siecle, nous gens de cette époque, vivions pratiquement dans les strates du XIXeme siecle languissant qui n'en finissait pas de se prolonger. Je puis en parler librement car tout comme Puchero j'ai vécu mon enfance auprès de mes parents (sauf mobilisation de mon père en Tunisie 39-40) dans une modeste ferme de maraichage en Algérie où j'ai connu des expériences semblables aux siennes. Un goût et un attachement à la nature se sont imposés à l'enfant que j'étais, devenant du coup mes références et mon équilibre. Je ne peux donc que vibrer au son de ces rappels.
Plus loin le ton change et prend une nouvelle densité. Ici encore je m'autorise à résumer mon impression par une phrase lapidaire: "Règlements de compte à qui de droit et qui le mérite". Là on éprouve des instants de plaisir à voir les injustices révélées et épinglées, tout en imaginant la tête des fripons de tous bords, adultes, administratifs, parents d'élèves et parfois des adolescents tordus qui doivent se reconnaître entre deux lignes. Mais en marge de ces volées de bois verts, il y a les propositions concrètes de remises en ordre comme par exemple le retour vers des recettes pédagogiques qui ont fait leurs preuves. Dans l'actuel monde bousculé et les temps de trahison que nous observons, çà réconforte. Je n'épiloguerai pas davantage. Tout est dit par la bouche de Puchero.
Petite parenthèse avant de terminer: J'ai particulièrement apprécié de relever dans vos références le nom de Albert Camus car la seule évocation du grand nom de ce fils de mon pays de naissance éveille en moi des échos de fierté et d'attachements admiratifs .
En conclusion: Bravo cher professeur et merci pour tout.
Jackie Norbert Closier.

Commentaire #0098 ajouté le 26/12/2012 par Vincent

Les enfants s’éduquent-ils tout seuls ?

Un jeune homme de dix sept ans entre dans un magasin Carrefour. C’est exceptionnel qu’il fasse les courses mais il vient acheter une baguette de pain et un pot de miel que sa mère avait oublié de prendre.
La baguette de pain bien chaud, quelle chance ! et le pot de miel à la main, il se précipite vers la caisse la plus proche. Il ignorait qu’il existait des caisses pour les clients qui n’avaient que deux ou trois articles. On apprend à tout âge et partout.
Armé de patience, il attend son tour.
Il était précédé d’une dame, la trentaine, dont le fils, de cinq ou six ans, poussait le chariot bien rempli.
Le gamin touche avec le chariot la dame, la soixantaine bien sonnée, qui les précédait. La dame regarde le gamin et sa maman sans rien dire.
La dame de la soixantaine arrive à la caisse et commence à présenter ses emplettes à la caissière.
Le gamin, visiblement impatient, touche avec le chariot la dame encore une fois, deux fois. Gentiment, la dame dit à la maman que son fils lui faisait mal avec le chariot.
« C’est comme ça que je l’élève. Il faut qu’il apprenne par lui-même » lui répond la maman.

Le jeune homme, qui avait suivi la scène depuis le début, ouvre tranquillement sont pot de miel et verse une petite quantité sur la tête bien coiffée de la maman. Celle-ci, offusquée, se retourne et commence à réprimander fortement le jeune homme.
Celui-ci, étonné, lui répond : « Madame, c’est comme ça que j’ai été élevé. On ne m’a jamais interdit de faire ce que je voulais ».
La dame de la soixantaine qui a observé la scène dit à la caissière, assez fort pour être bien entendue à la ronde : « Madame, le pot de miel c’est pour moi, je le paye ! »
Le gamin, éberlué par ce qui était arrivé à sa maman, s’accrochait à sa robe et ne bougeait plus.

En lisant cette anecdote, certains vont en rire. D’autres, pleureront.

Personnellement, je ferai l’un et, bien après, l’autre. Mais l’autre va durer plus longtemps.

Je vais d’abord rire de ce qui arrive à la maman : La théorie sur l’éducation à donner aux enfants, exprimée dans la réponse faite à la dame plus âgée, a eu une démonstration de son ineptie! La maman a reçu une leçon pratique, en public. Probablement, elle ne voudra pas s’exposer à en recevoir une deuxième.
La suite, on peut l’imaginer : Elle a dû passer un temps certain pour enlever le miel de ses magnifiques cheveux et peut-être retourner chez le coiffeur pour réparer l’outrage mielleux.

Après avoir bien rit, je vais pleurer intérieurement.

Probablement, bien avant d’arriver pour faire la queue à la caisse du supermarché, la maman avait demandé à son fils, à plusieurs reprises, de se tenir tranquille. Mais le gamin, suivant son instinct et trouvant sa maman contrariante, n’en a pas tenu compte. Elle ne pouvait pas le réprimander en public. Le gamin aurait éclaté en sanglots. Les clients ou clientes du magasin auraient regardé avec pitié le « tout petit chéri » et d’un air réprobateur la maman. Et si, par malheur pour la maman, celle-ci avait donné une petite claque sur la fesse de son enfant, celui-ci aurait probablement compris et changé de comportement, mais un ou plusieurs clients ou clientes « bien pensant(e)s » se seraient offusqué(e)s publiquement. La discussion avec la maman se serait envenimée et les client(e)s l’auraient menacée de porter plainte pour maltraitance. Il s’en suivrait, si les client(e)s donnaient suite aux menaces, une convocation de la maman chez le juge pour se faire réprimander d’abord et menacer de toutes les conséquences légales, ensuite.

Par contre, si la dame, qui a subit les assauts du chariot, portait plainte contre le gamin pour violence volontaire, le juge la condamnerait pour recours abusif à la justice.

Et pour peu que la maman et la dame protestassent devant le juge contre ces lois permissives et leurs conséquences, elles pourraient avoir l’occasion de se réconcilier dans la même cellule de prison. Car tout le monde sait que les prisons sont surpeuplées et qu’il faut entasser deux, trois ou quatre prisonnières par cellule, parfois plus.
Et les juges sont les seules personnes sur terre, avec le Pape dans certaines conditions pour les catholiques, à prendre des décisions indiscutables. « Dura lex, sed lex ». Proverbe latin toujours d’actualité : la loi est dure, mais c’est la loi.
Certes, ces juges « défenseurs » de l’enfant mettent en application les grands principes humanitaires rédigés et décidés, parfois contre la volonté nationale, par certaines grandes instances internationales. Les différentes nations sont priées de mettre leurs lois et décrets d’application en conformité avec ces grands principes ou résolutions sous peine de sanctions juridiques ou économiques.
Les juges nationaux pourront ainsi sanctionner en toute légalité.

Certes aussi, il existe, de par le monde, des millions d’enfants maltraités et exploités quotidiennement. On ne peut que condamner avec la plus grande fermeté tous ceux et toutes celles qui agissent de la sorte avec les enfants. Ces faits justifient largement l’édiction de ces grands principes ainsi que la promulgation des lois et décrets d’application.
Mais les plus sévères condamnations ne servent à rien si des actions ne suivent pas. Or, mises à part certaines Organisations Non Gouvernementales (ONG) et beaucoup d’associations caritatives qui s’impliquent sur le terrain pour aider ces enfants malheureux, qui d’autre s’en soucie vraiment ?
On rétorquera que les instances nationales ou internationales financent certaines activités des ONG en faveur de cette enfance miséreuse. Certes oui. Et elles le font en accompagnant ces aides de grands et beaux discours et à grand renfort de publicité pour que nul ne l’ignore. Mais ces beaux discoureurs camouflent bien leur volonté de ne pas trop en faire pour pouvoir continuer à bénéficier, directement ou indirectement, consciemment ou non, du produit du travail de ces enfants dans les usines, les champs ou les mines, vendu de par le monde avec des bénéfices très confortables. Les intérêts économiques ou les « bonnes » relations diplomatiques justifient beaucoup de silences.

Pourtant, entre les souffrances extrêmes des enfants exploités ou martyrisés, répétons-le, inexcusables, condamnables et prohibées, et les exigences, nécessaires parfois, pour une bonne éducation, il y a une distance qui a été supprimée par des lois permissives ou restrictives. Les enfants et les éducateurs naturels ou institutionnels le savent bien.
La loi ne fait pas de distinguo entre une gifle qui envoie par terre ou à l’hôpital un jeune et une petite fessée donnée à un enfant désobéissant et perturbateur, à la maison ou dans la classe. Même les réprimandes et les sanctions justifiées par de mauvais comportements, de mauvaises notes pour les leçons non apprises ou les devoirs non ou mal faits deviennent de plus en plus interdites.
Ainsi, du proverbe « bien faire et laisser braire » on est passé à la réalité quotidienne « mal faire et ne rien dire ».
Les enfants le savent bien. Les parents et les enseignants et éducateurs institutionnels aussi.
Les uns et le autres priorisent le dialogue avec les enfants. Ils éprouvent de la satisfaction à chaque progrès observé et le font savoir à l’intéressé. Ils le font par amour vrai des enfants. Ils connaissent naturellement la nécessité d’expliquer très souvent les règles de l’éducation pour la réussite. Les uns et le autres connaissent bien les capacités des enfants parce qu’ils les voient vivre et évoluer. . Le bon sens le clame : pour dialoguer il faut être deux. Mais malgré les multiples répétitions, malgré la volonté de dialogue des ayants droit et devoir, certains enfants agissent tout autrement, parfois exprès, parfois par nature. Les responsables d’éducation le savent bien.
Faut-il laisser faire ces enfants, dès leur plus jeune âge, au risque d’avoir à soigner par la suite les blessures corporelles, les dégâts matériels, les échecs scolaires et humains ? « Honni soit qui mal y pense », mais il semblerait que les normes en vigueur, de nos jours, exigent une réponse affirmative à cette question.
Faut-il s’étonner que les syndicats des enseignants et des éducateurs demandent de plus en plus de moyens humains et parfois matériels ? Non. Mais ils ne demandent pas de traiter le mal à la racine. Une petite opération serait plus efficace et moins coûteuse qu’une longue médication. Celle-ci ne parviendra pas nécessairement à une guérison. Diminuer le nombre d’élèves par classe n’apportera jamais une solution valable si on ne résout pas le problème créé par l’infime minorité d’élèves perturbateurs et ou fainéants. Les parents, en premier car ils sont les plus concernés pour l’avenir de leurs enfants, devraient être les plus demandeurs. Ils sont aptes à le comprendre, à condition qu’on leur explique correctement. Par mon expérience d’éducateur, d’enseignant et de directeur de lycée, je puis affirmer qu’il y aura toujours des parents récalcitrants. Après une discussion franche et sincère, ils seront souvent les seuls à remercier.
Faut-il s’étonner de la multiplication des formations qualifiantes ou non pour permettre aux jeunes en errance d’accéder à un emploi ? Non. Il arrive un moment où les jeunes sans formation ou en échec scolaire veulent se rattraper pour mieux s’insérer dans la vie. Très souvent ses jeunes garderont un goût amer contre la société qui les a conduit à l’échec. Car pour ces jeunes, comme en général pour beaucoup d’adultes, ce qui leur arrive de mal, c’est toujours la faute des autres.
Faut-il s’étonner de la multiplication des violences, à l’école et en dehors, commises par des jeunes ? Non. On ne leur a pas appris à respecter ni les autres ni le matériel quand ils étaient tout petits. Les jeunes gens ne comprennent pas qu’on leur interdise aujourd’hui ce qui leur était permis hier. L’insulte ou les coups sont le moyen d’expression de ceux qui ne savent pas s’exprimer autrement.
Dans cette ambiance scolaire générale, le niveau d’instruction a fortement baissé. De multiples lois démagogiques ont favorisé l’acquisition des titres. Autres fois, pour avoir l’accès au CAPES, il fallait cinq années d’études universitaires. De nos jours, alors que le niveau culturel du baccalauréat a fortement baissé, il suffit de trois années d’études pour pouvoir se présenter. Ni les enseignants ni les éducateurs n’en sont responsables. La démagogie des législateurs et gouvernants, toujours prêts à flatter l’électeur, oui.

On est en droit de s’interroger sur la probité des Présidents de la République signataires in fine de lois permissives, des législateurs qui les votent, beaucoup sans les avoir lues. Ils font confiance aux collègues qui interviennent au parlement ou au Sénat pour les défendre ou les critiquer. Ensemble, ils font confiance aux grands chefs d’administration qui préparent le texte, confortablement installés dans leur fauteuil. Ces derniers n’ont, trop souvent, aucune notion réelle de ce qui se passe sur le terrain d’application.
A force d’appuyer sur la pédale de la démagogie on s’écrase, et on écrase les autres, contre un mur.
Ne croyez-vous pas qu’un arrêt pour réfléchir serait nécessaire ?
Comme dit un proverbe espagnol : « Ce n’est pas quand l’âne est mort de faim qu’il faut lui donner de l’avoine à manger».

Commentaire #0097 ajouté le 28/10/2012 par Vincent

Eduquer la jeunesse



L’écoute attentive de l’émission « Parlons vrai » de « Nouvelle-Calédonie 1ère » sur le thème « jeunesse en perdition » du 21 octobre 2012 provoque quelques commentaires. Certes, les différents intervenants méritent et ont droit à l’estime et au respect dus sui generis. Les uns et les autres agissent, chacun à son niveau et selon sa fonction, pour aider cette « jeunesse en perdition ».
Ils ont tous parlé des efforts qu’ils faisaient, chacun dans sa fonction, pour aider cette jeunesse. Félicitations.
Certes, comme cela a été affirmé au cours de l’émission, les jeunes de 11 à 14 ans comme ceux plus âgés ont besoin de s’affirmer pour devenir eux-mêmes. Quelque part il faut qu’ils se révoltent pour s’affirmer. C’est connu et vieux comme le temps. Comme se révolte et fait souffrir la branche de l’arbre qui perce le tronc pour s’épanouir au soleil.
Cependant, s’affirmer, se révolter ne veut pas dire insulter, salir, casser, frapper, blesser ou tuer, comme cela arrive trop souvent. Les média en font leurs choux gras mettant ainsi en exergue et rendant célèbres, momentanément, les auteurs d’actes peu recommandables. Cette renommée, inquiétante et malsaine pour la société, incite les autres jeunes à vouloir faire parler d’eux et ainsi se faire admirer par les jeunes de leur bande.
Pour remédier à tous ces maux qui ont fait l’objet de l’émission il est indispensable d’agir bien en amont, dès la prime enfance. Les actions menées auprès des jeunes ou des jeunes adultes, pourtant nécessaires, ne sont et ne peuvent être que des palliatifs partiels pour une maladie bien installée. Parfois on parvient à l’une ou à l’autre guérison mais, même pour ceux-là, les cicatrices perdurent. Pour le plus grand nombre le pli définitif est pris. Parfois des expériences de la vie feront changer quelques uns.
La « jeunesse en perdition » socialement l’est aussi scolairement. L’un va rarement sans l’autre. Trop souvent c’est l’échec scolaire qui est la cause de cette situation de la jeunesse. Dans son rapport sur l’état de la France en 2010 Jean-Paul DELEVOYE, médiateur de la république, disait : « L’éducation, en échec aujourd’hui sur l’acquisition des savoirs, l’aptitude au travail et l’éveil à la citoyenneté, interroge notre système administratif global qui échoue sur sa capacité d’inclusion et devient une machine à exclure ». Tous les ayants pouvoir sont ainsi et encore une fois prévenus. Prendront-ils les décisions qui s’imposent ?
Cet « état de la France» est le mauvais fruit du système éducatif imposé au cours des décennies précédentes par le législateur endormi par des pédagogues de salon. Ils n’assument pas les conséquences ni des théories doctement diffusées ni des lois et décrets promulgués. Le peuple, par contre, les subit de plein fouet. La « mutualisation » des connaissances intellectuelles des uns et du pouvoir législatif des autres permet de diluer, voire d’effacer, la part de responsabilité de chacun.
Devant ce constat d’échec scolaire et sociétal les législateurs et les pédagogues font semblant de s’atteler au problème en créant des commissions pour organiser des séminaires, faire des rapports. Tout cela a un coût exorbitant pour un résultat trop souvent placardisé. Dans le système administratif français il y a plus de mille commissions (rapport de la Court des Comptes) avec un coût chiffré en milliards et pour une productivité dérisoire ou inexistante. Les gouvernants continue à en créer….Les copains sont récompensés et, parfois, les adversaires, contents de faire partie de ces commissions, obligés de se taire…
Alors, faut-il désespérer ? Jamais ! Ce serait la décrépitude finale.
De toutes les façons la nature reprend toujours ses droits. L’être humain peut être abandonné, humilié, réduit à l’esclavage, pardon au chaumage et à la misère car le mot esclave n’est plus « politiquement correct ». Son esprit, lent par manque d’instruction mais pas nécessairement d’intelligence, réagira un jour. Peut-être avec violence, hélas ! C’est connu aussi : l’homme ne retient pas les leçons de l’histoire. Trop souvent il l’arrange dans son intérêt immédiat.

Beaucoup d’organismes, d’associations ou de personnes individuellement se dévouent pour aider la « jeunesse en perdition ». C’est louable et il faut continuer car le nombre de jeunes en perdition est en augmentation constante. Les coûts, le mal être et le mal vivre aussi sont en constante augmentation. Il n’y aura pas de solution définitive car l’être humain a son libre arbitre. Mais si on veut y remédier vraiment au mieux possible il faut commencer par modifier en profondeur « la machine à exclure » pour en faire « une machine à inclure ».
Comment s’y prendre? Dans le livre « Deviens toi-même. Parents absents….enfants perdus » l’auteur de ces lignes évoquait déjà des principes de bases. Il revient maintenant sur quelques uns :
L’éducation de l’être humain débute dès sa conception, se poursuit dès sa naissance, se consolide au cours des premières années de son existence et se détermine avant l’âge de sa prime jeunesse vers les onze, douze ans. Après on ne pourra qu’essayer de redresser ce qu’on a laissé pousser de travers.

Afin que son éducation favorise son complet épanouissement, l’enfant a un besoin existentiel, de la part des adultes, parents, enseignants, responsables de leur éducation et des personnes de son environnement, d’amour vrai pour lui-même, pour ce qu’il est et pour ce qu’il devient. L’amour vrai est désintéressé. L’enfant le sent bien et le vit, même s’il ne peut pas le conceptualiser.
L’amour vrai et désintéressé du jeune exige qu’on lui facilité l’acquisition des savoirs, au moins indispensables, et qu’on l’habitue à bien travailler. Mais, le maître peut bien expliquer, donner des leçons à apprendre, des devoirs à faire et expliquer comment bien apprendre et bien faire, si l’élève n’écoute pas, n’apprend pas bien les leçons et bâcle les devoirs, le travail du maître n’a pas une grande utilité. Car le goût de la leçon bien apprise et du devoir bien fait n’est pas une qualité innée chez beaucoup de jeunes. Alors, l’amour vrai et désintéressé envers le jeune impose qu’on oblige le récalcitrant à bien faire ce qu’il doit faire pour son épanouissement.
Le terme « éduquer » signifie « diriger le développement et la formation d’un être humain » (dictionnaire Le Robert). Cette définition implique que, quand l’élève veut sortir du droit chemin le conduisant au développement de ses capacités et compétences, il faut l’y ramener. Souvent la parole suffit. Parfois elle est inopérante et la sanction juste et formatrice devient nécessaire. L’autorité doit s’imposer et avoir la décision finale. Si l’adulte, parent, maître, législateur ou toute autre personne ayant le devoir de participer à l’éducation du jeune, n’agissent pas ainsi ou ne permettent pas d’agir ainsi, alors ils montrent leur indifférence pour l’avenir épanoui du jeune. Ils sont alors responsables et coupables de la dérive créatrice de « la jeunesse en perdition ». Après, les doctes discours explicatifs et justificatifs de cette indifférence ou du comportement qui permet cette indifférence ne sont que le fruit des théories erronées sur la réalité humaine du jeune ou du moins jeune. Elles sont parfois le fruit de l’ignorance. Parfois elles sont voulues par intérêt. Quand on veut en vérité l’épanouissement du jeune on doit pouvoir lui dire ce qu’il sait et fait bien comme ce qu’il ne sait pas et qu’il doit apprendre. Le jeune a droit l’erreur, comme tout être humain, mais il a le devoir de bien la corriger. La vérité est créatrice des progrès. La personne, parent ou enseignant, ne doit pas avoir en retour des insultes, des menaces ou des coups. Or c’est ce qui se passe presque quotidiennement sous couvert d’une loi votait par le législateur et appliquée souvent sans discernement par la justice et la maréchaussée. Et sans que les syndicats chargé de défendre la sécurité et les bonnes conditions de travail des enseignants, me semble-t-il, ne bougent.
Ceux qui lisent ce texte commettraient une erreur grossière s’ils déduisaient de ceci que l’auteur est favorable à la violence des enseignants envers les élèves. L’auteur a dit et confirme que la première et la plus grande qualité que tout enseignant doit avoir est l’amour vrai et le respect le plus profond de l’élève. Dans certains rares cas, et d’autant plus rares que l’autorité du maître est respectée, certains élèves refusent de respecter les conseils et consignes. Alors seulement, une fessée ou une petite claque au bon moment pour que l’élève en comprenne bien la raison, devient formatrice et preuve d’amour vrai. Il commencerait à comprendre que certains comportements sont punissables et seront punis. La formation à la citoyenneté débute dès ce jeune âge. Sinon, plus tard, il ne comprendra pas pourquoi on lui interdit de commettre des « incivilités»…Alors, on parlerait moins de la « jeunesse en perdition » !
Le respect doit être réciproque : le respect de l’élève pour l’enseignant exige obéissance : ce qui implique qu’il écoute le maître, apprend bien les leçons et s’applique pour bien faire les devoirs. Ce qui implique aussi qu’il tient compte des remarques faites. Les parents et les autorités de tutelle de l’enseignant ont leurs rôles spécifiques ; entre autres, celui d’aider et de soutenir l’enseignant dans l’accomplissement du sien dans de bonnes conditions.
Pour terminer cet avis, fruit de plus de quarante ans d’expériences dans toutes sortes de classes et avec toutes sortes d’élèves, du primaire jusqu’aux classes de Brevet de Technicien Supérieur (B.T.S.), l’auteur de ces lignes posent une question : « Comment la disposition matérielle de tables dans une classe, où les élèves se mettent par petits groupes, est à l’origine du manque d’écoute, de travail et de respect dont on accuse les jeunes ? ». La bonne éducation est le résultat d’une multitude de petites actions et détails accomplis au quotidien et sans relâche.

Avec le plus grand respect pour tous

Vincent Rodriguez

Commentaire #0096 ajouté le 15/10/2012 par Mikaele

Bonjour à tous les lecteurs:
Je viens de recevoir ce texte. Il a été expliqué dans un collège devant des chefs coutumiers, des responsables de l'enseignement et des élèves. il clarifie le sens du mot respect très souvent employé, pas toujours compris.
Avec l'autorisation de l'auteur, je vous le fais partager avec l'espoir de provoquer une réflexion et peut-être des commentaires.

Dans le message reçu, le mot respect était dans un cercle. Tout autour, avec des flèches, les différents sens contenus dans le mot respect. Je n'ai pas su transmettre cette image.
Merci à Mikaele.
Bonne lecture
Vincent Rodriguez

TEXYE:

Le respect
Collège de rivière sallée.

Qu’est que le respect ?
Les définitions sont légions, d’un élève à un autre, d’un adulte à un autre, d’une situation à une autre. J’ai pu constater aussi que la crainte fait partie du respect. Il y a des limites à ne pas dépasser avec les adultes tant dans les comportements que dans la parole. Qu’est-ce que le respect vraiment ? D’où nous vient-il ? Comment le faire vivre ?

Le vrais sens du mot respect contient:
Humilité,
Amour,
La tolérance,
Foi,
Spiritualité/Sacré
Acceptation
Donner
Transmission




QU’EST-CE QUE VRAIMENT LE RESPECT ?
Il me semble que le respect ne se contente pas seulement d’être un mot. Il contient des valeurs qui rendent sa définition et sa compréhension complexe. Le respect n’est pas une soumission à quelque chose ou à quelqu’un, mais il demande de l’humilité afin de donner de la confiance et du sentiment de paix à celui d’en face, son voisin, son semblable. Il exige aussi de la tolérance, pour s’ouvrir à l’acceptation mutuelle, à une harmonie. La tolérance c’est faire des concessions, prendre sur soi pour favoriser l’entente, et assumer ensemble une commune humanité. C’est presque l’étape avant le pardon, parce que pour être tolérant, il faut déjà faire la démarche du pardon à l’intérieur de nous-mêmes ou du moins être prédisposé. Le côté spirituel du respect est sa force même car lorsque le respect se pratique au quotidien, il naît au sein du groupe de l’Amour. C’est de l’Amour que l’on se porte à chacun et que l’on ne doit pas le garder pour soi. Le respect est lié aux hommes et aux femmes et aux jeunes gens. C’est parce qu’il est lié à l’être humain, qu’il oblige et force le respect de notre environnement naturel, social, scolaire (y compris les bâtiments et le mobilier) avec ses règles c’est ce qu’on appellera le savoir-vivre qui est une déclinaison, une forme concrète du respect dans la parole et le geste c’est-à-dire dans le comportement et l’attitude. On ne peut respecter les personnes et les choses que si on a de la considération pour soi-même. Respecter les règles, le mobilier et les bâtiments dans le cadre scolaire, c’est respecter le travail des autres et c’est se respecter, c’est-à-dire être attentionné à soi-même, dans le but de fructifier le don de la « Vie » que nous avons reçu de nos aînés, de nos parents, de nos ancêtres et le partager avec « Amour aux autres ».
Reconnaissance
Education
Savoirs
Parole/partage
Ensemble
Comportements et attitudes
Transmission
La première lettre « R » de respect, me fait penser à la reconnaissance de l’autre, dans la splendeur de sa différence, de sa dissemblance (Ethnique, couleur, langue et culture). Cette reconnaissance de l’autre fait appel à la tolérance. Celle-ci force une démarche à l’intérieur de nous-mêmes, c’est-à-dire une forme d’abnégation par rapport aux éléments négatifs qui mettraient à mal, la volonté de la reconnaissance de l’autre. Quand cette démarche est faite, on chemine alors vers l’humilité (ne pas confondre avec le verbe s’humilier). A ce niveau, on reconnait ses propres faiblesses et insuffisances qui permettent d’accepter l’autre. On commence aussi à voir son reflet chez l’autre. L’autre, qui est aussi soi-même, qui est tous nos « environnements ». Alors, on accepte finalement l’autre dans sa dimension humaine et spirituelle avec sa dissemblance. De cette acceptation de l’autre naît l’Amour qui traduit normalement la plénitude du respect et de tout son sens. Ainsi, prend forme tout le sacré, la spiritualité du respect. On sait à ce niveau-là, que tout ne tient qu’à un fil, à une fragilité de l’équilibre entre l’humain et le divin et le lien de ces deux aspects s’appelle le respect.
La 2ème lettre « E » me conduit à vous parler un peu de l’éducation. Education au respect. Effectivement, ce que je disais plus haut mérite d’être digéré, c’est pour cela que je vous parlerai un peu de l’éducation au respect. Elle a commencé bien longtemps avant l’existence de nos parents et pourtant, la maison est et reste le berceau de la transmission du respect. Le respect ne se contente pas d’être un mot disais-je au début, c’est un vécu qui s’est forgé au fil du temps, transmis de génération en génération s’enrichissant au passage au contact des hommes, de la nature et se renforçant à chaque époque. Toutes les bases du respect doivent être transmises à la maison. L’éducation des parents ne peut pas se passer du respect, car c’est le fondement même de la vie familiale, première cellule de la vie sociale. Cette éducation au respect est jalonnée par des tabous (l’inceste, séparation des sexes…), des rituels (intronisation de l’enfant, reconnaissance de l’enfant…), et des « des façons de faire et d’être ». L’éducation au respect au même titre que le sang, symbole de la vie mérite que l’on s’en soucie davantage. Elle a été vécue et expérimentée par nos aînés et elle nous a été transmis pour l’harmonie entre les hommes et les femmes et leurs environnements. Que faisons-nous de cet héritage aujourd’hui ? Dans quelle éducation avons- nous plongé nos enfants ? Sommes-nous encore les dépositaires de cet héritage ? Ou bien avons laissé faire la télévision et les mass médias à notre place ? La réponse, nous l’avons à chaque fois que nous lisons le journal et lorsqu’on allume la télévision. On s’étonne et on s’offusque de la délinquance juvénile, de la corruption des adultes aujourd’hui. Soyons honnête avec nous-mêmes et disons ensemble : « mea culpa, mea culpa mea maxi culpa ». « Il n’y a pas de surprise, la seule surprise, c’est qu’on s’en surprenne ! ». Cependant, nous devons obliger le respect à nos enfants pour qu’ils puissent à leur tour l’expérimenter, le vivre, le comprendre et l’adopter. Le respect s’apprend au fil du temps, se prend du temps et se vit tout le temps.
La 3ème lettre « S » m’amène à vous parler du savoir. Le respect est en même temps un savoir, un savoir-faire et un savoir-faire relationnel qu’on appelait il n’y a pas si longtemps le savoir être. Ce savoir, on l’a vu plus haut, il doit être acquis à la maison. C’est le rôle des parents et des adultes en général car l’enfant en grandissant agrandit son cercle social. Même si l’école n’a pas le premier rôle de l’éducation au respect, elle n’est pas moins, l’extension de celui des parents, d’autant plus que, l’enfant grandissant, passera le plus clair de son temps à l’école, et de ce fait, l’école porte une grande responsabilité à cet apprentissage du respect. Le savoir dans la pratique du respect nous oblige à maîtriser certaines convenances sociales, des langages, adaptés en fonction des statuts sociaux et des conditions des uns et des autres. Le « bonjour » par exemple dans ma culture n’existe pas comme il est compris dans le monde européen. Chez moi, avant toutes choses le matin, on dit « on va faire le respect » et on dit « malo te ma’uli mote ma’u ote pogipogi » ce qui signifie « merci d’être vivant et de retrouver la lumière » parce qu’on a traversé la nuit, le monde des esprits malfaisants pour « nous accrocher » sain et sauf aux lueurs du petit matin. Chez les hébreux, les salutations du matin prennent tellement de temps, que Jésus demande à ces disciples de ne pas perdre du temps en salutations avant de les envoyer en mission.
Oui ! Mais si on n’est pas au courant de ses pratiques sociales, il arrive très souvent de commettre des impairs et de croire que les autres nous manquent de respect. Donc, le savoir se construit, par l’intérêt que l’on porte aux pratiques des autres, à leurs façons de faire, de prendre la parole et connaître certaines postures extérieures pour ne pas sombrer dans l’interprétation négative, qui va ouvrir une porte à des situations conflictuelles. La méfiance est la mère de la sûreté. Eh oui ! Le respect n’est pas un vain mot, encore moins une inertie, le respect se vit. Le respect est vivant parce qu’il porte la vie de tous ceux qui nous l’ont légué en héritage.
La lettre « P » m’inspire la parole partagée, donnée. La parole porte vers l’autre, nos envies, nos appétences et nos pensées. La parole, dans l’échange, est un indicateur audible du respect ou pas, suivant les codes et les formules de politesse utilisées. La parole pénètre les cœurs, elle peut blesser comme elle peut guérir. Elle peut te séduire, comme elle peut te maudire. La parole peut être le véhicule du respect lorsqu’elle est utilisée dans ce but. Elle se donne, et souvent on l’oublie et il faut recommencer. La parole partagée est le lien des deux parties, le ciment du respect qu’on peut après coucher sur papier. Confucius disait : « Tous les hommes sont semblables, seules leurs cultures les différencie ». Des paroles de sagesse qui ont traversées les siècles et nous sont partagées aujourd’hui. La force de la parole partagée construit et rapproche les hommes.

Une 2ème lettre « E » me fait dire que c’est « ensemble » que le respect doit se construire tant les spécialistes de la question que ceux qui le vivent au quotidien. A l’heure où : Pour un regard, un vélo, ou pour simplement du « matériel », on dérape dans la violence, il faut revoir, comme dit la publicité « si y a pas toi, y a pas moi ! » le sens de ce mot « ensemble » aller plus loin dans la réflexion, dans l’éducation de nos enfants. « J’existe parce tu es », l’autre me conditionne et fait ce je suis, par réaction à qu’il me renvoie. Tout le positif que je suis et que j’envoie à l’autre me reviendra normalement positivement. On ne peut pas respecter que soi et exiger que le respect nous soit dû. C’est comme être un prêtre, on l’est pour tout le monde et pas simplement pour soi. Ainsi, le respect doit être pour tout le monde et pas seulement pour soi. C’est un non sens !

La lettre « c » reflète nos comportements et attitudes envers ce qui nous entoure. A l’école, bien se comporter ne doit pas simplement s’appliquer aux personnes mais aussi aux bâtiments, au mobilier aux plantes et aux arbres ainsi qu’au règlement qui donne un cap, un guide à la pratique du respect. Mais ce respect à l’école concerne les élèves mais surtout le personnel encadrant. Dire que cela ne regarde que les élèves, c’est s’élever au dessus d’eux comme si le fait d’être adulte peut nous exempter du devoir à montrer, l’exemple, et le respect à nos jeunes. Avoir des comportements et attitudes respectueuses méritent d’être analyser à la loupe. Comme je disais plus haut, concernant les pratiques sociales des uns et des autres, le respect se décline de plusieurs manières dans plusieurs domaines. Cela s’appelle des convenances sociales, un langage soutenu, un protocole…. Cependant, il ne faut pas perdre vue que le respect n’appartient à aucune culture. C’est pour cela que ses déclinaisons sont différentes et multiples, d’une culture à l’autre. « Qu’est-ce que le respect ? Vouloir que l’autre soit comme moi ? ou s’accepter mutuellement comme on n’est ? that’s is the question.
Je ne m’étalerai pas sur la lettre « t » la transmission du respect que je décline en filigrane dans ce que j’ai dit plus haut. Il faut retenir que le respect est une notion avec plusieurs définitions et compréhensions. Il conjugue plusieurs autres valeurs pour nous amener à faire comme disent les Wallisiens « Faka isiisi » c'est-à-dire à prêter grande attention aux personnes et aux choses qui nous entourent comme un trésor, comme un héritage à transmettre.
Je conclurai jeunes gens et jeunes filles que le respect est une pirogue à laquelle vous êtes tous des éléments important, différents mais tous pour la bonne marche de cette pirogue vers un destin à construire ensemble dans cet esprit du « RESPECT » pas un vain mot mais un mot qui respire.
QU’AVONS FAIT DE CET HERITAGE ?
Merci à tous de m’avoir autorisé à prendre la parole ici. Malo te ofa (merci pour votre générosité)

Commentaire #0095 ajouté le 02/10/2012 par Filikekai

Bonjour à tous les lecteurs et lectrices de ce site

C'est bien vrai qu'actuellement de part le monde, tant dans mon île la Nouvelle Calédonie, que dans le reste de la planète
la délinquance est un fléau que les grands spécialistes (philosophe , sociologues et autres intellectuels que je ne dirais pas fatigués) ont traité et que les pédagogues ont expérimenté et force de constater que rien n'a évolué ou du moins on n'arrive pas à l'éradiquer, il y a bien sûr des réussites sporadiques dans des contextes et des milieux fermés. Les causes sont légions et lorsqu'il s'agit de trouver des causes, on en trouve des vertes et des pas mûres et tout le monde y va le cœur joyeux dans l'espoir d'apporter sa pierre à l'édifice (c'est ce que je suis en train de faire je crois). Pour ma part, polynésien et issu d'une culture holiste, ma contribution à ce sujet sera comme disent les anglais "short and sweet". Il me semble que notre société a inventé des choses comme l'adolescence, la majorité, le féminisme ou du moins ce qui éloigne la femme de son rôle. (je ne dis pas qu'elles doivent être prisonnières, loin de là, ce serait manquer de respect à toutes les mères) mais les conséquences de ces "choses" nous ont conduit à nous éloigner de nos enfants et nos enfants de nous, à en faire des objets de nos fantasmes de réussite, de la continuité du nom, de la famille... (Les sociologues et les philosophes nous feront une liste bien plus exhaustive) parce que, nous mêmes avons échoué dans nos rêves... "DE DEVENIR". Pour des raisons x et y. Nous sommes passés du communautaire à l'individualisme et de l'individuel à l'universel. Et nous sommes arrivés à croire que nous allons comprendre ce fléau en allant nous perdre dans les méandres de la pensée, en trouvant des causes à effets et qu'il faut que le professeur soit comme un virus ou un anti- corps capable à tout instant de changer, de s'adapter pédagogiquement aux élèves. Dans le livre de Puchero, il dit que tout se passe dans les quatre premières années. C'est vrai et c'est les mamans qui sont au contact de l'enfant. La délinquance commence quand on sait qu'on est dépourvu de certaines valeurs, quand on sait que notre société a relégué les jeunes dans un no man's land ou seule la réussite sociale, supposé le sauver d'une société dure et méchante et le reconnaîtra et l'accueillera les bras ouverts dans l'acquisition d'un diplôme. La délinquance, c'est l'absence de valeurs et de règles! Combien de parents ai- je entendu sermonner leur enfant de la sorte:" tu travailles pour toi, les autres tu t'en fous! Il faudra bien qu'un jour tu fasses ta vie! Papa et maman ne seront pas toujours là pour toi!
Il faut se rendre à l'évidence la société n'accorde pas de place à ses enfants. Les enfants, les jeunes doivent se battre pour une place au soleil. Mais est-ce qu'avoir une place au soleil, c'est restreindre ses relations, c'est évoluer dans une sphère où seuls les initiés peuvent jouir et comprendre "ce monde" dans le monde.
Est ce là, le but ultime de l'homme? je ne crois pas! c'est parce que nous avons refusé d'éduquer nos enfants dans les valeurs humaines (elles seront universelles quand nous les déclineront de la même manière) et de la famille. C'est parce que nous avons appris à nos jeunes de s'éloigner de nous, de nous contester au nom de la sacro-sainte critique constructive mais pas canalisée. C'est parce que les mamans et les papa, au nom d'une certaine liberté, ont laissé la télévision faire à leur place, parce qu'avec le temps nous avons pris conscience que nos valeurs judéo- chrétiennes nous faisaient peur. C'est parce que nous avons confisqué la place des jeunes dans la société qu'ils se dressent aujourd'hui pour généralement exprimé un désaccord avec la société suivant les situations le temps d'un moment.
Je ne suis pas un spécialiste mais je voulais simplement laisser ma pensée voler et survoler cette jeunesse délinquante dont j'ai fait partie un jour.

Commentaire #0094 ajouté le 19/09/2012 par Achour

Bonjour,

Et si on mettait l'adulte, après chaque lettre du mot DÉLINQUANCE?

Difficultés d'apprentissage, échec scolaire, désobéissance, démission parentale et la délinquance nous ouvre, bien grands les bras, d’où point de sortie.
Ce mot, à connotations multiples, renfermant tout ce qu'il y a de péjoratif, dégradant et préjudiciable tels que laisser-aller, insouciance, nonchalance, anomie, repli sur soi, égoïsme passif, communautarisme culturel, ethnique et social, niveau d'instruction, surdité de l’administration , cécité de l'élite, et déphasage des visions politiques, renvoie à une seule et unique cause ; l’irresponsabilité.
Mais par quelle formule magique allons-ou pourrons-nous amputer ce terme de son méchant préfixe > pour ne garder que l'essentiel, le bon et le magnifique mot qu'est le radical >?
Tout le monde a droit à l'erreur hormis nous, c'est-à-dire ceux qui sont directement concernés n'ont pas droit à l'erreur. Pourquoi? Parce que leur (s) erreur (s) est (sont) fatales.
L'enfant a le droit à l'erreur, le parent, non. L'élève a le droit à l'erreur, le professeur, non.
Le jour ou nous ferions nôtre cette devise, ce jour-là, l'enfant sera véritablement enfant et l'adulte, lui, revêtira, tout son sens plein et entier.
Un philosophe disait qu'à chacun son métier, les vaches seront mieux gardées. Je constate, hélas le peu d’intérêt accordé à ce sujet qui nous concerne tous, et de trop près. Est-ce par peur d'affronter une réalité difficile ? Est-ce cette lenteur de prise de conscience? Ou alors l'absence de discernement? Dans tous les cas de figure, le mal est là, lent peut_être pour certains, inoffensif car sournois pour d'autres, mais il est là, il avance, il range et il détruira.
Une jeunesse, au motif d'une croyance, d'un dogme ou d'une idée reçue s'impose par la force, la menace et la violence, ne nécessite-t-elle pas une réponse énergique, c'est-à-dire prendre le taureau par les cornes?
La délinquance se nourrit de toute démission et redouble de force devant chaque répit.

Achour BOUFETTA

Commentaire #0092 ajouté le 16/09/2012 par Vincent

La délinquance juvénile, y a-t-il une solution ?


L’auteur de ces lignes est à la retraite de l’enseignement. Devant les « incivilités » des jeunes qui font trop souvent l’actualité locale il ne peut rester insensible et inactif. Avec le plus grand respect pour tout un chacun, il livre ci-après quelques réflexions, incomplètes certainement. A chaque lecteur d’y réfléchir pour les corriger, les compléter, les adapter et les vivre pour l’intérêt de la jeunesse et par conséquent d’une meilleure société future….

Des classes incendiées ou détériorées, une case brûlée, un internat vandalisé, des agressions et des insultes des enseignants presque quotidiennes, des bagarres courantes dans les cours des collèges et lycées ou à la fin des cours….la liste est longue, accablante et non exhaustive.
Les forces de l’ordre débordées et ne pouvant pas répondre à tous les appels au secours ou qui se sentent impuissantes et jugent parfois leur travail inutile.
Une justice critiquée parce qu’inopérante. Peut-elle l’être ? Elle applique la loi, autant qu’elle peut.
Des avocats qui se démènent pour défendre des clients, pas toujours défendables. C’est leur travail.
Un gouvernement qui réunit, à grands frais directs ou indirects une multitude de responsables pour discourir sur la situation.
L’énumération non exhaustive citée au début n’ira pas en diminuant malgré la « bonne volonté affichée » par les uns et par les autres ; réelle bonne volonté des personnes impliquées pour résoudre la violence estudiantine; malgré les tonnes de papier utilisées pour connaître les responsables de ces « incivilités » et établir les constats des causes et des effets
. Humoristiquement (est-ce de l’humour ?) on peut se poser la question : Combien d’arbres ont-ils été sacrifiés pour fabriquer ce papier ? Combien d’armoires gardent entassés tous ces documents ? Combien d’heures de travail globalement effectuées? Pour quelle amélioration ?
Dans le livre « Deviens toi-même. Parents absents, enfants perdus » (publié en 2009, cf. www.vrodriguez.com) le problème était déjà soulevé. D’autres organismes ou associations en parlent aussi. Des solutions étaient proposées dans ce livre pour soigner sérieusement cette contagion. Cette solution partait du principe que l’enfant, dès sa conception, mérite et a besoin d’un très grand respect et d’un très grand amour vrai. L’enfant est un être en formation. Cette formation il ne peut pas la réussir tout seul. Pour y parvenir l’enfant a un besoin impérieux de ses parents, de sa famille, des enseignants, de l’Institution Education, des Institutions, de la société.
Des parents sont les premiers responsables de l’éducation de leurs enfants. Ils ont obligation de veiller avec le plus grand amour et un très grand respect sur chaque enfant. Amour et respect qui nécessitent beaucoup de présence effective et affective, beaucoup d’attention manifestée par des gestes éducatifs suintant l’amour profond. Parfois l’éducation de l’enfant a besoin des refus clairs et justifiés. Si on permet au jeune enfant de tout faire et de tout dire, à la maison, à l’école ou ailleurs, comment lui expliquer, et surtout lui faire comprendre, plus tard qu’il ne peut pas tout dire ni tout faire, qu’il y a des interdits. Il trouvera alors que les parents, et les adultes en général, manquent de cohérence. Les parents doivent apprendre et faire sentir à leurs enfants que les refus ou les interdictions sont motivés par l’amour qu’on leur porte, pour leur bien, même quand cela ne leur fait pas plaisir. Les parents devraient savoir que satisfaire tous les caprices n’est pas nécessairement une preuve d’amour. Dans ces cas il faut chercher ailleurs l’explication ou la motivation de la conduite des parents. On n’éduque pas toujours bien ses enfants en satisfaisant tous ses caprices, en lui laissant tout faire ou en lui achetant tout ce dont il a envie. Quel que soit le comportement des adultes, les jeunes sentent bien, même s’ils ne savent pas l’exprimer ou n’osent pas le dire, si le comportement que l’on a envers eux est chargé d’amour et de respect ou non. Par ailleurs, les parents devraient arrêter de prendre systématiquement la défense de leurs bambins et de penser que les enseignants ont toujours tord quand ils les sanctionnent. Il faut qu’ils sachent que les enseignants ne sont pas des sadiques qui sanctionneraient pour le plaisir. Les enseignants savent qu’une correction juste est une nécessité vitale pour l’enfant.
Les enseignants, en grande souffrance professionnelle actuellement, doivent être convaincus qu’ils participent à la formation de la société du futur proche. Leur rôle est capital pour un avenir meilleur de notre monde. Même si la plus part d’entre eux s’efforcent de s’occuper consciencieusement de chaque élève, il n’est pas inutile que rappeler que chaque élève personnellement mérite toute leur attention : un élève est une personne en formation. Pour que cette formation intellectuelle et sociétale aboutisse à de bons résultats une très grande attention respectueuse, affective, claire et rigoureuse est nécessaire. Non seulement pour que l’élève écoute bien, apprenne ses leçons et fasse biens ses devoirs mais aussi pour que son comportement en tant que personne et en tant qu’élève soient normal. Tous les élèves ont des valeurs qui leurs sont propres. Il convient de les valoriser et de leur apprendre à les valoriser. Même si parfois il est nécessaire de rectifier la façon d’être ou d’agir pour mettre en valeur ces capacités, l’élève a besoin d’apprendre pourquoi et comment agir mieux, autrement. Dans ces cas, l’élève a besoin de sentir qu’on agit ainsi pour son bien et non pour faire montre de son autorité d’adulte. Pour parvenir à ce résultat il faudrait que l’autorité de l’enseignant soit reconnu et correctement soutenu. Si non, la bonne éducation et une bonne scolarité ne seront que des veux pieux.
L’enseignement français a été pendant des siècles un des meilleurs du monde. Or depuis une quarantaine d’années, malgré les discours officiels, il est en déliquescence. Cela n’est pas agréable à entendre ni à fortiori à accepter mais c’est de notoriété publique en France et dans le monde. Les responsables devraient arrêter de rêver des théories purement intellectuelles complètement désincarnées. L’auteur du livre « Deviens toi-même. Parents absents… enfants perdu » fait allusion à plusieurs théories à l’origine de l’illettrisme et de l’échec scolaire et, par conséquent, humain et sociétal.
L’Etat, les parlementaires, l’Administration et par la suite la justice et les forces de l’ordre devraient défendre l’autorité juste et éducative de ceux qui sont chargés de l’éducation de la jeunesse, société de demain. Si cela n’est pas fait, les enseignants seront condamnés à tout laisser faire au détriment de leur santé physique et mentale, à l’origine de beaucoup de congé de maladie des enseignants et surtout à l’origine du malaise de la jeunesse et de la société. Y a-t-il une volonté politique pour prendre les dispositions légales nécessaires ? Pour le moment il est inconséquent de l’espérer tellement ils sont englués dans des théories « abracadabrantesques » ou dans leurs cocons dorés.
Malgré tout, il ne faut pas désespérer. Quand le pendule va trop loin d’un côté, il finit par revenir en force …et parfois.sur la figure de ceux qui l’on poussé si loin.

A Nouméa, le 16/08/2012

Vincent Rodriguez

Commentaire #0091 ajouté le 15/09/2012 par Vincent

La délinquance, y a-t-il une solution ?

Tout un chacun s’est senti interpellé par tel ou tel acte de violence dont il a entendu parler ou dont il en a été la victime : agressions physiques, verbales, vols, viols, incendies, nuisances sonores ou graphiques, etc.
Vous n’avez pas besoin d’être membre du « Contrat Local de Sécurité » (CLS), un organisme de plus créé récemment, pour savoir que ces actes, pas « citoyens » du tout, se multiplient de jour en jour. Au rythme où ça va, on peut s’attendre au pire ! A moins que le pire ne soit déjà et qu’on veuille fermer ou nous fermer les yeux.
La peur gagne du terrain, le mal de vivre aussi, ainsi que le malaise social.
Pourquoi est-on arrivé à cet état de fait ?
- Parce que depuis au moins cinq décennies la société vit avec l’idée qu’ « il
est interdit d’interdire », slogan des années 1968. La traduction normale faite par la masse populaire est : « on a le droit de tout faire ». Les conséquences sont : les « fils à papa » meneurs de « 68 » ont tous de bonnes places. Les enfants de la masse populaire, qui les ont suivis, ont subi les conséquences des « restructurations » ou des « délocalisations » des entreprises, de la libération des conduites familiales et sociales sous le prétexte illusoire de la liberté individuelle. L’être humain agit librement quand il pose un acte personnellement réfléchi et volontaire, non quand il suit bêtement la mode ou les agissements des autres… Bref, ils ont des difficultés au quotidien pour vivre physiquement et moralement et beaucoup pour survivre.
- Parce que tous ces jeunes « formatés » à cette idée sont maintenant des adultes. Leurs conditions de vie ne sont pas toujours excellentes et ils continuent à suivre d’autres meneurs pour imiter, manifester, faire grève, empêcher de se rendre sur le lieu de travail, soit en « cadenassant » le portail d’entré, soit en brûlant des pneus sur les routes, soit en n’obéissant pas à l’autorité civile ou militaire. Or, ses propres parents sont le modèle premier pour l’enfant!
- Parce que les parents, premiers responsables de l’éducation de leurs enfants, préfèrent aller : jouer aux jeux d’argent clandestins ou non, aux dîner d’affaires ou entre amis, faire une sortie en mer ou à la chasse, se joindre au groupe d’ « amis » pour boire et fumer... Pendant ce temps leurs enfants sont laissés seuls et souvent sans aucun contrôle. Ainsi se créent les problèmes d’incompréhension, de l’amour familial, l’effritement de l’autorité naturelle, les tensions, souvent les violences familiales : Il y a carence d’éducation. Les parents, et souvent les pouvoirs publics, oublient que les parents sont responsables des actes de leur enfant mineur. Les enfants le vivent et l’expriment à leur façon.
- Parce que les parents, les petits chefs ou les chefs ou les détenteurs du pouvoir ne réagissent pas contre les abus d’alcool, de cannabis, l’absentéisme scolaire ou le manque de travail personnel sérieux, entre autres abus.
- Parce que depuis quarante ans, au moins, et de plus en plus, les enseignants ne peuvent pas exiger que les bambins, les élèves, les étudiants aient un comportement respectueux des camarades, des enseignants, du matériel scolaire d’abord, de leur propre travail ensuite. Quand un ministre annonce péremptoirement que les coups donnés par un parent à un enseignant « sont inacceptables » qu’a-t-il dit de plus que le dernier parent ayant inscrit son enfant à l’école primaire ou le dernier enseignant recruté ? Que fait-il vraiment de plus pour protéger les enseignants et leur permettre de bien faire leur travail? L’effritement de l’enseignement, et le mal être sociétal, est le résultat des lois et règlements que les ministres successifs ont signé, même si pour expliquer ils se cachent derrière une multitude de conseillers.
Tout un chacun peut ajouter encore des….parce que !
Y a-t-il une solution autre que les remèdes palliatifs distribués actuellement?
Certainement si on veut bien appliquer les remèdes adéquats aux maladies ci-
dessus énumérées.
Encore faut-il que les hommes politiques, les institutions et les syndicats aient le courage nécessaire. Et ça…c’est un autre dilemme ! Soit ils prennent les mesures légales et administratives pour initier au respect et au travail bien fait dès le plus jeune âge et alors tout changera petit à petit, soit ils continuent à « comprendre » intellectuellement (différent du sens originel du mot latin « cum prendere » c.-à-d. prendre avec soi) et à laisser faire pour ne pas contrarier « les chers électeurs ». Dans ce dernier cas, ce seront « les chers parents-électeurs » qui payerons finalement les salaires et avantages des uns et des autres et qui souffriront, impuissants, de toutes les « incivilités » énumérées plus haut.
Il existe des remèdes adéquats pour apporter une solution aux maux dont souffre notre société. Certes ils n’apporteront pas la solution parce que l’être humain gardera toujours son libre arbitre mais une nette amélioration se fera sentir à court terme et surtout sur le long terme. Ces remèdes partiels (parce que l’être humain est unique et libre) mais importants peuvent se résumer, de façon non exhaustive, en :
- Inculquer le respect de soi, des autres et du lieu de vie : apprendre à lire en
comprenant le sens du texte lu, à écrire sans fautes et avec de la logique et à compter sans l’utilisation de la machine à calculer ; donner le goût du beau travail fait parce que, ainsi, on finit par éprouver du plaisir. Le travail bien fait procure de la satisfaction. Le travail non fait ou mal fait, de l’insatisfaction camouflée souvent ou manifestée de façon peu acceptable.
- Préparer les élèves pour une insertion professionnelle quelle qu’elle soit
(les goûts et les prédispositions sont très nombreux et différents selon les capacités spécifiques de chacun).
- Donner à tous les élèves une culture générale et humaniste la plus vaste et
approfondie possible. Certaines matières littéraires, l’histoire et la géographie voire le latin et le grec doivent être revalorisées. Cette culture générale leur permettra de mieux comprendre ce qu’ils font professionnellement et de mieux pouvoir s’adapter aux situations diverses de leur vie. Cette culture générale et humaniste leur permettra aussi et surtout de mieux poser des actes réfléchis et compris par eux et par les autres ; ou du moins la discussion pourra avoir lieu dans de meilleures conditions. Les relations humaines et sociétales seront facilitées. Pourquoi de grandes entreprises embauchent des hommes ou des femmes de lettres plus aptes à régler les problèmes relationnels et humains ?
- Tout cela ne pourra être obtenu sans une rigueur certaine. Rigueur des
jeunes pour bien faire les devoirs et apprendre correctement les leçons. Rigueur des parents pour faciliter et encourager leurs enfants dans ce travail. Rigueur des enseignants pour dispenser un enseignement de qualité et pour exiger des devoirs bien faits et des leçons bien apprises. Rigueur des institutions, des organismes et des organisations pour soutenir réellement les parents et les enseignants dans leur travail d’éducation. La rigueur expliquée bien comprise et bien appliquée est une preuve de l’amour que les parents et les enseignants ont pour les enfants et les élèves. Les institutions, les organismes et les organisations qui veulent vraiment œuvrer pour le bien de la jeunesse doivent soutenir réellement les parents et les enseignants dans leur travail d’instruction et d’éducation.

Ceci dit, l’auteur de ce texte est conscient qu’il nage à contre courant. Le courant est fort. Il est conscient aussi que si tout un chacun ne lutte pas pour s’extraire du courant, ou aider l’autre à s’extraire, la noyade, individuelle et du groupe, est assurée. La responsabilité des différents acteurs est effective. Les conséquences de l’action ou de l’inaction seront subies individuellement et collectivement. N’est-il pas vrai que l’école forme la société de demain ? Quelles décisions prendront les élus responsables à tous les niveaux? Ne sont-ils pas les dirigeants ? Ils sont pourtant nombreux et avec beaucoup de conseillers techniques « spécialisés ». Ou alors, les dirigeants ont obtenu ce qu’ils voulaient tout en s’interdisant de le dire franchement au peuple. Dans ce cas celui-ci a été bien berné. Et il continuera de l’être tant qu’il ne lèvera pas la tête pour, individuellement d’abord collectivement ensuite, s’affirmer et se construire en développant toutes ses nombreuses capacités.


Ce texte est un bien court résumé pour un problème aussi vaste. Tout un chacun peut y ajouter son commentaire objectif et positif.

Nouméa, le 15/09/2012

Vincent Rodriguez

Commentaire #0090 ajouté le 13/09/2012 par Achour

Je viens de recevoir de M. Achour BOUFETTA, enseignant, cette poésie. La gentillesse du texte, l'application de l'élève pour bien faire les lignes d'écriture et l'amour du maître pour l'élève m'incitent à vous faire part du plaisir que j'ai éprouvé en la lisant.
Merci à l'auteur



Ma plume, ma belle plume!


Qu'elle était belle ma plume,
Accrochée à son bâton,
Qu'on appelait porte-plume,
En effet, il la portait,
Et ne se quittaient presque pas,
Elle plongeait dans l'encrier,
Sa sève
Ressortait toute trempée,
Elle s'offrait à moi,
Et me disait,
Prends soin de moi,
Je ne me faisais pas prier,
Je la serrais, alors entre mes doigts,
La posais doucement sur la feuille,
Tendrement, intelligemment,

Avec beaucoup de précautions,
Je dessinais de jolies lettres,
Parfois raides, parfois penchées,
Grandes, petites
Mais toujours bien droites
Et bien tracées,
Que le Maitre,
En se penchant au dessus de mon épaule,
Trouva bien belles,
Il me disait,

Très bien, mon fils, Continue!
Je souriais en promettant de dire,
Une fois à la maison,
Maman, le maitre m'a dit que j'écris bien..

Achour BOUFETTA

Commentaire #0088 ajouté le 26/08/2012 par Achour

La délinquance, cette gangrène qui ronge la société, menaçante, détestée, décriée, montrée du doigt, elle fait l'objet de réflexions de plusieurs penseurs pluridisciplinaires. Elle est au centre des scanners sociologiques, littéraires, politiques, psychologiques, philosophiques, psychanalytiques, sportifs...sans, toutefois, arriver, sinon à l'éradiquer, du moins à la juguler. Est-elle invincible, incurable ou incomprise?
Le constat est dressé. L'étendue trop importante pour se suffire de quelques théories, et croire, par un enchantement féérique, trompeur que la question est résolue. Ce serait emprunter l'intelligence à l'autruche que de croire au géant aux pieds d'argile.
Il me semble, qu'à ces penseurs réunis, il manquerait l'essentiel, l'arme pouvant venir à bout de ce fléau, l'action commune, une thérapie de choc. l'heure est grave, l'effet boule de neige est en action. Car comprendre ne veut pas en tous cas dire justifier.
Le sociologue dans son souci d'y remédier, explique ce phénomène par les tares qui s'incrustent dans la société. Le philosophe, lui, affirme qu'il s'agit d'incohérence et d'incohésion dans les idées. Le psychiatre recherche les causes dans l'équilibre mental du délinquant. Les penseurs, chacun dans son domaine, font cavalier seul. Chacun d'eux tente d'emprisonner ce mal dans son périmètre de spécialité et de recherche. L'éminence grise n'a pas été payante.
La famille, l'école et la rue sont les lieux où la délinquance prend naissance, se consolide par la tolérance démesurée s'installe, pervertit et empoisonne.
La famille, par égoïsme, insouciance, inconscience, démission, aléas de la vie professionnelle, désintérêt de la chose culturelle, prépare l'enfant à la violence.
L'école, qui est le réceptacle et le laboratoire dans lequel s'aiguisent les armes de la délinquance, car réunissant plusieurs horizons sociaux, est la seule à se voir porter la responsabilité de l'échec parce qu'elle n'aurait pas été en mesure d'encadrer, d'orienter et d'éduquer pour épargner ou retrancher le jeune de ce cercle infernal. Il est bien vrai que l"école se doit de jouer les premiers rôles. Mais ces rôles doivent-ils être curatifs, préventifs ou les deux à la fois?
La rue, par la conjugaison des incuries de plusieurs acteurs sociaux, offre un excellent cadre, d'expression, d'évolution de réussite et d'enracinement.
Il est vrai que l'école n'a pas su ou pu inculquer les valeurs qui sont les siennes, les valeurs citoyennes, le sens du devoir et susciter l'éveil chez l'apprenant. Beaucoup de facteurs ont concouru pour que l'échec ait réussi si bien, qu'aujourd'hui la facture est salée.
Là, intervient le rôle de l'intellectuel qui ne devrait pas se retrancher dans sa tour d'ivoire. Il devrait, comme dans le cas d'un malade autour duquel plusieurs médecins s'unissent pour diagnostiquer le mal, s'ouvrir à d'autres penseurs qui activent dans le domaine des sciences sociales et humaines. Le champ d'action étant vaste, les investigations devraient l'être aussi, c'est-à-dire à la hauteur du mal sévissant.
Les drames qui nous parviennent des villes, des quartiers populaires, devraient secouer l'indifférence, titiller la passivité, forcer l'ouverture et malmener le sens de la responsabilité et du devoir vite.
Réfléchir pour les autres, c'est bien, mais se rapprocher d'eux pour un diagnostic détaillé, leur demander ce qui leur manque, ce qui leur fait mal, ce qu'ils veulent, c'est mieux. C'est à ce prix et seulement à ce prix que nous parviendrions à un résultat, palpable, sans aucun doute.
Il est inadmissible et dégradant que des scènes de violence aient lieu, sous nos yeux, à l'heure des technologies de ponte, à l'heure ou l'opération à cœur ouvert est devenu un jeu d'enfant, Je serais tenté de dire que lorsque la technologie avance, innove, épate, subjugue, l'esprit, censé l'accompagner si ce n'est pas,la devancer, se pervertit.
La tolérance faisant terriblement défaut, le brassage culturel boitant, la curiosité d'apprendre absente, la discipline devenue une tare, les valeurs citoyennes considérées comme une crainte pour ceux qui les portent, le devoir passant pour une aliénation, nous avons réussi à former une délinquance tout simplement arrogante.
Passer plusieurs années de recherche, réussir de grandes inventions et échouer devant l'éducation, l'instruction et l'encadrement est un non-sens, un paradoxe et un aveu d'insouciance passible d'un jugement sans appel. Il n'est pas question de parler d'incompétence, d'impuissance ou de quelque autre difficulté.
Les politiques, qui agissent pour mettre en place une série de garde fous en tenant compte des orientations tracées par les intellectuels; s'exécuteraient, à la seule condition que ces derniers soient actifs et offensifs.
La politique de peuplement, en confinant l'esprit communautaire dans une vision ethnique, le repli et le rejet, a fait ses preuves dans l'éducation, l'enseignement, la transmission des valeurs et des habitudes comportementales pour finir par compliquer l'intégration et la rendre très mal assimilée.
Mais une question s'impose d'elle-même; la délinquance, l'intellectuel et le politique vivent-ils sur un même territoire géographique? Se rencontrent-ils? Se côtoient-ils? Les seconds, ne sont-ils pas confrontés aux méfaits de la délinquance? Ces seconds ne sont-ils pas excessivement protégés contre la délinquance?
Au fait, la délinquance juvénile n'est-elle pas le produit de l'infécondité adulte?
Achour Boufetta

Commentaire #0087 ajouté le 15/08/2012 par Vincent

Bonjour Achour,

L'écrivain français Jean Sartre disait quelque part dans un de ses livres, peut-être "l'Être et le Néant",: " L'Enfer c'est les autres". Malgré le respect que j'ai pour cet écrivain, j'expliquais dans "Deviens toi-même. Parents absents...enfants perdus" que sa vision était une négation de la réalité. En effet, si j'existe, si je suis, je le dois d'abord à mes parents. Dois-je les diaboliser parce qu'ils m'ont mis au monde? Mon épanouissement, quel qu'il soit, je le dois à tous ceux et à tout ce qui m'entourent et à l'histoire physique, humaine, intellectuelle et spirituelle du monde qui m'a précédée. Sans tout cela et tous ceux là, je n'existerais pas. Ce monde extérieur à moi me permets de choisir ce qui me permettra de devenir moi-même. Je respire, je me nourris et je m'instruits avec et de tout ce qui m'entoure. Pour cette raison je lui dois amour, respect et reconnaissance. Et beaucoup d'humilité parce que je n'en prends pour m'instruire et me développer qu'une infime partie et pas toujours celle qui conviendrait le mieux à l'épanouissement de toutes mes capacités.
L'enseignant passe sa vie à essayer de donner aux jeunes les compétences pour qu'il puisse choisir librement ce qui sera le mieux pour sa formation et pour son épanouissement. Ce choix lui appartient . Le jeune suivra son chemin. Pas nécessairement celui que l'enseignant aurait voulu. Mais si l'enseignant a fait tout ce qui était en son pouvoir pour faciliter le libre et épanouissant choix de son élève, alors, il peut en être satisfait. Ce n'est pas toujours évident d'accepter que tous les êtres humains soient différents et spécifiques. Et imparfaits parce qu'ils ne développent pas toutes leurs capacités. C'est pourtant une réalité unanimement répartie. Et magnifique parce qu'elle mène, ceux qui le veulent, sur le chemin, parfois peu éclairé et très pentu, vers les cimes où brille le soleil.
J'écris ceci en pensant à ce vous dites des penseurs et des inventeurs qui nous ont précédés et qui nous permettent de communier à des pensées parfois différentes mais certainement complémentaires. Sans eux, nous ne pourrions pas le faire. Ils nous ont permis de devenir, sans qu'ils le sachent, ce que nous sommes, en mouvement constant. Encore une preuve: nous avons besoin de l'autre pour progresser. Merci à lui.

Très cordialement

Vincent

Commentaire #0086 ajouté le 15/08/2012 par Achour

Bonjour,


Cher ami,

A cet instant, en lisant votre réponse, il est 2h du matin, je pense particulièrement à cette merveilleuse technologie qui nous permet de communiquer par internet, rapidement, efficacement et silencieusement, c'est-à-dire sans déranger. je me dis, que si seulement tout un chacun de nous reconnaissait le mérite à ce moyen révolutionnaire, peut-être,la méchanceté céderait la place à la sagesse, la violence à l'amour et la rue s'éprendrait de l'école.
Je me dis, aussi, avec beaucoup d'espoir et de naïveté, qui est pour moi une qualité hautement émancipatrice, que, si on expliquait à ceux qui ne méditent pas, je me suffirai de ce petit mot, sur les penseurs, les inventeurs, que, en vérité, ces derniers, les penseurs et les inventeurs, sont comme des bougies; elles se consument pendant que nous nous éclairons. Serait-il impossible de gagner, d'abord l'estime de ceux qui en ont besoin, mais sans le savoir?

Bien cordialement.

Achour Boufetta

Commentaire #0085 ajouté le 14/08/2012 par Vincent

La délinquance juvénile, a-t-elle une solution ?


L’auteur de ces lignes est à la retraite de l’enseignement. Devant les « incivilités » des jeunes qui font trop souvent l’actualité locale il ne peut rester insensible et inactif. Avec le plus grand respect pour tout un chacun, y compris pour les auteurs des « incivilités », il livre ci-après quelques réflexions, incomplètes certainement. A chaque lecteur d’y réfléchir pour les corriger, les compléter, les adapter et les vivre dans l’intérêt de la jeunesse et par conséquent d’une meilleure société future….

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Des classes incendiées ou détériorées, une case brûlée, un internat vandalisé, des enseignants agressés ou insultés presque quotidiennement, des nombreuses bagarres dans les cours des collèges et lycées ou à la fin des cours….la liste est longue, accablante et non exhaustive.
Les forces de l’ordre débordées et ne pouvant pas répondre à tous les appels au secours ou qui se sentent impuissantes et jugent parfois leur travail inutile.
Une justice critiquée parce qu’inopérante. Peut-elle l’être ? Elle applique la loi, autant qu’elle le peut.
Des avocats qui se démènent pour défendre des clients, pas toujours défendables. C’est leur travail.
Un gouvernement qui réunit, à grands frais directs ou indirects une multitude de responsables pour discourir sur la situation.
L’énumération non exhaustive citée au début n’ira pas en diminuant malgré la bonne volonté affichée par les uns et par les autres ; réelle bonne volonté des personnes impliquées pour résoudre la violence estudiantine; malgré les tonnes de papier utilisées pour connaître les responsables de ces « incivilités » et établir les constats des causes et des effets
. Humoristiquement (est-ce de l’humour ?) on peut se poser la question : Combien d’arbres ont-ils été sacrifiés pour fabriquer ce papier ? Combien d’armoires gardent entassés tous ces documents ? Combien d’heures de travail globalement effectuées? Pour quelle amélioration ?
Dans le livre « Deviens toi-même. Parents absents, enfants perdus » (publié en 2009, cf. www.vrodriguez.com) le problème était déjà soulevé. D’autres organismes ou associations en parlent aussi. Des solutions étaient proposées dans ce livre pour soigner sérieusement cette contagion. Ces solutions partaient du principe que l’enfant, dès sa conception, mérite et a besoin d’un très grand respect et d’un très grand amour vrai. L’enfant est un être en formation. Cette formation il ne peut pas la réussir tout seul. Pour y parvenir l’enfant a un besoin impérieux de ses parents, de sa famille, des enseignants, de l’Institution Education, des Institutions, de la société.
Les parents sont les premiers responsables de l’éducation de leurs enfants. Ils ont obligation de veiller avec le plus grand amour et un très grand respect sur chacun de leur enfant. Amour et respect qui nécessitent beaucoup de présence effective et affective, beaucoup d’attention manifestée par des gestes éducatifs suintant l’amour profond. Parfois l’éducation de l’enfant a besoin de refus clairs et justifiés. Si on permet au jeune enfant de tout faire et de tout dire, à la maison, à l’école ou ailleurs, comment lui expliquer et surtout lui faire comprendre, plus tard, qu’il ne peut pas tout dire ni tout faire, qu’il y a des interdits. Il trouvera alors que les parents et les adultes en général manquent de cohérence. Les parents doivent apprendre et faire sentir à leurs enfants que les refus ou les interdictions sont motivés par l’amour qu’ils leur porte, pour leur bien, même quand cela ne fait pas plaisir ni à l’un ni aux autres. Les parents devraient savoir que satisfaire tous les caprices n’est pas nécessairement une preuve d’amour. Dans ces cas il faut chercher ailleurs l’explication ou la motivation de la conduite des parents. On n’éduque pas toujours bien ses enfants en satisfaisant tous leurs caprices, en leur laissant tout faire ou en leur achetant tout ce dont ils ont envie. Quel que soit le comportement des adultes, les jeunes sentent bien, même s’ils ne savent pas l’exprimer ou n’osent pas le dire, si le comportement que l’on a envers eux est chargé ou pas d’amour et de respect. Par ailleurs, les parents devraient arrêter de prendre systématiquement la défense de leurs bambins et de penser que les enseignants ont toujours tort quand ils les sanctionnent. Il faut qu’ils sachent que les enseignants ne sont pas des sadiques qui sanctionneraient pour le plaisir. Les enseignants savent, généralement, qu’une correction juste est une nécessité vitale pour l’enfant.
Les enseignants, en grande souffrance professionnelle actuellement, doivent être convaincus qu’ils participent à la formation de la société du futur proche. Leur rôle est capital pour un avenir meilleur de notre monde. Même si la plupart d’entre eux s’efforcent de s’occuper consciencieusement de chaque élève, il n’est pas inutile de rappeler que chaque élève, personnellement, mérite toute leur attention : un élève est une personne en formation, il n’est pas un numéro de plus. Pour que cette formation intellectuelle et sociétale aboutisse à de bons résultats une très grande attention respectueuse, affective, claire et rigoureuse est nécessaire. Non seulement pour que l’élève écoute bien, apprenne ses leçons et fasse bien ses devoirs mais aussi pour que son comportement en tant que personne et en tant qu’élève soit normal. Tous les élèves ont des valeurs qui leurs sont propres. Il convient de les valoriser et de leur apprendre à les valoriser. Même si parfois il est nécessaire de rectifier la façon d’être ou d’agir pour mettre en valeur ses capacités, l’élève a besoin d’apprendre pourquoi et comment agir mieux, comment agir autrement. Dans ces cas, l’élève a besoin de sentir qu’on agit ainsi pour son bien et non pour faire montre de l’ autorité d’adulte. Pour parvenir à ce résultat il faudrait que l’autorité de l’enseignant soit reconnue et correctement soutenue. Sans cela, la bonne éducation et une bonne scolarité ne seront que des vœux pieux.
L’enseignement français a été pendant des siècles un des meilleurs du monde. Or depuis une quarantaine d’années, malgré les discours officiels, il est en déliquescence. Cela n’est pas agréable à entendre ni à fortiori à accepter mais c’est de notoriété publique en France et dans le monde. Les responsables devraient arrêter de rêver de théories purement intellectuelles complètement désincarnées. L’auteur du livre « Deviens toi-même. Parents absents… enfants perdus » fait allusion à plusieurs théories à l’origine de l’illettrisme et de l’échec scolaire et, par conséquent, humain et sociétal.
L’Etat, les parlementaires, l’Administration et par la suite la justice ainsi que les forces de l’ordre devraient défendre l’autorité juste et éducative de ceux qui sont chargés de l’éducation de la jeunesse, société de demain. Si cela n’est pas fait, les enseignants seront condamnés à tout laisser faire au détriment de leur travail bien fait, de leur santé physique et mentale, à l’origine de beaucoup de congés de maladie des enseignants et surtout à l’origine du malaise de la jeunesse et de la société. Y a-t-il une volonté politique pour prendre les dispositions légales nécessaires ? Pour le moment il est inconséquent de l’espérer tellement ils sont englués dans des théories « abracadabrantesques » ou dans leurs cocons dorés.
Malgré tout, il ne faut pas désespérer. Quand le pendule va trop loin d’un côté, il finit par revenir en force …et parfois.sur la figure de ceux qui l’on poussé si loin. L’équilibre vivant n’est pas facile à obtenir mais il est à la portée des hommes de bonne volonté.

A Nouméa, le 13/08/2012

Vincent Rodriguez

Commentaire #0083 ajouté le 30/07/2012 par Achour

Cher ami,
Je viens de composer ce petit poème, que, j'espère sera lu par les parents et montré aux enfants pour lesquels toute mon attention est accordée. J'espère que celle des adultes, tous les niveaux de responsabilité, est tout aussi engagée. Ensemble, demain sera la fête.

Merci.



Vois-tu, mon enfant,
Le Maitre t'aime,
L’École aussi
La Classe, te réchauffe,
La Cour s'émerveille
Lorsque, par ta présence,
Elle s'emplit.
Tous ces Lieux,
Et tu le sais,
Lieux du Savoir
Du Respect,
De la Beauté,
De l’Épanouissement,
Du Bonheur
Te disent, en chœur,
Aime-nous, petit,
Prends soin de ton cartable,
De tes cahiers, de tes livres,
Bannis tout ce qui est méchant,
Aime tes Camarades,
Qui sont ta moitié
Et nous ferons de toi,
Le Grand des Grands.
Bon Courage, mon enfant

Commentaire #0081 ajouté le 11/07/2012 par Vincent

Bonjour Achour,

"Le courage et la volonté existent-ils réellement ?". Je répondrais sans aucune hésitation oui. Mais, ils sont postérieurs à la prise de conscience. On prend conscience de ce que l'on est, de ce qui nous entoure, du monde où nous vivons, de ce que l'on veut avoir et devenir. C'est le propre de l'être humain. Après seulement on peut vouloir ou ne pas mettre en œuvre les actions pour y parvenir. Quand on a pris conscience et que l'on veut atteindre un objectif, quel qu'il soit, physique ou intellectuel, on peut essayer de se donner les moyens pour y parvenir. Alors se manifestent ou pas le courage et la volonté. Mais pour que le courage et la volonté soient efficients il est nécessaire que l'objectif dont on a préalablement pris conscience soit attrayant. Et j'ajouterais volontiers, humainement valorisant pour soi et pour autrui. L'un ne va pas sans l'autre. « L’enfer c’est les autres » de Jean Paul Sartre est une vision irréaliste de la vie humaine. L’être humain n’existerait pas sans le monde matériel qui nous entoure et sans les autres.
Tout enseignant, ou toute personne ayant un rôle dans l'enseignement à quelque niveau que ce soit, devrait considérer que son métier consiste surtout à éveiller la conscience des jeunes. Faire prendre conscience aux jeunes de ce qu'ils sont, de leurs capacités diverses et variées et leur donner le goût et les moyens de les développer, n'est-ce pas le plus beau métier?
Pour faire ce métier d'enseignant dans de bonnes conditions, pour soi et pour les jeunes, quelques qualités sont nécessaires. De façon non exhaustive, je citerai le respect ou l'amour vrai de soi et de l'élève, l'acceptation de la différence comme un élément mutuellement constructeur. S’aimer ou aimer l’autre en vérité c’est vouloir le développement des capacités matérielles et intellectuelles propres, diverses et variées, de soi et de l’autre. Ce qui implique la franchise pour reconnaître ses forces et ses faiblesses et expliquer objectivement aux élèves les leurs. Ce qui implique aussi la capacité de reconnaître ce qui est bien et ce qui est moins bien et de le faire savoir.
Pour parvenir à réaliser convenablement ce métier il faudrait aussi que le "système" national, voire mondial, ne prive pas les parents de leur autorité et les enseignants des moyens législatifs, et parfois matériels, nécessaires. Vaste débat!
Effectivement, au non de la liberté individuelle et du respect de la liberté de l’autre, poussées à l’extrême et souvent mal compris, le jeune d’abord et l’adulte ensuite pensent facilement que tout leur est permis. Les conséquences sont un individualisme et un égocentrisme sans limites débouchant sur une désillusion personnelle profonde, souvent non avouée même pas à soi-même. L’agitation permanente pour profiter des offres multiples et en rénovation constante de la société de consommation facilite l’oubli apparent du malaise vital de nos contemporains.
Victor Hugo disait déjà à ceux qui essayaient de fuir leur mauvaise conscience : « L’œil était dans la tombe et regardait Caïn ». Bien avant lui le grand philosophe Platon écrivait dans la République : « Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leur parole, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne, alors c’est là en toute beauté et en toute jeunesse le début de la tyrannie » (Platon 429-347 av JC, )
Autant de thèmes qui mériteraient un plus long développement. Une réflexion humainement objective, personnelle, collective et des Institutions, permettrait d’en prendre conscience pour agir autrement.

Bien amicalement
Vincent Rodriguez

Commentaire #0080 ajouté le 10/07/2012 par ACHOUR

Bonjour,

Le courage et la volonté existent-ils réellement ? Me concernant, je leur préfère la prise de conscience.
Une problématique qui, me semble-t-il, est très surprenante en enseignements. Car, affirmer, tout de go, que telle ou telle autre personne manque de courage ou n'est pas volontaire, est un procédé désavantageux tendant à justifier un échec, une démission, hésitation ou un laisser-aller avec l'ignoble

Commentaire #0079 ajouté le 26/06/2012 par Achour BOUFETTA

Bonjour, Vincent,
Suffirait-il de dire que : vous voyez, nous avions écrit et averti contre la violence, pour se disculper de la responsabilité collective ? Aurions-nous une quelconque fierté à tirer, lorsqu'un acte aussi abominable que celui qui vient de se dérouler dans un établissement scolaire à Renne a lieu, parce que tout simplement nous avions, par le passé, dénoncé. OH? QUE NON! L'idéal, plutôt le devoir, voudrait que nous arrivions à sensibiliser le maximum de personnes qui gravitent autour de l'école. Elles sont nombreuses, ces personnes, d'horizons certes différents, mais convergents, interdépendants et complémentaires.
Mon souhait serait qu'à chaque fois que nous nous retrouvons devant un cas de violence, même verbal, mon souhait donc, serait de faire devant notre incapacité, notre irresponsabilité ou démission de faire grève de la parole, nous abstenir de parler pendant un certain nombre de temps pour nous infliger la sanction que pareille situation exige. Sorte d'auto-flagellation, pour retenir la leçon, combien préjudiciable si on n'y tenait pas.

Que sommes-nous devenus pour n’être plus en mesure d'imposer notre sagesse, notre autorité ?

Les parents, en position de faiblesse éducationnelle ont le devoir d’appeler de l'aide. Les lois devraient s’adapter en fonction du mal causé. Dans les quartiers, l'autorité, en étroite collaboration, doit s'afficher, s'impliquer et intervenir. Dans les établissements, le régime d'autorité est plus que jamais d'actualité.

Nous, parents,enseignants, sociologues, psychologues, politiques, administration, devons être prémunis contre toute accusation. Mais aurions-nous droit à l'avantage de circonstances atténuantes ?

Bien honteusement.

Commentaire #0078 ajouté le 20/04/2012 par Vincent

Bonjour à tous les lecteurs,

Je viens de mettre sur le site un courriel de Achour BOUFETTA. Des exemples comme celui qu'il décrit sont multiples et peut-être que chacun pourrait en citer d'autres. Achour explique comment faire au quotidien pour que les mauvais exemples diminuent.
Exprimer son mécontentement devant des situations pareilles est facile pour la foule des mécontents, moi y compris. Agir pour mettre un terme, même petitement et à son niveau, est possible mais plus difficile car il faut du courage.
Malgré les difficultés créées par la pression du "politiquement correct", il faut garder espoir et agir individuellement. Les valeurs humaines méritent que chacun fasse un effort personnel. Ne lésinons pas.

Commentaire #0077 ajouté le 20/04/2012 par Achour

Bonjour, Vincent
Je propose pour lecture, cet article que j'ai extrait de l'internet. Je l'ai choisi parmi une multitude.

• Un parent condamné à cause de Facebook
Une enseignante d'un collège difficile de Lens, dans le Pas-de-Calais, vient d'obtenir gain de cause, dans une procédure lancée contre la mère d'un de ses élèves...
Europe 1, le 03 avril à 12h10 -

Je me suis dit qu'il n'y a pas plus convaincant, frappant mais surtout révélateur que de citer des exemples concrets en ramenant une vérité crue, toute têtue. Pour cela, j'ai fait du copier coller sans rien modifier à l'information.
Les informations de ce genre sont devenues légion. Certains faits, rapportés par les médias, donnent de la sueur froide. Lorsque ces faits ont lieu à l'intérieur même d'un lieu sensé prodiguer le savoir, assurer une éducation, les consciences sont plus que jamais interpelées.
Aussi, un point noir, devenu de nos jours, j'allais dire banal, est à prendre très au sérieux, et nous inciter à poser la question suivante : Comment se fait-il, qu'aujourd'hui, en 2012, à l'ère des technologies de pointe, de l'internet, du mobile, du confort matériel et bien encore d'autres avancées, l'on soit arrivé à qualifier un établissement scolaire de DIFFICILE. Ce qualificatif est, pour rester dans la correction, péjoratif. Pourquoi, comment et depuis quand ce collège est-il devenu difficile? Ce constat, est, de notoriété publique, partagé par l'autorité publique!
Beaucoup, bien avant que cette réalité ne fasse tache d'huile, d'enseignants, de sociologues, de parents soucieux ont averti du pire qui prend de l'ampleur sans avoir été écoutés. aujourd'hui, l'heure est à l'action. Il n'est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Ne nous voilons pas la face! Un enfant violent, un élève en difficulté scolaire, un adolescent délinquant est notre produit, celui du parent, de la famille, de l'administration, du politique, en un mot de l'adulte.
Avec ce qui se passe autour de nous, les résultats scolaires et toutes ce pires choses que nous découvrons chaque matin en lisant la presse, ou en jetant un coup d’œil dans la quartier, nous devrions nous imposer une auto-critique. Oui! Il est indispensable et impérieux, de revoir les méthodes avec lesquelles nous avons assuré l'éducation, entretenu et élevé l'enfant, puis, enfin comment avons-nous transmis le savoir.
Sans le respect, sans l'observance des règles, sans la discipline, sans la rigueur, tout enseignement, toute entreprise de l'école sont voués à l'échec, à l'effet inverse, l'effet ravageur contre lequel nous travaillons.
Les valeurs citoyennes, la notion du devoir, le respect s'apprennent très tôt, dès la première enfance. La cellule familiale, ou l'enfant acquiert le premier langage, se doit de jouer son rôle d'avant-garde.
Par expérience, il est notoirement prouvé qu'un parent qui dit du mal de l'enseignant de son enfant, inculque, sans le vouloir, chez ce pauvre innocent, l'instinct de de la désobéissance. C'est contre ces mauvaises surprises que le jeune devrait être préparé et sensibilisé. Toute bonne action nécessite un sacrifice. Celui-ci est, pourtant facile et gratuit. Ne lésinons pas!

Achour Boufetta

Commentaire #0076 ajouté le 28/03/2012 par toufik

bonjour


un petit aperçu de la situation de livre en Algérie et l'Education - Dès l'entrée, le nombre d'enfants au 16e Salon international du livre d'Alger vous saute aux yeux. Ils sont là à courir guillerets dans les grands espaces du parking où se dressent les chapiteaux du salon ou alentour des tables dressées sur les terrasses des nombreuses buvettes qui proposent boissons et sandwichs. A l'intérieur du chapiteau, éclairé à giorno par de puissants projecteurs, ce qui fait grimper un peu plus la température déjà bien élevée, les enfants sont plus ronchonnant.

Ils ont les yeux partout et voudraient prendre tous les livres qu'ils voient. Mais les parents, pour la plupart, ne peuvent pas satisfaire toutes les envies des gosses .il ya des priorités : les livres scolaires et parascolaires. Les contes, albums de coloriage et livres éducatifs sont, eux, soumis aux calculs du budget familial, qui peuvent donc les faire passer à la trappe.

Ça ne sera évidemment pas du goût des enfants, qui ne comprennent pas qu'on puisse leur refuser ces beaux petits livrets qui racontent de belles histoires, surtout que les stands proposant des livres pour enfants sont nombreux.

Mais, au Sila 2011, en ce qui concerne la lecture pour enfant, quantité ne rime pas avec qualité. Il est vrai que là où on se tourne, quel que soit l'endroit où on se trouve sous le chapiteau, il y aura toujours un stand qui, s'il ne se destine pas exclusivement aux enfants, leur réserve au moins un espace.

Cependant, ces stands sont tenus par des «commerciaux» dont le seul souci est de réaliser des bons chiffres de ventes. Il n'y a pas le moindre espace de lecture, pas l'ombre d'un conteur ni le plus modeste atelier d'écriture ou de jeux éducatifs dans aucun des stands qui ciblent les enfants.

citation
« La vérité est qu'aucun système d'éducation n'est en soi préférable à un autre système : les enfants aiment-ils mieux leurs parents aujourd'hui qu'ils les tutoient et ne les craignent plus ? »
de François René de Chateaubriand

Commentaire #0075 ajouté le 28/03/2012 par Vincent

Réponse à: C'est quoi la violence?


Bonjour Achour,

Pour un monde où on peut se sentir agresser en permanence, vous posez de vraies questions. Chaque partie de phrase mérite réflexion: Qu'est-ce que la violence? D'où vient-elle? Où peut-elle nous mener? Comment se manifeste-t-elle? Comment et pourquoi devient-on agressif?

D'abord un constat: Notre société est devenue individualiste,égocentriste et consommatrice. Bref, elle est devenue matérialiste par la passion de posséder honneurs, richesses et pouvoir d'un petit nombre au détriment des besoins vitaux du plus grand nombre. Les animaux chassent (ils sont violents!) pour manger à leur faim et laisse le reste pour les autres.

Tentative de réponse partielle à toutes ces questions....:
L'être humain est par essence unique ou, si on veut le dire autrement, différent de tous les autres. Il a des capacités et des limites qui lui sont propres. Par sa nature humaine il a un corps et un esprit. S'il veut grandir et devenir quelqu'un, physiquement, spirituellement ou intellectuellement il doit développer ses capacités et ses compétences. Cela demande un effort constant sur soi et avec le reste du monde.
Mais tout seul, il ne peut rien faire. Déjà pour naître il a besoin de la bonne volonté de ses parents. Normalement, les parents seront toujours ceux qui l'aimeront de la façon la plus désintéressée parce qu'ils voudront toujours que leur création devienne la plus parfaite possible et bénéficie des meilleurs conditions de vie, à leur point de vue. Et toute sa vie l'être humain aura besoin des autres et du monde, pour faire grandir son corps et son esprit. Le cercle des autres et le cercle géographique grandiront avec l'âge. Les autres êtres humains qui l'entourent ou qui l'entoureront sont aussi uniques en eux-mêmes et différents. Ils ont eux aussi besoin, et je dirais le droit, de grandir et de développer toutes leurs capacités et compétences.
S'établit alors un monde relationnel entre tous et entre tout. Ce monde relationnel débute déjà bien avant la venue au monde de l'enfant, dans le ventre de la mère. C'est avec la naissance de ce monde relationnel que naissent les émotions agréables ou désagréables, la souffrance ou le bienêtre, la violence ou la non violence, l'amour ou la haine etc.
La première chose que fait l'enfant à sa naissance est de crier et de pleurer, ce qui est indispensable pour sa survie, il remplit d'air ses poumons. L'air respiré est transformé en oxygène pour vivifier le sang qui le maintient en vie. Le repas mangé, déjà transformé par la cuisinière ou cuisinier, est transformé dans notre corps en énergie. Quand on marche ou que l'on court on est en permanence entre équilibre et déséquilibre du corps. La vie est ainsi faite.
De même, quand l'autre me parle, si je l'écoute attentivement, j'apprends ce qu'il pense ou du moins ce qu'il peut exprimer, car les mots limitent très souvent la pensée. Alors, je m'enrichis des connaissances qu'il m'apporte. J'ai le choix intellectuel entre accepter ou non ce que j'ai compris et ce faisant un changement s'est opéré en moi.
La vie physique ou spirituelle (intellectuelle) est ainsi un échange et une transformation continuelle individuelle et par conséquent collective ( puisque chacun échange, transforme et adapte). C'est un effort et son réconfort permanent.

Et la violence alors? C'est, peut-être, le refus de reconnaître l'autre comme un alter ego différent. C'est, peut-être, la peur d'être privé de ce que l'on possède (l'attirance par le matériel a tendance à prédominer sur le spirituel chez l'être humain). André Malraux prédisait: " le XXI siècle sera spirituel ou ne sera pas", autrement dit si le monde ne se préoccupe que du matériel alors il court à sa perte. Or, nous sommes bien obligés de constater que, dans notre monde, c'est le matériel qui prime: Les postes importants, les honneurs, la richesse matérielle, le pouvoir. Rien de tout ceci ne nous suivra au cimetière. Tout est périssable et pourtant la grande majorité des êtres humains jalousent ce que les autres ont et voudraient bien s'en emparer par la ruse ou par la force. D'où la naissance de la jalousie et de ses corollaires la peur, la crainte et la violence Par contre les pensées, les écrits et les actes humanitaires positifs pour soi et pour les autres perdureront après notre disparition physique. Plus ont partage les valeurs spirituelles et intellectuelles dans le respect de la liberté des autres plus on s'enrichit personnellement intellectuellement et spirituellement et plus le monde progresse dans la paix et harmonie. Le monde a progressé par les échanges matériels et culturels.

D'où le rôle primordial des parents et des enseignants : Ils ont le rôle d'apprendre aux enfants ou aux élèves. Leur apprendre à travailler pour subvenir à leurs besoins matériels certes, mais en permettant aux autres de vivre aussi dans de bonnes conditions. Leur apprendre à vivre harmonieusement en société, c'est-à-dire à respecter les autres, uniques et différents. Leur apprendre à respecter, voire à aimer, les autres pour ce qu'ils sont et comme ils sont. Leur donner, avec un grand amour désintéressé, le goût de toutes les valeurs qui ont permis aux parents et aux enseignants de parvenir là où ils sont et si possible de les dépasser. La réussite des enfants ou des élèves est la meilleure récompense pour les parents et pour les enseignants. Pour y parvenir, parents et enseignants seront obligés de dire parfois non aux enfants ou aux élèves. Ce n'est pas toujours facile, mais c'est une preuve d'amour vrai que de vouloir leur éviter de faire les erreurs commises par les parents ou les enseignants. Ils les font bénéficier de leur expérience.
Pour finir, car je suis déjà trop long, je dirai que la violence est comme une maladie inhérente à la trop grande importance que l'on donne à ses besoins matériels. L'éducation et l'enseignement peuvent y remédier en faisant tout pour que l'enfant ou l'élève développe au maximum ses propres compétences et capacités. Si ce faisant, on y met beaucoup de respect et d'amour du jeune, alors la réussite est assurée....ou au moins on n'aura rien à regretter.
Salutations cordiales
Vincent Rodriguez

P.S.: J'ai été trop long ou trop court. Beaucoup de phrases devraient être explicitées

Commentaire #0074 ajouté le 28/03/2012 par Achour

C'est quoi la violence?

Nous ne cesserons jamais de nous demander ce que c'est la violence, ni d’où vient-elle, et encore moins ou peut-elle nous mener.
D'abord, entendons-nous bien sur le sens à donner au mot violence; il peut s'agir d'un regard provocateur, d'insulte, d'un manque de respect, de mots déplacés, comme il peut s'agir d'agression physique.
Toujours es-il que toute violence est condamnable. Toutefois, deux questions méritent d’être posées, celles de savoir comment et pourquoi devient-on agressif.
Ces questions, devant être posées aux parents, trouveraient leurs réponses dans la manière ou la problématique de la violence serait abordée. En effet, lorsque l'on part du principe que chaque cause a son effet et chaque effet a sa cause, le constat serait vite établi.
Un enfant à qui on n'a pas appris à insulter, le ferait-il un jour? Un élève à qui l'on susurre que le maitre est le parent une fois en classe, manquerait-il de respect à ses enseignants?

Commentaire #0073 ajouté le 19/03/2012 par Vincent

Bonjour Achour,

J'admire votre réalisme, votre bon sens ou mieux votre sens profond pur une bonne éducation des jeunes.
J'ai écrit que les jeunes, comme les arbustes, ont besoin d'un tuteur pour qu'ils s'élèvent, pour qu'ils poussent droit et enfin pour qu'ils produisent de belles fleurs et donnent les bons fruits. C'est le destin de l'arbre. C'est le destin de l'être humain. C'est donc le rôle des parents et des enseignants de servir d'accompagnateur ou de tuteur. Certes parfois le tuteur fait un peu mal quand l'arbuste ou le jeune veulent prendre des directions peu conformes avec leur épanouissement. Mais si on met un tuteur c'est parce que sincèrement on veut le bien de celui à qui on le met: on l'aime vraiment pour ce qu'il est et pour les capacités qu'il a. C'est le vrai amour du jeune pour lui-même. Doit-on laisser un jeune se jeter par la fenêtre sous prétexte qu'il est libre de faire ce qu'il veut? Ou doit-on l'en empêcher, même fortement? Si on laisse faire, on devient coupable pour non assistance à personne en danger. Si on le retient, même fortement si nécessaire, il peut porter plainte pour violences physiques ou verbales, parfois inventées. Triste dilemme imposé par le système éducatif et législatif post 1968. Triste conclusion de la phrase tristement célèbre ; "Il est interdit d'interdire".
Comme vous le dites si bien, les enfants, comme tous les humains d'ailleurs, ont de droits mais aussi des devoirs. Je voulais le développer dans le livre: si on ne respecte que les droits on va droit vers l'anarchie. Et si on n'observe que les devoirs, cela devient de la dictature. "Trop de justice tue la justice", et on pourrait continuer à épiloguer!...
Notre monde a besoin que les jeunes soient bien élevés, bien éduqués et bien instruits. Les jeunes ont besoin qu'on les aides à développer toutes leurs capacités en les respectant et en les aimant pour ceux et avec leurs différences. Sans oublier que le vrai amour de l'autre implique nécessairement qu'on sache lui dire non quand nous l'estimons juste et nécessaire pour lui.
Je félicite tous les enseignants,et ils sont très nombreux, qui accomplissent leur mission avec courage et ...parfois de héroïsme.
Je ne m'attarde pas sur le rôle des médias très attentifs à l'audimat ni sur celui des politiques très préoccupés par leur réélection.....

Pour information; le 24 mai 2011 je publiais un article sur le site. Je riais tout seul,...alors qu'il aurait fallu pleurer de constater l'exemple d'une mauvaise éducation.
Salutations cordiales
vr

Commentaire #0072 ajouté le 19/03/2012 par Achour

Bonjour,
Vous disiez que > N'est-ce pas le cas en observant, généralement impuissants, ce que sont devenus villes et quartiers? N'est-ce pas tyrannique, ce que rapportent les médias?
Est-ce du civisme, lorsqu'à l'école, le maitre se fait insulter par son élève? Est-ce responsable qu'une mère ou un père, parce que son enfant aurait été sermonné à l'école, dise du mal du professeur? Nous avons appris que les querelles d'adultes doivent se faire à l'insu des enfants!
Si l'enfant, d'abord, l'élève ensuite et enfin le jeune, a ses droits, il n’en demeure pas moins vrai qu’il a aussi des devoirs qu'il doit observer. Mais comment pourrait-il être le cas si l'école et la cellule famille sont absentes dans cette entreprise?
Lorsque des adolescents tendent des guet-apens aux pompiers ou aux policiers, cela relève-il du civisme? Lorsque nul n'est tenu à une règle de conduite, au bout ce sera de l’anarchie. Ce sont toutes ces habitudes que ces jeunes ont cumulées et ces libertés qu'ils se sont octroyées, et je suis catégorique, au vu et au su de l'adulte et dans l'enceinte même de l’école, se sachant immunisés et protégés par, le moins que l'on puise dire, une nonchalance et une tolérance à outrance, qui sont à l'origine de ce déclin. Sans le code de la route, qui est une contrainte et non pas une liberté, nos routes seraient des boucheries.
Un enfant à qui nous avons pas appris à dire bonjour, prononcerait-il ce mot? Un enfant dont les parents ignorent ce qu'il y a dans le cartable, ne finirait-il par y mettre ce que ces mêmes parents regretteraient un jour? Un enfant couche-tard se lèverait-il à l'heure, ou assimilerait-il en classe? Un enfant qui sait que l'assistant sociale accourrait à son moindre vagissement, ne défierait-il pas l'autorité des parents? Un psychologue, dont j'ai oublié le nom s’est posé cette suivante:>
L'enfant, à bien réfléchir n'est pas condamnable. Avec beaucoup de soins, d’attention, de soucis, de présence et de chaleur, il deviendra, à ne point douter, le citoyen de demain. Alors, serait-il trop nous demander, de nous efforcer à lui donner ces moyens? Ils sont entre nos mains.
Les remords de conscience sont le résultat de l'absence et de la démission. Faisons de sorte que nous n'en ayons point!
Achour Boufetta

Commentaire #0071 ajouté le 15/03/2012 par Achour

Bonjour Monsieur Vincent,
Lorsque j'étais enfant, mon père veillait scrupuleusement sur le suivi de mes études. Chaque soir, après le diner, assis autour d'un chauffage à gaz, il m'offrait un journal et je lui faisais la lecture de plusieurs paragraphes. Il m'arrivait de le surprendre inattentif à ce que je lisais, mais, ne pouvant avoir ce soupçon, je me disais qu'il devait être un peu fatigué. Devenu à mon tour père, je réalise que mon père, véritablement, ne m'écoutait pas. Son but, à lui, était de m'initier à la lecture courante. Comme je lis très courrament, Je me dis qu'il a admirablement réussi. La lecture que mon père m'ordonnait était, tout compte fait, un acte pédagogique.
Cherchons la pédagogie qui sierait à nos enfants, car notre devoir est, dès leur jeune age, arriver à leur faire aimer quelque chose.
J'en suis certain, nous qui sommes adultes, nous trouverions tous un petit quelque chose si nous fouinions dans notre passé. Le laboueur qui a fait venir ses enfants, a réussi à leur faire aimer la terre.
Simplement, l'optimisme devrait etre de rigueur!
Bien cordialement

Commentaire #0070 ajouté le 14/03/2012 par Vincent

Bonjour Monsieur BOUFETA,
Votre commentaire est sur le site.
Vous ne pouvez pas imaginer combien il me fait plaisir. Vous développez un point que j'avais abordé dans le livre "Deviens toi-même. Parents absents...enfants perdus".
J'ai écrit que "l'intelligence n'a pas de race ni de niveau social". Tous les enfants ont des capacités spécifiques. Encore faut-il leur donner les moyens pour qu'ils les développent. Les parents d'abord et les enseignants ensuite sont là pour cela. La joie profonde des parents et des enseignants est de constater que leurs enfants ou élèves sont devenus grands, responsables et libres au sens humaniste des mots.
Naturellement, il faudrait que les "décideurs", chacun à son niveau, donnent les moyens législatifs, humains et matériels pour pouvoir le faire. Ou qu'ils ne publient pas de textes, sous des prétextes fallacieux, qui mettent un frein au rôle des parents et des enseignants.
Malheureusement, malgré les discours formatés des détenteurs du pouvoir législatif, j'ai constaté qu'ils font plus pour s'attirer les bonnes grâces des électeurs que le développement harmonieux de la jeunesse. Les transes du monde actuel, les actions et les orientations données par les grands décideurs mondiaux me laissent croire que l'avenir heureux de la jeunesse n'est pas leur soucis premier....ni second.
Malgré tout, et quelques soient les difficultés, je pense qu'il faut continuer à développer et faire circuler les idées emplies de bon sens pour le vrai intérêt de la jeunesse. Je pense que l'optimisme empli de bon sens humain est de rigueur.
C'est peut-être prétentieux de ma part, mais j'affirme que l'avenir du monde dépend des efforts que nous ferons pour que les parents et les enseignants puissent donner aux jeunes les moyens pour réussir leur vie humainement et professionnellement.
Salutations cordiales
Vincent Rodriguez

Commentaire #0069 ajouté le 14/03/2012 par Achour

Bonjour Vincent,
Je constate avec beaucoup de joie, mais surtout de réconfort, que votre site, notre site devrais-je dire, s'agrandit, s'enrichit et, plus que cela, rassemble. vous nous permettez, ainsi qu'à tous ceux qui ont l'éducation comme souci, de nous exprimer, librement mais de manière responsable, sur un sujet des plus sensibles, importants; il devrait constituer notre, si ce n'est notre hantise. quoi de merveilleux que d'extraire un enfant en difficulté et de le projeter vers la réussite. Ne pourrions-nous pas,un jour, nous soucier simplement et exclusivement des voies et moyens menant vers la perfection plutôt que continuer à discourir sur la problématique de l'échec, de la violence et de la déperdition? Devrions-nous encore accepter, parce que nous aurions été complices, actifs ou passifs, qu'un enfant échoue? opte pour la rue? ou abandonné par ceux-la même censés l'emmener à bon port?
Donner un poisson à un homme, c'est le nourrir un jour, lui apprendre à pécher, c'est le nourrir tous les jours.
Rousseau conseillait : >. Il va de soi que cette suggestion s'adresse aussi aux parents. Car l'élève avant d’être élève est enfant, c'est-à-dire, il évolue dans son environnement immédiat qui est son milieu naturel: sa famille. Au fait, combien sont-ils les parents d' un même immeuble à se rencontrer pour discuter de leurs enfants? Sont-ils nombreux à consulter les psychologues, à se rapprocher des enseignants, de l'administration? J'en suis convaincu, lorsqu'un enfant est suivi chez soi, écouté, aidé mais surveillé de sorte à faire ses devoirs, d'échec, de déviation, il n'y aura point.
Lorsque, tout un chacun met en garde ses enfants des dangers de la rue, lorsque tout un chacun entoure, élève ses petits dans le respect, l'amour, en lui inculquant le sens du devoir, et l'imprégner dans les valeurs citoyennes, c'est toute la société qui sera prémunie.
Pour schématiser, je citerai cette fable. Il était une fois, un petit chaton et un jeune souriceau qui ont passé toute la journée à jouer ensemble. Le soir venu, chacun d'eux a regagné son foyer. Maman chatte, inquiète de la longue absence de son chaton lui dit:>. Le petit chaton répond :-. Le souriceau lui apprend qu'il jouait avec un petit chat. D'un air grave maman souris l'avertit :- Discutons avec nos enfants, avertissons-les des dangers, ils sauront, certainement, nous écouter. Seulement il est important de joindre l’acte à la parole.
La responsabilité de l'administration est tout aussi engagée. Ne tolérer que ce qui peut l’être. Les sanctions doivent être à la hauteur des fautes commises. L'excès de liberté accordé aux élèves, l'insubordination que l'on semble comprendre pour justifier n'est qu'un prélude aux grands maux qui commencent, bien sur petits.
Les intellectuels, du reste très prolifiques en matière d'analyses théoriques, ont le devoir de descendre sur le terrain ou le mal prospère. Un travail de complémentarité s'impose. C'est là, précisément, que les notions d’interdépendance, de solidarité, d échanges et de présence doivent jouer pleinement leurs rôles. Le chemin est difficile mais le pari est très jouable. Sinon pourquoi certains réussissent alors que d'autres échouent? La fatalité ne doit pas servir de justificatif. Les parents, l'école, l'intellectuel et bien sur, mais surtout le politique, avec son pouvoir législatif, en sont seuls responsables. L'enfant, d'abord, l'élève ensuite, sont les victimes. L'optimisme conjugué à la prise de conscience doivent nous inspirer. Les exemples sont nombreux, les expériences aussi. A nous de jouer, nous le pouvons!
Bien cordialement.

Commentaire #0068 ajouté le 13/03/2012 par Pascal Saoud

Bonjour à tous Je vous écris mes chers amis juste pour vous dire que " l'écolier" n'était pas moi mais il s'agit des enfants en général scolarisés en Algérie . Mercie pour votre compréhension et perspicacité .

Commentaire #0067 ajouté le 13/03/2012 par Vincent

Bonjour Monsieur Saoud,

J'ai bien reçu le courriel de "l'écolier vendeur de cigarettes".
Pour moi c'était évident qu'un tel écolier ne pouvait pas écrire un texte aussi bien rédigé. Je l'ai validé sur mon site parce que cet un exemple, " le vendeur de cigarettes", qui peut faire réfléchir certains parents et j'espère pas que des parents.
Je me suis permis de valider aussi votre réponse. A mon avis elle éclaire le commentaire;"L'avenir d'un écolier".

Je vous remercie pour vos commentaires. Chacun apporte la pierre qui servira à reconstruire (ou construire) le système éducatif réellement au service des jeunes et de la société qu'ils construiront.
Salutations cordiales
Vincent Rodriguez

Commentaire #0066 ajouté le 13/03/2012 par Houcine

Bonsoir à tous et plus particulièrement à notre ami Pascal Saoud, l'écrivain !

Je ne crois pas un traitre mot de ce que notre ami Pascal vient d'écrire, pourquoi ? Tout simplement parce-que sa belle rédaction dément son histoire de cancre amateur de l’école buissonnière. Un écolier qui fuyait l’école et qui devient un aussi parfait écrivain doit nous encourager à inciter tous les écoliers à fuir leurs écoles pour devenir des écrivains de l’envergure de Saoud !

« L'ignorance me transforma en marchant de cigarette à la sauvette. Maintenant, j'ai des larmes aux yeux lorsque je vois les enfants rejoindre leurs classes, me laissant seul dans la rue où il fait froid sous la pluie de janvier car l'écolier en Algérie est devenu synonyme de marchant de cacahuètes et de cigarette. » fin de citation, un écolier dont l’ignorance fait de lui un fervent de la plume est à féliciter et l’école qui l’a rejeté est à développer davantage pour qu’elle nous produise des écrivains du même acabit.

Salut à tous.

Commentaire #0065 ajouté le 13/03/2012 par Pascal Saoud

L'avenir d'un écolier


Un jour, j'étais écolier comme vous ,j'avais un cartable,des cahiers et des livres avec de belles images.J'allais à l'école pour apprendre la vie et le savoir.La différence ,c'est que j'aimais l'école buissonnière . Plusieurs fois, le directeur convoqua mes parents. Ces derniers ne se sont jamais inquiétés. Seul ,je gouvernais mon bateau : je rossais mes camarades et défiais mes professeurs jusqu'au jour où l'irréparable arriva . On m'a renvoyé. Où plutôt c'est l'école qui m'a vomi et jeté à la rue .Mon avion ne peut pas décoller de la 2e année moyenne .La rue était pour moi ,ma maison,mon terrain à moi et mon avenir . A la maison ,on me battait parce que je n'aurai pas du être là .A la rue ,je tapais les autres car je faisais ma loi vu ma corpulence de grand gaillard "c'est comme cela qu'un professeur m'appelait ". Des années passèrent à une vitesse vertigineuse . L'ignorance me transforma en marchant de cigarette à la sauvette. Maintenant, j'ai des larmes aux yeux lorsque je vois les enfants rejoindre leurs classes ,me laissant seul dans la rue ou il fait froid sous la pluie de janvier car l'écolier en Algérie est devenu synonyme de marchant de cacahuètes et de cigarette .

Commentaire #0064 ajouté le 01/03/2012 par Houcine

Bonjour à tous, et je salue surtout mon ami Achour d'Algérie.

Les bonnes habitudes ont tendance à se dissiper au fur et à mesure du développement des relations sociales fondées sur la présumée liberté totale ! Or, il n’y a pas de liberté totale, ou liberté absolue, tout est relatif et la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres !

Pour revenir au fameux problème de la dégradation des mœurs à l’école et, globalement, dans toutes les institutions pédagogiques du primaire au secondaire, et ne parlons pas de l’universitaire car là une autre dimension de la dégradation entre en jeu, je peux avancer sans aucune hésitation que c’est une politique bien arrêtée des régimes politiques en place et surtout dans les pays sous-développés !

Généralement, les institutions pédagogiques et les médias d’un pays sont le miroir qui reflète « sincèrement » le niveau de développement de ce pays ! Et nous pouvons sans grande peine apprécier, voire estimer, ce développement en observant la qualité de l’enseignement dispenser dans les institutions pédagogiques d’un pays donné.

En plus, la propagation des moyens modernes de communication : télévision à réception satellitaire, internet, téléphones portables etc., sont autant de moyens pour la généralisation de nouveaux us et coutumes, de nouveaux mœurs, modes de vie, et la « contamination » via ces moyens technologiques de sociétés autrefois immunisées par l’isolement ou l’éloignement et la jalouse préservation des coutumes nationales des invasions culturelles étrangères !

Enfin, "il faut tout un village pour éduquer un enfant" comme le disaient les connaisseurs, les parents ne sont pas les seuls responsables de l'éducation de leurs enfants.

Le problème de la dégradation des institutions pédagogiques et de leurs enseignements est tellement compliqué qu’il est absolument impensable de le traiter dans un bref article ou un court discours !
Mes cordiales salutations à tous.

Commentaire #0063 ajouté le 08/02/2012 par Achour

Bonjour,
Je vous écris d'Algérie. Je suis enseignant de français. Profondément préoccupé par l'éducation et par tout ce qui se rapporte aux jeunes, j'ai fini par découvrir votre site et j'ai pris la liberté de vous écrire. Je dirai, pour ma part, que l'on reconnait l'arbre à son fruit et la rue renvoie la véritable image de l'école.
J'essaie de comprendre les raisons du déclin de l'école et je suis parvenu à voir dans la résolution de cette problématique le début de la solution: la vieille école, avec sa rigidité, sa rigueur, a-elle, oui ou non, formé ?
Il me semble qu'un régime d'autorité doit être instauré dans le système éducatif. Autrefois, la tenue vestimentaire de l'enseignant, et celle de l'élève ensuite, imitation et discipline obligent, fut exemplaire. La notion du devoir passait bien avant celle du droit. La liberté telle que la perçoivent parents, élèves et administration, n'est pas de nature à forcer le respect, imposer la ponctualité, inculquer l'amour de l'école et à faire rapprocher tous ceux que l'école, par vocation, unit.
La permissivité sociale a fait que les contraintes sont refusées d’où les libertés que s'octroie tout un chacun.
J'ai assisté, médusé, dans une banlieue parisienne, en 2009 à une scène très révélatrice de l'état de la déchéance sociale. Il s'agissait d'un groupe de 6 jeunes, dont l'âge ne devrait pas dépasser la quinzaine et qui s'était attaqué à un couple dans leur voiture. Pour ce faire, ils s'exprimaient dans un langage attentatoire à la langue, c'était aussi pour tromper la vigilance des présents. Aussi, m'étonnais-je sur la responsabilité des parents, d'une part, et de l'adulte, d'une manière générale.
L'enseignant a encore un grand rôle, si ce n'est pas le premier, à jouer. A cette noble entreprise, devraient être associées les parents, les élèves, les associations et bien d'autres partenaires. Difficile? Réalisable? Utopique? On dit que les batailles perdues sont celles qu'on ne livre pas. La prise de conscience devrait être provoquée. Ce sera le déclic. Des volontés, certainement éparpillées, existent et sont nombreuses. Il s'agit de les découvrir. Elles veulent se rendre utiles, car la fracture scolaire et sociale est déjà douloureusement ressentie.
Mes anciens élèves, dont beaucoup d'entre eux sont aujourd'hui en France, gardent un souvenir respectueux. Pourtant, j'étais j’emploierai un mot qu'on n'aime plus aujourd'hui, sévère. Aussi étais-je très proche de leurs parents, si bien que je les informais du moindre écart de leurs enfants.
Je me tiens à votre disposition.
Très cordialement.

Commentaire #0062 ajouté le 26/01/2012 par Vincent

Les médias parlent à longueur des journaux écrits, parlés ou télévisés de la délinquance.


La délinquance, y a-t-il une solution ? Peut-elle diminuer?

Tout un chacun s’est senti interpellé par tel ou tel acte de violence dont il a entendu parlé ou dont il en a été la victime : agressions physiques, verbales, vols, viols, incendies, nuisances sonores ou graphiques, etc.
Vous n’avez pas besoin d’être membre du « Contrat Local de Sécurité » (CLS), un organisme de plus créé récemment, pour savoir que ces actes, pas « citoyens » du tout, se multiplient de jour en jour. Au rythme où ça va, on peut s’attendre au pire !
La peur gagne du terrain, le mal de vivre aussi, ainsi que le malaise social.
Pourquoi est-on arrivé à cet état de fait ?
- Parce que depuis au moins quatre décennies la société vit avec l’idée qu’ « il
est interdit d’interdire », slogan des années 1968. La traduction normale faite par la masse populaire est : « on a le droit de tout faire ». Les conséquences sont : les « fils à papa » meneurs de « 68 » ont tous de bonnes places. Les enfants de la masse populaire, qui les ont suivi, ont subi les conséquences des « restructurations » ou des « délocalisations » des entreprises. Bref, ils ont des difficultés au quotidien pour vivre ou plutôt pour survivre.
- Parce que tous ces jeunes « formatés » à cette idée sont maintenant des parents. Leurs conditions de vie ne sont pas toujours excellentes et ils continuent à suivre d’autres meneurs pour manifester, faire grève, empêcher de se rendre sur le lieu de travail, soit en « cadenassant » le portail d’entré, soit en brûlant des pneus sur les routes, soit en n’obéissant pas à l’autorité civile ou militaire. Or le modèle premier pour l’enfant sont ses propres parents !
- Parce que les parents, premiers responsables de l’éducation de leurs enfants, préfèrent aller : jouer aux jeux d’argent clandestins ou non, aux dîner d’affaires ou entre amis, faire une sortie en mer ou la chasse. Pendant ce temps leurs enfants sont laissés seuls, et souvent sans aucun contrôle. Ainsi se créent les problèmes de compréhension, les tensions, souvent les violences familiales. Il y a carence d’éducation. Les parents, et souvent les pouvoirs publics, oublient que les parents sont responsables des actes de leur enfant mineur.
- Parce que les parents, les petits chefs ou les chefs, ne réagissent pas contre les abus d’alcool et de cannabis, entre autres abus.
- Parce que depuis quarante ans, au moins, et de plus en plus, les enseignants ne peuvent pas exiger que les bambins, les élèves, les étudiants aient un comportement respectueux des camarades, des enseignants, du matériel scolaire d’abord, de leur propre travail ensuite.
Tout un chacun peut ajouter encore des….parce que !
Y a-t-il une solution autre que les remèdes palliatifs distribués actuellement?
Certainement si on veut bien appliquer les remèdes adéquats aux maladies ci-
dessus énumérées.
Encore faut-il que les hommes politiques, les institutions et les syndicats aient le courage nécessaire.
Et ça…c’est un autre dilemme ! Soit ils prennent les mesures légales et administratives pour initier au respect et au travail dès le plus jeune âge et alors tout changera petit à petit, soit ils continuent à comprendre (du latin « cum prendere » c-à-d prendre avec soi) et à laisser faire pour ne pas contrarier « les chers électeurs ». Dans ce dernier cas, ce seront « les chers électeurs » qui payerons finalement, les salaires et avantages des uns et des autres et qui souffriront, impuissants, de toutes les « incivilités » énumérées plus haut.

Commentaire #0061 ajouté le 31/12/2011 par Vincent Rodriguez

A tous ceux et celles qui liront ce message, je souhaite une année 2012 remplie de joie personnelle et de bonheur profond.
Je ne mentirai pas en vous affirmant que l'année 2012 sera sans difficultés matérielles et ou professionnelles. Les discours des responsables et les décisions prises dans le plus grand secret par les vrais décideurs ne laissent augurer rien de bon pour le plus grand nombre en ce qui concerne les aspects matériels de notre vie: ils ont vidé les caisses des États et ils exigent toujours plus pour les remplir. ils savent parfaitement s'exempter des efforts demandés au plus grand nombre. Devant ce constat, je vous souhaite beaucoup de courage pour que la joie et le bonheur personnel et familial ne soient pas touchés.
Notre monde a oublié que l'homme ne vit pas seulement pour avoir toujours plus de richesses, de pouvoir ou de plaisirs. Il a oublié, et certains ne l'ont jamais appréhendé, que les avoirs sont passagers tandis que l'être spirituel est éternel.
Je vous souhaite, pour l'année 2012, que vous vous rapprochiez, et ce n'est pas facile, du vrai bonheur personnel et rayonnant autour de vous. Je vous souhaite enfin que vous trouviez votre vérité vraie ou mieux que vous vous y approchiez constamment parce que, en réalité, elle semble toujours fuyante devant soi.

Tous mes meilleurs vœux pour l'année 2012

Commentaire #0060 ajouté le 05/12/2011 par Vincent

Nouméa, le 04/12/2011
Monsieur le Directeur
Les Nouvelles Calédoniennes
Nouméa

Monsieur le Directeur,


Vous publiez le jeudi 1er décembre dans votre journal un article intitulé : « Des solutions pour les jeunes délinquants ».
Vous avez bien raison d’attirer l’attention des calédoniens sur les solutions proposées par les pouvoirs publics pour tenter de résoudre le grave problème de la jeunesse en perdition.
On ne peut mettre en cause la bonne volonté de tous ceux et celles qui s’occupent de la réinsertion de cette jeunesse. Que ce personnel travaille dans le PJEJ, les Ecoles de la Nouvelle Chance, dans les Foyers d’Accueil d’Urgence et d’Orientation ou tout autre centre à même vocation, partout il accomplit un travail utile, nécessaire voire indispensable.
Pourtant, la réalité de la situation m’oblige à redire que tous ces efforts humains et financiers ne sont qu’un cautère sur une jambe de bois. Si les décideurs, politiques, syndicaux et administratifs ne sont pas décidés à traiter de problème à la base, celui-ci existera toujours. Et ce ne sont pas les mesurettes qui permettront de le résoudre. C’est comme si on voulait dévier un ruisseau avec un seau.
Comme je l’ai écrit dans le livre « Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus » (cf. www.vrodriguez.com) et redit dans plusieurs articles, le problème de la délinquance de la jeunesse doit être traité dès l’école primaire et dans les familles dès la plus tendre enfance.
Des textes devraient être publiés pour redonner l’autorité aux enseignants et aux parents. Ceux-ci devraient pouvoir sanctionner justement quand l’élève ou l’enfant ne se comporte pas bien, perturbe ou ne travaille pas, sans craindre d’être, eux, sanctionnés quand ils s’efforcent de faire travailler leur classe et de corriger les conduites peu citoyennes. Les parents dont les enfants sont absents de l’école, sans raison valable, devraient être sanctionnés financièrement en diminuant proportionnellement les allocations familiales. Le Comité d’Urgence Humanitaire, bien au courant de tous les problèmes de détresse des familles et de délinquance des jeunes l’avait demandé, avant la généralisation de cette aide destinée à aider les parents à éduquer leurs enfants. Cette mesure n’a pas été jugée porteuse…électoralement. Certains décideurs allègueront la difficulté de mettre en place ce moyen…. Excuse futile ! Bien au contraire, cette mesure faciliterait la bonne éducation et instruction et ferait faire des économies substantielles au budget de la Nouvelle-Calédonie.
Pour finir, car le thème est vaste et peut-être volontairement compliqué, je me permets de compléter la citation de votre journal, tout en exprimant mon profond respect pour la personne à qui vous l’attribuez et que je connais de par ailleurs : « Nous avons les moyens de travailler », certes oui pour prendre en charge quelques jeunes délinquants, mais pas tous les délinquants, et encore moins pour résoudre globalement le problème de la délinquance.

Vincent Rodriguez
Professeur agrégé et directeur à la retraite
Palmes académiques

Commentaire #0057 ajouté le 24/09/2011 par Georges NURDIN

Témoignage de Georges Nurdin , Blaise Pascal ( BP69 -71 )

Curieuses boucles du Destin : Aujourd’ hui , après une carrière de 30 ans de dirigeant et consultant international déroulée sur les 5 continents , je me retrouve Directeur d’ une Grande Ecole de Gestion Internationale , qui accueille des étudiants de tous les régions du Monde de la Licence jusqu’ au Doctorat en passant par les Master of Science et autres MBA et Executive Programs.

Et le modèle qui m’ inspire tous les jours dans mon travail c’est ..Blaise Pascal !

Blaise Pascal ! un vrai modèle dont je peux dire qu’il m’ a formé au sens socratique du terme ( imprimer une forme, un sens ) par le sens du projet, de l’ aventure, de la tolérance, du respect , de la rigueur , de la qualité , du partage , de l’ ouverture ,et surtout des valeurs .

Plus qu’un modèle, une Ecole de Vie ! Un grand merci à ses enseignants et en particulier à Monsieur Rodriguez .

Dans le contexte de l’ époque l’ initiative commune qu’ avait prise les Frères maristes et les Sœurs de Saint Joseph de Cluny , surtout l’ avènement de la mixité des genres dans les classes était véritablement révolutionnaire. Nous , les garçons , étions soudainement entourés par un tourbillon d’uniformes en jupes grise ou bleues , blouses blanches, sous la garde vigilantes des Sœurs voilées de blanc ..dont certains d’ entre nous avaient déjà pu apprécier un avant gout de leur légendaire rigueur soit dès la maternelle ( à mon époque mixte, à Saint Joseph ), soit lors des « compétitions » de latin en 3 ème. Cette année là, en 3 ème, j’ avais été battu par une fille en 3 ème en finale sur un point ultra technique de forme pronominale passive réflexive…

1969 , année de création Blaise Pascal, mais aussi année où nous tous ensemble nous avions l’ oreille colée au transistor pour écouter en direct l’ autre événement clef de cette année là : le premier homme sur la lune .

Je suis extrement fier de faire partie des pionniers de Blaise Pascal , non pas par nostalgie mais par conviction… Et j’ ai toujours dans mon armoire mon T shirt Vert et Rouge aux armes de Blaise Pascal..

Et pax hominibus bonae voluntatis

Georges Nurdin

Ancien Elève du Sacré Coeur , de Champagnat, et de Blaise Pascal 69-71

ESCP Europe, GE-MIT , Ph.D Economics

Commentaire #0056 ajouté le 23/09/2011 par Vincent

Pitonnage
Zapping
( pour ceux et celles qui n’emploient que ce gallicisme)


Au début de l’été de l’année 1958 je voyageais en train d’Italie vers l’Espagne. A cette époque les trains ne roulaient pas vite. Pour mieux admirer le paysage je me tenais debout, à une fenêtre du couloir. Les passagers n’étaient pas bien nombreux. A mes côtés se tenait un touriste des Etats-Unis d’Amérique. Quand on annonça l’arrivée du train en gare de Monaco, ce monsieur se dirigea rapidement vers la porte de sortie. Dès que le train s’arrêta il mit un pied sur le quai de la gare et revint reprendre sa place.
« I kow Monaco » me dit-il. (« Je connais Monaco »)
Je suis resté tout surpris par sa rapidité d’apprentissage, à moins que cela ne fût par sa vantardise éhontée ou un humour bien américain.

Pendant ma scolarité j’ai connu un élève capable de réciter par cœur le chapitre d’histoire, de géographie ou la poésie d’une page qu’il venait de lire. J’ai beaucoup réfléchi pour essayer de comprendre comment il faisait mais je n’ai jamais réussi à l’imiter.
Pendant ma carrière d’enseignant ou de directeur de lycée j’ai connu plusieurs élèves qui savaient parfaitement la leçon qu’ils venaient d’écouter en classe. Ils n’avaient plus besoin de l’étudier après le cours.
J’ai aussi connu beaucoup d’élèves qui étaient obligés, après avoir assez bien écouté en classe, d’étudier les cours pour bien les savoir. Et d’autres élèves, très nombreux aussi, qui ne pouvaient pas les apprendre parce qu’ils n’avaient pas ou presque pas écouté. Il est souvent difficile de comprendre quand on écoute bien. Mais quand on est en classe présent de corps et l’esprit ailleurs, la compréhension est impossible.

De toutes ces observations et réflexions, des conclusions s’imposaient.
La première était que les élèves écoutaient plus ou moins bien en fonction de l’intérêt personnel qu’ils trouvaient dans le thème de la leçon ou dans la matière au programme. Partant du principe bien réel que chaque élève est unique et différent, il fallait montrer à chacun l’intérêt personnel qu’il pouvait trouver dans chaque matière.
Le deuxième constat découlait de la difficulté à rester attentif pendant longtemps. Un bon entraînement est nécessaire pour prolonger ce temps de concentration. Quelques petites satisfactions arrivent alors rapidement.
Un autre aspect important mais moins visible se situe au niveau des affects. L’élève travaille en fonction des sentiments qu’il éprouve pour le professeur.

L’enseignant doit jouer sur tous ces tableaux pour que son cours porte des fruits. Un bon pédagogue a plus de chances de réussir. Mais ce n’est ni facile ni évident.
Un bon grimpeur se concentre en permanence pour planter les pitons qui vont l’aider à parvenir au sommet de la montagne. S’il les fixe mal ou les plante n’importe où, il tombera ou ne parviendra pas à réaliser son rêve de parvenir jusqu’au sommet. Il en est de même pour l’élève. S’il n’écoute pas bien ou seulement de temps en temps, il ne pourra pas assimiler la leçon et bientôt il perdra pied, se découragera et se mettra rapidement en situation d’échec.
L’alpiniste accusera la montagne, les pitons et tous les accessoires. Rarement il mettra en cause son manque d’expérience, d’entraînement ou de courage.
L’élève mettra en cause le professeur qui ne sait pas enseigner, la leçon trop difficile ou l’utilité de la matière. Il n’accusera jamais son manque d’attention et de travail. Il fera comme le touriste américain : il a vu où était la leçon mais il ne la visitera pas en profondeur. Mais il affirmera qu’il la connaît.

Combien de fois, me promenant dans le lycée, ne me suis-je pas arrêté devant un groupe d’élèves qui discutaient tranquillement assis sur un banc ou par terre ?
- Vous n’avez rien à faire ? leur demandais-je.
- Nous avons fini notre travail, Monsieur.
- Et vous savez bien votre cours ?
- Oui, Monsieur.
- Montrez-moi le chapitre que vous avez étudié en cours, s’il vous plait.
Un ou deux sortaient le livre du cartable et l’ouvraient à la première page du chapitre en question.
- Récitez-le moi ou expliquez-le moi.
Presque à chaque fois ils se levaient en silence et retournaient en salle d’étude.

Il existe certainement des élèves ayant naturellement le goût de l’effort, des leçons bien apprises et des devoirs bien faits. Proportionnellement ils sont rares. Le plus souvent ce goût de l’effort n’est pas naturel. Il est beaucoup plus aisé de se laisser vivre en fonction de l’instinct ou du caprice du moment.
Par ailleurs tout le monde sait que l’esprit est fugitif et silencieux. Teresa Sánchez de Cepeda Dávila y Ahumada (1515-1582), autrement dit Thérèse d’Avila, appelait l’imagination « La folle du logis ». Et comme la folie, l’imagination est difficilement contrôlable car elle peut s’échapper à tous moments sans prévenir.
Pourtant, si on veut progresser, il faut apprendre à la contrôler pour faciliter la concentration. Personne n’est capable de suivre attentivement une conférence ou un cours en même temps que le vol de la mouche qui a osé pénétrer dans la salle ou l’oiseau qui voltige dans l’arbre que l’on regarde par la fenêtre.
D’autre part, les jeunes ont une capacité d’observation extraordinaire. Ils constatent que beaucoup d’adultes gagnent facilement de l’argent, d’autres obtiennent d’avantage en réclamant énergiquement et en fonction de leurs capacités de nuisance ou de leur poids électoral tandis que les plus malheureux, de plus en plus nombreux, vivent de l’assistanat public ou associatif.
Les jeunes n’ont pas beaucoup d’exemples de l’effort justement récompensé. Ou du moins ces exemples ne sont pas bien connus parce qu’ils sont très peu médiatisés. Par contre, presque tout ce que la société leur montre les pousse à voleter d’un sujet à un autre, d’une occupation à une autre, d’un plaisir à un autre et si possible avec le dernier ipod, ipad ou autre ordinateur lancé sur le marché. De nos jours, le travail a une connotation généralement négative. Les loisirs, les vacances et la mode, par contre, ont le vent en poupe.
La société de consommation, par la publicité dans les média, valorise leurs jeux, leurs amusements et la possession des outils modernes électroniques. Le pouvoir d’achat de la jeunesse est considérable….grâce au travail ou aux sacrifices de leurs parents quand ce n’est pas par des moyens peu honorables, pour ne pas dire condamnables.
Bien sûr que la jeunesse a besoin de jouer, de s’amuser et doit se servir des outils de communication modernes. Elle ne doit pas oublier l’essentiel, sa préparation pour intégrer la vie des adultes et surtout une vie personnelle orientée vers la réussite humaine et professionnelle.
Le rôle primordial des parents et du système éducatif est bien celui-là, préparer les jeunes, en fonction de leurs capacités spécifiques, à bien intégrer leur vie d’adulte dans la société.
« Du pain et des jeux », proverbe qui résume la méthode utilisée par les romains pour que le peuple soit occupé à autre chose et laisse le gouvernement agir à sa guise. Ce proverbe est toujours d’actualité. Et ce n’est pas la fable de La Fontaine « la cigale et la fourmi » qui va servir de leçon. D’ailleurs combien de jeunes connaissent cette fable. Est-elle encore étudiée dans les écoles ? Peut-être, mais c’est pour mettre en valeur la célèbre chanteuse, la cigale.
Vivre de ses chansons, de sa musique, de son art ou de son sport, tel est le rêve de millions d’habitants. Chacun veut le réaliser s’il s’octroie quelques capacités et compétences. Rêve passionnant, certes, mais parmi tous les candidats, combien sont-ils à pouvoir le réaliser? Combien d’efforts et de sacrifices ont-ils dû faire, les heureux candidats, pour y parvenir, même s’ils ont des dons spécifiques? Combien d’heures de répétitions pour que la note et le rythme des chansons soient parfaits ? Combien d’heures d’exercices physiques contraignants pour que le sportif soit en forme ? Il n’est pas courant d’en entendre parler. Mais il n’y a pas de réussite artistique ou sportive sans beaucoup d’efforts, loin du public. Malgré tous ces efforts, la réussite n’est pas assurée si le public n’est pas au rendez-vous. En effet, beaucoup de grands artistes n’ont été connus et reconnus que très tard dans leur vie ou après leur mort. De nos jours, la chute est sévère, rapide et sans complaisance pour tous ceux qui ne se plient pas à cet entraînement sévère et caché. Leurs sélectionneurs artistiques ou sportifs n’admettent ni erreurs ni défaillances et bien souvent la sanction arrive rapidement et sans appel. Même si les sélectionneurs laissent passer l’absence d’efforts, les résultats ne laissent rien passer. Ils sanctionnent le travail préalable et caché par la défaite ou par la victoire.

Les foules s’imposent des efforts et des sacrifices pour devenir les hérauts de leurs idoles. Ont-elles raison ? Certainement.
Mais alors pourquoi ne s’imposent-t-elles pas des efforts et des sacrifices pour leur perfectionnement humain et professionnel ?
Il est vrai que l’individu dans une foule se sent investi de la force du
groupe, grand ou petit . Il peut crier, applaudir ou insulter sans risques personnels et en s’octroyant la force du groupe. Dans cet environnement, l’être humain ne se sent pas jugé individuellement. Il est persuadé que sa responsabilité personnelle n’est pas engagée. Il sent ou croit sentir la force de nombre et la liberté de l’incognito. En fait, il ne fait qu’obéir aux caprices des autres ou aux ordres des meneurs connus ou inconnus par lui.
Par contre, pour la réalisation de soi, pour poser des actes ou de réflexions personnelles la responsabilité individuelle est engagée. Pour devenir soi-même, l’engagement personnel est indispensable. Cet effort ne peut qu’être personnel. Il est la condition sine qua non pour se diriger vers le développement de ses capacités et vers la liberté personnelle.
Certes, les êtres humains ne sont pas tous dotés des mêmes grandes capacités et compétences. Mais chacun en a assez pour réussir sa vie humaine et professionnelle. Pour les développer pleinement, chacun doit réaliser les efforts proportionnels pour y parvenir.
Certes encore, tout un chacun ne peut pas s’offrir des professeurs ou des entraîneurs particuliers mais tout le monde peut tirer profit des professeurs et des entraîneurs collectifs. La condition nécessaire et suffisante est que chacun s’efforce personnellement pour en tirer profit et pour développer au mieux ses propres capacités et compétences.
C’est à ce niveau que la problématique de l’échec scolaire et sociétal se pose. En effet, contrairement à ce qui est pensé et écrit par beaucoup de théoriciens, l’effort naturel ne fait pas nécessairement partie des gênes de l’être humain. Pour cette raison les nations développées ont créé le système éducatif. Le ROBERT, dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française, définit le mot « éduquer » : « Diriger le développement, la formation d’un être humain par l’éducation ». Or, pour diriger il convient d’abord d’expliquer, de donner des directives et ensuite de faire en sorte que les explications et les directives soient comprises et suivies. Comme pour savoir conduire la voiture il faut apprendre à agir en permanence sur les pédales et sur le volant, avec une douce fermeté et parfois plus énergiquement. Si on veut arriver à destination on ne peut pas faire autrement.
Analogiquement, pour beaucoup d’élèves la méthode est la même. Tous les enseignants expliquent normalement bien les leçons et donnent les bonnes directives pour les apprendre d’abord et faire les exercices ensuite. Mais, si les élèves n’écoutent pas, n’apprennent pas les leçons et font mal ou pas du tout les exercices les enseignants ne pourront rien faire pour leurs éviter l’échec scolaire et sociétal. On sait que les jeunes ont tendance à profiter de toutes les occasions pour se déconcentrer: Le camarade bavard, la mouche qui vole ou l’oiseau qui passe. Sans compter sur la difficulté d’empêcher l’imagination de voyager. Dans ces conditions les leçons les mieux expliquées ne peuvent pas être comprises ni bien apprises et les exercices ne peuvent pas être faits correctement. Les notes ne pourront pas être valorisantes et le jeune, pour se faire valoir, essayera de se mettre en valeur en jouant au caïd et en perturbant ceux qui veulent travailler. Ce faisant, ces jeunes rentrent bien dans le moule médiatique. Les guerres, les attentats, les vols, les violences, les bagarres entre bandes, les anormalités passent en boucle sur les radios, à la télévision et font l’objet d’articles dans les journaux écrits. Même ceux qui se défendent chez eux contre des intrus se voient souvent déconsidérés par le rouleau compresseur mental médiatique. Or les jeunes sont très observateurs et des grands imitateurs. Les jeunes constatent la médiatisation, à la limite de la valorisation, des non valeurs humaines et sociétales.

L’inattention en classe, provoquée par l’élève lui même ou par les quelques élèves perturbateurs et l’absence d’efforts personnels sont la véritable raison de l’échec scolaire.
Pour résoudre ce problème, cause aussi de l’échec professionnel et ensuite sociétal, les syndicats et associations des parents d’élèves demandent chaque fois plus de moyens humains et matériels. Certes ces moyens humains et matériels sont nécessaires.
Mais si dans une classe de dix élèves, quelque soit le niveau, primaire, secondaire ou universitaire, et quelques soient les moyens matériels, s’ils n’écoutent pas, s’ils ne travaillent pas personnellement, ou s’il y a un ou deux perturbateurs, les résultats scolaires de ces élèves ne seront pas meilleurs que ceux d’une classe de trente élèves attentifs et travailleurs.
Le problème se situe donc au niveau de l’attention et de la discipline en classe et du travail personnel après les cours.


Quand il y a inattention, paresse ou perturbation, les enseignants ne peuvent pas EDUQUER, c’est-à-dire « Diriger le développement, la formation d’un être humain » (Le Robert).
Ils devraient alors pouvoir employer une coercition amicale mais ferme. Ils devraient être soutenus par leur hiérarchie et par les parents. Ensemble ils devraient pouvoir indiquer la route à suivre pour que le jeune reçoive une bonne éducation et réussisse. Ensemble ils devraient pouvoir forcer le jeune à s’activer pour son épanouissement scolaire, personnel et sociétal.
Hélas ! Au nom de la mentalité traduite par le « il est interdit d’interdire » acclamée en mai 1968, ni les enseignants ni les parents ne peuvent le faire. Le néo pédagogisme diffusé depuis cette période a autorisé les décideurs nationaux, législateurs, syndicats et autres grands chefs de l’Education Nationale, a publié des lois, des décrets d’application et autres circulaires ministérielles ou administratives pour l’interdire. Ce qui semble contradictoire avec leur maxime de base : « Il est interdit d’interdire ».
Ainsi donc, les syndicats et autres grands chefs de l’Education Nationale et surtout « les politiques, aujourd’hui, suivent l’opinion plus qu’ils ne la guident, tandis que les opinions, soumises aux émotions plus qu’aux convictions, sont volatiles.»(Jean-Paul Delevoye, rapport sur l’état de la France en 2010)
Le résultat de toutes ces réformes soit disant modernes, le Médiateur de la République le constate dans son rapport sur l’état de la France en 2010 : « L’Education, en échec aujourd’hui sur l’acquisition des savoirs, l’aptitude au travail et l’éveil de la citoyenneté, interroge notre système administratif global qui échoue sur sa capacité d’inclusion et devient une machine à exclure. » Ce système administratif global, s’efforçant toujours de suivre les opinions « volatiles » s’est appliqué consciencieusement à faire ce que les canadiens de langue française appellent du pitonnage c’est-à-dire à faire des reformes pour des réformes, des innovations pour des innovations, en voulant, disent-ils, être modernes. Les responsables de ce système cogitent seuls dans leurs bureaux ou en réunion avec des représentants élus ou désignés. Très souvent ils n’exercent plus ou n’ont jamais exercé devant les élèves. Ce faisant, l’objectif premier du système éducatif, EDUQUER, est devenu moribond. En réalité ils ont détruit le système éducatif qui était, voilà quelques décennies, un des meilleurs du monde.
L’urgence d’un retour pour retrouver « le chemin des valeurs » est connue et reconnue par la très grande majorité de la population. Cette majorité, très souffrante et silencieuse, aspire à reprendre ce chemin. Mais elle en est empêchée par des lois, des règlements et autres normes administratives édictés au nom des droits de l’homme ou de l’enfant mais qui, appliqués sans discernement, se retournent contre l’enfant et finalement contre la société.
L’urgence d’un retour pour retrouver « le chemin des valeurs » devient nécessaire pour éviter que « les tensions internes (ne soient) suicidaires » (J.P. Delevoye).
Devant ce constat qui n’est pas évident pour certains parce que leur intérêt immédiat, financier et ou professionnel, les aveugle,
Devant l’échec scolaire de beaucoup de jeunes, qu’on essaye de récupérer, mais en nombre très limité, par l’école de la deuxième chance, par les stages de mise à niveau et autres inventions pour rattraper l’échec,
Devant les coûts de plus en plus élevés de tous ces rattrapages, sans compter les coûts des maisons de redressement destinées aux jeunes qui n’ont jamais été dressés,
Devant la paresse, l’indiscipline, les violences à l’école et hors de l’école, devenues tellement courantes que beaucoup de personnes finissent par les trouver normales et dont d’autres rigolent parce que cela leur donne du travail, etc.
Qui, parmi tous les responsables nationaux ou régionaux et chacun à son niveau, va tenter de parler vrai et agir en conséquence pour défendre les vraies valeurs humaines pour soi d’abord et pour les autres ensuite? Hélas ! Pour cela notre société aurait besoin de personnes responsables clairvoyantes et courageuses. Momentanément, nous sommes condamnés à faire comme Diogène : Les chercher en plein jour, une lanterne allumée à la main. Naturellement, comme Diogène, nous ne pouvons pas en trouver car le monde est obnubilé par la réélection, l’argent facile et les plaisirs.
J’ai quand même espoir parce que tous ceux qui courent vite sans regarder où ils vont finissent contre le mur. Alors ils voient briller beaucoup d’étoiles qui leur éclairent le chemin des valeurs humaines. Souvent ils font marche arrière pour le reprendre et pouvoir ainsi progresser vers une société, évolutive par nature, mais plus épanouie et plus heureuse.
Pour toutes ces personnes de bonne volonté je crie : « A vos marques, prêts…partons »

Nouméa, le 16/09/2011

Vincent Rodriguez

Commentaire #0055 ajouté le 15/09/2011 par Marie ROBERT

Une première lecture par curiosité, car connaissant personnellement l’auteur je trouvais intéressant de lire ses mémoires.
Une grande surprise et un profond respect s’ensuit, en effet j’ai pu constater son travail de l’extérieur puisque j’étais élève de l’établissement qu’il dirigeait. Soudain je redécouvre un personnage et comprend aujourd’hui l’aboutissement de ses réflexion et actions.

Une deuxième lecture en tant qu’enseignante, ce récit se transforme comme un support pédagogique afin d’évoluer dans ma carrière de la manière la plus ludique possible.
Une approche humaine de l’élève, l’enfant que l’on a entre les mains, et qu’en tant que professeur nous nous devons de le conduire vers un avenir remplit de connaissances. Nous lui offrons une boîte à outil avec un manuel très élaboré, à l’élève de s’en servir à bon escient, mais à nous de lui donner envie de l’utiliser.

Une troisième lecture en tant que parents, où nous devons prendre conscience que l’école n’est pas là pour élever nos enfants, nous avons pour mission en les mettant au monde de leur offrir une vie et surtout une éducation.

Finalement ce livre reste sur ma table de chevet et me guide dans la voie que j’ai choisie, celle d’enseignante et celle de parents. Au fil de mes lectures je découvre ou comprend selon mon états d’esprit, toutes ces petites phrase que mon cher directeur me répétait chaque matin lorsque qu’il nous accueillait devant le lycée.

Merci car même en étant hors du système scolaire vous continuez pour nous, anciens élèves, parents et enseignant à nous guider par vos réflexion et votre savoir.

A très bientôt.
Marie Robert

Commentaire #0054 ajouté le 03/09/2011 par Vincent

Le boomerang sociétal
Apprends à t’assumer.
Les autres ne peuvent pas le faire pour toi


J’ai rêvé que l’humanité entière s’était donnée rendez-vous devant la montagne emblématique australienne Ayers Rock dans la région de Alice Springs.
La foule était compacte. Il n’y avait plus ni pays ni race ni classe sociale. La foule admirative regardait les aborigènes australiens s’amuser à lancer
leur arme ancestrale, le boomerang. Quand un animal passait à portée, un guerrier le lançait calmement mais avec énergie. L’animal tombait sur place presque à coup sûr. Si l’animal n’était pas touché, le boomerang venait se poser en douceur dans la main du lanceur.
De l’animal abattu, les aborigènes en mangeaient ensemble et enfouissaient les restes pour le prochain repas. Ils partageaient le nécessaire et mettaient en réserve les restes pour ceux qui passeraient par là et en auraient besoin.
Après ils se livraient à leurs divers et paisibles occupations ou poursuivaient leur voyage calme et tranquille dans l’immensité désertique.
Dans mon rêve, j’ai fait un voyage dans leur lointain passé. Depuis l’éternité leur comportement était presque immuable : avoir à manger en suffisance pour chacun et vivre en paix! De génération en génération, de père en fils, de mère en filles l’apprentissage des règles de vie était opéré à chaque instant et tous les jours.

La foule rassemblée, peu à peu, voulut apprendre à lancer cette arme gentille, redoutable et utile. Gentille parce qu’elle revenait au point de départ pour se laisser relancer à volonté. Redoutable et utile parce qu’elle pouvait mettre des provisions alimentaires à portée de la main.

Mais la foule, réunie pour l’occasion, n’avait pas reçu la formation initiale. Elle était venue pour découvrir des nouveaux mondes, des nouvelles cultures, des nouveaux savoirs faire. Cette foule de touristes intéressés pensait bien tout connaître après quelques heures ou quelques jours.
De retour à la maison elle en parlait comme un connaisseur averti. Et elle n’acceptait aucune critique de ses récentes connaissances. Elle affirmait détenir la vérité puisque elle avait vu et essayé. De la même manière qu’elle croyait connaître tel ou tel sujet, scientifique, musical, d’actualité ou autre, après avoir regardé quelques images ou une émission radiophonique ou télévisuelle.
Les boomerangs lancés par la foule revenaient parfois, certes, mais rarement dans la main du lanceur. Souvent ils se perdaient dans la nature sauvage et les lanceurs se trouvaient sans armes et sans nourriture. D’autres fois ils revenaient mais sur la tête ou le corps d’un voisin plus ou moins éloigné du lanceur. Rarement ils atteignaient la cible.
Les blessures des autres étaient nombreuses et la nourriture rare. Les querelles se multipliaient. Elles étaient occasionnées par les blessures certes involontaires mais bien réelles et par la famine conséquente de l’ignorance pour utiliser le boomerang. La foule finit par se disperser, le cœur empli de haine et de rancoeur, le corps de plus en plus affaibli par le manque de nourriture. La misère et le mécontentement se généralisaient.
La foule n’avait pas appris, depuis sa tendre enfance à utiliser cet outil, merveilleux entre les mains des aborigènes. Elle n’avait pas appris les rudiments indispensables pour une vie matérielle et humaine autonome. Elle ne savait pas ou plus. Elle ne pouvait pas, par conséquent, apprendre à leurs enfants les rudiments basiques pour une vie agréable en société. Cercle vicieux favorable à la dégringolade générale !
Naturellement, la foule en colère incriminait l’archaïsme des aborigènes. Elle n’incriminait pas son ignorance mais le boomerang qui n’obéissait pas à son désir ni à sa volonté. Raisonnement habituel et considéré comme « moderne » actuellement : ce n’est pas ma faute mais celle de l’autre !

Le rêve s’évanouit au réveil.
L’esprit voyageant plus vite que la lumière, l’idée m’est venu que ce rêve correspondait à la réalité vécue au quotidien dans notre monde actuel.

On ne peut pas comparer le niveau d’instruction des aborigènes australiens avec celui de la société occidentale actuelle. Comme on ne peut comparer les deux modes de vie, séparés par des siècles de progrès et d’amélioration des conditions d’existence de la société moderne.
Mais après avoir constaté ces différences extrêmes sous beaucoup d’aspects, on peut s’interroger, mutatis mutandi (toutes proportions gardées), sur la manière dont les uns et les autres se préoccupent et s’occupent de la transmission des savoirs, de l’éducation de leurs enfants, avec leurs niveaux de civilisation et en fonction de la nature humaine. On peut s’interroger sur la manière dont chacun, à son niveau, s’occupe de la meilleure intégration de ses enfants dans sa société respective.

Le mode de perpétuation de l’espèce humaine n’a pas changé depuis les débuts de l’histoire de l’humanité. Pas plus pour les aborigènes d’Australie que pour Aristote ou Platon, les Présidents des états contemporains ou le dernier des éboueurs ou des scientifiques embauché dans la ville de Los Angeles, de Londres, de Paris, de Naples ou d’ailleurs. Il a toujours fallut, pour avoir des enfants et perpétuer l’espèce, qu’un homme et une femme s’accouplent. Malgré les progrès de la science, encore aujourd’hui, il faut qu’un ovule et un spermatozoïde s’accouplent pour donner naissance à un œuf, le fœtus. Ce fœtus deviendra un être humain si on le laisse se développer normalement et si sa santé et celle de sa mère le lui permettent. Comme la pousse d’un arbre deviendra grand si on ne l’arrache pas dès le début de sa croissance et si les conditions climatiques lui sont favorables.
Les aborigènes laissaient, normalement, la nature faire son œuvre. Les sociétés primitives avaient pourtant connaissance des plantes abortives. Dans la société actuelle, la science peut modifier le cours des lois naturelles
Certes, la science pense avoir trouvé le moyen d’éviter les conséquences naturelles de l’acte d’accouplement. L’avortement, ou l’arrêt brutal et artificiel de la vie d’un être humain en devenir, est prôné comme un acte de liberté : liberté et dépénalisation de la femme et du médecin. Les directives onusiennes ou des groupes de pression forcent les Etats à légaliser ce genre de « liberté » au nom des « droits de l’homme ». Et oui ! Au nom des « droits de l’homme » on préconise l’arrêt de la vie d’un être humain en devenir jugé indésirable. Poussée dans ses retranchements extrêmes, cette logique peut justifier l’élimination de quiconque s’oppose à mes désirs ou à ceux des autres humains. Le refus définitif de celui qui n’est pas désiré ni accepté devient un « droit ». La justification de l’assassinat de quiconque contrarie nos «désirs ou nos droits » n’est pas loin ! Mais alors, que fait-on des «désirs et des droits » des autres ?
On peut comprendre que des femmes, dans certains cas, se fassent avorter. On n’a pas à les juger elles qui ont plutôt besoin d’être comprises et aidées dans leurs souffrances. Mais promouvoir l’accouplement et inciter ensuite à l’avortement en le légalisant devient à justifier la suppression de tout être humain considéré par quelques uns comme indésirable : aujourd’hui se sont les fœtus, demain les handicapés et après demain les retraités, les malades, les improductifs etc.
D’aucuns hommes d’influence, quand ils étaient jeunes et bien portants, ont prôné l’euthanasie de certains malades, trop chers à maintenir en vie, et des retraités au motif qu’ils n’étaient pas économiquement rentables. Mais ces hommes d’influence ont changé d’avis dès qu’ils ont atteint l’âge de la retraite en justifiant ce changement par les emplois que ces malades et retraités créaient. Dans les deux cas, on fait dépendre la vie humaine de sa valeur économique. D’abord il ne rapporte rien et ensuite il crée des emplois. Est-ce une logique capricieuse ou aléatoire ? L’être humain n’est-il pas autre chose qu’un outil ou qu’un billet de banque à la disposition exclusive de nos désirs? Question fondamentale : sur quels critères désigne-t-on un malade coûteux ou un être humain non rentable ? A partir de quelle somme ?
D’autres états ont légalisé l’euthanasie pour d’autres vies humaines estimées par eux indésirables: il n’y a que soixante dix ans à peine. Ce modus operandi (façon de procéder) a existé depuis que les barbares envahirent l’Europe en massacrant hommes femmes et enfants pour s’emparer des biens, comestibles ou non, jusqu’aux états qui au XX siècle ont prôné, officieusement bien sûr, le massacre de certaines populations pour s’emparer de leurs biens. Certaines guerres meurtrières n’ont pas eu d’autres causes ni d’autres objectifs.
Au XXI siècle ce comportement se perpétue : des millions de personnes meurent de faim et sont vite enterrés dans un sol riche en matières premières pendant que d’autres jouent à la bourse avec l’augmentation du prix des matières alimentaires ou autres. Cet enrichissement prime-t-il sur la vie humaine ? Vaste question. Les réponses des humains sont souvent contradictoires.
L’être humain oublie souvent que pour savoir si un principe est acceptable il faut en imaginer toutes les conséquences et y compris les plus inimaginables. Dans le cas contraire les résultats du principe peuvent être inattendus, voire indésirables sur le court terme déjà et à plus forte raison à long terme. Les grands décideurs veulent bien publier des lois applicables aux autres. Ils crient à l’injustice quand ces lois justifient l’effet boomerang

Certes encore, la science peut, de nos jours, remplacer l’accouplement homme -femme pour donner la vie…..Elle n’a pas encore créé des ovules ou des spermatozoïdes. L’homme ne peut pas créer la matière première donnant la vie. La science a toujours besoin du tandem femme/homme. Les banques d’affaires disent pourvoir au devenir matériel de l’humanité. Les banques des spermes aspirent à fournir le produit pour la fécondation nécessaire à la perpétuation de l’espèce humaine. Dans les deux cas, est-ce dans l’intérêt collectif ou particulier ? Est-ce pour d’autres raisons ? Sont-elles avouables clairement? L’homme est ainsi transformé en machine à fabriquer du sperme mondialement commercialisable. Est-ce une illusion ou une réalité bien coûteuse encore mais en marche ?

Par ailleurs, la science n’a pas trouvé le remède pour soigner les conséquences psychiques et psychologiques de ses manipulations « savantes ». Pourtant elles sont bien réelles. Mais il ne faut pas en parler pour ne pas contrarier certains courants de penser fortement défendus par des lobbys bien structurés et aidés par de grandes institutions internationales, des Etats et les média. Ou tout simplement pour ne pas avouer sa propre responsabilité dans l’existence de ce mal qui fait souffrir intérieurement une multitude de personnes de notre monde dit civilisé. L’être humain n’aime pas exposer sa propre culpabilité, ni sa responsabilité dans ses propres souffrances intérieures.

Dès sa naissance, le fœtus s’active de façon extraordinaire. Il commence par dérégler la personne où il est né. N’est-ce pas ainsi que la femme apprend qu’elle est enceinte ? L’activité du fœtus pour se développer est si grande pendant le premiers mois de son existence que si elle continuait au même rythme pendant dix ans le foetus deviendrait un géant de plusieurs mètres de hauteur.
Dès que la femme prend connaissance de l’existence du fœtus une relation s’établit entre elle et lui. Le fœtus s’active pour devenir ce pourquoi il est créé, et il ne fait que ça : devenir un être humain. La femme, future mère, de par sa nature d’être humain devenu tel par l’acte de ses parents et la volonté persistante de sa mère, a la possibilité de se comporter de façons diverses. Mais elle ne sera plus libre de subir ou non les conséquences de son choix quel qu’il soit. L’homme, quoiqu’il fasse ou dise, portera en lui la marque indélébile de son acte créateur du foetus. La femme, quoiqu’elle dise ou fasse, portera en elle les conséquences de ses actes. Ce n’est pas parce qu’on n’en parle pas que cela n’existe pas.

Elle peut décider d’interrompre brutalement l’activité innocente du fœtus comme toutes les mères auraient pu le faire.
Les hommes et les femmes qui ont mis au point la méthode médicale et ceux et celles qui ont élaboré et voté les textes légalisant l’arrêt brutal de la vie en devenir auraient-ils pu le faire si leur mère avait décidé d’avorter avant leur naissance ? Pourrais-je écrire ces lignes si ma mère avait décidé d’avorter quand elle a appris qu’elle me portait en son sein? D’aucuns répondront : c’est dommage qu’elle ne l’ai pas fait. C’est, peut-être, une bonne plaisanterie mais ce n’est pas une réponse sur le fond.
L’avortement ou la conservation de l’enfant est le choix de la femme enceinte. Elle ne pourra pas se soustraire aux conséquences psychiques qui en découleront, quels que soient ses efforts pour les ignorés et ne pas les accepter. Le « jardin secret » créé par l’avortement ou par la naissance d’un enfant fera toujours partie intégrante de sa vie. Elle aura toujours de très grandes difficultés pour exprimer ce ressenti. D’abord à elle-même et à plus forte raison aux ami(e)s si intimes soient-ils(elles).
La loi, même votée à l’unanimité, déculpabilise socialement l’acte d’avorter voulu par la femme et pratiqué par le médecin. Elle ne pourra jamais influencer ou agir sur les effets psychiques conséquents chez les participants à l’acte. On sait bien que la loi ne peut s’appliquer qu’à ce qui est physique ou matériel. Elle n’a aucun pouvoir sur le psychique, même si parfois le législateur le voudrait bien.
Est-ce pour cette raison que certains s’efforcent de formater les jeunes enfants dans les écoles ? Les promoteurs de ces théories « formatrices » ont-ils imaginé seulement les graves conséquences pour l’humanité ? Ces théories aboutiront, si on ne les contrarie pas, à l’individualisme généralisé et finalement à l’esclavage global. « Diviser pour régner », vieux proverbe dont on s’efforce d’oublier la signification appliquée au genre humain. On oublie que l’humanité est la résultante de la collaboration des êtres humains.

Le plus souvent, et heureusement pour la perpétuation de l’espèce humaine, la femme, avec ou sans le consentement de l’homme, accepte et assume le développement normal du fœtus.
Des liens physiques existent entre la femme et l’enfant dès la fertilisation de l’ovocyte par le spermatozoïde. Elle lui fournit avec son corps la nourriture nécessaire à son développement.
Dès liens psychiques s’établissent dès la prise de conscience par la femme qu’elle est enceinte. Dès cet instant ils partagent, dans la plus grande intériorité et avec une totale communion, des sentiments de joie ou de tristesse, de crainte ou de toute autre émotion que la femme peut ressentir à chaque moment de sa vie.
Les psychologues ont souvent parlé et expliqué les réactions aux émotions de la future maman ressenties par le bébé dès le troisième ou quatrième mois de la grossesse. Ces mêmes psychologues en déduisent, sans l’affirmer, que des réactions doivent exister bien avant le troisième ou quatrième mois. Mais ils n’ont pas encore les moyens scientifiques pour le vérifier.
Dès la conception une connivence vitale et totale s’établit entre la future maman et le futur être humain qu’elle porte. Connivence nourricière physique et émotionnelle dans la plus grande intimité. De même que l’être porté par la future mère se nourrit auprès de sa mère pour un développement physique normal, de même cet être humain en devenir est sensible et réceptif aux émotions qu’elle ressent. Il existe une connivence entre ces deux personnes qui se comprennent sans se parler. Cette connivence se vit tout au long de l’existence humaine et parfois à distance l’une de l’autre. La communication et la compréhension entre deux êtres n’ont pas toujours besoin de paroles. Parfois cette communication silencieuse et cette compréhension mutuelle sont plus explicites que de longs discours. Les mots pour exprimer ce discours manquent trop souvent.
Le devenir de l’enfant à naître dépendra de ce que la mère donne et transmet et des liens plus au moins forts qu’elle crée et aide à faire sentir, à recevoir et à assumer. La naissance n’est qu’une étape, certes primordiale, dans ce devenir de l’enfant. L’équilibre de l’enfant à naître ou né et plus tard pendant les différentes étapes de sa vie d’homme ou de femme dépendra de cette relation.
L’importance du rôle de la femme est primordiale parce que c’est elle qui le porte et qui lui donne vie. Donner la vie ! Donner la mort ! Des expressions fortes que l’on prononce souvent sans s’y attarder sur le sens réel et profond. La mère donne la vie en nourrissant le fœtus physiquement et émotionnellement. Elle le fait sans comprendre le comment, tout naturellement. La mort du fœtus peut survenir, bien malgré elle, pour des raisons sanitaires qu’elle ne comprend pas non plus et qu’elle subit. Elle peut la provoquer volontairement avec l’aide d’un praticien bien outillé comme on peut provoquer la mort de n’importe qui avec les outils adéquats. Elle ne comprendra pas non plus ce qu’est la mort.
Il faut reconnaître que ce langage est « très incorrect politiquement » et déplaira certainement à beaucoup de personnes, mais la réalité est bien celle-là. L’objectif de l’auteur de ces lignes n’est certainement pas de déplaire, ni de plaire non plus, aux divers courants de pensée.
Il ne faut pas pourtant sous estimer le rôle du père. Le comportement de celui-ci envers la mère créera des sentiments et des émotions qui influenceront le ressenti de la mère et par conséquent celui de l’enfant à naître. De même que, après la naissance, le comportement mutuel des parents influencera grandement le devenir personnel et sociétal de l’enfant né.
La société vient en aide matérielle aux femmes seules avec enfants et aux mères célibataires. Cette aide, pour nécessaire qu’elle soit, ne peut pas éviter les conséquences psychologiques et sociétales pour la mère, mais surtout pour l’enfant, qui découlent de l’absence du père ou parfois de la mère. La séparation des parents provoquera un choc psychologique chez l’enfant. On n’en mesure pas assez les conséquences scolaires et sociétales, même s’il s’en accommode et n‘en parle pas ou très peu. Des statistiques montrant le mal être et le mal vivre de la majorité des enfants des parents séparés ont été publiées. Vites oubliées !
Après la naissance de l’enfant, l’importance du rôle paternel prendra une dimension plus grande et aussi essentielle que celle de la mère pour l’accompagnement de l’enfant dans le développement de sa vie. L’absence de l’un ou de l’autre parent influencera grandement sur l’avenir de l’enfant. Celui-ci n’exprimera peut-être pas ou pas tout de suite cette carence mais il la ressentira et fera partie de lui pendant toute son existence.
Comme pour beaucoup d’espèces animales, la présence des deux parents est essentielle pour un développement harmonieux de l’enfant. Encore faut-il que cette présence soit elle-même chargée d’amour et de respect vrais et mutuels pour que l’enfant y trouve un modèle épanouissant et non réducteur.
Ce qui n’est ni facile ni évident parce que chaque être humain est unique et différent. Et pour que chacun y trouve son bonheur, il a le droit et le devoir de réaliser totalement son unicité. Le bonheur de l’un ne dépend-il pas du bonheur de l’autre ? Cela semble évident mais cela implique aussi et surtout d’accepter la différence de l’autre comme un atout pour la réalisation de soi. « L’enfer c’est les autres » écrivait Jean Paul SARTRE pour justifier la contestation permanente. Mais sans les autres lui-même aurait-il existé ? Alors pourquoi ne pas concevoir « les autres » comme des marches pour atteindre mutuellement le « Paradis » ? La montée de chaque marche nécessite un petit effort de chacun.

Après sa naissance, l’enfant en développement aura besoin de paroles, de consignes, d’approbation ou de désapprobation. Quelque soit le moyen de communication utilisée et quelques soient les circonstances, si l’amour vrai est à la base, le message agréable ou pénible sera perçu de façon positive par l’enfant.
Dans le livre « Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus » (cf. :www.vrodriguez.com) je faisais allusion au traumatisme créé, souvent, chez le jeune enfant mis trop tôt dans une chèche pour enfants. Je disais que des années plus tard cet enfant mettra ses parents dans une autre crèche….pour personnes âgées, les maisons de retraite. A ne pas comparer avec les maisons de retraite médicalisées nécessaires pour certaines catégories de malades. Elles deviennent alors de « hôpitaux de gériatrie ». Je disais aussi que cela reviendrait plus économique pour la société de payer la maman, ou le papa, en difficulté matérielle, pour s’occuper vraiment de l’enfant pendant les premières années de son existence : cela éviterait beaucoup d’échecs scolaires, beaucoup de formations pour donner une deuxième chance, la création de maisons de redressement, la délinquance fort coûteuse pour la société etc. Une bonne formation professionnelle et humaine n’est-elle pas le garant d’une société développée et heureuse ?
S’occuper de son enfant en permanence pendant les premières années créerait aussi un plus grand équilibre affectif chez lui et supprimerait bien souvent beaucoup de soucis pour les parents, pour la société et pour l’enfant.
Mais les impératifs créés par la société de consommation et les lois sociales subséquentes, auxquels on se soumet et que l’on trouve normaux, rendent cela presque impossible. Les parents n’ont plus assez de temps à consacrer à l’éducation de leur enfant.
Les contingences matérielles rendent difficiles les obligations ou les nécessités dont a besoin l’enfant et la famille. Or si le plus petit socle de notre société qu’est la famille se trouve en difficulté comment veut-on que le plus grand socle, c’est-à-dire la société, ne le soit pas? L’individualisme effréné est l’ennemi d’une société équilibrée. Les aborigènes d’Australie n’avaient pas ce problème…même s’ils avaient d’autres, d’après les concepts des premiers découvreurs, parmi lesquels trouver la nourriture au quotidien.

Dans le livre, ci-dessus cité, je fais allusion aussi à un autre impératif que le législateur a établi pour des raisons très compréhensibles mais dont la généralisation sans distinguo est nocive pour beaucoup d’enfants. Le petit enfant, comme chaque adulte, est un être unique et différent de tout autre être humain. Mais, contrairement à ce que certains écrivains ou intellectuels pensent, l’enfant a besoin d’être éduqué pour qu’il intègre correctement la société, pour son bien et celui de la société. Ce qui implique que, parfois, l’enfant, et bien souvent les adultes d’ailleurs, a besoin d’être corrigé, je ne dis pas brutalisé. Or entre une appréciation scolaire sévère, juste et méritée, une réprimande ou une fessée justifiée et des coups, des blessures ou l’abandon, la loi ne fait pas de différence : c’est interdit et condamnable.
Les enseignants n’osent plus réprimander, ni à plus forte raison sanctionner, les élèves perturbateurs ou fainéants et souvent les deux. Ils risquent d’être rappelés à l’ordre par leur hiérarchie, voire menacés ou insultés par les élèves ou leurs parents. S’ils osent donner une petite fessée bien méritée, ils se trouvent directement chez le juge et probablement condamnés par la justice et par leur hiérarchie.
Les enseignants insultés voire menacés et non soutenus doivent-ils lancer une longue procédure policière et judiciaire ? Ils savent qu’elle sera inefficace pour l’éducation de l’élève, coûteuse et dégradante pour eux. Alors, très souvent, ils préfèrent laisser faire ou se porter malades. La hiérarchie se contentera de chercher des remplaçants avec tous les problèmes inhérents. Elle se donne bonne conscience et augmente le budget de l’Education sans résoudre le problème.
Par ailleurs, si on suit cette logique légaliste, pourquoi arrête-t-on et met-on en prison des jeunes qui ont fait des « bêtises » ? Ces derniers n’ont fait que ce qui leur passait par la tête ou ils ont satisfait un caprice momentané, comme font parfois les jeunes enfants à la maison ou à l’école ou les élèves moins jeunes au lycée… Dans les sociétés primitives, comme chez les aborigènes d’Australie, et dans beaucoup de sociétés actuelles, les enfants apprenaient très vite à faire la différence, souvent à leurs dépens, entre ce qui est permis et ce qui est défendu. On peut rétorquer que ce n’est pas moderne. Certes, mais pour les enfants de ces sociétés, c’est vital.

Certes, et on ne le dira jamais assez, la violence est à proscrire toujours et partout.
Mais l’être unique qu’est l’enfant doit être aidé pour développer toutes ses capacités et compétences. On doit l’aider à intégrer le plus harmonieusement possible, pour lui et pour les autres, la société dans laquelle il vivra. Pour que l’enfant puisse y parvenir, l’adulte parent ou enseignant, doit lui montrer le chemin à suivre, c’est-à-dire l’éduquer. Cela implique qu’il faut, parfois, lui montrer que le chemin pris n’est pas le bon. Cela implique aussi que parfois il faut le forcer à le prendre ou le reprendre.
Si cette démarche faite par les adultes, parents ou enseignants, est emplie d’un grand amour vrai et d’un profond respect, l’enfant le sentira parfaitement et en sera reconnaissant. Il le dira peut-être plus tard car sur le moment il n’aura pas assez de recul pour le concevoir. Même s’il n’ose pas l’exprimer ouvertement, il le ressent profondément. Les exemples sont multiples.
Le législateur agit souvent en fonction des situations particulières vécues, des émotions ressenties. Celles-ci sont, souvent, surdimensionnées par les médias ou par des groupes de pression ayant des intérêts individuels ou de groupe. Il légifère rarement en faisant référence à l’histoire et avec une vision du futur humain la plus réaliste possible. Sa réélection l’intéresse beaucoup plus que le devenir des enfants du pays qu’il doit diriger.

La nature a ses lois pour l’évolution du monde visible et invisible, sur terre et ailleurs. Le bouleversement humain et sociétal auquel on assiste ne devrait pas les faire oublier. S’il les oubli le réveil, si réveil il y a, sera difficile. L’empire romain ne l’a pas vu venir et il en est mort. Il en fut de même pour l’empire espagnol au temps de Charles V et de Philippe II. Plus récemment pour l’empire anglais et de nos jours pour la domination américaine et tous ses acolytes. Les lois de la nature ne suivent pas le calendrier qui fractionne la vie humaine. Malheureusement, les décideurs sont trop souvent aveuglés par l’immédiateté ou par le court terme.
L’être humain a le droit et même le devoir de bien connaître les lois de la nature pour mieux s’adapter et mieux vivre. Il est composé d’un corps et d’un esprit et est destiné à vivre en société. Son libre arbitre lui permet parfois d’enfreindre les lois de la nature. Mais elles finissent toujours par reprendre leurs droits. Elles prennent leur temps. L’être humain habitué à vivre l’instant présent ou à agir en fonction d’un futur immédiat l’oublie bien souvent.
Si l’homme les avait respectés il n’aurait pas à s’en plaindre ni à en gémir.
Ne vaut-il pas mieux prévenir que guérir ?

Eh ! Oui. Si on ne sait pas se servir du boomerang, il revient en provoquant de la douleur et créant de la misère. Il vaut donc mieux bien apprendre à s’en servir, n’est-ce pas ?

« L’éducation en échec aujourd’hui sur l’acquisition des savoirs, l’aptitude au travail et l’éveil à la citoyenneté, interroge notre système administratif global qui échoue sur sa capacité d’inclusion et deviens une machine à exclure.
Nous devons retrouver le sens de l’engagement, de la solidarité de proximité, du partage mais aussi du respect de l’homme ». ( Rapport sur l’état de la France en 2010 de Jean-Paul DELEVOYE, médiateur de la République).
Ce triste constat satisfait-il les décideurs, législateurs, Ministres, administrateurs et syndicalistes? Dans le cas contraire, que font-ils ?
On est en droit d’affirmer, au vu de leur comportement, qu’ils sont d’accord avec la première question. Ce qui explique leur inaction, sinon leur satisfaction et leur connivence.
Pendant ce temps la jeunesse passe. La préparation de cette jeunesse à une vie personnelle et professionnelle intégrée dans une société où chacun y trouve sa place gratifiante est loin d’être une réussite.

J’ai beaucoup de pitié pour les victimes du système mis en place au cours des dernières décennies.
Mon optimisme naturel m’oblige à espérer qu’un jour les grands responsables ouvriront les yeux et agiront. Ou, si mon optimisme n’obtient pas satisfaction, des mouvements « instantanés » des foules mécontentes les remplaceront.

Dans l’attente de ce changement réalisé par les responsables ou imposé par les foules, qui apportera une réponse adéquate à la « déliquescence » de l’enseignement et à « l’exclusion » grandissante de la jeunesse ? Que doivent faire les parents et leurs enfants pour changer de cap et apprendre à mieux vivre individuellement, collectivement et professionnellement?
Telles sont les questions posées au Secours Catholique, une ONG (Organisation Non Gouvernementale) mondialement connue et reconnue.
Les mamans, désespérées, lui demandent comment aider leurs enfants aux devoirs scolaires. Ils ont quitté l’école sans instruction ni éducation. Ils n’ont pas appris à travailler ni à l’école ni à fortiori aux champs puisqu’ils étaient à l’école. Elles voient leurs enfants en échec scolaire, désoeuvrés, faisant de « bêtises » et dans de grandes difficultés pour trouver un emploi.
Ces jeunes désoeuvrés, qu’aucun métier n’intéresse apparemment, se réunissent par bandes. Ensemble ils osent faire des « bêtises » que la société reprouve. Non sans raison d’ailleurs mais…à qui la faute ?

Le Secours Catholique me demanda, devant ces constats, des conseils pour aider ces mamans simplement mais efficacement.
La première réponse a été d’affirmer que mes conseils n’étaient pas une vérité absolue applicable à toutes et à tous, sans discernement. Les conseils, même les plus avisés, doivent être adaptés aux réalités locales.
La vérité humaine, même scientifique, est quelque chose qu’il faut rechercher en permanence avec la seule certitude : on peut s’y approcher chaque jour, mais on ne l’atteindra jamais. Cependant, plus on s’y approche, plus on est heureux.
J’affirmais au représentant du Secours Catholique, et pas par empathie, que seule la Parole de l’Evangile était vrai toujours, en tout temps et en tout lieu, quoiqu’en disent beaucoup de media et encore plus de personnes, très respectables par ailleurs. Encore faut-il avoir de la bonne volonté, une bonne dose d’humilité et beaucoup de sincérité avec soi-même pour essayer de comprendre cette Parole Sacrée.
Mes conseils ne pouvaient être que le résultat d’une vie d’étudiant, difficile mais, tous comptes faits, heureuse, et de quarante deux ans (42) d’expérience d’enseignement dans le primaire, en collège et surtout en lycée avec des élèves de toutes origines ethniques et sociales.

Alors, comment acquérir ou donner le goût d’apprendre?

La première conviction, nécessaire mais pas suffisante, est que tous les
jeunes peuvent réussir leurs études et acquérir les connaissances basiques nécessaires pour avoir un métier. Même les plus démunis et ceux qui vivent dans les coins les plus reculés car l’intelligence n’a ni couleur ni classe sociale. Tout dépend du travail scolaire personnel et de la volonté pour y arriver de chacun. En sachant que les jeunes sont tous différents et que les métiers sont multiples.

Cela dit, il faut admettre que les instituteurs expliquent normalement les
leçons avec clarté.
L’élève attentif qui écoute bien l’instituteur, et non pas le voisin ou les oiseaux, la comprend normalement. S’il ne comprend pas, ce qui peut arriver, il faut qu’il ose poser des questions en classe à l’instituteur en levant la main. Celui qui ose dire qu’il n’a pas compris n’est pas moins intelligent que les autres. Très souvent, les autres élèves n’ont pas osé dire qu’eux non plus n’avaient pas compris. Le jeune doit avoir du courage pour affronter les rires moqueurs des camarades. Très souvent ils n’ont pas compris non plus mais veulent paraître intelligents ou se désintéressent de ce que le maître enseigne. C’est pourtant faire preuve d’intelligence que d’oser dire : Maître ou Maîtresse je n’ai pas compris. Celui qui sait qu’il ne sait pas est plus intelligent que celui qui affirme savoir ce qu’il ignore.
Si l’élève est distrait ou bavard, il ne peut pas comprendre parce que pour comprendre il faut écouter attentivement. Si on écoute à demi, on comprend à demi ou pas du tout. Le risque est très grand, dans ces conditions, d’avoir l’illusion d’avoir compris alors que la réalité est loin de la vérité. Les notes obtenues seront médiocres et le découragement ne sera pas loin.
L’élève ainsi sanctionné ne sera pas content. Il accusera facilement la sévérité de l’enseignant ou la difficulté de la leçon. Ce n’est pas évident de reconnaître sa culpabilité.
L’écoute attentive pendant les cours est la première condition de la réussite scolaire. Pour l’élève inattentif régulièrement il n’y a pas de solution : l’échec scolaire sera la sanction qu’il se sera donnée.
Pour les élèves attentifs en classe, comprendre une leçon ne signifie pas encore la savoir. L’élève doit ensuite l’apprendre. Car savoir une leçon implique d’être capable de l’expliquer aux autres, sans le livre et sans la déformer.

Le rôle des parents intervient après ces préalables.

Tous les jours après l’école, ou le matin avant l’école (s’il existe des problèmes de transports ou autres), l’élève doit apprendre la leçon expliquée en classe. Il doit l’apprendre avant de faire les exercices, contrairement à l’habitude de beaucoup d’élèves qui se débarrassent en premier des devoirs à rendre. Ceux-ci ne sont que des exercices pour montrer que la leçon est bien assimilée. Ce qui implique que pour savoir les faire il est nécessaire de savoir la leçon. Dans le cas contraire la mauvaise note est assurée et il serait une erreur que d’incriminer le correcteur. L’expérience nous enseigne que pour conduire une voiture il faut d’abord apprendre. Dans le cas contraire on ira très vite contre le premier arbre, le premier poteau, contre le mur ou dans le fossé ou pire encore dans le ravin. Et tant mieux, si on peut dire, si ce n’est pas contre le premier piéton ou le premier cycliste. La problématique est la même à l’école : il faut bien apprendre les leçons avant de faire les exercices.

Pour bien apprendre les leçons, il est nécessaire de passer un certain temps à étudier en silence et concentré (pas de musique, pas de télévision, pas en regardant par la fenêtre ni en regardant les mouches voler ou en pensant au copain ou à la copine). Combien d’élèves passent des heures à rêver devant un livre ou devant une feuille blanche de papier. Ce n’est pas la bonne méthode pour apprendre.
Le temps consacré à l’étude peut varier en fonction de la concentration de l’écoute en classe. Normalement il varie selon le niveau scolaire et selon les enfants. En primaire trente minutes peuvent suffire. En collège et en lycée un minimum de deux à trois heures est demandé.
Il est presque absolument certain qu’au début les enfants ne vont pas se mettre à l’étude après une journée d’école si on ne les incite pas. Ils préfèrent jouer, parler avec les copains, écouter leur musique préférée ou regarder la télévision.
C’est alors que doivent intervenir les parents, ceux qui ont fait des études, comme tous les autres. Les mamans qui ont exprimé leurs difficultés pour s’occuper de leurs enfants au Secours Catholique habitent très souvent dans des conditions difficiles. Très souvent aussi elles n’ont pas fait beaucoup d’études. Mais elles sont aussi compétentes et aussi capables que n’importe qui pour bien s’occuper des études de leurs enfants. Ce n’est pas elles qui vont à l’école mais leurs enfants. Elles doivent se convaincre qu’elles peuvent beaucoup aider à la réussite de leur scolarité. Elles ont un rôle capital.

Comment faire demandent-elles?

La réponse à cette question semble évidente : L’enfant a besoin de disposer d’un endroit calme et silencieux pendant environ trente minutes dans classes du primaire et de deux à trois heures dans le collège ou lycée pour apprendre ses leçons et faire ses devoirs. Naturellement ce temps doit se passer dans le silence car quoique les uns et les autres disent il n’est pas vrai que l’on puisse se concentrer sur une leçon ou un devoir en écoutant la radio ou en regardant la télévision. Pas plus d’ailleurs qu’en étant assis devant sa leçon en pensant aux copains ou copines.
Toutes les précautions doivent être prises auparavant, l’enfant doit s’habituer à rester tout ce temps assis pour travailler sans se lever sous aucun prétexte.
Les parents doivent l’exiger. Certes au début cela ne sera pas évident mais le neune prendra vite l’habitude et rapidement la pénibilité disparaîtra.
On doit veiller à ce qu’il ne rêve pas, et cela se voit, et le laisser prendre l’habitude de travailler tout seul sans intervention extérieure. L’autre ne peut pas apprendre pour moi. Naturellement il faut veiller aussi à ce qu’il commence par apprendre la leçon avant de faire les exercices.
Bien souvent, au début, il se plaindra de ne pas comprendre la leçon ou de ne pas savoir faire l’exercice. Alors il faut lui demander de réfléchir pour mieux comprendre ou de revoir la leçon pour savoir faire l’exercice.
S’il a bien écouté en cours, et s’il a osé poser des questions quand il ne comprenait pas, normalement, en se concentrant, il réussira. Dans le cas contraire, ce qui peut arriver parfois, il pourra demander, après le temps imparti, soit aux parents, s’ils peuvent l’aider, soit à un camarade ou à l’enseignant à la première occasion.
Les contraintes sont fortes pour les parents, surtout au début. Jusqu’à ce que l’enfant prenne l’habitude de travailler régulièrement :

- Surveillance étroite, surtout au début.
- Régularité de l’action (tous les jours).
- Sévérité afin que l’enfant ne se laisse pas distraire.
- Faire les exercices proprement et bien écrits.
- Persévérance de la mère car l’enfant trouvera toujours un nouveau prétexte pour s’échapper physiquement ou mentalement.

Il faut persévérer pourtant. D’autant que les efforts à fournir diminuent au fil du temps. L’enfant prend l’habitude de travailler. Cela devient même un plaisir pour les parents et l’enfant lorsque les résultats scolaires s’améliorent. Il faut garder en tête que toutes ces difficultés et tous ces efforts seront récompensés par la satisfaction de la réussite scolaire de l’enfant.
J’ajouterai que cette rigueur est la meilleure preuve d’amour familial. Elle évitera beaucoup les souffrances dues aux mauvaises notes ou à l’échec scolaire et par conséquent sociétal.

Au niveau de l’organisation, et dans certaines circonstances difficiles, les parents peuvent regrouper plusieurs enfants afin de se relayer. Mais il faut être sûr que toutes les personnes en charge aient la même autorité afin que les enfants soient toujours surveillés de la même manière.


Conclusion

Tous les parents sont aptes à donner à leurs enfants des conditions
nécessaires pour bien étudier et réussir leur scolarité. Il faut une bonne dose d’autorité, surtout au début, pour isoler l’enfant et l’obliger à travailler après l’école. Chacun à sa part, l’enfant doit travailler, le parent doit veiller sur lui.
La tâche est difficile, la responsabilité est grande pour chacun mais plus
grandes encore sont la satisfaction et la fierté des parents et de l’enfant lorsque celui-ci réussit.
La joie de réussir viendra après et l’échec scolaire disparaîtra. Quand on a fait tout ce qu’on pouvait vraiment faire, ce n’est jamais un échec. Même les plus grands savants se trouvent tous les jours devant des difficultés difficilement surmontables : ils n’ont pas échoué. Seulement, ils n’ont pas encore trouvé

Vincent Rodriguez
Nouméa, le 03/09/2011

Commentaire #0053 ajouté le 30/08/2011 par Marie-Paul

Voici un commentaire envoyé sur Facebook au sujet d'un article expliquant une partie de mon livre:

"« Il n'y a pas plus aveugles que ceux qui ne veulent pas voir. Vous mettez toujours les gens face à la vérité. J'aime les gens lucides »

Commentaire #0052 ajouté le 30/08/2011 par Vincent

"Marie-Pauole, merci. Peut-être qu'à force d'allumer de petites bougies l'obscurité diminuera. Je dis diminuera parce que beaucoup, et souvent ceux qui se disent responsables, ne font que butiner pour fabriquer de la cire. Ils ont caché la mèche et ne font plus d'efforts pour la chercher et pouvoir l'allumer et éclairer ceux qu'ils sont chargés de diriger...une bougie sans mèche peut-elle éclairer?

Commentaire #0050 ajouté le 07/08/2011 par une lectrice

Maman de deux adolescents, il m’a été donné l’occasion de lire le livre de Monsieur Rodriguez : « Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus ».

Je ne pourrai que trop conseiller à certains de s’en inspirer, d’y réfléchir. De se poser, enfin, les bonnes questions sur l’enseignement en général. Mais peut être, est ce trop leur demander car les vérités, pour les humains que nous sommes, ne sont pas toujours agréables à entendre….dommage.
Laxisme quant tu nous tiens !

Puisse ce coup de gueule servir à quelque chose, qu’il plaise ou déplaise.

Mon seul regret de parent (et je ne suis pas la seule à le regretter) c’est que Monsieur Rodriguez soit parti à la retraite.

Monsieur Rodriguez, une dernière chose. Je ne vous connais pas personnellement et je le regrette profondément. Mais j’ai beaucoup entendu parlé de vous, toutes ethnies confondues, et toujours avec RESPECT.

Une lectrice

Commentaire #0049 ajouté le 23/07/2011 par Vincent

Dans le livre : « Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus » (Edition Publibook, cf : www.vrodriguez.com), l’auteur expliquait, trop rapidement peut-être, comment les décideurs politiques, administratifs et syndicaux préparaient la « déliquescence » de l’enseignement et conséquemment de la société. Le texte suivant donne quelques développements complémentaires mais pas exhaustifs
.
Los Indignados
Les « Indignés »
« Indignez-vous ! »
Cet appel lancé récemment par internet à la jeunesse européenne, est à l’origine du qualificatif « les indignés » dont se parent les mouvements de protestations qui marquent des pays tels que l’Espagne, la Grèce ou l’Italie. Aussitôt comparés par la presse aux révolutions arabes déclenchées depuis février 2011 en Egypte, Tunisie, Libye, Syrie et ailleurs, ces mouvements ont été qualifiés de « spontanés ».

Depuis plusieurs mois les media occidentaux ressassent quotidiennement les soulèvements « spontanés » des peuples arabes bordant la Mer Méditerranée.
A en croire les explications des locuteurs des radios et des télévisions, qu’ils soient politiques ou journalistes, les foules « spontanées » des manifestants aspireraient à un genre de démocratie à l’occidentale
Cette vision à l’emporte pièces de l’actualité révèle deux travers habituels des médias occidentaux, notamment français, lorsqu’ils s’attribuent le privilège de commenter les évènements mondiaux :
1°) Ils amalgament les mouvements arabes, nés dans des pays où sévit la dictature politique et de scandaleuses inégalités sociales et économiques – quand ce n’est pas tout simplement la misère généralisée – aux mouvements européens qui sont prioritairement des protestations contre les effets de la crise financière survenue il y a deux ans dans des pays qui restent malgré tout riches et démocratiques. Cet amalgame est porteur de déconvenues graves, s’il n’est pas rapidement corrigé.
2°) En deuxième lieu, les commentateurs, médiatiques ou politiques, partent du principe que les modèles occidentaux de la démocratie sont exportables tels quels sur tous les continents.
Ainsi, les journalistes soutiennent ces mouvements « spontanés » qu’ils considèrent ipso facto comme « progressistes », tandis que les politiques plaident les sanctions économiques – quand ce ne sont pas les interventions militaires !- quitte à interférer dans la politique intérieure de ces pays.
Il est vrai que le « printemps arabe » de 2011 peut, à certains égards, être comparé au « printemps » des peuples de l’Europe occidentale en 1848, ou de l’Europe de l’Est en 1989.
Mais la comparaison ne doit pas conduire à l’amalgame ou à l’assimilation des situations :
- l’Europe était chrétienne (et l’est encore dans ses réflexes fondamentaux,
même si elle s’est officiellement déchristianisée) et le printemps des peuples marquait la fin des conservatismes politiques autant que le début d’une révolution économique et sociale.
Les pays arabo-musulmans traversent des convulsions dont rien ne dit encore qu’elles produiront l’ouverture politique, le développement économique et le progrès social.

Par ailleurs, les démocraties occidentales qui manifestent aujourd’hui leur « indignation » contre Ali (Tunisie), Moubarak (Egypte), ou Kadhafi (Libye), ne les ont-elles pas soutenus, voire financés pendant des décennies, avant de les condamner quant leur gouvernance a été mise à mal par la pression de la rue ? Elles en connaissaient pourtant, et depuis des décennies aussi, le comportement peu démocratique.
Cet opportunisme confine à l’hypocrisie si on y ajoute trois observations :
- l’une étant que le ralliement aux mouvements populaires arabes s’est fait
bien tardivement, et chacun, notamment en France gardera en mémoire le fiasco de la politique de la Ministre des Affaires Etrangères Michèle Alliot Marie en Tunisie ;
- une autre étant que, les affaires tunisiennes et égyptiennes étant passées
sans qu’il ait été question d’intervention, l’attention occidentale se fixe sur la Libye, mais reste bien silencieuse sur le cas syrien, de loin plus complexe et, partant, plus inquiétant que l’insurrection des tribus libyennes contre Kadhafi.
- La dernière enfin, étant que ces mêmes démocraties interventionnistes à l’extérieur, n’interviennent pas à l’intérieur même de leurs frontières pour mettre un terme aux poussées d’intégrisme coranique, porteur de violence antioccidentale, antichrétienne et tout simplement antidémocratique.

Journalistes et politiques se transforment ainsi en promoteurs d’une bévue généralisée qui coûtera cher à tous, et à court terme.
Et dans ce magistère, ils s’imaginent naturellement incontestables.
Ils sont pourtant contestés par une part croissante de leurs opinions, dont ils se coupent chaque jour un peu plus.
Il est vrai que la contestation de cette cécité organisée reste encore trop ténue et trop fragmentaire.
Chaque jour pourtant, à travers chaque reportage télévisuel, à l’issue de chaque commentaire politique, ces serviteurs des démocraties technocratiques s’éloignent du service de la démocratie.
S’ils ne l’ont pas déjà tuée, ils n’en sont pas loin. Les fondateurs de la démocratie, grecs et romains, n’ont pas agi autrement : devenus esclaves de leurs privilèges matériels, de leurs plaisirs de caste ou de classe, ils ont tué la démocratie qu’ils devaient servir, et dont ils se sont d’abord servis.

Foin, désormais, des discours des politiques d’où qu’ils viennent ! La démocratie finit rapidement quand s’est installée dans le subconscient du peuple que les politiques lui mentent et le flouent.
Assez de l’acculturation généralisée où la presse n’analyse plus mais répète un jargon dénué de tout sens ! La démocratie finit quand la presse se confond avec un seul parti (longtemps celui de l’idéologie marxiste !) ou, comme aujourd’hui, avec l’effet d’annonce, ou, toujours comme aujourd’hui, avec la narcissisme d’une caste qui ne commente plus l’actualité qu’à travers le prisme réducteur de ses propres fantasmes ou intérêts.

Ce constat peut demeurer en l’état.
On peut, au choix, l’accepter, le subir ou le refuser.
- On l’accepte si on en bénéficie (comme les politiques et les
Journalistes!), ou si on reste indifférent à tout ce qui peut et doit permettre à chacun de transcender sa propre condition : c’est-à-dire à l’autre.
- On le subit lorsqu’on affirme son impuissance individuelle à
apporter le moindre changement au cours de l’histoire qui se précipite dans une impasse, déjà désapprouvée ici ou là par quelques voix.
- On le refuse si l’on prend conscience de l’absurde destin que nous
offrent les politiques et les responsables médiatiques et si, faute de pouvoir encore rallier un courant qui se fait désespérément attendre, on mobilise sa pensée pour éviter le piège mortel et ses actes quotidiens pour indiquer à d’autres, et notamment aux plus jeunes que d’autres voies sont possibles : par le respect de l’autre, par l’écoute, par l’humilité.

Prendre position en refusant l’état de fait dans lequel se trouve aujourd’hui plongée la société occidentale, conduit à se poser bien des questions pour essayer de comprendre.

Tout d’abord, peut-on accepter le principe selon lequel, dans notre monde terrestre, du chaos rien ne peut sortir ? Rien ne peut sortit du néant, précisément parce que c’est le néant. Avec rien on ne peut rien faire. Mais du chaos, tout peut surgir, tout peut s’organiser.

La seconde question est donc de savoir si on peut raisonnablement penser que la création d’un nouvel humain se fera de façon magique, d’un simple claquement de doigt. Ce serait donner une importance injustifiée à l’habileté ou à l’agilité du magicien. Celui-ci nous fait agréablement rêver mais il ne fait que ça, même si nous n’avons pas d’explication immédiate.
La troisième question consiste à de demander si ce nouvel ordre, dont les manifestations apparaissent simultanément en divers lieux, serait le fruit du hasard, une sorte de génération spontanée de l’indignation !!!! Pourquoi ne pas appeler Charles Robert DARWIN à la rescousse et réactiver ses théories sur l’évolution (des espèces, et par extrapolation, des sociétés).
La vie n’est-elle pas la résultante des interactions entre ses multiples composants ?
Il est évidemment impossible de croire au hasard dans les phénomènes humains, sociaux et politiques. D’où, donc une quatrième question.
Qu’en est-il vraiment de la spontanéité des mouvements apparus au Maghreb ces dernières semaines ? Quelle en est l’origine ?

La ritournelle, encore propagée par certains médias et par les répétiteurs bêtifiés par les conclusions du marxisme, veut que les populations arabes soient en ce moment en train de se défaire des derniers oripeaux de l’esclavage imposé par la colonisation occidentale.
C’est un fait que, depuis des siècles, dans ces pays comme dans beaucoup de pays d’Afrique, l’esclavage existait à grande échelle pour le service des Cheikh et autres personnalités d’influence. Des caravanes d’esclaves traversaient les grands déserts pour arriver et être vendus sur les marchés des pays du Maghreb et du Proche Orient. Les Cheikh se réservaient le droit de choisir gratuitement leur lot d’esclaves (cf: livres sur l’esclavage dans les pays musulmans).
Parallèlement à cette traite des nègres par les arabes, les armateurs maghrébins se livraient à des attaques des bateaux de commerce européens ou à des razzias d’être humains sur les côtes européennes de la Mer Méditerranée.
Jusqu’à ce que les flottes royales, espagnoles d’abord, françaises ensuite, devinssent assez fortes pour oser leur livrer bataille. La bataille de Lépante en est un exemple. L’attaque de certains ports nord-africains par la flotte française en est un autre. (cf: livres sur l’esclavage en Mer Méditerranée)

Ainsi donc, si la traite des nègres et l’esclavage ont été abondamment mis en évidence par les historiens occidentaux, on assimile trop souvent encore ces faits de l’Histoire Universelle à l’esclavage en Amérique et à la colonisation de l’Afrique noire par l’Europe, alors qu’ils existaient avant même qu’aucun européen ne s’était aventuré à l’intérieur des terres africaines.
Qui emmenait sur les ports de chargement les milliers d’esclaves transportés aux Amérique comme du bétail ? La réponse est évidente mais souvent volontairement oubliée.
Qui a appris ou se souvient que les derniers lieux d’esclavages officiels en Afrique du Nord ont été supprimés par les gouverneurs français du Protectorat du Maroc vers les années 1930 ?
Qui a appris ou se souvient que les derniers lieux d’esclavages officiels en Afrique du Nord ont été supprimés par les gouverneurs français du Protectorat du Maroc vers les années 1930 ?
C’est la colonisation qui a mis fin à ces faits et non pas la « spontanéité » des potentats indigènes locaux.
Où pratique-t-on, à nouveau, la prise d’otages, libérés souvent moyennant une bonne rançon, comme au moyen âge ? En Europe ? Certes non mais bien dans les pays arabes.
La colonisation des territoires africains par les pays européens a certes commis des erreurs et des excès inhumains. C’est sur ces raisons que se fonde aujourd’hui une morale anticolonialiste qui, plutôt que de conduire une démarche scientifique de dénonciation des abus coloniaux, se satisfait, en France, d’une Loi qui « interdit » d’évoquer un quelconque bien fait de la période coloniale.
La colonisation a pourtant connu des réussites, même si ces réussites se sont faites au premier profit du colonisateur.
On ne peut nier les améliorations des conditions de vie apportées par les « colonisateurs », à moins d’occulter la création des moyens de communications, le développement de l’agriculture, la création des écoles et des hôpitaux, la création d’une industrie locale.
Au-delà de la décolonisation, ces infrastructures améliorent la vie au quotidien des indigènes, sauf dans les régions où l’anticolonialisme a été poussé au point de détruire ce qui avait été créé.

En effet, on constate, au fil des ans, que l’ébauche d’amélioration des conditions de vie du temps de la colonisation ne progresse pas comme aurait pu le laisser espérer l’immensité des richesses des matières premières dont disposent ces contrées.
Elles existent et sont presque toujours exploitées par des compagnies étrangères qui s’associent localement aux Cheik ou aux nouveaux dirigeants soutenus par leur entourage immédiat.
Il en résulte un exode désespéré des forces vives des pays devenus indépendants d’Afrique, du Maghreb et du proche Orient vers des pays où les conditions de vie, même dans la pauvreté, sont meilleures que dans leurs pays d’origine.
Dès les années 1960, Ouari Boumédienne, président dictateur
algérien annonçait que « viendrait bientôt le temps où les masses affamées du Sud déferleraient sur les pays riches du Nord de la Méditerranée ». Nous y sommes.
Tout comme il y a deux millénaires, les barbares envahissaient l’Empire romain, non pour le détruire, mais pour y trouver refuge et subsistance.
Au-delà de cette prévision, le XXIè siècle voit émerger un phénomène nouveau, plus politique : certains meneurs du Maghreb ou du Moyen Orient, la plupart diplômés des universités européennes ou américaines, aspirent à prendre possession de l’Europe d’abord, du monde ensuite pour y appliquer leur mode de gouvernement islamique.
Bien entendu, ces constats ne sont pas acceptés par ceux qui se sont enfermés dans un intellectualisme de salon. Ils savent bien discourir sur des faits, des situations ou des théories qu’ils n’ont jamais vécus ni pratiqués et que souvent ils déforment
Ces constats sont récusés par tous ceux qui bénéficient des avantages que donne le pouvoir médiatique, politique et financier.
Le pouvoir médiatique rythme aujourd’hui le quotidien de nos sociétés comme jadis les jeux du cirque rythmaient celui de l’Empire romain décadent.
Le pouvoir politique, naturellement fait pour éclairer la cité et son peuple, rend désormais aveugle et intolérant celui qui l’exerce. Il a ainsi évolué parce que le but de ce pouvoir n’est plus de construire et d’éclairer, mais de s’y faire reconduire à chaque élection : le mensonge démagogique est donc devenu la nouvelle nature du pouvoir.
Le pouvoir médiatique et le pouvoir politique prennent appui sur le pouvoir financier qui se sert d’eux en retour.
Tous trois se cooptent, s’acceptent mutuellement, tandis que la démocratie qu’ils ont pour rôle de protéger et de faire progresser s’étiole à chaque accord qu’ils signent entre eux. .

Le résultat est l’appauvrissement des peuples qu’ils disent vouloir défendre, qu’ils disent aimer.
Pour les financiers, amoureux du seul portefeuille, l’être humain n’est qu’un outil utile et jetable quand il n’est plus rentable.
Pour les journalistes, seuls amoureux d’eux-mêmes, le spectateur-
lecteur-auditeur n’est qu’un homme de cirque à qui il suffit dispenser des bouffonneries pour capter l’attention et assurer sa fidélité au jeu. « Du pain et des jeux » (proverbe latin)
Pour le politique, amoureux de sa seule réélection, le journaliste doit être courtisé, le financier doit être choyé, tandis que l’électeur, fourmi besogneuse attentive à ses besoins matériels immédiats, il peut être effrontément trompé.

Et l’intellectuel là-dedans ?
Le grand historien et économiste américain Thomas SOWELL disait : « C'est trop demander aux intellectuels que d'avoir du bon sens. Des gens dont la vie entière se fonde sur le fait d'être exceptionnels voudront toujours prendre des positions différentes de celles du commun".

Cet historien et économiste a passé sa vie à compiler des faits historiques indéniables pour justifier le bien fondé de ses multiples publications. Il rendait compte de l’histoire en fonction des faits et non pas de théories idéologiquement conçues.
Mais ce qui change aujourd’hui, c’est que les moyens d’informations sont devenus ultrarapides tout en échappant en grande partie aux journalistes, aux financiers et aux politiques.
Ainsi, les peuples sont informés.
Mieux ou moins bien ?
Plus ou moins objectivement ?
Qui sait ?
Mais ils puisent dans ce chaos de l’information de quoi se re-créer un monde autre. Cette information multi faces fait prendre conscience aux peuples dans la misère que les richesses de leur pays pourraient leur permettre d’en sortir si leur pays était gouverné différemment.
La nouveauté c’est qu’ils n’attendent plus d’être gouvernés par « quelqu’un » d’autre. Ils se mettent en mouvement pour être simplement gouvernés d’une autre façon.

Cette information et cette misère, rapidement diffusées, mêlées à la connaissance des richesses en matières premières de leur pays ou aides internationales qui ne parviennent pas nécessairement à destination, et mêlée aussi à l’enrichissement éhonté de leurs dirigeants permanents ou à tour de rôle, depuis des décennies, se transforme en levier puissant.
Ce levier de l’information incontrôlée a brusquement fait fermenté la colère, dits « mouvements spontanés », des peuples du Maghreb et du Moyen Orient.
Il est certain que ces mouvements populaires sont encouragés sous cape par des groupes extrémistes pas du tout démocratiques, qui tentent de les récupérer pour maintenir le pouvoir dictatorial.
Mais les journalistes et les dirigeants politiques ou financiers ne veulent pas ou ne peuvent pas en prendre conscience pour agir en conséquence. Tout simplement parce qu’ils sont esclaves de leur théories purement intellectuelles ou esclaves de leurs avantages purement matériels.
Et aussi parce qu’ils ont perdu depuis longtemps le sens de leur pouvoir, ce qui leur conférait la légitimité du pouvoir et de l’autorité


Einstein disait : « N’attendez pas de ceux qui ont créé les problèmes qu’ils soient capables de les résoudre ».
Cette idée, attribuée à un savant qui n’avait rien perdu du bon sens commun, motive désormais les mouvements « spontanés » nord-africains et explique les mouvements de mécontentements grecs, espagnols ou italiens.
Les habitants pauvres des pays africains ont compris, et n’acceptent plus, que les richesses de leurs pays servent exclusivement à enrichir leurs dirigeants et certaines multinationales.
Peut-être ne savent-ils pas encore, ou ne veulent pas savoir, que, en catimini, des groupes bien organisés et décidés veulent leur imposer les lois coraniques. Ces meneurs, bien instruits dans les universités orientales ou occidentales, subodorent le pouvoir et les richesses qui sont à leur portée en imposant le retour à l’islam pur et dur. Le peuple, sans instruction, pense sortir de sa misère en participant massivement. D’autres, apatrides de cœur, attendent que le mouvement s’épuise pour le récupérer à leur propre fin, en laissant au peuple le soin de débarrasser le pouvoir des potentats à bout de souffle.
Pour eux comme pour les précédents, le peuple n’est qu’un outil corvéable et jetable.
Cette idée attribuée à Einstein résume assez bien les raisons qui ont poussé les milliers « d’indignés » sur les places publiques des villes espagnoles.
Ces jeunes « indignés », souvent bien diplômés, protestent, avec des arguments parfois ubuesques si leur situation n’était pas dramatique, contre tout le système établi politique et financier.

Il y a soixante dix ans, l’Espagne était sortie de la guerre civile exsangue et les caisses de la nation vides.
Plus d’un million de morts.
Le général kagébégiste Orlov avait organisé le transfert en Russie, exactement à Odessa, la modique somme d’environ six cents millions de dollars américains ( 600 millions US$ de l’époque) trouvés dans les coffres-forts de la Banque d’Espagne. Transfert opéré naturellement « pour des raisons de sécurité ». Et la sécurité a été si bien assurée que les dollars n’ont jamais été restitués (cf : « Comment Staline a volé la bombe atomique aux Américains » de Vladimir Tchekov et Gary Kern, p.114, Robert Laffont). Pas plus d’ailleurs qu’ils n’ont restitué les marins qui finirent dans les paradis staliniens : les goulags, ni le bateau de guerre repeint aux couleurs de l’URSS.
La période qui suivit fut rude. L’émigration, vers l’Europe surtout, importante. Les conditions de vie s’améliorèrent avec la location de certaines bases militaires à l’Armée Américaine pour des raisons stratégiques, en pleine guerre froide.
Après l’installation de la royauté parlementaire, ou démocratie, les partis de droite et de gauche ont gouverné à tour de rôle. Les investissements nationaux et étrangers affluèrent. Le peuple a beaucoup travaillé. Une nouvelle classe de parvenus croissait en nombre et en quantité de millions accumulés. La corruption s’installait à droite et à gauche. Quelques corrompus ont été jugés et condamnés. Mais ils n’ont rien remboursé. Le « miracle » (ou mirage) économique a aveuglé les gouvernants. L’endettement général s’est emballé, encouragé par l’appât du gain des banquiers et le gaspillage consenti par et pour des politiciens. La crise inévitable est arrivée. Les gouvernants ont aidé les banques prêteuses au lieu d’aider les débiteurs à leur rembourser les dettes restantes. Ensuite ces mêmes gouvernants, totalement inconséquents, ont opprimé les endettés par des impôts et des diminutions des moyens vitaux pour rembourser l’argent donnés aux banques en difficulté. Celles-ci s’en sortent très bien. Le petit contribuable est privé de tout ce qu’il a investi et condamné légalement à participer aux remboursement des emprunts étatiques pour aider les banques. C’est la fuite en avant vers la misère généralisée provoquée par le manque total de bon sens des gouvernants. Ceux-ci appliquent à la lettre la théorie économique enseignée depuis des décennies à l’Université de Chicago.

Faut-il s’étonner, dans ces conditions, des manifestations des « indignés » espagnols ?
Faut-il s’étonner, pour des conditions similaires, des grèves grecques ?


Certes, les raisons des mouvements « spontanés » des pays de l’Afrique du Nord ne sont pas les mêmes que celles motivant les manifestations des « indignés » espagnols ou des grèves grecques mais le but à atteindre par les créateurs de ces motifs est peut-être le même : la domination tranquille et si possible exclusive et totale par la possession de l’argent.
Les meneurs souterrains dans les pays aux manifestations « spontanées » pensent y parvenir en facilitant la chute des gouvernants qui ont suffisamment servi et se sont servis. Le risque est grand que les gouvernants renversés ou en train de l’être soient remplacés par de vrais dictateurs obéissant aux lois coraniques pour lesquelles le mot liberté individuelle est une hérésie. Mais au moins ces nouveaux maîtres feront un mur de protection contre le danger économique extrême oriental et laisseront continuer à exploiter leurs matières premières pour en profiter au passage.
Les meneurs, de moins en moins souterrains, provocateurs de la presque faillite des pays latins, à l’origine des manifestations des « indignés », pensent supprimer toute l’influence exercée dans le monde par la civilisation européenne d’origine gréco-latino-israélo-chrétienne fondamentalement basée sur le respect de l’homme total et quel qu’il soit.
Et la grande question s’impose : Combien de dégâts, combien de morts pour vouloir aboutir à un résultat utopique ? Si on oublie que l’homme ne vit pas seulement de pain (argent) on court à la catastrophe humanitaire.
Mais peut-être aussi que c’est la volonté de certains décideurs à très haut niveau ! Ils ne se rendent pas compte, et ne le peuvent pas tellement ils sont aveuglés par l’appât du gain, qu’ils sont en train d’empoisonner la source qui leur donne à boire.
Les soubresauts actuels de l’humanité ressemblent de plus en plus aux borborygmes d’une bête apeurée et désespérée.
Il peut en résulter le pire (une guerre générale avec destruction d’une grande partie de l’Humanité) ou le meilleur (l’instinct de survie de la bête la fait se soustraire au piège, libérant aussi son bourreau de l’envie de la rattraper).

Malgré tout, je crois que le bon sens humain vaincra

Commentaire #0048 ajouté le 11/06/2011 par Vincent

Monsieur le Directeur
Les Nouvelles Calédoniennes
Nouméa

Monsieur le Directeur,

Encore une fois, et c’est heureux pour l’information, votre journal fait la une sur « Un problème de classes » dans l’édition du 06 juin 2011, avec le sous titre : « Le poids des inégalités sociales sur la réussite scolaire est criant. L’école a du mal à trouver des solutions ».
Malheureusement, vous avez raison et les statistiques ne font que corroborer vos affirmations. On retrouve la même situation en France et dans les banlieues des grandes villes.
Elles m’inspirent les constats suivants, en guise d’explication, et avec le souci d’apporter des éléments de solution:
- Dans un pays riche comme la Nouvelle-Calédonie, les inégalités sociales augmentent de façon exponentielle. Les uns s’enrichissent toujours plus et le plus grand nombre s’appauvrit chaque jour davantage. La devise non dite mais « bien perçue » est : l’enrichissement matériel de soi d’abord, la suffisance matérielle de l’autre ou l’enrichissement humain….s’il reste du temps. L’autre n’est devenu qu’un outil à plusieurs facettes utilisable tant qu’il est rentable économiquement. Et ce ne sont pas les agitations oratoires et surtout les actions dissimulées des décideurs qui laissent présager un changement de direction.
- Comme je l’affirmais dans mon livre « Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus » (Editions Publibok), « l’intelligence n’a pas de couleur » et j’ajouterai qu’elle n’a pas non plus de classe sociale. Il y a et il y a toujours eu des riches qui étaient et sont restés idiots et des pauvres, intelligents, qui sont devenus célèbres. La réussite peut donc exister dans tous les milieux ethniques et sociétaux. Mais certains doivent faire plus d’efforts que d’autres. Cela existera toujours et partout, que ce soit pour des raisons économiques, physiques ou intellectuelles.
- La Nouvelle-Calédonie est une île bien éloignée du reste du monde mais, pour vivre, elle a besoin de s’arrimer aux continents lointains. Quand j’ai voulu installer Internet au Lycée Blaise Pascal, on m’a traité d’illuminé, de doux dingue (gentiment je dois le dire). Ce fut le premier site Internet installé dans un lycée sur le Territoire. J’ouvrais les bibliothèques du monde aux élèves.
- En Nouvelle-Calédonie existent et existeront toujours des villages et des tribus éloignés de ce qu’on peut appeler, avec quelque exagération, les grands centres. Cet éloignement est, malgré tout, une richesse humaine et culturelle pour ce que les habitants sont lorsque, loin des villes, ils vivent selon leurs traditions. Pour beaucoup de ces habitants, comme pour ceux qui ont des fins de mois très difficiles, la réussite scolaire est très problématique et le restera s’ils ne se prennent pas en main pour inverser la situation. Il est illusoire de vouloir supprimer les distances géographiques mais réaliste et bienfaisant d’atténuer ou de supprimer les conséquences scolaires puis, par la suite, professionnelles. Il est moins coûteux de rémunérer de vrais surveillants d’études que de verser des aides pour insuffisance de revenus sociaux. Les transports scolaires sont au service rémunéré des élèves, mais pas le contraire. Le service doit s’adapter aux besoins des élèves.
- Pour tous ces jeunes, la réussite scolaire ne se fera jamais si, dès l’école primaire, les élèves n’apprennent pas avec rigueur leurs leçons et s’ils ne font pas avec la même rigueur leurs devoirs. Ce travail peut être fait à la maison ou à l’école, lors d’études bien surveillées et organisées par l’école ou par les parents, soit le matin soit le soir. Si cela n’est pas fait, la réussite scolaire est impossible. Les difficultés d’organisation sont grandes, certes, mais avec de la bonne volonté tout est possible : les élèves et les parents y trouveront rapidement beaucoup de motifs de satisfaction. Les édiles qui participeront activement y gagneront des électeurs fidèles et reconnaissants.
- Cela ne se fera pas non plus si les enseignants, rigoureux dans la qualité de leur enseignement, ne peuvent pas l’être dans leur exigence d’attention en classe et dans leur volonté que les leçons soient bien apprises et les devoirs bien faits et rendus en temps et en heure. Apprendre à bien travailler à l’école et à être régulier prépare à travailler bien et avec régularité dans le métier de l’âge adulte.
- Cela ne se fera toujours pas si dans une classe, quel que soit le nombre d’élèves, vingt, vingt-cinq ou trente, il se trouve un ou deux élèves perturbateurs. Le vrai problème dans les classes n’est pas le nombre d’élèves mais le petit nombre de perturbateurs.
- La réussite scolaire et, plus tard, professionnelle ne se fera pas sans des bases très solides, surtout dans les matières principales, le français et l’arithmétique. Chaque élève doit savoir lire et comprendre ce qu’il lit lorsqu’il entre en sixième. Le vocabulaire acquit doit être conséquent et le goût de l’enrichir permanent. Le calcul, écrit et mental, doit être parfaitement acquis ainsi que les notions de grandeur. Il faudrait arrêter de faire de l’accessoire, certes intéressant, mais qui ôte du temps pour l’essentiel. Encore faut-il vouloir et savoir discerner, dans une perspective d’avenir pour les personnes et pour le pays, l’essentiel de l’accessoire.

En vous communiquant ces quelques réflexions, qui mériteraient un plus long développement, j’essaie simplement, Monsieur le Directeur, d’apporter ma modeste contribution à l’amélioration des résultats scolaires d’abord, à la réussite professionnelle ensuite, et enfin à un plus grand bien-être sociétal des habitants de ce magnifique pays.

Je vous prie accepter, Monsieur le Directeur, mes sincères salutations

Vincent Rodriguez






www.vrodriguez.com

Commentaire #0046 ajouté le 04/06/2011 par Vincent

Pourquoi le livre :
"Deviens Toi-même"
"Parents absents... Enfants perdus"

L’auteur a enseigné dans des classes à un et à trois niveaux dans l'enseignement primaire, en collège d'enseignement général et de production technique et agricole, en lycée général et technologique, avant d'accepter la direction d'un lycée.

Ses premières années professionnelles se sont déroulées dans l'enseignement public et privé, primaire et secondaire.

Il a été créateur d'un syndicat et secrétaire général pendant plusieurs années.

Il fut le pionnier de l'informatique dans l'enseignement en Nouvelle Calédonie.

Les écrits, les images et le son, fabriqués n'importe où dans le monde, sont mis à la
disposition des populations avec une rapidité presque instantanée à la faveur des nouvelles technologies. Tout un chacun, du moins ceux qui ont accès à ces nouvelles technologies, peut les recevoir. Un long discours est résumé en quelques mots, une catastrophe en quelques images, … et la vérité médiatique est admise. Cette vérité formate les esprits, souvent sans que le doute ait le droit d'exister.
Avec le plus profond respect de l'opinion de chacun, l'auteur essaie d'insinuer le doute qui pourrait amener à s'interroger sur les causes du malaise sociétal.
S'il y a un malaise, il y a certainement une raison !
L'auteur pense avoir constaté la dégradation du climat social concomitante de la dégradation du système éducatif.
Il voudrait apporter sa contribution à la réflexion sur les causes et les conséquences, néfastes pour la société, de la " sacralisation de l'individu ". Cette « sacralisation de l’individu » diffuse lentement dans l’être humain (corps et esprit) un agréable poison mortel.
La lecture du livre peut provoquer des colères.
Pourra-t-il provoquer une réflexion autocritique des " convictions " personnelles? Malgré les apparences et les constats quotidiens, l'auteur y croit fermement.
Les colères et ou la réflexion provoquées peuvent être mises sur le site

Directeur de Lycée en retraite
Palmes Académiques

Site web : www.vrodriguez.com

Commentaire #0045 ajouté le 01/06/2011 par Vincent

Cher lecteur,

Dans le livre : « Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus » (cf. : site www.vrodriguez.com) je faisais allusion au rôle des élus dans les normes imposées pour l’enseignement. J’ajoute ici, sans langue de bois et sans aucune animosité envers quiconque, un court développement d’un aspect. D’autres aspects suggérés dans le livre, sur ce thème, mériteraient d’être développés.

Les critiques humainement et socialement constructives pour diminuer l’échec scolaire et développer le respect de soi et des autres sont toujours les bienvenues.
Bonne lecture.



Un peu de sérieux, S.V.P.



Messieurs les élus de toute catégorie permettez-moi de vous demander un service dont la Nouvelle-Calédonie entière bénéficierait et aurait de quoi vous être reconnaissante!
Arrêtez de vous réunir en catimini entre copains ou coquins pour préparer les coups bas que vous allez tirer au moment des élections pour anesthésier la population !
En écoutant les discours électoraux des partis, des uns et des autres, le simple citoyen est en droit de conclure que vous êtes presque tous de beaux parleurs, des faiseurs de promesses qui ne vous engagent pas. Vous aimez les honneurs, le pouvoir et l’argent pour vous. A vous en croire, si nous votons pour vous, tout nous sera donné presque gratuitement. Belles promesses alors que, certains électeurs, ne pourront plus acheter leur pain quotidien ! Mais vous, élus parlementaires européens, français ou autres, vous n’avez pas de problèmes de fins de mois difficiles. Certes pas tous les élus, mais chaque électeur éclairé en connaît plusieurs.
Ce n’est pas le citoyen qui aurait pu l’imaginer mais il l’a entendu de votre bouche quand vous vous démolissez allègrement !

D’ailleurs, vous vous démolissez les uns les autres en public, pour la frime, car souvent, en privé, vous festoyez ensemble amicalement. Quelque part c’est heureux. Entre vous, en privé, au moins vous ne créez pas la division.
Alors, soyez un peu honnêtes avec le peuple qui vote pour vous : Arrêtez de créer la division et passez un peu de votre temps à gérer le pays, à stopper la misère grandissante de la majorité des habitants et l’enrichissement scandaleux des personnes ou sociétés qui se moquent de ceux qui vivent et mourront en Nouvelle Calédonie.
Regardez en face le peuple qui vous a élu : Il n’y a pas que des canaques, des calédoniens blancs, des wallisiens, des tahitiens, des asiatiques, des martiniquais, des réunionnais etc.
Avez-vous regardé le peuple qui vous a élu ? Si toutes ces ethnies ne cohabitaient pas en Nouvelle Calédonie comment pourrait-on expliquer l’ethnie majoritaire : c’est-à-dire les METIS. Quand on connaît un peu les familles calédoniennes, on sait que dans presque toutes il y a des métis. S’il n’y avait jamais eu d’apport de population extérieure combien d’élus ne seraient jamais nés ? Ils n’existeraient pas. Sans l’apport des personnes extérieures à la Nouvelle-Calédonie, un très grand nombre d’élus, de tous les bords politiques, ne seraient jamais nés. Le métissage se développe à pas de géant dans le monde. C’est une richesse humaine extraordinaire à l’origine du monde actuel.
Habitants de la Nouvelle-Calédonie de toutes origines et de toutes ethnies :
- Soyez fiers de ce que vous êtes en train de créer : un modèle
pour l’humanité.
- Réveillez-vous pour travailler à la construction d’une
Calédonie fraternelle et prospère.
- Faites comprendre à vos politiques préférés qu’ils s’occupent
davantage de la bonne gestion du pays et un peu moins de l’enrichissement personnel scandaleux.
- Faites comprendre à vos politiques préférés que leurs slogans sont mensongers parce qu’ils sont périmés:
- La Nouvelle Calédonie Française, mais la France a pris le train de l’Europe. La Nouvelle Calédonie Européenne ? Pourquoi pas ?
- Kanaky indépendante ? Indépendante de qui ? De l’Europe, de la Suisse, du Brésil, des multinationales, de la Corée du Sud ou autres pays asiatiques ?
- Nous avons besoin chaque jour du monde extérieur pour vivre, nous habiller ou simplement manger.

Avant de vouloir être indépendant de qui que ce soit, il faut l’être soi-même.
Calédoniens, qui que vous soyez, réveillez-vous avant qu’il ne soit trop tard et que vous ne puissiez plus faire vos coups de fête, vos coups de pêche ou vos coups de chasse. Si vous ne vous réveillez pas, vous allez recevoir un coup sur la tête !

Il y a en Nouvelle-Calédonie suffisamment de personnes jeunes et compétentes pour organiser son avenir, à condition qu’elles aient le courage d’agir dans le vrai respect de soi et de chacun. Ceux qui laissent pour demain le travail d’aujourd’hui n’arriveront jamais à rien….par leur faute !
Toutes ces personnes jeunes savent-elles qu’une allumette a été claquée le 15 mai 2011 à la plus grande place de Madrid ? Les plus grands incendies commencent toujours par un petit feu. Faut-il laisser l’incendie se propager ?
Que les gouvernants actuels le veuillent ou non, et en ce moment ils le récusent, la civilisation occidentale a des origines gréco-latines et chrétiennes.
Or ce petit feu, allumé à Madrid et dans d’autres villes d’Europe, conteste le libéralisme à outrance et le mondialisme effréné prônés par les partis politiques en place et accepté par les syndicats institutionnels : l’argent pour l’argent, le pouvoir pour le pouvoir, les honneurs pour les honneurs. Les trois sont fugitifs, périssables et destructeurs. Le respect de l’autre et les valeurs humaines, non.
Ces jeunes organisent des réunions de réflexion dans les quartiers populaires. Dans la pagaille momentanée ces jeunes demandent du travail honorable et le retour aux valeurs humaines.
Pour mémoire, c’est à la maison et dès l’enseignement primaire que ces valeurs doivent commencer à être inculquées.

Alors ?

Ce texte ne cherche qu’à susciter la réflexion.
Il s’adresse aussi aux élus en place, si c’est possible, pour précéder l’action réfléchie….dans l’intérêt de la NOUVELLE-CALEDONIE.

Refuser de se remettre en question c’est exposer la Nouvelle-Calédonie au déclin puis au péril.

Commentaire #0044 ajouté le 24/05/2011 par Vincent

Les enfants s’éduquent tout seuls

Un jeune homme de dix sept ans entre dans un magasin Carrefour. C’est exceptionnel qu’il fasse les courses mais il vient acheter une baguette de pain et un pot de miel que sa mère avait oublié de prendre.
La baguette de pain bien chaud, quelle chance ! et le pot de miel à la main, il se précipite vers la caisse la plus proche. Il ignorait qu’il existait des caisses pour les clients qui n’avaient que deux ou trois articles. On apprend à tout âge et partout.
Armé de patience, il attend son tour.
Il était précédé d’une dame, la trentaine, dont le fils, de cinq ou six ans, poussait le chariot bien rempli.
Le gamin touche avec le chariot la dame, la soixantaine bien sonnée, qui les précédait. La dame regarde le gamin et sa maman sans rien dire.
La dame de la soixantaine arrive à la caisse et commence à présenter ses emplettes à la caissière.
Le gamin, visiblement impatient, touche avec le chariot la dame encore une fois, deux fois. Gentiment, la dame dit à la maman que son fils lui faisait mal avec le chariot.
« C’est comme ça que je l’élève. Il faut qu’il apprenne par lui-même » lui répond la maman.

Le jeune homme, qui avait suivi la scène depuis le début, ouvre tranquillement sont pot de miel et verse une petite quantité sur la tête bien coiffée de la maman. Celle-ci, offusquée, se retourne et commence à réprimander fortement le jeune homme.
Celui-ci, étonné, lui répond : « Madame, c’est comme ça que j’ai été élevé. On ne m’a jamais interdit de faire ce que je voulais ».
La dame de la soixantaine qui a observé la scène dit à la caissière, assez fort pour être bien entendue à la ronde : « Madame, le pot de miel c’est pour moi, je le paye ! »
Le gamin, éberlué par ce qui était arrivé à sa maman, s’accrochait à sa robe et ne bougeait plus.

En lisant cette anecdote, certains vont en rire. D’autres, pleureront.

Personnellement, je ferai l’un et, bien après, l’autre. Mais l’autre va durer plus longtemps.

Je vais d’abord rire de ce qui arrive à la maman : La théorie sur l’éducation à donner aux enfants, exprimée dans la réponse faite à la dame plus âgée, a eu une démonstration de son ineptie! La maman a reçu une leçon pratique, en public. Probablement, elle ne voudra pas s’exposer à en recevoir une deuxième.
La suite, on peut l’imaginer : Elle a dû passer un temps certain pour enlever le miel de ses magnifiques cheveux et peut-être retourner chez le coiffeur pour réparer l’outrage mielleux.

Après avoir bien rit, je vais pleurer intérieurement.

Probablement, bien avant d’arriver pour faire la queue à la caisse du supermarché, la maman avait demandé à son fils, à plusieurs reprises, de se tenir tranquille. Mais le gamin, suivant son instinct et trouvant sa maman contrariante, n’en a pas tenu compte. Elle ne pouvait pas le réprimander en public. Le gamin aurait éclaté en sanglots. Les clients ou clientes du magasin auraient regardé avec pitié le « tout petit chéri » et d’un air réprobateur la maman. Et si, par malheur pour la maman, celle-ci avait donné une petite claque sur la fesse de son enfant, celui-ci aurait probablement compris et changé de comportement, mais un ou plusieurs clients ou clientes « bien pensant(e)s » se seraient offusqué(e)s publiquement. La discussion avec la maman se serait envenimée et les client(e)s l’auraient menacée de porter plainte pour maltraitance. Il s’en suivrait, si les client(e)s donnaient suite aux menaces, une convocation de la maman chez le juge pour se faire réprimander d’abord et menacer de toutes les conséquences légales ensuite.

Par contre, si la dame qui a subit les assauts du chariot portait plainte contre le gamin pour violence volontaire, le juge la condamnerait pour recours abusif à la justice.

Et pour peu que la maman et la dame protestassent devant le juge contre ces lois permissives et leurs conséquences, elles pourraient avoir l’occasion de se réconcilier dans la même cellule de prison. Car tout le monde sait que les prisons sont surpeuplées et qu’il faut entasser deux, trois ou quatre prisonnières par cellule, parfois plus.
Et les juges sont les seules personnes sur terre, avec le Pape dans certaines conditions pour les catholiques, à prendre des décisions indiscutables. « Dura lex, sed lex ». Proverbe latin toujours d’actualité : la loi est dure, mais c’est la loi.
Certes, ces juges « défenseurs » de l’enfant mettent en application les grands principes humanitaires rédigés et décidés, parfois contre la volonté nationale, par certaines grandes instances internationales. Les différentes nations sont priées de mettre leurs lois et décrets d’application en conformité avec ces grands principes ou résolutions sous peine de sanctions juridiques ou économiques.
Les juges nationaux pourront ainsi sanctionner en toute légalité.

Certes aussi, il existe, de par le monde, des millions d’enfants maltraités et exploités quotidiennement. On ne peut que condamner avec la plus grande fermeté tous ceux et toutes celles qui agissent de la sorte avec les enfants. Ces faits justifient largement l’édiction de ces grands principes ainsi que la promulgation des lois et décrets d’application.
Mais les plus sévères condamnations ne servent à rien si des actions ne suivent pas. Or, mises à part certaines Organisations Non Gouvernementales (ONG) et beaucoup d’associations caritatives qui s’impliquent sur le terrain pour aider ces enfants malheureux, qui d’autre s’en soucie vraiment ?
On rétorquera que les instances nationales ou internationales financent certaines activités des ONG en faveur de cette enfance miséreuse. Certes oui. Et elles le font en accompagnant ces aides de grands et beaux discours et à grand renfort de publicité pour que nul ne l’ignore. Mais ces beaux discoureurs camouflent bien leur volonté de ne pas trop en faire pour pouvoir continuer à bénéficier, directement ou indirectement, consciemment ou non, du produit du travail de ces enfants dans les usines, les champs ou les mines, vendu de par le monde avec des bénéfices très confortables. Les intérêts économiques ou les « bonnes » relations diplomatiques justifient beaucoup de silences.

Pourtant, entre les souffrances extrêmes des enfants exploités ou martyrisés, répétons-le, inexcusables, condamnables et prohibées, et les exigences nécessaires parfois pour une bonne éducation, il y a une distance qui a été supprimée par des lois permissives ou restrictives. Les enfants et les éducateurs naturels ou institutionnels le savent bien.
La loi ne fait pas de distinguo entre une gifle qui envoie par terre ou à l’hôpital un jeune et une petite fessée donnée à un enfant désobéissant et perturbateur à la maison ou dans la classe. Même les réprimandes et les sanctions justifiées par de mauvais comportements, de mauvaises notes pour les leçons non apprises ou les devoirs non ou mal faits deviennent de plus en plus interdites.
Ainsi, du proverbe « bien faire et laisser braire » on est passé à la réalité quotidienne « mal faire et ne rien dire ».
Les enfants le savent bien. Les parents et les enseignants et éducateurs institutionnels aussi.
Les uns et le autres priorisent le dialogue avec les enfants. Ils éprouvent de la satisfaction à chaque progrès observé et le font savoir à l’intéressé. Ils le font par amour vrai des enfants. Ils connaissent naturellement la nécessité d’expliquer très souvent les règles de l’éducation pour la réussite. Les uns et le autres connaissent bien les capacités des enfants parce qu’ils les voient vivre et évoluer. . Le bon sens le clame : pour dialoguer il faut être deux. Mais malgré les multiples répétitions, malgré la volonté de dialogue des ayants droit et devoir, certains enfants agissent tout autrement, parfois exprès, parfois par nature. Les responsables d’éducation le savent bien.
Faut-il laisser faire ces enfants, dès leur plus jeune âge, au risque d’avoir à soigner par la suite les blessures corporelles, les dégâts matériels, les échecs scolaires et humains ? « Honni soit qui mal y pense », mais il semblerait que les normes en vigueur, de nos jours, exigent une réponse affirmative à cette question.
Faut-il s’étonner que les syndicats des enseignants et des éducateurs demandent de plus en plus de moyens humains et parfois matériels ? Non. Mais ils ne demandent pas de traiter le mal à la racine. Une petite opération serait plus efficace et moins coûteuse qu’une longue médication. Celle-ci ne parviendra pas nécessairement à une guérison. Diminuer le nombre d’élèves par classe n’apportera jamais une solution valable si on ne résout pas le problème créé par l’infime minorité d’élèves perturbateurs et ou fainéants. Les parents, en premier car ils sont les plus concernés pour l’avenir de leurs enfants, devraient être les plus demandeurs. Ils sont aptes à le comprendre, à condition qu’on leur explique correctement. Par mon expérience d’éducateur, d’enseignant et de directeur de lycée je puis affirmer qu’il y aura toujours des parents récalcitrants. Après une discussion franche et sincère, ils seront souvent les seuls à remercier.
Faut-il s’étonner de la multiplication des formations qualifiantes ou non pour permettre aux jeunes en errance d’accéder à un emploi ? Non. Il arrive un moment où les jeunes sans formation ou en échec scolaire veulent se rattraper pour mieux s’insérer dans la vie. Très souvent ses jeunes garderont un goût amer contre la société qui les a conduit à l’échec. Car pour ces jeunes, comme en général pour beaucoup d’adultes, ce qui leur arrive de mal, c’est toujours la faute des autres.
Faut-il s’étonner de la multiplication des violences, à l’école et en dehors, commises par des jeunes ? Non. On ne leur a pas appris à respecter ni les autres ni le matériel quand ils étaient tout petits. Les jeunes gens ne comprennent pas qu’on leur interdise aujourd’hui ce qui leur était permis hier. L’insulte ou les coups sont le moyen d’expression de ceux qui ne savent pas s’exprimer autrement.
Dans cette ambiance scolaire générale, le niveau d’instruction a fortement baissé. De multiples lois démagogiques ont favorisé l’acquisition des titres. Autres fois, pour avoir l’accès au CAPES, il fallait cinq années d’études universitaires. De nos jours, alors que le niveau culturel du baccalauréat a fortement baissé, il suffit de trois années d’études pour pouvoir se présenter. Ni les enseignants ni les éducateurs n’en sont responsables. La démagogie des législateurs et gouvernants, toujours prêts à flatter l’électeur, oui.

On est en droit de s’interroger sur la probité des Présidents de la République signataires in fine de lois permissives, des législateurs qui les votent, beaucoup sans les avoir lues. Ils font confiance aux collègues qui interviennent au parlement ou au Sénat pour les défendre ou les critiquer. Ensemble, ils font confiance aux grands chefs d’administration qui préparent le texte, confortablement installés dans leur fauteuil. Ces derniers n’ont, trop souvent, aucune notion réelle de ce qui se passe sur le terrain d’application.
A force d’appuyer sur la pédale de la démagogie on s’écrase, et on écrase les autres, contre un mur.
Ne croyez-vous pas qu’un arrêt pour réfléchir serait nécessaire ?
Comme dit un proverbe espagnol : « Ce n’est pas quand l’âne est mort de faim qu’il faut lui donner de l’avoine ».

Commentaire #0042 ajouté le 05/05/2011 par medera

solution de l'exposé(l'école son importance et ses méfaits pour les humains)

Commentaire #0039 ajouté le 19/04/2011 par Vincent

Réaction à un nième problème scolaire publié par les médias cette semaine :

Un enfant de onze ans frappe sa maîtresse :
- La maîtresse obtient du médecin trois jours d’I.T.T. Encore un acronyme (dont le sens est ignoré par beaucoup, comme beaucoup d’autres sigles) utilisé par les initiés et compris très souvent par eux seuls.
- La maîtresse a trois jours pour détresser.
- La direction de l’école, les collègues, les parents d’élève pétitionnent, font une journée de manifestation en signe de soutien à la maîtresse battue. Tous les cours sont suspendus.
Ainsi, l’enfant bourreau devient un « héros », un « caïd », même s’il se fait réprimander.

Si la maîtresse frappée avait répondu par une tarte ou une fessée, elle était en légitime défense, toutes ces perturbations scolaires n’auraient pas eu lieu, le gamin batailleur aurait été calmé, probablement pour de bon.

Certes. Mais, son autorité de tutelle ne l’aurait pas couverte et elle serait convoquée par le tribunal, probablement condamnée et sa carrière professionnelle terminée ou pour le moins perturbée, tandis que le « pauvre petit » serait pris en pitié par la presse et assisté par les spécialistes psychologues.

Conclusion de cette histoire : Dura lex, sed lex ( c’est la loi).

Question : Qui fait les lois ? Le pompier qui allume le feu pour avoir du travail ?

La maîtresse reprendra ses cours, mais pour elle ni pour sa classe, rien ne sera plus pareil.
Je lui souhaite bon courage !

Commentaire #0038 ajouté le 19/04/2011 par Vincent

Formation initiale…Formation continue


C’est avec un très grand intérêt que je suis et approuve les efforts des pouvoirs publics pour donner une deuxième chance à tous les jeunes en échec scolaire. Ces efforts sont nécessaires pour remédier à une situation grave de beaucoup de jeunes qui ne peuvent trouver d’emploi s’ils n’ont pas de formation. Ils n’ont pas su ou pu profiter de la formation initiale commune. Il faut leur en procurer une en …formation continue, bien que le terme pour adultes me semble plus juste que continue. Souvent il n’y a pas à continuer mais à reprendre presque tout à zéro.
On parle beaucoup d’échec scolaire initial pour justifier les dépenses induites par cette formation indispensable qui donne une deuxième chance d’intégration professionnelle.
On ne parle pas du « mal être » ni du « mal vivre » psychologique de tous ces jeunes qui quittent les bancs de l’école dégoûtés et sans formation.

Pourtant, ce constat actuel était prévisible depuis des années.

Les équipes éducatives le voyaient arriver impuissantes et souvent dans la souffrance. Mais elles devaient suivre les directives, lois et règlements qui favorisaient ou imposaient cette évolution.
Aller à l’encontre de ces directives, lois et règlements c’était, et c’est toujours d’actualité, mettre en cause son avenir professionnel et passer pour un « conservateur attardé ».

Je l’ai souvent dit quand j’étais en activité. Je l’avais dit quand on a imposé dans les écoles primaires les nouvelles théories pour éveiller les tout petits. Comme si les enseignants ne le faisaient pas déjà. On a ouvert ainsi la porte …de l’échec scolaire et ….de la délinquance.
Je l’ai écrit ensuite dans le livre : « Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus ».
Mais cela demande de la réflexion humaniste et du bon sens, non des réactions émotionnelles. Les discours émotionnels garantissent l’avenir professionnel éphémère de certains et endorment le peuple émotif et sensible.
Il me semble que :
- Après avoir fait une « coûteuse consultation » populaire pour définir la nature de l’enseignement à mettre en place pour tous les enfants de la Nouvelle-Calédonie,
- Au moment où le transfert de l’enseignement secondaire va devenir une réalité
- Alors que la Nouvelle-Calédonie doit se préparer, pour exister, à s’intégrer dans un monde économique planétaire
Les mesures basiques pour une réussite scolaire et humaine de tous, adaptées au monde dans lequel on vivra, ne sont pas prises ni envisagées.
Je reste persuadé qu’un enseignement et une éducation de qualité sont la garantie d’un avenir prospère et d’une société vivant dans une plus grande harmonie.

Commentaire #0037 ajouté le 01/04/2011 par Vincent

Pistes et temps de réflexion


Des articles sur la délinquance paraissent presque quotidiennement dans la presse locale, ou circulent par les moyens électroniques de communication. Le catastrophisme est payant médiatiquement.
Aujourd’hui c’est telle école qui est dégradée, demain tel enseignant qui est agressé. Et ceci au motif ultime que le cher petit serait « agressé », « traumatisé », par le simple fait de devoir aller à l’école, voire « humilié » par le fait que l’enseignant est amené à l’interroger ou à exiger de lui connaissances, travail et respect.
Quotidiennement, on apprend que des voitures correctement garées sont volées ou abîmées, que des personnes inoffensives sont agressées, des maisons « visitées ». Et ceci au motif ultime que le cher petit serait « agressé », par le simple fait de voir devant lui « l’étalage de richesses » des propriétaires de voitures ou de maisons. Comme si l’habitat était devenu en soi un luxe, et que la voiture n’était pas un moyen de déplacement individuel nécessaire ou professionnel inévitable.
L’agression contre les personnes est devenue une norme dans des sociétés multiples, démocratiques, où se croisent tous les types d’individus, de sensibilités, de religions et de moeurs, c’est-à-dire …. Dans les démocraties riches.
En réalité, en s’attaquant, de préférence à plusieurs, à des personnes isolées, à des femmes seules, à des enfants ou à des personnes âgées…. les agresseurs envoient à la société deux types de messages :
1°) Ils réactivent le vieux fonds barbare qui sommeille en chacun et que seul l’apprentissage patient de la vie en communauté (c’est-à-dire la civilisation !) peut annihiler ; ils témoignent ainsi directement de l’échec de la civilisation, ou si l’on préfère du fait civilisateur.
2°) ils nous hurlent également : « votre société on n’en veut plus !!! et de toute façon elle ne fera rien contre nous, d’abord parce qu’elle ne peut plus rien faire contre nous à force de s’être retirée elle-même ses moyens d’intervention, ensuite parce qu’elle ne veut rien faire... ».
Ils rejettent ainsi le pouvoir et l’autorité dont chaque société doit se pourvoir pour être et durer.

Quel est le lien entre, d’un côté une société qui accepte et recherche les moyens de sa propre destruction et, de l’autre des barbares heureux et satisfaits d’en saper les dernières bases ? Ce lien c’est ……l’absence de verticalité ou, si l’on préfère l’idéologie stérile selon laquelle tout se vaut. Et si tout se vaut, tout est donc interchangeable.
Cette absence de verticalité et cette interchangeabilité se retrouvent partout : dans le cinéma, dans les émissions télévisées, dans le discours des politiques, dans les relations amoureuses, entre la vie professionnelle et la vie personnelle.

TOUT SE VAUT ?
- L’élève et devenu l’égal du maître ;
- Mes désirs valent tous tes actes : de telle sorte que je puis m’emparer (peu importe comment) de ce que tu as acquis (même si c’est à la sueur de ton front).
- L’avis du scientifique rationaliste vaut celui de l’actrice qui parle sous le coup de l’émotion ou du sens de l’image ;
- Un chien vaut un homme ;
- Un fœtus en construction vaut une branche morte et gênante que l’on arrache et que l’on brûle…
- Le besoin égale le désir et le plaisir ;
- Le passé et l’avenir valent le présent.. Donc je ne m’inscris pas dans la durée ; je « prends » l’instant qui passe comme une totalité qui m’appartient, en exclusivité, sans me rendre compte que le présent……… est, par essence, éphémère…

TOUT EST INTERCHANGEABLE ? Vive le ZAPPING.
- On « zappe » sur les chaînes de télé ;
- On « zappe » sur l’équation « recettes / dépenses » :l’endettement n’est pas mon fait ; c’est la faute au prix du produit !!!
- On « zappe » sur les bagnoles, les cuisines, etc.. dont on change non plus par besoin, ni même par plaisir, mais par simple désir.
- on « zappe » le sens des mots de celui qui nous parle ;
- etc…



Combien ce verbe « visiter », couramment utilisé, est
déculpabilisant !

Surtout que le propriétaire des lieux « visités » ne fasse rien pour défendre son bien parce qu’il deviendrait ainsi coupable et le système s’en prendrait à lui plutôt que de rechercher le « visiteur » indélicat et lui enlever l’envie de recommencer ! Absence de verticalité qui a imprégné les esprits plats de ceux qui nous dirigent (politiques, juges, magistrats etc... !!!! ).
Le voleur vaut le volé ; le bien de celui que je vole vaut le bien que j’acquérrai par le travail de toute une vie.

Toute énumération exhaustive de ces faits est impossible pour la raison toute simple que beaucoup de victimes ne portent même pas plainte parce qu’elles savent que cela ne servirait à rien. La logique de ce découragement est que le peuple, lassé de se sentir trahi par ses dirigeants, en arrive à faire justice lui-même.
Ce sera alors l’anarchie.
Déjà les Grecs anciens avaient pressenti qu’après la phase démocratique, dans les sociétés ayant épuisé cette formule, ce serait l’anarchie qui triompherait…
Nous y sommes presque..

Faut-il s’en plaindre ?
S’ en plaindre à qui ? Se plaindre, c’est s’adresser à quelqu’un ou à une institution capable de nous entendre et d’apporter une réponse au mal.
C’est donc lui faire confiance.
Mais on constate que rien n’est fait ou pas grand chose. Se plaindre est donc désormais inutile.
La logique de la plainte est dépassée.
Il faut une autre logique. Et il n’y en que deux possibles :
- ne rien faire et donner raison à ceux qui se font élire pour mieux ensuite trahir et mentir ;
- se révolter.
Certains se plaignent ou portent plainte, d’autres s’en réjouissent sous cape. Cela donne du travail et crée des emplois car le peuple (il a bon dos le peuple !) demande plus de gendarmes, plus d’enseignants, plus d’éducateurs, plus de juges etc... D’autres élargissent leur champ électoral
parce qu’ils proclament lutter contre l’ignorance et l’insécurité qu’ils ont participé à créer par action, par omission ou pour d’autres motifs inavoués parce que, peut-être, inavouables.
La logique de la quantité dans laquelle est entrée notre société est bien celle de la consommation de masse.
On veut plus de personnels comme on veut plus de riz dans son assiette, plus de fric, plus de télévision etc…
Les forces de l’ordre sont devenues des fonctionnaires attentifs à leur confort. Les fonctionnaires, déjà trop nombreux, des rentiers de situation, avec de bons salaires et la garantie de l’emploi, dans des Etats totalement déficitaires qui enrichissent les prêteurs professionnels.

On a la société qu’on mérite par son action ou son inaction.
Corollairement, les discours et les appels à la citoyenneté ont vent
en poupe. C’est le propre des systèmes démocratiques mal assumés par le peuple comme par les dirigeants, ou le fonctionnement de la démocratie vire largement à la démagogie avant de virer à l’anarchie.

Les bonnes questions qui doivent être posées sur ces « incivilités » grandissantes et sur l’échec scolaire, leur principal fournisseur, sont les suivantes :
Qui ? Pourquoi ? Comment ?

J’ai donné des éléments de réponse dans mon livre roman :
« Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus » (cf. www.vrodriguez.com). Ces éléments de réponse ne seront pas pris, très probablement, en considération parce qu’ils apparaîtront, de prime abord, « politiquement incorrects ».


Qui ?

Généralement ces « incivilités » sont commises par des jeunes à la dérive sans une éducation de base, en échec scolaire et souffrant du « mal vivre », en désintégration sociale. Des jeunes qui se sentent abandonnés affectivement et socialement. Ils vivent en marge du milieu familial et sociétal, trop souvent eux-mêmes effrités. Ils veulent, parfois inconsciemment, attirer l’attention sur leur « mal être » difficilement exprimable par eux en paroles et encore moins par écrit.
Ils se sentent à l’aise seulement avec leur « bande » fermée où ils trouvent camaraderie, compréhension et valorisation. Même si celles-ci ne sont pas « promotionnalisantes », socialement parlant, ils s’en contentent.
C’est la reconstitution des bandes ou des clans avec leurs mythes, leurs rites, leurs codes. Les rites de passage (admission dans la bande; étapes à franchir pour acquérir la reconnaissance par la bande ou le clan) s’opposent à la société dominante des adultes qui s’est nivelée et précisément où tout se vaut.


Il est certain que l’élève perturbateur est très souvent d’une
intelligence supérieure à la moyenne. Mais il s’ennuie en classe et dérange les autres. C’est le commencement de la voie de l’échec personnel, et quelque part collectif, scolaire et sociétal.
Peut-être que si les ayants droit et ou autorité le prenait à part pour discuter en toute franchise et réalisme avec cet homme ou femme en devenir et lui montrer le chemin à suivre pour s’intégrer correctement dans la société, il comprendrait et modifierait son comportement. Mais quelle verticalité lui redonner ? Quelles valeurs ? Quel type de reconnaissance autre que celle du matérialisme naguère marxiste, aujourd’hui financier et technologique ?

Le principe de subsidiarité devrait être appliqué entièrement. C’est-à-dire que cette démarche devrait débuter au niveau de responsabilité le plus bas, couverte par l’autorité de tutelle. Si l’action entreprise par le responsable délégué n’aboutissait pas, l’autorité directement supérieure devrait intervenir pour confirmation et soutien dans la même direction. La vérité franche et respectueuse envers le jeune est toujours payante sur le long terme.
Mais quelle autorité existe réellement dans une société où tout se vaut ?
Le patron, obnubilé par l’appât du gain, est bizuté par les employés regroupés (le nombre / la quantité) en syndicats.
Que les « autorités » formelles redeviennent d’abord des autorités réelles au sens de guides, modèles, capables de favoriser l’agrandissement de la personne humaine et du jeune en devenir.


L’élève paresseux ou perturbateur, parfois les deux, a besoin
de considération positive et de responsabilisation respectueuses et fermes pour construire son devenir.
L’humiliation d’un être humain a toujours des résultats négatifs et pervers pour l’humiliant comme pour l’humilié. Il y a encore des professeurs qui humilient les élèves parce qu’ils ont un « pouvoir » ; il y en d’autres qui laissent tout faire ou ne rien faire.
Mais de quelle autorité témoignent-ils aux élèves ?


Pourquoi ?

Dès leur plus jeune âge, les enfants ou élèves n’apprennent pas
le respect des personnes ni des choses. Ils veulent, eux aussi, « bénéficier » rapidement de tout ce que propose notre société de consommation : argent, richesses apparentes, pouvoirs (même si ce pouvoir est de nuire), plaisirs de toute sorte, selon leur envie momentanée. Le rôle néfaste des médias et de la publicité sur des personnes incapables de prendre du recul pour réfléchir, n’est plus à prouver.
Dans le livre cité ci-dessus, l’auteur parle des «dessins
muraux » et des « sculptures sur table » des classes auxquels se livrent les jeunes à l’école ou ailleurs sans qu’on puisse sérieusement les réprimander. Il parle des leçons non sues et des devoirs non ou mal faits, sans que l’enseignant ait les moyens de réagir ou que l’envie de le faire lui ait été enlevée. Il parle aussi de la différence entre « évaluer » et « corriger » devoirs et leçons dans l’optique d’un programme, et non d’un référentiel, à assimiler.
Ceux qui voudraient lutter contre les incivilités et ou la
fainéantise s’exposent à des poursuites judiciaires, à une carrière perturbée, pour « traumatisme » de jeunes ou à des réactions « peu citoyennes », et parfois agressives, des jeunes eux-mêmes. Les droits des enfants ont le vent en poupe, non sans raison….Peu de personnes, ayant autorité, parlent de leurs devoirs, à tort.
Dès leur plus jeune âge on ne peut pas exiger qu’ils apprennent correctement les leçons ni qu’ils fassent bien les devoirs. Ainsi débute l’échec scolaire.
Sans réaction rapide, l’échec humain et sociétal continuera à
être au bout du chemin.

Dès le plus jeune âge les jeunes n’apprennent pas à écouter ni les parents ni, a fortiori, l’enseignant(e).

Au nom des théories « fumeuses » vieilles de 50 ans, il « est interdit d’interdire ». Des lois, des circulaires ou des règlements ont été publiés pour légaliser ces théories. Ainsi, de l’échelon social le plus élevé au plus bas, chacun pense être en droit de faire ce qu’il veut, quand il le veut. Et tout un chacun est prié de comprendre ou au moins d’accepter, parfois bien malgré lui, le comportement « citoyen ou non » de l’autre. Comprendre le comportement de l’autre est utile en société.
L’accepter est une autre affaire.

Dans ces conditions, vouloir que toutes les personnes aient un
comportement citoyen c’est comme vouloir que le cercle soit carré.

Si on veut que l’arbre pousse droit et s’élève, il faut lui mettre
un tuteur quand on le plante. Contrairement à l’idée de l’écrivain ROUSSEAU affirmant que l’homme né naturellement bon, l’expérience nous montre que l’être humain a aussi besoin de règles et d’un cadre dès sa plus tendre enfance et, parfois aussi, quand il est adulte.
Quel « cercle d’influence » a écrit : « L’expérience a montré que la méthode la plus simple pour rendre efficace une arme silencieuse et gagner le contrôle du public est de maintenir le public ignorant des principes basiques des systèmes d’un côté, tout en le gardant dans la confusion, désorganisé, et distrait avec des sujets sans importance réelle de l’autre côté » ? C’est là le début de la dictature.


Je m’interroge :
Si je vois un jeune (ou moins jeune) en danger grave, dois-je
intervenir pour l’empêcher de porter atteinte à sa vie physique? La réponse est certes oui. Dans le cas contraire ce serait « non assistance à personne en danger » !
Et si je vois un jeune (ou moins jeune) en danger grave, dois-je intervenir pour l’empêcher de porter atteinte à sa vie psychique, intellectuelle et sociale ? La réponse n’est pas aussi évidente au nom de la « sacralisation de l’individu » et du relativisme imposé par le « politiquement correct » de notre époque.


Comment y remédier?

Dans le livre « Deviens toi-même. Parents absents…enfants
perdus » (édition Publibook, www.vrodriguez.com ) l’auteur affirme, pour l’avoir constaté tout au long de ses 42 ans d’enseignement en Nouvelle-Calédonie, que « l’intelligence n’a pas de couleur ». Chaque être humain a des compétences et des capacités inhérentes personnelles.
Pour que chaque être humain puisse les développer au maximum il convient de « faire un pas en avant » en revenant aux méthodes d’éducation et d’enseignement plus conformes à la nature humaine : apprendre à apprendre, apprendre à écouter, exiger du travail scolaire bien fait, le respect de soi, d’autrui et des biens communs.

Le problème, car il y en a un et de taille, c’est que les adultes ayant une responsabilité grande ou petite ne veulent pas se remettre en cause. Les places sont bonnes et il faut les améliorer par tous les moyens, même au détriment du bien être collectif.
Le bon sens, attaqué par l’ignorance, est moribond. Il est souvent remplacé par de lois ou des directives qui répondent trop souvent à des émotions passagères très médiatisées ou à des intérêts particuliers dont on peut se demander si tous ceux qui les votent ou qui les rédigent connaissent les bénéficiaires.

Les exemples sont multiples et vécus au quotidien. J’en cite un : On fera grève pour augmenter le nombre d’enseignants, d’éducateurs, de gendarmes, de juges ou pour augmenter les moyens. Les enseignants ont, en effet, beaucoup de difficultés pour remplir correctement leur devoir dans une classe de 25 ou 30 élèves à cause de l’indiscipline de deux ou trois élèves. Les juges sont submergés de travail à cause de la multiplication des incivilités. Les « ayants une responsabilité » refusent d’agir pour empêcher les perturbations : pour les uns, plus il y du personnel plus ils sont représentatifs et ont des avantages; pour les autres, on diminue le nombre d’élèves par classe. Ce n’est pas les décideurs qui paient. Ils se font ainsi plaisir entre ceux qui se retrouvent dans les « grandes commissions, les réunions, et autres tables rondes» et qui jouent un rôle non négligeable auprès des électeurs.
Tout se vaut ! Dans la société de consommation, la quantité vaut autant que la qualité. On ne cherche pas à améliorer la qualité de la gestion, ou de la production, mais plutôt à multiplier les moyens d’arriver à la même chose, disent-ils. On ne se prendrait pas autrement pour faire fausse route pour le développement harmonieux de l’être humain. Comme on ne ferait pas mieux non plus pour gaspiller temps et argent.


Mais le problème persiste parce que le remède n’est pas adapté
à la maladie.

Alors….quand y aura-t-il un médecin qui prescrive le bon
remède ?

Les commentaires, et surtout les actions, humainement réalistes sont les bienvenus.
Des discours explicatifs et justificatifs de la déliquescence scolaire et sociale actuelle et des « séminaires de réflexion», faites nous grâce !
CLEMENCEAU disait : « Si vous voulez éviter de régler un problème, nommez une commission ».
Aujourd’hui on dirait : « On va ouvrir un débat !!! »
Mieux encore, depuis une trentaine d’années on dit : « on va ouvrir un vaste débat d’idées ! ».
Des fois qu’un débat puisse être autre chose que … d’idées.
Et plus il est vaste, plus il est creux, moins on y comprend quelque chose et moins on parvient à des solutions cohérentes, logiquement et humainement réalistes !!! Encore une fois, la quantité de paroles supplée la qualité : les intellectuels instruits sont ravis, le peuple ébahi ou trompé.
Je laisse à « ceux qui savent tout » le soin de trouver la bonne solution. De toutes façons ils croient aveuglement en leur science et ne demanderont pas à être contrariés ou éclairés !


Vincent Rodriguez

Commentaire #0036 ajouté le 08/03/2011 par Vincent

Bonjour,

Si vous désirez voir l'émission de la télévision Nouvellecalédonie.la 1ère consacrée au livre: "Deviens toi-même. Parents absents.
...enfants perdus" allez sur le site ci-après


http://nouvellecaledonie.la1ere.fr/programmes/temps-de-parole/vincent-rodriguez_40406.html

Commentaire #0034 ajouté le 22/02/2011 par Vincent

Bonjour chers lecteurs,

Je remercie particulièrement toutes celles et tous ceux qui ont envoyé un commentaire. Ils ont été publiés dans leur intégralité.

Ci-après vous trouverez le lien pour visionner l'émission diffusée l'année dernière par RFO.NC depuis devenue NOUVELLE CALEDONIE 1ère.
J'ai attendu d'avoir l'autorisation de la Station de Radio, propirétaire des droits d'auteurs.

http://nouvellecaledonie.la1ere.fr/programmes/temps-de-parole/vincent-rodriguez_40406.html

Je remercie Nouvelle Calédonie 1ère et tout particulièrement M. Alexandre RODADA, pour l'occasion qu'ils m'ont donnée d'aborder centains thèmes survolés dans mon livre "Deviens toi-même. Parents absents....enfants perdus"

Plus je réfléchis et plus je discute avec certains lecteurs, et au delà des anecdotes vécues, les thèmes abordés méritent réflexion pour revenir à un enseignement formateur d'hommes ou de femmes vraiment instruit(e)s, compétent(e)s et libres. Les responsables de l'enseignement d'abord, la société ensuite, ont-ils la volonté de réagir vraiment au lieu de passer leur temps à "discourir"?

Commentaire #0033 ajouté le 24/01/2011 par Jacques

Nouméa, le 22 janvier 2011,

Bonjour Vincent, cher Puchero,

J’ai mis à profit ma « semi-retraite » australienne pour lire tes écrits, que dis-je, ton coup de gueule.
J’ai tout d’abord ressenti l’immense fierté et le grand privilège d’avoir été acteur et témoin d’une partie de ton histoire. D’abord en 1974 comme élève de 4ème au collège Champagnat, où je faisais mes premiers pas dans l’initiation à la langue de Cervantes, ensuite au Collège Blaise Pascal (on ne disait pas encore lycée) que tu dirigeais d’une main de fer, mais d’une main de maître.

Pour ce qui est des langues vivantes, mes origines irlandaises m’ont sans doute conféré plus de facilité avec l’anglais qu’avec l’espagnol (j’espère que tu ne m’en voudras pas), d’autant que mes derniers espoirs de parler confortablement ta langue maternelle ont été ruinés par la personnalité du dénommé Jubel, un « espion » coureur de jupons (ou l’inverse ?) dont la carrière nouméenne s’est achevée brutalement en 1977 entre deux colosses de la police nationale.

Au-delà de la fierté que tu m’as procurée, tu m’as aussi rassuré. Rassuré de savoir que je n’étais plus seul, à râler contre le fonctionnement du monde actuel. Un monde dans lequel l’intérêt personnel et la carrière priment sur la mission première. C’est vrai dans tous les domaines mais, comme tu le décris, c’est dans la politique et dans le système éducatif qui en découle que l’on compte le plus grand nombre de victimes.

Les convictions et l’intérêt général ont laissé place au calcul et à l’égo. Le système est d’une rigueur implacable avec le citoyen lambda, souvent victime, et d’un laxisme effarant avec les coupables, déstabilisateurs et agresseurs. L’application de la loi et la répression qui doit en découler s’apprécient non plus en fonction du délit et du préjudice subi, mais en fonction du pouvoir de nuisance dont dispose le coupable. Ne fût-ce pas le cas pour le dénommé Péach ?

Ce que tu décris, ce sont malheureusement les maux de notre nation, une nation qui décline, qui sombre vers le vide, préférant désormais occulter son histoire et ses traditions afin de ne pas vexer ni irriter ses agresseurs. Notre île n’échappe pas à la règle et je ne vois aucun espoir de sursaut.
Cher Puchero, nous continuerons donc à râler, toi, moi, et quelques autres, mais le monde continuera à tourner, loin de nos idéaux. Constat pessimiste !

En conclusion, cher Vincent, je souhaite te dire MERCI. Merci d’avoir pris l’initiative d’écrire ce livre et d’avoir relaté une époque désormais révolue, mais qui a marqué ma jeunesse insouciante. Merci surtout d’avoir en partie contribué à faire de moi ce que je suis. Avec le système éducatif en vigueur aujourd’hui, je suis certain qu’il en serait autrement.

Mon épouse Françoise, enseignante, professeur d’anglais au collège de Magenta, a aussi été ravie de te lire. Elle adhère totalement à ta vision du déclin et aurait bien apprécié faire partie de ton équipe éducative.
Avec toute mon amitié et ma reconnaissance.

Jacques O’CONNOR

Commentaire #0031 ajouté le 06/12/2010 par Véronique FOURNEL- BOCAHUT

Cher Mr . Rodriguez,
Je m'arrête et me mets à penser aussi... Je viens de terminer votre livre, je ne suis pas une lectrice dévoreuse et rapide, pour moi le temps est ami. Je vous ai lu, souligné, repensé...J'ai particulièrement apprécié la première partie relatant votre enfance et votre cheminement ainsi que la dernière donnant votre constat. Et puis, ancienne élève de Blaise Pascal, j'avais le plaisir magique de rajeunir un peu ,de revivre et revoir mes années lycée chez vous. Sincèrement, j'ai eu de la chance de me construire dans vos murs et jardins, ambiance, cadre, morale...MERCI !
Je suis à mon tour actrice et impliquée, professeur des écoles comme on dit, institutrice depuis 30 ans, actuellement en métropole. Un peu de recul, d'ancienneté pour constater, analyser... Je partage à la fois votre pessimisme et votre espoir. Nous vivons une époque où les valeurs sont inversées, la crise est morale ,et c'est dramatique pour des enfants en construction dans un tel contexte ! Pour moi enseigner c'est résister, transmettre le goût de l'effort, et expliquer à mes élèves que le plaisir se gagne, se mérite. Le premier mois de septembre , ils ont appris à être élève, à lever le doigt, à écouter, à chuchoter...On passe parfois pour une maîtresse à l'ancienne, un jour un élève m'a dit " en fait j'ai compris Maîtresse, tu n'es pas méchante, tu veux juste que l'on apprenne bien !" Les mamans récalcitrantes à l'autorité du début d'année, viennent nous remercier ensuite...Leur petit-tout-puissant a grandi, le cordon virtuel, les derniers biberons et " tétines" ont enfin disparus ! C'est vrai que ces mamans ont culpabilisé souvent de laisser leur bébé à la nourrice, à la crêche...Alors ensuite, au moment où il faudrait les aider à grandir, elles freinent , regrettent ce bébé trop grand... Je suis d'accord avec vous Vincent, la cellule familiale est malade...C'est pourtant la base. Et je pense aussi qu'il y a intention de démolition, intention d'appauvrir intellectuellemnt pour mieux dominer. C'est honteux ! Reste l'espoir. Nous pensons, vous écrivez, nous agissons, nous semons contre vents et marées. Par exemple, j'ai choisi une méthode de lecture syllabique ( Léo et Léa), nous pratiquons des "ateliers philo" pour apprendre à débattre et à découvrir les principes de la morale...Même si dans nos écoles primaires de campagne, la violence n'est pas débordante, cela bouge ... Les élèves sont bruyants, insolents parfois, malheureux tout simplement dans ce chaos. J'ai la chance dans mon CP/CE1 , de les voir se transformer, d'apprendre à communiquer, à se respecter. Cela implique aussi de ma part ce même respect envers eux, une même discipline envers moi-même. En retour mes efforts me procurent le plaisir en rentrant dans ma classe et m'aident à oublier un temps le négatif , la paperasse obligatoire , livrets scolaires, attestations de ci et de çà à remplir, la réunionite ...Fatiguée par tout cela , je vais à l'essentiel, le travail, le plaisir, le respect, l'échange. C'est mon essence même que je transmets à ces enfants , le monde de demain ...
Et c'est possible, quand on a croisé des hommes comme vous Vincent, des hommes debouts.,les pieds bien au contact de la terre, de la Nature, du Bon Sens, et la tête reliée au coeur et à l'âme, au service du prochain et du Monde. Pas utopique mais humaniste, l'espérance de tendre vers le Bien. Puisse votre livre aider vos lecteurs à oser être eux - mêmes ! Puisse votre livre être lu par les responsables dans les ministères...
Avec tout mon respect et mes remerciements. Véronique F-B.

Commentaire #0030 ajouté le 26/11/2010 par Véronique

Cher Puchero!

Quelle heureuse surprise de suivre une émission dans laquelle vous remettiez les pendules à l'heure aux parents et aux enseignants et aux politiciens ! qui croient que l'éducation est une "PLANQUE"!!!!!!!


faire un enfant ne dure pas très longtemps!!.....mais beaucoup trop de parents ne pensent pas que cela les tiendra plus de 50 ans .....si Dieu le veut....

MERCI donc d'avoir insisté hier soir !

Cependant , on constate ,tous les jours , durant les entretiens enfant /maître ou parents /maître que les gens(enfants ou parents) n'entendent malheureusement pas le MESSAGE!!!!

Espérons qu'en ayant choisi la communication par les médias et par la littérature , quelques sujets seront TOUCHES!!!!!! ENFIN

MERCI DE VOTRE FIDELITE A SERVIR NOTRE CAUSE !!!! en effet , vous auriez pu choisir d' écouler des jours tranquilles et de profiter pleinement d'une retraite bien méritée.

Faites que ce livre (déjà lu depuis longtemps ) et vos propos ne soient pas une autre aventure de Don Quichotte ....



Véronique

Commentaire #0029 ajouté le 25/11/2010 par V. Rodriguez

Bonjour cher lecteur,

Le journaliste Alexandre ROSADA de RFO Nouvelle-Calédonie à invité l'auteur du livre "Deviens toi-même. Parents absents...enfants perdus" à l'émission "Temps de Paroles".

En moins de 7mn il est difficle d'être très explicite et beaucoup d'autres idées auraient pu être développées. Mais il fallait chosir. Le journaliste a choisit les questions.

Si vous êtes intéressé(e)s, vous pouvez visionner l'émission sur:

http://nouvellecaledonie.rfo.fr/programmes/temps-de-parole/vincent-rodriguez_40406.html

L'auteur serait heureux de lire vos réactons à cette entrevue.

Merci

V. Rodriguez

Commentaire #0028 ajouté le 19/11/2010 par V. Rodriguez

Bonjour cher lecteur,

Si vous désirez écouter l'émission radio diffusée sur RRB après la publication du livre:"Deviens toi-même. Parents absents...enfants perdus" allez sur ce lien:

http://www.youtube.com/watch?v=sVLtIokZoOg&feature=youtube_gdata_player.

A entendre ceux qui ont lu ce livre, je me persuade, encore plus chaque jour, que ceux et celles qui veulent réfléchir et agir pour améliorer l'enseignement et agir contre l'échec scolaire et les violences subséquentes devraient le lire attentivement.

Vos critiques, positives ou négatives, sont toujours les bien venues.

De la discussion jaillit la lumière.
Merci

V. Rodriguez

Commentaire #0026 ajouté le 15/11/2010 par Victor

Monsieur Rodriguez,

Je ne sais si pas si ce commentaire aura l'heur de vous plaire ou de vous contrarier.
Dès la page 9 vous citez le "Bulletin de l'enseignement des indigènes de l'Académie d'Alger": "Notre langue (française) n'est pas un instrument à mettre entre les mains des populations que l'on veut gouverner sans leur consentement". Ma première impression fut que vous écriviez n'importe quoi. La France a fait beaucoup d'efforts pour rendre obligatoire la fréquentation des écoles, colèges et lycées dans ses "colonies ou départements d'Outre-Mer".

Et en page 10 vous écrivez, dans le préambule:
"Toi qui commences à lire ces lignes, prends tout ton
temps pour réfléchir avant de continuer.........
Et si tu les lis sans réfléchir, tu perds ton temps. Dans
ce cas, tu as certainement des affaires plus importantes à
mener. "

J'ai eu le sentiment que vous vous moquiez du lecteur en sous-estimant sa capacité de réflexion et de compréhension. En des termes plus choisis, j'ai eu l'impression que vous aviez une très haute estime de vous-même. J'ai eu le sentiment que vous n'aviez pas une très haute estime du lecteur.
Vous me donniez l'impression de régler des comptes avec tous ceux qui ne partageaint pas vos opinions.
Je ne sais pas ce qui m'a poussé à finir la lecture de votre livre.
Quand je suis arrivé à la page 435, j'étais imprégné d'un sentiment de contrariété et en même temps de satisfaction.
Sentiment de contrariété parce j'avais l'impression d'avoir lu un compendium de récriminations contre le système éducatif et tous ceux qui en sont responsables.
Sentiment de satisfction, parce que j'avais la vague impression d'avoir lu un résumé de toutes lels causes, et en filigrane des propositions pour y remédier, du mal-être de l'enseignement et de la société.

La relecture, plus lente, m'a confirmé dans ce sentiment de satisfaction.
Votre livre est tout un programme suggéré.

Pour finir, je vous souhaite d'avoir beaucoup de lecteurs qui dépasseront la première impression.
Votre livre mérite d'être connu, voire étudié.
Félicitations
Victor

Commentaire #0024 ajouté le 14/10/2010 par José GUTIERREZ

Bonjour Vincent,

Je viens de le finir avec beaucoup de curiosité et d'intérêt. Bravo! Y en a pour toi! Il m'a bien plu car il évoque des faits vécus et connus tout en invitant de belle manière à réfléchir sur l'Education et ses multiples facettes, ternes ou brillantes.
J'y vois trois parties bien dessinées:
- la première est celle où peuvent se reconnaître beaucoup de "xavériens". Vincent-José-X-Y...que de similitudes!
- la deuxième t'est plus personnelle concernant tes démêlés avec syndicats et autorités de tutelle. J'en ai suivi et même subi certains...
- la troisième me permet de te cataloguer parmi les grands penseurs...
Tu "t'arrêtes et tu te mets à penser" , et comment! Certains pontes de l'Educatiion et autres réformateurs devraient s'en inspirer et ils feraient moins de dégâts.

J'ai beaucoup apprécié le parallèle que tu fais, dès le préambule, entre la nature, flore et faune, et l'être humain . Tu connaîs bien nos origines paysannes donc pas dénuées de bon sens.
En passant j'ai relevé ce qui me semble "des erreurs de syntaxe"... A voir! Mais tu m'as obligé aussi à recourir au dictionnaire et découvrir de des mots nouveaux pour moi.
Merci
A bientôt

José Gutierrez
Professeur d'anglais, d'espagnol, de mathématiques
Directeur de collège
Retraité

Commentaire #0023 ajouté le 25/08/2010 par Vincent

Contact africain:

Lors de mon passage au Salon International du Livre de Genève qui s’est déroulé du 28 avril au 2 mai 2010, j’ai eu l’occasion de rencontrer quelqu’un de charmant et surtout enrichissant en la personne de Monsieur Jules César MOUGANI, auteur et chercheur en sociologie du développement. En chaque être humain il y a des valeurs qui méritent d’être connues.
Après notre discussion, il a tenu à ce que je lui dédicace mon livre : « Deviens toi-même. Parents absents…enfants perdus ».
Ce que j’ai fait avec beaucoup de plaisir.

Voir la photographies N° 06 dans le lien Photos

Commentaire #0022 ajouté le 06/08/2010 par Vincent

Bonjour à tous les lecteurs, lectrices,
Ceci est une réponse écrite à un commentaire oral fait à l'auteur par un enseignant à la retraite.
Cet enseignant n'a trouvé d'intéressant que la première partie du roman. La deuxième, n'est qu'"une énumératon de conseils et ne présente aucun intérêt".
L'auteur a apprécié la franchise. Il l'aurai apprécié davantage si le commentaire avait été fait par écrit pour que tous les lecteurs en bénéficient. Il est heureux pourtant de lui exprimer ses plus vifs remerciements.

Certes, il a en partie raison quand il dit que "c'est une énumération de conseils".
Certes aussi, tous ces "conseils" mériteraient un long développement. Peut-être plusieurs livres aussi volumineux.
Car, pour l'auteur, ces "détails" sont à l'origine de la "déliquescence" de l'enseignement et donc des problèmes sociétaux dont beaucoup se plagnent: Illétrisme, mauvaise formation initiale, incivisme etc.
Or, dès les premières lignes, le lecteur était prévenu qu'il fallait réfléchir s'il continuait la lecture.
Le livre "Aux sources de la personnalité, Tempéremment et sociabilité du jeune enfant", de Madame Geneviève Balleyguier-Boulanger explique les débuts de la formation de la personnalité humaine.
Avant de lire ce livre, l'auteur avait parlé des incivismes commis, dès les premières années d'école, par des jeunes enfants devenus presque intouchables car les maîtres se trouvent souvent désarmés devant de la mauvaise volonté, voire des caprices.
Cet exemple résumé pourra-t-il faciliter la réflexion avant l'action?
L'auteur l'espère sans se faire trop d'illusions. Mais c'est dit. Et c'est un premier pas.

Commentaire #0021 ajouté le 29/07/2010 par Hélène B.

Très touchée par la dédicace de votre livre.
Vous avez très certainement, par la célèbre main de fer dans un gant de velours et les poignets fermement rivés aux hanches sur le seuil de votre bureau au Lycée, permis à de nombreux élèves d'avoir un avenir.
Me concernant, en complément de mes parents à qui je dois beaucoup, vous avez su me donner le goût de l'effort et tendu la main à un moment où les enseignants n'y croyaient pas. Vous m'avez appris le respect de la parole donnée. La vie m'a ménée sur un chemin riche de rencontres et d'expériences.
Ironie du sort, elle me conduit aujourd'hui à occuper des fonctions ô combien intéressantes et auxquelles, de par mes racines, je suis profondément attachées.

Commentaire #0020 ajouté le 19/07/2010 par Jean Marie LAURENT

Mon cher PUCHERO,

Lorsque j'ai déjeuné avec vous et Dominique, je vous ai trouvé sympathique et intéressant.
Depuis que j'ai lu votre livre, je suis honoré devous avoir rencontré.
Cet ouvrage restera pour toujors parmi les quelques volumes qui m'accompagnet chaque jour.
Il n'y a aucune flagornerie, car je suis un homme qui se plait à penser et à dire vrai.
J'espère, de plus, dans le futur avoir l'occasion d'échanger avec vous.
Merci d'avoir écrit avec autant de talent ce que j'ai touours pensé plus modestement.
Jean Marie LAURENT

Commentaire #0019 ajouté le 02/07/2010 par Filikekai

TEMOIGNAGE
« A personnages fictifs, commentaires humoristiques ! »
Quand on lit le préambule de ce livre, pour ceux qui connaissent Puchero, on se dit : C’est tout à fait lui çà ! Mais lorsqu’on arrive à la fin de notre lecture, on est tenté de recommencer à lire comme pour imprimer en soi, la force et le souffle de la parole, le sens profond des mots, qui traduisent un esprit d’analyse très aiguisé. Les vérités dans ce livre, que certains ont occultées par négligence ou par indifférence, souvent par cécité mentale désirée, apparaissent au grand jour comme dérangeantes et blessantes au point de les regarder avec une double paire de lunettes solaire pour cacher la laideur des actes et des pensées. Certains personnages fictifs du roman pensaient être déjà « l’arbre » suffisamment résistant au souffle du vent dominant, alors qu’ils ont été emportés par la pensée dominante, le « politiquement correct » pour être finalement que des suiveurs sans aucune personnalité.
Mais surtout, n’arrêtez pas de lire le livre !!! Parce que Salomon dit : « la sagesse n’entre pas dans une âme méchante et que science sans conscience n’est que ruine de l’âme, il te faut servir, aimer et craindre Dieu et en lui mettre toutes tes pensées et tout ton esprit et par une parfaite charité, t’unir à lui à n’en être jamais séparé par le péché ».
Je sais, que vous lecteurs, si vous avez lu l’histoire de Puchero, vous n’êtes pas des âmes méchantes et qu’on a tous à y gagner !
Je savais Puchero sage, juste et droit mais je ne le connaissais pas aussi fin psychologue, pédiatre, psychanalyste, historien et philosophe, d’un niveau à faire pâlir les spécialistes de ces disciplines. Ce qui est intéressant dans le livre « Deviens toi-même » pour ma part, c’est l’humilité dont fait preuve l’auteur. Hors mis l’histoire de vie de Puchero, qui fait le parallèle entre l’arbre, la nature et l’éducation, très intéressant pour les citadins, Puchero fait bien ici la distinction entre l’instruction et l’éducation. On peut voir en filigrane l’éducation et ses conséquences, lorsqu’elle est laissée aux soi-disant experts et surtout à des étrangers s’agissant d’élever nos propres enfants (crèche, garderie...). Aldo Naouri un grand pédiatre de renom, confirme les dires de Puchero « les quatre premières années de l’enfant sont primordiales, importantes car ce sont les moments où il intègre ce qu’il sera dans l’avenir ». Important, parce que si on « rate » cette étape de la vie de l’enfant, ce ne sera plus « parents absents… enfants perdus » ce sera « parents absents… descendance dégénérée » dans le sens où on va entrer dans le cercle infernal de l’échec scolaire et social…, ensuite dans la déliquescence des valeurs humaines, des liens sociaux et …. Merci aux justes pensants pour votre contribution aux anomies de notre société.
J’ai eu la chance de côtoyer Puchero. Ce fut un honneur d’évoluer sous sa gouvernance. Effectivement, à mon arrivée au lycée, (ce serait mentir de dire que j’étais heureux, parce qu’on m’avait brossé un tableau peu flatteur du personnage) je me suis aperçu tout de suite de sa droiture et de cette main de fer dans le gant de velours. J’ai détecté la sagesse du « bonhomme ». C’est sûrement cela qui a dérangé certains, car il n’est jamais aisé de soutenir le regard honnête et vrai de Puchero surtout qu’on a l’impression qu’il nous lit comme un livre ouvert (on ne la lui fait pas). Cela m’a fait grandir et avancer de travailler avec lui. Cela m’a conforté dans les valeurs de mes pères qui ont traversées le temps pour faire de moi… moi ! Ouvert aux autres. Un jour, Puchero dans son bureau m’a dit : « tu as du caractère, c’est bien ! » je n’ai pas compris sur le moment mais déjà « deviens toi-même » résonnait dans ces paroles. Comme Gargantua dans Rabelais (lettre à son fils je crois, cela m’arrive de lire) « je veux boire…. » Est une invite à se passionner de tout et surtout pour la sagesse. Cette soif de connaissance m’a obligé à mieux analyser les évènements en engloutissant tous les livres concernant l’éducation en passant par la sociologie et …La « Pédagogie ». Cela m’a permis d’être libre ! Comme Montaigne, je ne veux pas me laisser troubler par le fanatisme ni par aucune passion. Parce que la passion est lien, la liberté est dé-lien, dé-passion.
« Mais surtout, la liberté consiste à ne « s’hypothéquer » en aucun cas à la volonté d’autrui, car se serait s’aliéner. Le goût de la liberté est une forme de sagesse qui évite de tomber dans les rets de la séduction. Se laisser séduire-par l’argent, le discours etc. c’est pour Montaigne se « louer » à autrui. « Les hommes, dit-il se donnent à louage. Leurs facultés ne sont pas à eux, elles sont pour ceux à qui, ils s’asservissent ; leurs locataires sont chez eux, ce ne sont pas eux » (essais III, chap.10). Ce goût de la liberté doit également permettre au sage d’éviter de s’agiter continuellement dans les tourments de la vie sociale et de trouver le repos loin, dit l’auteur de l’agitation « tumulaire » (Questions pédagogiques : « culture, par Jean-Claude, Jean Bernard Paturet).
On voit bien dans le livre, le cheminement de Puchero, à toujours rechercher la vérité, mais détaché de toute contrainte, des courants de pensée, pour servir de la manière la plus juste possible l’intérêt de la jeunesse mais aussi rechercher le « fulfilment » de l’homme.
Puchero a toujours valorisé et défendu son personnel ; du cuisinier jusqu’au professeur. J’ai appris auprès de Puchero cette liberté de penser et surtout de ne laisser personne penser pour soi. Je me souviens qu’une fois, j’ai accordé généreusement une gifle évangélique à un élève en état d’ébriété avancé, d’une part pour le préserver de ses camarades qui voulaient en découdre avec lui, et d’autres part pour couper court au langage ordurier et obscène qu’il m’adressait à moi et mon collègue. Puchero m’avait défendu devant les parents mais j’avais aussi compris que c’était un avertissement pour moi. Quelques années passèrent, je rencontrais à nouveau cet élève. « Heureusement, que tu m’as giflé, sinon, je ne sais pas où je serais aujourd’hui » me dit-il. La gifle évangélique a été bénéfique et salvatrice. Comme dit Puchero quand il n’y a plus de solutions, cette méthode est salvatrice.
J’ai appris sous sa gouvernance, que dans l’éducation et l’instruction malgré toutes les pédagogies, depuis les débuts du christianisme jusqu’aux « faiseurs de pédagogies nouvelles » et les réformes actuelles, la coercition revient toujours comme un leitmotiv nous rappelant l’obligation d’obéissance de l’élève à l’intérieur d’un cadre donné. Certains enseignants ont du mal avec la discipline et développent des stratégies de distance et de proximité qui les enferment dans un cercle douloureux et infernal obligeant les élèves à mettre des contres stratégies sur le même schéma circulaire. L’autorité du savoir et de la preuve par soi ne fonctionne plus et la pédagogie de la défiance est plus rassurante parce que c’est plus facile de faire taire que de faire participer. Aujourd’hui, on encourage les jeunes à s’exprimer « Il faut laisser les jeunes s’exprimer ! » combien de fois ai-je entendu prononcer, par des personnes instruites et qui ne connaissent rien du métier d’éducateur cette ridiculo-ritournelle, utilisant des arguments qui relèvent plus de la pratique de l’onanisme intellectuel et de l’ignorance que du bon sens, tant et si bien qu’il n’y a plus de limites pour les jeunes. Les parents feront les frais à la maison, de cette pédagogie développée à l’école. Je constate tous les jours les dégâts en termes d’éducation, lorsqu’on ne pose pas au préalable, le cadre nécessaire pour que l’élève apprenne à dialoguer, à connaître les règles de la vie en société. Mais il ne suffit pas de mettre un cadre, encore faut-il qu’il soit viable et doté d’un suivi pédagogique en béton et à long terme. Alors sortir des âneries comme, « il faut absolument laisser les jeunes s’exprimer… » Quand on a la partie la plus charnue de son corps posée sur un fauteuil, avec la climatisation s’il vous plaît ! Il faut alors savoir profiter de ce moment bien assis à la fraîcheur, pour méditer sur ce proverbe arabe « Si ce que tu as à dire, est moins beau que le silence, alors tais-toi ». On voit encore une fois la dominance de l’instruction sur l’éducation. Il faut que chacun reste à sa place et collabore avec son équipe tout en permettant à chacun de développer ses compétences et ses capacités. Car vouloir faire à la place des professionnels, c’est prendre le risque de dévoiler ses incompétences et ses incapacités. Comme dit Puchero dans son livre, « l’autorité n’est pas vérité », j’ajouterai que le problème d’autorité est l’autorité lui-même.
Dans un des commentaires plus haut, quelqu’un dit que les parents inscrivaient leurs enfants dans ce lycée, parce que ce lycée, c’était Puchero. C’est vrai, mais avec tout ce qui faisait « Monsieur Puchero », la discipline, la rigueur mais aussi avec l’assurance du soutien, aux parents, aux élèves, aux différents personnels et avec l’obligation de résultats pour tout le monde. L’adage qui dit : « Personne n’est irremplaçable » n’est vrai que lorsqu’il s’agit d’occuper un poste, l’expérience et la réalité, nous montre que souvent, tout ne tient qu’à une personne. Effectivement, il n’est pas aisé de se mettre dans les chaussures de Puchero, j’apporterai seulement le témoignage des anciens élèves pour illustrer : « tout a changé et les élèves ne sont plus respectueux comme du temps de Puchero… » Pas d’interprétation s’il vous plaît !
Parents absents…Enfants perdus ! Oui, les enfants seront perdus et la génération suivante aussi, si nous n’osons pas à aller à contre courant. Mais qui sont les parents absents ? Et qui sont les enfants perdus ? Puchero développe bien les résultats néfastes et désastreux des « pédagogismes et autres réformes » mis en place depuis déjà pas mal de décennies dans le laboratoire vivant de l’éducation et notre île n’est pas épargnée. Alors ! Avez-vous trouvé les parents absents et les enfants perdus ? Non !! Alors reprenez le livre et relisez, méditez et vous trouverez. Peut être qu’il vous faut un deuxième livre ? Ah ! Ça y est ! Vous avez trouvé ! Et bien, vous voyez, il n’y a pas de surprise, la seule surprise c’est qu’on s’en surprenne !
Parce que Puchero a été éducateur et instituteur à ses débuts, professeur et directeur( une expérience rare chez nos directeurs aujourd’hui), que je rends hommage ici, au pédagogue attentionné aux problèmes de la jeunesse, au directeur à la main de fer ganté de velours qu’il fut dans l’éducation, à l’homme qui a valorisé le « petit personnel, les courroies de transmissions et les huiles du moteur, qui sans eux rien ne fonctionnerait comme il faut » aimait-il à le dire. Je rends hommage aussi au père de famille qui a su aimer les enfants des autres. Merci Puchero pour ta vie donnée, l’engagement dans une cause noble et ingrate. Noble dans le sens profond de l’éducation (ducere) et ingrate parce que le mot « merci » de la langue de Molière est aujourd’hui galvaudé, vide de sens, souvent oublié et c’est le lot de notre métier d’éducateur. Merci pour ta sagesse et ta liberté d’écrire avec humilité ce que tu as vécu ! Malo te fa’u mote taki ! (merci d’avoir été le modèle et l’exemple et d’avoir été le guide pour beaucoup d’entre nous).
Filikekai
Adjoint d’éducation

Commentaire #0018 ajouté le 25/06/2010 par Hyacinthe-Marie HOUARD

Retour en propédeutique



Il n’est pas utile d’insister sur les insuffisances de l’enseignement primaire. On clame de toutes parts qu’il ne sait apprendre ni à lire, ni à compter. La confusion introduite par le « collège unique » feint d’ignorer ces lacunes avec les résultats que l’on sait. Dès lors que dire des bacheliers couronnés à 90% ? Que leur manque-t-il ?

Ce n’est pas l’information. Ils sont au contraire surinformés depuis que l’enseignement du second degré a privilégié les cours au détriment des travaux personnels. Avec la croissance des effectifs, la lourdeur des corrections devenait souvent insupportable. Mais la multiplication des cours ne peut en aucun cas remplacer ces travaux, non plus que la multiplication des matières qui accentue la dispersion. « Fit fabricando faber » disaient les anciens. On n’apprend pas à écrire sans écrire, on n’apprend pas à compter sans compter, on ne cultive pas sa mémoire sans apprendre. Lors des récentes « lyriades» notre ministre de la culture avait besoin d’un papier pour dire le sonnet le plus connu du premier défenseur de la langue française ! On veut bien que « la culture soit ce qui reste quand on a tout oublié ». Oui, c’est peut-être un résultat, mais ce n’est pas une méthode.

Dans les dernières années, on s’étonnait des nombreux échecs aux premières années de l’enseignement supérieur. On s’étonnait, on se scandalisait aussi du prix à payer en voyant l’inflation du budget qu’on y consacrait. Et tous de chercher des explications et des remèdes. En vain, semble-t-il. On a accusé les facultés de ne tenir aucun compte de l’élargissement de leur clientèle. C’est sans doute vrai, mais leur vocation n’est pas de vulgariser. Car le danger, pour elles, est celui d’une secondarisation de leur enseignement. Elles n’y ont pas échappé tout à fait sans rien changer aux résultats mais non sans dommages pour elles. L’afflux des étudiants a entraîné la multiplication des enseignants au risque d’une baisse de niveau. L’université s’est meublée avec les élites du secondaire, entraînant une regrettable confusion des méthodes.

Mais laissons l’université à ses problèmes, pour revenir à tous ces bacheliers qui aspirent à la rejoindre. Comment leur tige si fragile pourrait-elle accueillir une greffe de qualité ? Impossible de faire l’impasse sur les bases qui n’ont pas été construites.
En tenant compte de l’age des intéressés, évidemment, ce sont ces bases qu’il faut leur proposer de reprendre, en y consacrant le temps nécessaire, non pas un temps perdu, mais un temps gagné.

On peut esquisser les articulations d’un tel programme : se connaître, se situer, s’exprimer, s’organiser.

SE CONNAITRE. D’abord : qu’est-ce que l’homme ? A la lumière d’une anthropologie qui ne néglige aucune de ses dimensions, y compris sa dimension religieuse. Ensuite : quel homme ou quelle femme suis-je ? A la lumière de la psychologie, de la caractérologie, ou pourquoi pas, de l’un de ces bilans de personnalité ou compétences qui font la fortune des consultants ?…

SE SITUER : c’est la condition de l’enracinement. Si l’on accepte une autre définition de la culture, celle « d’être homme en un temps et en un lieu » , on comprend l’importance de cet enracinement. Il faut se situer dans l’espace et dans le temps. Se situer dans l’espace, c’est l’affaire de la géographie, et désormais d’une géographie universelle, qui souligne les liens entre les terroirs et les civilisations. Mais l’espace, c’est encore la cosmologie que l’homme des satellites ne saurait ignorer et qui rejoint d’ailleurs le souci de se situer dans le temps, dans une « histoire » dont les origines ne cessent de reculer. Histoire universelle, elle aussi, dans ce « village global » que construisent nos techniques les plus avancées.

S’EXPRIMER. Mise à part la politesse qui est délicate expression de soi, c’est sans doute le plus long et le plus difficile. Et aux yeux de beaucoup le plus rébarbatif. Pourtant, en un temps où tous voudraient se flatter de parler plusieurs langues, comment ne pas essayer d’abord de comprendre le génie de la sienne ? Il y a une technique pour bien écrire et pour bien parler, mais il y a aussi un art d’écrire et de parler qui au-delà de l’intelligence gagne l’adhésion du cœur. Il faut démonter les structures en les analysant, il faut enrichir le vocabulaire en jouant sur toutes ses valeurs, intellectuelles, musicales ou sensibles.
Mais l’écriture n’est qu’un des moyens de l’expression. Dira-t-on qu’elle est une sorte de cadavre de la parole tant il est vrai que le style flatte plus l’oreille que les yeux ? Or aujourd’hui le langage a lui aussi son infirmité. Il perd son pouvoir persuasif du fait de la précipitation dont il souffre. Il faut apprendre à parler comme on apprend à écrire : l’euphonie a besoin de l’orthophonie, du rythme et de l’accentuation.

S’ORGANISER enfin, quand paradoxalement plus on peut faire vite, moins on a de temps. L’efficacité pâtit de la précipitation. On songe à la recommandation du Maréchal Foch : « allons doucement, nous sommes pressés ». Prendre son temps, mesurer son temps, se fixer des échéances et juger de tout en fonction de ses priorités, sont faire place à l’intelligence dans l’action. Ce qu’on nomme la méthode est la meilleure façon de gagner du temps et de la sérénité au lieu de se laisser ronger par le « stress ».

On a esquissé tout un programme et puisqu’on a parlé de temps, combien en faudrait-il pour venir à bout de ce programme, au moins partiellement ? C’est difficile à dire alors qu’il s’agit de remédier à un mal que dissimule l’euphorie du succès au baccalauréat. Mais on ne voit pas bien comment la durée du traitement pourrait être inférieure à une année. Car il ne s’agit pas de prendre de l’avance mais de combler un déficit. Sans doute une année ne serait pas de trop et l’on ferait retour à la propédeutique .

3 06 10
Abbé Hyacinthe-Marie HOUARD, fondateur de l’Ircom et de l’Institut Albert-le-Grand (Angers) – hm.houard@ircom.fr - 02 41 79 64 66

Commentaire #0017 ajouté le 25/06/2010 par Hyacinthe-Marie HOUDARD

CULTURE ET « NOUVELLES HUMANITÉS »

Qui dit culture évoque agriculture.
Et de ce fait il pense à l’effort déployé par les hommes pour faire produire au sol ce qui est nécessaire à leur alimentation, c’est-à-dire à leur vie et à leur croissance.
Le mot culture, quant à lui, évoque aussi pour eux un effort, mais un effort d’un autre ordre, celui qu’ils font pour faire croître en eux leurs potentialités.

Cette croissance concerne évidemment toutes les dimensions d’une nature complexe à la fois corporelle et spirituelle. Ainsi va-t-on parler de culture physique pour tout ce qui concerne le corps ; de culture intellectuelle pour ce qui concerne la connaissance et la mémoire. Mais il ne faut pas oublier la sensibilité qui réclame elle aussi une délicate éducation. Dans tous les cas, il y a une sorte de schéma directeur, dessiné par les capacités individuelles, ce qu’on nomme les « talents ».

Ainsi pourrait-on dire qu’il y a, pour chacun, une limite d’humanité à atteindre (à moins qu’on préfère parler - et pourquoi pas ? - d’hominisation), limite qui le caractérise ou mieux le personnalise mais qu’il ignore et doit explorer.

Dans cet effort va-t-il pouvoir trouver une aide dans ce qu’on appelle les « sciences humaines » ? Il ne semble pas et, paradoxalement, du fait même de leur prétention à être des sciences. Car il n’y a de science que de l’UNIVERSEL, les principes qu’elle avance étant réputés s’appliquer toujours et partout. Or on est ici dans un domaine étroitement personnel, et donc unique.

Mais faut-il pour autant les ignorer, ces sciences ? Non, sans doute, car si leur objet ne convient pas, leurs méthodes ne sont pas inutiles. Si pour chacun l’objectif ne consiste pas à coïncider avec un modèle d’homme statistiquement défini, il va développer un « type » original qui n’appartient qu’à lui seul. Alors s’il doit entrer dans les statistiques, cela ne peut être que comme échantillon. Les méthodes d’analyse qui l’auront distingué peuvent l’aider à savoir où il en est, mais pas du tout à découvrir où et jusqu’où il peut et doit aller.

Comment alors le découvrir ?
On songe à la vieille formule qui voulait qu’avant le baccalauréat (premier grade de l’enseignement supérieur !), on fît ses « humanités ». Mais sait-on encore de quoi il s’agit ? Avant qu’elles aient été partiellement vidées de leur contenu, c’étaient ces études qu’on appelle encore « secondaires ». Pendant sept ans, l’élève était entraîné à survoler les étapes de la construction d’une civilisation dont il était l’héritier. Il s’agissait moins d’en retenir les détails que d’en mesurer les enjeux et ces enjeux ne sont rien d’autre que la découverte de la spécificité humaine. Celle-ci agit alors comme un appel, un appel à combler le fossé qui sépare ce qui est de ce qui pourrait être. « Deviens ce que tu es » aurait conseillé le poète Pindare (518-438). Ce n’est qu’apparemment paradoxal. L’athlète qui dépasse ses propres performances n’en reste pas moins lui-même. Mais ces performances vont en appeler de nouvelles et susciter l’effort chez d’autres athlètes qui sans elles en resteraient à leur niveau.

Tel est le rôle des humanités par rapport à la culture. Elles sont la préparation du terrain dans lequel ceux qui les auront « cultivées » pourront s’enraciner et s’épanouir. Qu’on en soit privé et l’on pourra parler d’une culture « in vitro » à l’image de ce qu’on voit faire en agriculture pour nous donner les produits fades et stéréotypés que nous connaissons.

Comment s’étonner dès lors de cette « pensée unique » qui s’empare des esprits et paralyse le jugement ? Le relativisme qu’elle professe endort chacun dans un consensus mou où « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Engourdissement trompeur qui expose à des réveils brutaux.

Alors n’en restons pas là. Le remède n’est certainement pas dans l’aménagement des rythmes scolaires ni dans l’appel aux spécialistes en pédagogie qui ont suffisamment fait leurs preuves ! Avant de laisser partir les bacheliers, au risque de les voir construire sur du sable, inventons pour eux un moyen de s’ouvrir à la culture par de nouvelles humanités. Aucun retard à redouter mais au contraire du temps gagné. « Si tu ne sais pas où tu vas, disent les africains, souviens-toi d’où tu viens ».et « prends ton pied la route ! »

Abbé Hyacinthe-Marie HOUARD
10 06 10

Commentaire #0016 ajouté le 07/06/2010 par Vincent

Deviens toi-même.
Parents absents…enfants perdus


Tout le monde sait que les bars, en Espagne, sont des lieux de convivialité où les personnes de tous âges et de toutes catégories sociales se rencontrent et parfois discutent ensemble.
J’ai eu l’occasion d’y rencontrer un journaliste de la Chaîne de Radio ONDA COPE.
Après un quart d’heure de discussion il m’a proposé de m’interviewer en direct et conseillé de traduire le livre en espagnol.

Voir les photographies N° 01 et 02, image N° 11 et 12

Commentaire #0013 ajouté le 07/06/2010 par Vincent

La maison d’Edition PUBLIBOOK a invité Monsieur Vincent Rodriguez au Salon International du Livre de Genève qui se déroulait du mercredi 28 avril au Dimanche 02 mai 2010.
L’auteur du livre « Deviens toi-même, Parents absents…enfants perdus » y fut présent pendant quatre journées.

Des autorités de deux pays francophones d’Afrique ont montré leur intérêt pour le livre. Elles vont en parler dès leur retour dans leur pays respectif.

La responsable de la diffusion de la maison d’Edition se chargera de le proposer à la vente dans les librairies des grandes villes universitaires françaises.

Après avoir parcouru quelques pages, elles ont exprimé à l’auteur leur agréable surprise d’y trouver des réflexions très utiles pour apporter une solution aux problèmes sociétaux créés par la déliquescence du système éducatif.

L’auteur n’en demande pas moins que de provoquer une réflexion objective, instigatrice d’un bon devenir et d’un plus grand bien-être de la jeunesse.


Voir les photographies 01 à 05 dans le lien Photos

Commentaire #0012 ajouté le 28/05/2010 par Rodriguez

Traduction du commentaire de José Diego Rodriguez Cubero

Dès que j’ai eu entre les mains le livre »Deviens toi-même. Parents absents….enfants perdus » j’ai commencé la lecture avec beaucoup d’intérêt et de curiosité….
Dès les premiers chapitres je partageais avec « Puchero » beaucoup d’expériences et anecdotes de mon enfance parce que je suis originaire du même « petit village » que Vincent et aussi parce que j’ai appris à lire dans la même « grande maison » et avec le même « grand monsieur qui le premier jour de classe referma la porte de l’école derrière lui ».
Mais la lecture des derniers chapitres du « Roman » fut un plaisir authentique parce que je partage avec « Puchero » ses affirmations exactes et courageuses sur la pédagogie actuelle.
« Puchero » a osé affronter positivement les problèmes actuels de l’enseignement qui semble plutôt aller à la dérive conséquemment à la mise en pratique de quelques normes pédagogiques proposées par certains pseudo pédagogues. Le seul résultat qu’ils ont obtenu, et avec un succès certain malheureusement, c’est de niveler par le plus bas les connaissances des élèves et semer la crise d’identité aussi bien des professeurs que des élèves.
Le désespoir des professeurs et des élèves, un fait réel que l’on constate de nos jours, Vincent a su l’analyser avec une infinité d’anecdotes, en ajoutant chaque fois, la solution la plus raisonnable et la plus positive.
« Puchero » a osé ramer à contre courant face à une société qui préfère chercher des coupables plutôt que d’affronter les problèmes. Malheureusement, ce constat peut aussi être fait dans le domaine de l’enseignement et ceux qui en pâtissent sont les élèves et leurs professeurs.
Je félicite l’auteur de « Deviens toi-même » pour avoir osé publier un livre si courageux, pédagogiquement parlant, dont je recommande fortement la lecture aux parents, aux éducateurs et aux enseignants.
Félicitations et merci pour nous avoir offert un livre plein de bon sens.
José Diego Rodriguez Cubero

Commentaire #0011 ajouté le 17/05/2010 par Jose Diego Rodriguez Cubero

M. Vincent Rodríguez:
Apenas tuve entre mis manos el libro “Deviens toi-même. Parents absents... enfants perdus”, comencé su lectura con sumo interés y con mucha curiosidad... Y ya desde los primeros capítulos fui compartiendo con “Puchero” muchas experiencias y anécdotas de mi infancia por ser del mismo “petit village” que Vincent y haber aprendido a leer en la misma “grande maison” y con el mismo ”grand monsieur qui le premier jour de classe renferma la porte de l’école derrière lui”.
Pero la lectura de los últimos capítulos del “Roman”, fue una auténtica delicia por coincidir con “Puchero” en sus acertadas y valientes afirmaciones sobre la pedagogía actual.
“Puchero” se ha atrevido a encarar positivamente los problemas actuales de la enseñanza que más bien parece ir a la deriva como consecuencia de la puesta en práctica algunas normas pedagógicas propuestas por ciertos seudopedagogos que lo único que han conseguido, y con bastante éxito desgraciadamente, es igualar a los alumnos en los niveles más bajos del conocimiento y sembrar crisis de identidad tanto en profesores como en alumnos.
La desesperación de profesores y alumnos, hecho real que se da en nuestros días, Vincent la ha sabido analizar con infinidad de anécdotas, añadiendo en cada caso, la solución más razonable y positiva. Puchero se ha atrevido a remar contra corriente ante una sociedad que prefiere buscar culpables antes que encarar sus problemas. Desgraciadamente, eso también se da en el campo de la educación y los sufridores son los alumnos y sus profesores.
Felicito al autor de “Deviens toi-même” por haber tenido el valor de publicar un libro tan valiente, pedagógicamente hablando, y que considero de obligada lectura para padres y educadores.
Felicitaciones y gracias por ofrecernos un libro tan sensato.
José Diego Rodríguez Cubero

Commentaire #0010 ajouté le 03/04/2010 par Véronique

Cher Puchero ! D'ailleurs que veut dire Puchero ?(si je peux me permettre)


J'ai adoré votre livre.

Notre métier est passionnant et n'admet normalement ,que des gens passionnés afin de l'exercer correctement !!!
Mais , je commence à partager quelques désillusions ,moi aussi et cela me rend nostalgique du temps où les maîtres enseignaient uniquement avec leur coeur et leur conscience.

J'avais noté avec plaisir votre invitation et avait réservé ma soirée du mercredi .Cependant , aujourd'hui même l'Association des Parents d'Elèves de Saint-Joseph de Cluny Conception , nouvellement élue , a demandé de rencontrer l'équipe pédagogique au complet ,évidemment mercredi 18h00.
Vous comprendrez aisément mes obligations professionnelles pour en avoir eues tellement pendant des années !!!!!! d'ailleurs on aurait tendance à s'oublier et à oublier de se faire des petits plaisirs tels que cette rencontre.

Excusez-moi donc , je ne serai pas présente mais serai de tout coeur avec vous !

Si j'avais la chance que plusieurs s'excusent pour mercredi soir alors votre discussion chez Calédolivre serait reportée et je pourrai y assister !!!

tenez-moi au courant si par hasard cela se produisait!

Je penserai à vous .

Ce livre met en mots ce que nous pensons malheureusement déjà fortement même après une vingtaine d'années d'enseignement !! Cependant ,pour les maîtres qui y croient , dont je fais partie , vous mettez à l'honneur aussi notre envie de réussir chaque jour de classe , de partager la volonté d'apprendre qui naît au fil des jours dans les yeux d'un enfant , d'assister à la joie de celui qui a enfin compris ,de voir la fierté de ses parents venant nous remercier !!!
et tout cela n'a pas de prix !même si cela concerne qu'une minorité dans la classe !!!

eh oui j'y crois ENCORE !!!! Voilà notre métier est un sacerdoce mais pour reprendre une publicité ," il le vaut bien" , MERCI de l'avoir écrit et décrit de façon si passionnante!!!

Bon courage et à très bientôt , j'espère

Véronique OFFLAVILLE

Commentaire #0009 ajouté le 01/04/2010 par Vincent Rodriguez

Présentation du livre :
« Deviens toi-même,
Parents absents…enfants perdus »



Date : 31/03/2010 à 18h
Lieu : Librairie Calédo livres,
21 ter, rue Jean Jaurès, centre ville, Nouméa
Libraire organisateur : Dominique BUZANCE
Auteur de la causerie : Vincent Rodriguez, auteur.


Pourquoi le livre « Deviens toi-même, Parents absents…enfants perdus »?
- La vocation, le but, le rôle du système éducatif sont de:
- Permettre aux jeunes de développer toutes leurs capacités, leurs dons, leur spécificité, avec la collaboration des parents.
- Aider les jeunes à « DEVENIR EUX- MËMES », pleinement intégrés dans la société

Constats :

L’auteur a été :
- Enseignant en primaire (classes de un et trois niveaux) et en collège.
- Directeur d’un lycée: responsable administratif, financier, pédagogique et de la vie scolaire, d’une cantine et de deux internats.
- Lecteur assidu de B.O.E.N. (Bulletin officiel de l’éducation Nationale) et des circulaires ministérielles.
- Observateur ou « applicateur » (parfois à contre cœur) des multiples réformes et de la mise en application du « Collège unique », appelée réforme Le Grand, du nom de l’inspecteur général qui l’a mise en forme.
- Observateur de la chute du niveau des élèves, de leur manque de motivation, de leur utilisation pour faire aboutir des revendications d’adultes et de leur indiscipline grandissante.
- Observateur de la dégradation du moral des enseignants
Etc etc

- Il a observé, il a résisté, et parfois souffert en silence, pour la jeunesse à laquelle on apprenait plus à « zapper » sur la connaissance des programmes, sur le travail bien fait, et souvent pas fait ou bâclé
- Il a observé les méfaits et résisté à la mouvance à la mode dont le « leitmotiv » soixante-huitard libertaire et liberticide proclamait: « Il est interdit d’interdire »
- Par contre, il s’est toujours efforcé d’aider chacun (c’était de notoriété publique), et parfois de le forcer, à développer au maximum ses propres capacités dans le respect de l’autre : camarade, enseignant, personnel administratif ou de service. Chacun dans son rôle spécifique et mutuellement nécessaire.


Et enfin, après 42 ans de travail, il a pris ma retraite
Non sans avoir préparé ouvertement et correctement son remplacement.


Et après ?
- Pendant les longues années de vie professionnelle il a pris quelques notes et conservé certains documents.
- Par l’inaction de certains administratifs, il s’est trouvé dans l’obligation morale de prendre la responsabilité du Foyer Massabielle, foyer d’hébergement pour des jeunes travailleuses et des étudiantes majeures.
- Il a été sollicité pour s’occuper d’autres associations de réinsertion sociale. Après un an, il a abandonné ses fonctions pour ne pas mourir intellectuellement de « réunionite » stérile, réunions imposées par le système administratif.

La jouissance :
- IL AVAI DONC DU TEMPS LIBRE. QUE FAIRE ?
- Il aime trop son pays d’adoption pour l’abandonner dans un
moment difficile pour lui.
- Il aime trop la jeunesse pour ne pas participer, à son niveau, à empêcher son abandon intellectuel, éducationnel et professionnel. Abandon déjà très avancé.

Alors :
-Il s’est mis à REVISITER son passé à la lumière des expériences estudiantines et professionnelles vécues.
-A cette lumière, ou avec cet éclairage, Il a essayé :
-d’attirer l’attention sur les « déformes » qui ont provoqué tant d’échecs scolaires, personnels et sociétaux :
1°) 10% du temps scolaire pour occupation multidisciplinaire et découverte. Vite abandonnée.
2°) L’éveil en primaire….détourné de son rôle.
3°) La lecture globale.
4°) Les mathématiques modernes
5°) La réforme Le GRAND : collège unique
6°) Réforme de l’apprentissage des langues, des programmes de presque toutes les matières
7°) La protection presque exclusive de l’élève perturbateur
Etc etc….

Le livre sort, sans le vouloir, au moment où l’enseignement est transféré, où l’on parle de projet d’enseignement et où l’on parle, enfin, de la violence dans les établissements scolaires … Fera-t-il réfléchir les adultes responsables ?
- D’attirer l’attention sur certains comportements des adultes responsables : Elus, Syndicats, Parents et certains enseignants
- Fera-t-il réfléchir les adultes responsables ?

Et cette REVISITE a fait un livre qu’il ne croyait pas aussi volumineux. Certes, dans le livre il y a des « redites ». C’est son défaut d’enseignant qu’il n’a pas laissé sur place en partant à la retraite.
Par contre, il n’a pas développé les causes énumérées du malaise dans l’enseignement et de sa dégradation. Plusieurs livres auraient été nécessaires : CE TRAVAIL RESTE A FAIRE.
Pour finir :
Dans chaque ligne du livre, il a voulu parler des faits. Jamais il n’a voulu juger qui que ce soit. Ceux qui sont à l’origine de certaines « réformes », de leur mise en application ou de certains disfonctionnements, sont assez grands et certainement assez instruits et intelligents, peut-être pas assez courageux, pour le faire eux-mêmes.
Il a voulu apporter sa pierre pour construire ou reconstruire l’édifice…et il faut beaucoup de pierres pour que l’édifice soit solide, grand et beau.


L’auteur garde espoir en la réactivité des humains malgré la chanson vécue au quotidien : « Le travail c’est la santé….personnelle (statutaire, professionnelle, financière), ne rien faire la conserver »

Vincent Rodriguez

Commentaire #0007 ajouté le 03/03/2010 par Rodriguez

Emissions de présentation du livre "DEVIENS TOI -MEME" sur Radio Rythme Bleu (RRB) et Radio France Outremer (RFO):

RRB : http://www.youtube.com/watch?v=sVLtIokZoOg

RFO : http://www.youtube.com/watch?v=T2SZjpVNK3A

Commentaire #0006 ajouté le 24/02/2010 par Nicole Calandra

Je viens de finir le « roman » de Vincent Rodriguez « Deviens toi-même – Parents absents… enfants perdus ». Sa première vérité est dans le titre mais pas seulement.
Pour qui ne connaît pas Vincent Rodriguez, la lecture de ce « roman » permet de le découvrir enfin et cela vaut son pesant d’or : il s’y dévoile comme jamais.
Et quand on ne fait pas partie du monde de l’Education Nationale, les réponses à nos questionnements en tant que « parents d’élèves », sautent aux yeux au fur et à mesure de notre lecture. Pourquoi certains enseignants agissent de telle façon alors qu’ils pourraient faire plus facilement autrement ? Pourquoi vaut-il mieux prendre sa destinée en main ? Pourquoi, ne faut-il pas avoir une confiance aveugle dans les Institutions en général ?
Le pense par toi-même est le premier conseil de « Puchero ».
« Devenir voyageur volontaire » pour avancer librement sur son propre chemin, même si celui-ci est plus ardu, nous assure-t-il.
L’écriture de Vincent Rodriguez pleine de sagesse, distille quelques vérités pas très bonnes à dire et mêlée d’humour qui va droit au cœur.
Son « je m’arrête et me mets à penser… », nous permets de cheminer entre l’information et le bon sens.
Mon constat en considérant le pavé et le sujet du livre a été en premier lieu que cela allait être « indigeste » et difficile à lire, puis je m’y suis plongée et je n’ai pas relevé la tête avant de l’avoir terminé et pour moi, c’est le signe d’un véritable bon livre à mettre entre toutes les mains. A lire donc, sans aucune hésitation si vous êtes un peu curieux de nature mais pas seulement.
Félicitation, monsieur Rodriguez !
Je mets ce billet sur mon blog : http://atelierdecriture.wordpress.com

Commentaire #0005 ajouté le 17/02/2010 par Victor

Je viens de terminer la lecture de votre livre: "Deviens toi-même, Parents absents...enfants perdus". Je l'ai acheté parce que je vous connais un peu.
Je me laissais emporté par la facilité de la lecture et par le plaisir de prendre connaissance de certaines anecdotes. Ces anecdotes chatouillaient ma curisité et parfois me faisaient sourire.
En reprenant le livre, un soir, pour continuer la lecture, je relis les premières lignes du préambule: "Toi qui commence à lire ces lignes, prends ton temps pour réfléchir." Je ne souriais plus. Je constatais que, avec simplicité et parfois un sourire dissimulé et amical, le roman raccontait une réalité sociale triste et grave. Mais, en même temps, il suggérait des pistes pour une remédiation.
Le parent que je suis aurait aimé trouver, dans le roman, un développement de ces pistes. Je suis resté avec ma soif, comme, je pense, d'autres parents. J'aimerai bien, pourtant, que quelqu'un m'aide à l'étancher....
Quand j'ai terminé la lecture, je me suis dit que le terme "Roman" ne correspondait pas vraiment à l'idée que je me fais d'un roman.
Merci Monsieur, pour avoir eu le courage de le publier.

Commentaire #0004 ajouté le 24/01/2010 par Francisca Garcia

Cher Vincent,

Merci mille fois pour le plaisir que j’ai ressenti à la lecture de ton livre : un véritable festin de roi. Je l’ai dévoré, goulûment d’abord, comme un être sevré depuis des lustres, puis j’en ai repris une louche, et là, j’ai pris le temps, pour en apprécier toutes les saveurs. Gourmet...gourmande...un peu des deux, j’ai saucé le chaudron jusqu’à la dernière goutte.

Il faut avouer qu’il devient rarissime d’avoir la possibilité de lire une critique constructive de notre société. Le tout écrit dans un langage clair, sans utilisation de termes « nouvelle vague » qui ne veulent plus rien dire tant ils sont galvaudés pour exprimer tout et son contraire, jusqu’à perdre leur sens et leur raison d’exister : Qu’il fait bon de retrouver la langue de Molière, sans artifice ni faux semblant.

Bien sûr, je ne te cacherai pas que j’ai eu un plaisir immense à lire la première partie du livre. Je m’y suis même retrouvée dans l’espace et le temps. Mon esprit s’est mis à vagabonder un moment, à la recherche d’images estompées depuis bien longtemps, et j’ai revu, ce beau jeune homme aux yeux bleus et à l’accent prononcé, pénétrer pour la première fois dans notre salle de classe : c’était notre nouveau prof d’espagnol !

Moi, qui suis, si loin des problèmes de l’éducation nationale et de la fonction publique en général, mais qui subis depuis tant d’années les effets de l’échec scolaire à travers le monde de l’entreprise... Moi qui tempête contre ces parents dénaturés qui ont baissé les bras, contre ces bacs cuisine et ces soi-disant études qui ne sont que des stages d’apprentissages à devenir maître dans l’art du « ne rien faire » ; des leurres à cancres... Moi qui suis scandalisée devant ces bacs pro qui ne savent pas écrire une ligne sans faute inadmissible, ton livre m’a fait découvrir un aspect du problème dont je n’avais pas connaissance ou même si j’en avais entendu parler je me trompais sur son ampleur et sur son impact : la détresse des enseignants et des élèves.

Je te félicite pour avoir eu le courage de dénoncer les dysfonctionnements de notre société, car nous le savons bien tous les deux : la liberté d’expression reste chez nous une utopie, et les derniers évènements prouvent bien, qu’aujourd’hui plus qu’hier, il est dangereux d’étaler au grand jour certaines vérités qui bousculent la tranquillité de ceux qui s’adonnent à cette politique des « gros bras » en toute impunité.

Ton analyse est d’une justesse à pleurer. Oui ! A pleurer, car malheureusement, ces pratiques de menaces existent dans tous les secteurs. Et les Vincent Rodriguez sont rares. Au pays des parvenus, la politique du « j’ai le bras long…je vais vous casser » ou du « cassez-vous, vous me faites de l’ombre…J’ai la puissance financière, je vais vous broyer », a encore de beaux jours devant elle.

« Deviens toi-même », interpellera-t-il les intéressés ? … rosiront-ils de honte ? … J’en doute. Leur appât du gain et du pouvoir les a gangrené jusqu’à la moelle des os. Et ils ont pris bien soin de choisir leur entourage en fonction.
La délinquance et le mal-être, c’est toujours de la faute de l’autre, et la morale est devenue un bagage pesant inutile. Quant au respect, ils en ont une idée tout à fait particulière : c’est un « must » auquel ils prétendent en fonction de la hauteur de leur portefeuille toujours mal acquis ou de leur pouvoir… Alors le sentiment d’honneur… Je ne sais pas s’ils en connaissent l’existence.

Mais il reste le peuple ! Le peuple crédule, certes… le peuple malléable, sans aucun doute… le peuple qui, chez nous, a fini par porter son admiration sur les poches pleines, plutôt que sur les têtes pleines…j’en conviens… Mais un jour, le peuple se réveille et revendique le changement parce que les casseroles sont vides.

Alors, je caresse l’espoir… que « deviens toi-même » soit lu et entendu et que ce livre porte ses fruits.

Merci Vincent. Nous te devons tous beaucoup.
Francisca

Commentaire #0003 ajouté le 07/01/2010 par Michel Reuillard

Vincent,

J’ai eu un réel plaisir à lire « Deviens toi-même ».

- Parce qu’à la lecture, ce qui est écrit devient rapidement un son, et la mémoire des phrases et des idées prononcées en cours il y a 30 ou 40 ans se réactive. Dans cet « écrit », l’oralité est en fait omniprésente.

- Parce que j’y retrouve clairement exprimés les points qui me faisait sortir de mes gonds il y a 25 ans lorsque, jeune enseignant, je constatais impuissant la montée des ravages causés par le « pédagogisme » des cerveaux marxistes qui peuplaient les couloirs de Grenelle et façonnaient les comportement de potentats locaux, politiques, syndicalistes ou simplement enseignants.

- Parce que ce que tu écris est foncièrement juste.

Voici ce que j’en pense .

En toute amitié.

En toute sincérité.


« Deviens-toi-même ! ». Tout « Monsieur Rodriguez » est résumé dans la formule qui interroge autant qu’elle bouscule et qui constitue, au choix du lecteur, une injonction disciplinaire, une recommandation, un fil de vie, un principe philosophique, une sagesse populaire ou un cri d’alarme. Probablement tout à la fois.

Hommage à l’enfant qui grandit et à l’adolescent qui se cherche, « Deviens toi-même » s’adresse à tout l’Etre en devenir. En nos temps où le matérialisme – naguère idéologique et marxiste, aujourd’hui marchand et financier ! - l’emporte sur toute autre considération et malmène la destinée humaine, les mots sonnent comme un rappel à l’essentiel. Ils ne se lisent pas comme le titre d’un livre mais s’entendent et sonnent comme le « connais-toi toi-même » des anciens grecs. Loin du consumérisme, des luttes stériles pour le pouvoir, des fausses promesses et des plagias, ils rappellent chacun d’entre nous à son caractère unique, à sa différence et à sa force vitale, tout autant qu’à son devoir d’humilité et à sa responsabilité ultime : échapper aux modes, aux idéologies, aux dogmes aux pressions ; savoir agir pleinement dans sa catégorie. Rester libre !

Le parallèle entre l’arbre et l’Etre qui revient fréquemment au fil des pages, constitue l’axe « moral » de l’ouvrage. La force de l’arbre, sa beauté, sa grandeur, sa solidité sont autant de repères de valeurs. Arbre de vie, taillé mais respecté, voire vénéré par tant de civilisations qui en vivaient. Arbre aujourd’hui abattu et « utilisé » par l’Homme moderne qui le transforme en papier quand il ne le réduit pas en cendres à forces d’incendies destructeurs. Si ce parallèle entre l’Homme et l’arbre a peu de chances de trouver un écho durable chez des adultes trop occupés à « faire » leur vie matérielle, il ne peut que toucher en profondeur l’âme de l’enfant, pour qui ces valeurs ont un sens inné. L’amour des parents, le lien avec son humanité proche (la famille élargie, les copains), la proximité d’une rivière ou d’une forêt, la vision d’une montagne, sont antérieurs à l’éducation sociale et tout aussi déterminants qu’elle. En face de ces valeurs qui ne demandent qu’à être « élevées », les constructions politiques, les bricolages de l’Histoire et les paillettes des ghettos urbains ne sont qu’artifices et faux semblants.

L’Ecole a pour mission de favoriser cette « élévation », de faire de l’enfant un Etre complet, dans ses dimensions naturelles, sociales et spirituelles. Cette mission est difficile et souvent ingrate car l’enfant et l’adolescent reculent en permanence leurs frontières : celles de leurs origines, celles de leurs relations, celles de leurs connaissances, celles de leurs convictions. Leur envie de comprendre dépasse souvent le cadre étroit du programme, le discours du maître, les contraintes de la réussite purement scolaire. Ils ont encore en eux ce précieux privilège de pouvoir s’évader au plus profond d’eux-mêmes, de partir à la recherche d’eux-mêmes. Et cet horizon intérieur est aussi illimité que l’horizon extérieur et social auquel l’invite en permanence le discours des « adultes ».

Très tôt acquis à la certitude que l’adolescent vivait intrinsèquement cette dualité, Vincent Rodriguez a consacré sa vie d’enseignant à faciliter ce double accouchement : acquérir la maîtrise simultanée des deux horizons, en refusant farouchement de sacrifier l’un à l’autre. Pour y parvenir, il fallait beaucoup de volonté et beaucoup de caractère. De la lucidité aussi pour accepter l’ingratitude, et de l’humilité pour accepter l’échec. Il fallait aussi rester libre de ses orientations et de ses choix à chaque pas, loin de toutes les normes et de tous les dogmes car, dans ce périple de vie, seule comptait la condition humaine, dans toute sa diversité, réductible à aucun dogme et à aucune norme. Combattant de la dignité humaine, il a maintenu intacte sa capacité de découvrir, de s’émerveiller, d’apprendre et de rester jeune.

Dans le récit on retrouve autant l’homme de cœur, le croyant que l’érudit accompli.

C’est sans doute ce qui le distingua très tôt des autres « profs ». Son exigence était grande, mais ressentie comme légitime parce qu’il avait l’allant nécessaire là où tant d’autres se contentaient du conformisme officiel, quand ils ne succombaient pas à la torpeur tropicale et administrative du Nouméa des années 1960. Avec lui, l’enseignement se faisait en direct, sans condescendance ni mascarade. Sa pédagogie était dégagée de la routine. Il se posait en maître non pas parce qu’il avait un « pouvoir » sur ses élèves, mais parce qu’il était attentif au sens des connaissances transmises autant qu’à leur assimilation. Sans blesser, ni humilier, avec l’humour rocailleux qui le caractérise, il savait observer les plis sur le front de l’élève qui décrochait, et parvenait sans difficulté à recentrer le regard de celui qui s’aventurait d’un peu trop près sur le cahier du voisin.

Cette attention aux élèves, comme plus tard à ceux dont il avait la responsabilité du fait de sa charge de Directeur, avait en corollaire une distanciation large avec tous les pouvoirs, ceux des hommes, des administrations ou des idées. Homme libre, il préférait la Liberté de décider et de choisir seul – et assumer les risques qui vont avec !- au fonctionnarisme paperassier qui alourdit les administrations et paralyse les intelligences. Diriger, gérer, ne signifiait pas chez lui tout contrôler ni tout surveiller. La confiance dans l’action de ses collaborateurs et de ses subordonnés allait de pair avec l’idée qu’il se fait de la Liberté : déléguer l’initiative, laisser faire, recadrer quand il le faut, sans excès ni précipitation.

Ainsi, l’autorité était bien réelle sans que le « pouvoir » ne fût lourdement ressenti. Seuls s’en plaignaient les inévitables mécontents présents partout où il y a un corps de métier, et d’autant plus habiles à la critique qu’ils s’engagent peu et ne prennent pas de responsabilités.

L’éducation familiale autant que son humilité chrétienne lui ont tôt fait comprendre que l’autorité ne vient ni du diplôme acquis, ni du statut, ni de l’ancienneté dans la fonction ; encore moins du « bagout ». Elle vient de l’homme, de ses capacités à écouter, à faire confiance, à analyser, à décider, et à engager. Elle s’acquiert avec l’expérience des réussites et du constat des choses à ne pas faire. Elle a l’humilité d’accepter les « échecs ».

La simplicité des adolescents calédoniens a permis que cette autorité soit reconnue et s’exerce sans chausse trappe. Son origine espagnole lui conférait l’aura nécessaire pour lever tous les doutes sur sa compétence à enseigner la langue de Cervantès. Mais il avait le don, encore trop rare aujourd’hui, de relier le sens d’un texte à son temps et à sa réalité humaine. De telle sorte que lorsque venait l’instant de « l’habillage » - toujours intransigeant celui-ci !- par la grammaire, l’apprentissage du vocabulaire, des verbes irréguliers et « des faux amis », tout semblait couler de source. Et là où tant d’autres « professeurs » trébuchaient en voulant édicter « leur » enseignement, il savait imprégner l’auditoire par des connaissances maîtrisées.

Si bien que lorsque la canicule de Mars et de Novembre écrasait les corps et les esprits, et que les cours d’autres professeurs nous ennuyaient mortellement, ceux de « Monsieur Rodriguez » nous captivaient par leur authenticité et leur liberté de ton. Ils résonnaient dans nos cœurs de potaches (jamais fermés !) bien avant de faire raisonner nos cerveaux (pas toujours dociles !). Il le savait et ne nous en tenait pas rigueur.

Trente ou quarante ans avant que le discours pédagogique moderne ne décrète que « l’élève se trouve au centre du dispositif éducatif », il l’avait compris et le mettait en pratique sans le dire, favorisant l’échange et la collaboration entre l’enseignant et l’enseigné, en lieu et place du face à face stérile entre celui qui sait (ou qui croit savoir !) et celui qui « doit » apprendre. Pragmatisme, rigueur et action furent les constantes de sa pédagogie. Non pas qu’il dédaignât les idées ; il en était au contraire pétri. Mais il croyait à juste titre que les idées ne valent que par leur capacité à se réaliser et à améliorer la condition humaine. Tout comme les principes qui ont leur raison d’être mais qui ne valent qu’autant qu’ils se confrontent à la réalité et lui donnent du sens, sans humiliation pour l’Homme.


Devenu Directeur de Lycée, il conserva sa manière d’être et de faire. N’engageant pas facilement sa parole mais la respectant quand elle l’était, il fit du simple « collège » qu’était alors son établissement le fleuron de l’Enseignement Catholique de Nouvelle-Calédonie. Il sut diriger, choisir, décider organiser. Il sut faire en temps nécessaire les choix stratégiques de son temps, et ce malgré les contradicteurs (syndicaux, corporatistes, hiérarchiques) et détracteurs (souvent mus par la jalousie).

Les parents calédoniens, peu loquaces mais lucides, ne s’y trompaient : l’Enseignement Catholique c’était le Lycée Blaise Pascal, et le Lycée Blaise Pascal c’était « Rodriguez ». Et il le savait. Comme il savait aussi que les critiques bruyantes ou sournoises dont il était l’objet de la part de quelques uns, étaient amplement compensées par le labeur silencieux et efficace de l’écrasante partie du corps enseignant.

Pour bien des générations de Calédoniens de toutes classes sociales et de toutes ethnies, il est tenu comme la conscience d’une époque, qui fut la « nôtre ». Pédagogue chrétien et humaniste, il a toujours cru qu’il lui revenait de mettre en garde les collégiens et les lycéens contre les dangers qui les menaçaient. Non pas à coups d’obligations ou d’interdits (ce qui n’était cependant pas absent de sa panoplie !) mais par l’éducation, la remise en cause et le questionnement. Pendant un demi siècle il s’est efforcé de remonter à la source de notre humanité, qu’il a fait sienne dès son arrivée sur le Caillou. Chrétien convaincu, mais pragmatique et réaliste, il diffusait ses conseils - comme ses coups de gueule ! - en construisant le lien indispensable entre le présent et l’avenir, entre matérialité et spiritualité. Exigeant dans le travail à accomplir pour réussir une interrogation, un contrôle ou un examen, il refusait la boulimie et l’accumulation des connaissances pour elles-mêmes.

Tout comme il abhorrait les « faux semblants », ces désirs artificiels qui, en périodes fastes sont trop vite satisfaits – et donc créateurs de vide !- et qui, en périodes de crise ne peuvent pas être satisfaits et sont sources de frustrations. A la course aveugle à la compétition, à la productivité, à la réussite à tout prix, il préférait l’utopie qui propose au départ un but éloigné et en apparence inaccessible, mais qui, à force de motivation et de sacrifice, se meut petit à petit en réalité. En ce siècle et en cette terre de Nouvelle-Calédonie où les valeurs semblent disparaître et les repères s’estomper, il nous propose encore, ici et maintenant, de nous retourner vers quelque chose de plus essentiel.

Observateur lucide de son temps il l’était aussi sûrement de son métier. Bien avant que des critiques ne soient formulées par des hommes aussi prestigieux que Jean-François Revel ou Thierry Desjardins, il mettait les parents, les élèves et aussi souvent que possible, les institutions en garde contre les dérives de l’Education Nationale des années 1970 / 2000

Pour lui comme pour eux, l’école est faite avant tout pour permettre à l’enfant de devenir adulte, c’est-à-dire à trouver sa place dans la société, un métier, une fonction sociale ; devenir libre c’était cela, et c’était aussi parvenir à équilibrer sa vie personnelle grâce à une culture que l’enseignement lui aurait inculquée.

Le rôle de l’école est donc de préparer l’avenir de la société et des individus qui la composent. Or, préparer l’avenir c’est assumer le passé, donc le connaître. Et pour le connaître, l’école doit donner à ceux qui construiront l’avenir toutes les richesses accumulées par l’Histoire.

- Enseigner c’est donc « transmettre » le patrimoine culturel et conserver ainsi un héritage de connaissances et d’expériences acquises.

- Enseigner, c’est transformer les élèves en demandeurs actifs de connaissances.

- Enseigner c’est préparer et adapter le jeune instruit à ce que la société du moment comporte de spécifique et de nouveau ; c’est lui donner les moyens de comprendre son époque et d’y devenir un acteur ;

- Enseigner c’est donner aux jeunes les moyens de rester critiques face aux modes (trop dépendantes de la versatilité de l’actualité), aux idéologies « réactionnaires » comme « révolutionnaires » (mais toujours réductrices de la diversité humaine) -

Une des âneries dans lesquelles était tombé l’enseignement des années post 68 était que l’effort intellectuel n’était plus considéré comme indispensable pour devenir un bon élève ; que la finalité première de l’enseignement était remise en cause au profit d’un pédagogisme confus et aux résultats souvent catastrophiques. Et beaucoup d’enseignants qui ne comprenaient pas ou, pour les plus éclairés, qui ne les acceptaient pas, se sont vus contraints d’appliquer des réformes dont l’objectif ultime n’était pas l’épanouissement de l’élève dans la société mais la transformation pure et simple de cette société.

En effet, sortant des sentiers bien tracés de l’école de Jules Ferry, l’Institut National de la Recherche Pédagogique imaginait l’école de demain moins comme un transmetteur de connaissances que comme le moyen de façonner l’homme nouveau capable à son tour de changer la société. Dans « l’école ou la guerre civile », un certain Philippe Meirieu prenait le contre-pied de Ferry et faisait l’apologie de la « prééminence absolue du politique » sur tout, et donc sur l’Education. Selon lui, « …l’école implique des choix de société, des choix philosophiques, des options prises sur l’avenir de notre pays, sur le type d’homme et d’organisation sociale que nous voulons… ». Cette phraséologie révèle clairement les intentions du pédagogisme en vogue pendant les 3 ou 4 dernières décennies : façonner l’enfant, le programmer pour en faire un homme nouveau et avec lui révolutionner la société. Leurs auteurs n’étaient plus des pédagogues au service de l’enfant et de l’Instruction, mais des « pédagogistes » au service de la transformation de l’Homme et de la révolution sociale. Ils se comportaient en parfaits intellectuels de pensée marxiste et, efficacement relayés par de puissants syndicats d’enseignants récusaient la mission essentielle de l’Education Nationale. Considérant que former des jeunes c’était d’abord « mettre l’école à la solde du patronat et du grand capital », ils introduisaient le principe de la lutte des classes là où il n’avait surtout pas à être : dans la formation des maîtres et dans la tête des élèves.

Il est regrettable que de tels gourous aient pu maintenir aussi longtemps leur influence sur l’Education et entraîner dans leur sillage un nombre important de formateurs et d’enseignants. Il est regrettable que sous leur influence, l’Enseignement se soit considérablement éloigné de son but premier - la transmission des connaissances – pour privilégier un objectif aussi fumeux qu’absurde, tout droit tiré de la dialectique de Mai 68 : préparer l’enfant à « s’inventer un avenir ! ».

L’école a ainsi succombé longtemps au pédagogisme d’influence marxiste. Ses dégâts sur le « système » éducatif sont considérables. La méthode globale, le collège unique, les classes d’éveil, la quasi impossibilité de redoubler une classe, combinées au corporatisme et à la remise en cause systématique de l’autorité de l’enseignant ou du Directeur – par les parents voire par la hiérarchie elle-même !- ont eu raison de la qualité de l’Enseignement français, jadis envié à travers le monde entier.

Le sommet fut atteint avec l’obligation de réussite au Baccalauréat de 80% des candidats. Comme si la réussite s’obtenait pas Décret. Dans la pratique, cet objectif ne pouvant pas être atteint naturellement, on forçait la réalité en abaissant le niveau des épreuves.

Le chapitre 8 du livre de Puchero aborde avec force et lucidité cette question du recul de la pédagogie vraie et adaptée à l’enfant au profit du « pédagogisme » dont les préceptes relevaient d’abord de l’idéologie et qui était imposé moins pour le profit de l’élève que pour « …satisfaire telle ou telle expérience d’un groupuscule d’expérimentation, bien placé au niveau ministériel ou syndical… ».


La réforme actuellement en cours depuis le milieu des années 2000 semble annoncer une réorientation positive de l’Education qui tournerait ainsi le dos au « pédagogisme ». Le « Socle des Connaissances et des Compétences » réhabilite la part qui revient aux connaissances et aux méthodes. Mais l’expérience engagée étant aussi vaste que récente et la méfiance des enseignants – rendus soupçonneux par des décennies de réformes comètes !- étant encore forte, il ne sera possible d’en vérifier les effets que dans les prochaine années. En attendant !!! les professeurs voient toujours arriver dans leurs classes des élèves hautement incapables de suivre l’enseignement qu’ils sont censés y donner.

En raison aussi de la multiplication des discipline dites « d’éveil » qui, pour n’évoquer que le Collège, infantilisent l’adolescent et, loin de l’ « éveiller » endorment son intellect. Non pas que l’éveil ne soit pas au cœur du rôle de l’enseignement ; mais l’enseignement doit favoriser l’éveil à la connaissance, ce qui ramène à la manière dont se fait – ou ne se fait pas – la pédagogie.

Un second travers a fait tout autant de dégâts. Non pas cette fois sur le « système » mais plus directement sur les individus : c’est le « psychanalysme ». Celui-ci est essentiellement d’origine freudienne et, contrairement au précédent, il continue son œuvre. Comme l’écrit Thierry Desjardins, « …les psycho tout ce qu’on veut (-logues, -analystes, - thérapeutes, etc..)… » récusent eux aussi les méthodes jusqu’alors employées jadis par les maîtres et qui ont permis de bâtir ce qu’on peut appeler la civilisation française. Dans ces méthodes, les parents étaient les premiers – chronologiquement et par leur importance !- éducateurs. La famille, les proches, le curé du village, … complétaient cet enseignement –qui était aussi de l’Education !- par la parole autant que par l’exemple. Les « valeurs » individuelles, familiales et sociétales étaient ainsi également transmises par un faisceau convergeant d’ « autorités », au premier rang desquelles se trouvaient les parents. En cas de défaillance d’un rouage, l’école pouvait prendre aisément le relais éducatif, car elle se plaçait dans la même sphère d’influence.

Mais les curés ont perdu toute influence sur la société ; les parents ont largement démissionné (pas tous ; pas partout !) ; la famille a explosé ; le principe même de l’autorité est battu en brèche. Comment s’étonner alors que la « transmission » des connaissances ait reculé.

Corrélativement, le « psychanalisme » ayant considéré que « …transmettre c’était imposer, obliger, brimer contraindre et dominer.. », bref ! exercer une tyrannie inacceptable sur l’enfant, il fallait en toute priorité le « libérer » de toutes les chaînes. Pas question que le maître qui a été lui-même victime de cette barbarie lorsqu’il était enfant la « transmette » à son tour. Il fallait briser la chaîne multiséculaire de l’asservissement psychologique de l’enfant, tout comme les marxistes voulaient briser la chaîne séculaire de l’exploitation capitaliste de l’homme par l’homme. De telle sorte que non seulement la pratique de la transmission des connaissances a été remise en cause, mais également la notion même de transmission, et ce parfois jusque parmi les maîtres eux-mêmes.

Individualisme lié à la société de consommation, idéologie libertaire issue de 1968, « pédagogisme » marxisant et « psychanalisme » se donnaient bien la main pour assurer les « Droits » de l’enfant à ne pas être réprimandé, à être mis au centre du dispositif éducatif, mais en se gardant bien de rappeler l’autre versant de tout droit : le devoir. Les Droits des uns et des autres (maîtres, parents, élèves, citoyens..) valent d’être entendus et défendus. Mais là où il y a des droits, il y a aussi les devoirs qui leur font échos. Notre société du tout consommable-jetable, de l’enfant « idéologisé » a aussi oublié la notion du devoir. L’élève fainéant n’était plus considéré comme tel, mais comme un « jeune en échec » qui a des droits. La pédagogie était érigée en sciences abstraite et complexe – absolue !- loin des procédés humbles et simples que l’on met au point avec la pratique et qui ont le mérite irremplaçable de devoir se renouveler sans cesse pour répondre à la diversité des classes et des élèves…./…

Comment dès lors ne pas s’interroger avec J.F Revel sur les conséquences néfastes de cette politique. Malgré la diffusion de l’instruction, qu’on appelle avec vanité la « démocratisation » de l’enseignement, malgré l’irruption de la culture de masse, la prolifération des livres, on constate que l’on rencontre de moins en moins de gens cultivés.

Par « cultivés », il faut entendre ici tous ceux qui à leur manière propre et originale, sont des amateurs possédant du goût, leur goût, ; un goût qui plaît ou qui ne plaît pas ; mais un goût sincère et bien à eux parce qu’il est fondé sur des connaissances solides autant que sur des expériences vécues et assimilées et non pas sur des on-dit, ou sur la dernière mode de l’édition, du cinéma ou de la publicité.

A n’en pas douter, Puchero fait partie des « cultivés ». Avec d’autant plus de certitude et de mérite que sa culture est celle d’un autodidacte libre plus que celle d’un disciple.

Cette culture personnelle lui permet de mieux saisir les contours et les limites de sa carrière d’enseignant et de Directeur. Il a vécu en toute lucidité la mutation profonde de l’enseignement, ce passage du temps où les professeurs avaient confiance dans ce qu’ils enseignaient, les élèves dans ce qu’ils apprenaient et les parents dans le système éducatif tout entier à l’autre temps où cet équilibre salutaire a été rompu, où la mission de l’enseignant devenait imprécise et critiquée, où certains enseignants ont voulu pérenniser l’ombre de l’ancien système.

Or, notre société moderne, très largement démocratisée et très largement conditionnée par la technologie ne peut plus se satisfaire d’un corpus d’enseignement classique, où le maître dispensait « ses » connaissances à « ses » élèves. Aujourd’hui plus que jamais, « la mission de l’enseignement est de développer la capacité d’expression et de raisonnement, l’esprit critique et l’art de rassembler, de trier et d’utiliser l’information » (J.F. REVEL). Ceci, Puchero le mettait déjà en pratique, avec les moyens de son temps, dès les années 1960.

« Deviens toi-même ! » est enfin, à sa manière, un guide de sagesse.

Bien avant Puchero, sept à huit siècles avant Jésus Christ, à Delphes, au fronton d’un des plus fameux monuments élevés à la gloire d’Apollon, des messages fondamentaux de la sagesse grecque étaient gravés dans la pierre. L’un d’entre eux est resté célèbre jusqu’à nos jours : « Connais-toi toi-même ! ». A côté de lui, un autre, « rien de trop ! » qui veut dire la même chose. Mais quoi ?

Le sens que nous donnons aujourd’hui à ces messages est faussé par notre environnement dominé par la psychologie et la psychanalyse. Nous en déduisons que nous avons tout intérêt à savoir qui nous sommes, à tirer au clair notre inconscient si l’on veut avancer dans la vie. Or, ce sens est erroné.

Pour Socrate qui adopta plus tard la formule « Connais-toi toi-même », (et pour Platon plus tard encore), elle avait une signification toute liée à la théorie philosophique de la vérité. Selon cette théorie, nous aurions autrefois connu le vrai. Puis, nous l’aurions oublié de sorte que « …la connaissance viendrait dans un troisième temps, comme une anamnèse, une remémoration de quelque chose qui est déjà en nous sans que nous le sachions... » (Luc Ferry).

Ainsi, la quête philosophique de la Vérité est avant tout une démarche de « re-connaissance » ou de « re-mémoration ».

Cette vision de la vérité imprégnera longtemps toute l’histoire de la philosophie, tout comme elle imprègne la pensée de Puchero.

Cette formule philosophique des Grecs avait une portée de sagesse évidente pour les simples citoyens d’alors qui apprenaient ainsi à rester à leur place, à ne pas se prendre pour autre chose que l’on est. La sagesse populaire actuelle ne dit pas autre choses lorsque, parlant de quelqu’un d’orgueilleux, d’arrogant, elle l’invite à cesser de « se croire ».

Chez les Latins, Sénèque conseillait à son ami Lucilius : « Voici ce qu’il vous faut faire mon ami : désengagez-vous, rendez-vous à vous-même ! ».

Cette sagesse qui consiste à prendre de la distance par rapport à soi-même peut paraître paradoxale chez un homme qui n’est ni un solitaire, ni un mystique, ni un philosophe, mais qui agit, décide, lutte et sait assumer ses responsabilités, qui sait bien qu’on ne dirige pas une institution à l’affectif et au « ressenti », qui a très tôt compris que toute décision implique des critiques auxquelles on ne peut pas toujours répondre, pas plus qu’on ne peut dissiper toutes les incompréhensions.



A la fois engagé et détaché, Puchero est bien dans le monde mais il sait que le monde ne lui appartient pas, tout comme il sait qu’il n’appartient pas au monde. Il y a chez lui quelque chose d’essentiel qui se trouve au-delà du monde, un axe, un centre, quelque chose de permanent et d’inamovible. Les combats, les chagrins, les épreuves, les contradictions construisent, forgent, renforcent, le blessent dans ce qu’il a d’existentiel ; mais ils ne l’affectent pas et le libèrent même dans ce qu’il a d’essentiel : sa condition humaine.



A 72 ans, l’homme n’a plus rien à prouver. Il s’est affranchi depuis longtemps des opinions, des attentes, des désirs. Depuis moins longtemps sans doute, il s’est affranchi des choix. Sa conscience reste libre et ouverte, loin des écoles, des chapelles, des maîtres et de toutes les opinions. Sa compréhension de la vie et des autres l’autorise désormais à dépasser tout jugement pour vivre en paix avec lui-même, dans l’empathie du monde qui l’entoure. Et ce monde le lui rend bien.


Michel Reuillard
Docteur en Histoire
Directeur de collège

Commentaire #0001 ajouté le 05/01/2010 par Cécile D'Almeida

J'ai aimé suivre Puchero dans les méandres de sa vie ! Or , d'après le dictionnaire , "Puchero" est , en langage familier , le geste que font ceux qui commencent à pleurer ...Bien sûr, ce n'est pas la seule définition proposée , mais à propos du livre de Vincent Rodriguez, c'est celle que je retiens en priorité...

Car, comment rester indifférent face à la déliquescence de notre société ? Comment, par démagogie, peut-on cautionner la perte des valeurs morales et le laxisme ambiant? Comment ne pas s'émouvoir de l'effarante désespérance de ces "enfants perdus" dont les "parents absents" ne sont préoccupés que d'eux-mêmes ? Pauvres "Orphelins" qui ne parviendront que pour de trop rares exceptions à devenir ce qu'ils doivent être : des Hommes et des Femmes à part entière !

Fort de sa longue expérience des enseignants et des enseignés, Vincent Rodriguez dresse ici, un constat amer mais extrêmement réaliste de la lente désagrégation du système éducatif ainsi que du microcosme néo-calédonien - auquel j'appartiens depuis de nombreuses générations - et dans lequel il s'est totalement immergé depuis de si longues années.

Avec le profond espoir qu'une telle réflexion sera source féconde de réactions positives et enrichissantes pour un meilleur avenir de notre jeunesse.